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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 20:57

   Dimanche 26 janvier 2014, une manifestation était organisée contre le président Hollande.

Jusqu'ici, rien que de très ordinaire, ce président est décidément surdoué dans l'art d'exciter les mécontents, mais, cette fois, les manifestant se surpassèrent. Pancartes et cris proclamaient de très attendus "Hollande démission" mais, plus inquiétant, au milieu de la foule qui ne les repoussait pas, fleurissaient des slogans anti-juifs, à croire 1934 revenu.

L'air du temps a changé, est devenu lourd et nauséabond.

Les antisémites ne se cachent plus sous le masque hypocrite de l'antisionisme. Plus besoin d'invoquer le malheur des Palestiniens, ils annoncent carrément "Dehors les juifs !"

Si vous attendiez les exclamations indignées de ceux qui font l'opinion, soyez déçus et inquiets. L'antisémitisme n'est plus un sujet vendeur. Le ronron des brêves politiques et des faits divers continue sans plus de scandale.

27 janvier 1945, c'était la libération d'Auschwitz, le monde prenait en pleine figure une vérité qu'il avait obstinément refusé de voir et proclamait "Plus jamais ça !".

27 janvier 2014, date anniversaire, le souvenir n'est plus à la mode. Les professionnels du commentaire n'accordent pas plus d'attention aux slogans antisémites qu'aux divers mouvements d'humeur ou à la vie conjugale des grands.

Les gardiens de la mémoire prévoient le retour de l'ignoble. La chasse aux boucs émissaires peut se donner libre cours, la parole antisémite est regardée comme une simple opinion et défendue comme une liberté, ses manifestations publiques sont une suite logique de la tolérance mal venue.

Honte à ceux qui ont la parole et se taisent devant l'inacceptable.

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 22:48

    L'Assemblée Nationale vient de voter le non-cumul des mandats. Quand les exercices en cours seront terminés, il sera impossible d'occuper à la fois un mandat exécutif local et un mandat législatif. Finis les députés-maires et les sénateurs-maires.

Enfin une loi populaire ! Le citoyen (forcément honnête) est heureux, il applaudit.

      Balayons rapidement l'argument économique, cumul des mandats ne signifie pas forcément cumul de toutes les indemnités, elles sont écrêtées.

Plus intéressant, les électeurs partagent avec bon-sens l'idée que même un très gros travailleur ne peut être en même temps au four et au moulin. Le citoyen n'élira plus le même candidat aux fonctions de député et de maire. Dans la foulée, il est probable que le non-cumul des mandats amène de nouvelles têtes au sommet de la république. Tout va pour le mieux.

         Comme le mieux est l'ennemi du bien, il y a quand-même un petit problème que les commentateurs passent sous silence : que seront les sénateurs ?

Si leur mode de désignation n'est pas modifié, les sénateurs ne sont pas élus au suffrage universel mais par des "grands électeurs", des élus locaux qui votent en fonction de leur étiquette politique. Peu importent les qualités personnelles de l'impétrant ; pour devenir sénateur, il faut avoir la cote dans son parti et se faire présenter en bonne place.

Des sénateurs qui n'exercent pas d'autre mandat pourront être des politiciens professionnels, totalement coupés des citoyens ordinaires comme il en existe déjà trop.

      Au moins, les sénateurs-maires ont une vraie légitimité, celle de leur élection municipale.

Pour que le terme "élu de la république" garde sa valeur dans les deux assemblées, il n'y a qu'une alternative : élire le sénat au suffrage universel ou rendre OBLIGATOIRE le cumul des mandats de sénateur et de maire.

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 18:27

 

 
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Happy new year written in a heart shaped blackboard on a vintage background with a retro effect Royalty Free Stock Image

 

« Donnez-vous des rendez-vous partout,

Dans les champs, dans les choux,

Faites-vous des baisers tout de suite,

Des serments sur le grand huit.

Le temps passe à toute vitesse,

Roulez jeunesse. »
(Louis Chedid)

 

 

 

Après des fêtes étourdissantes, que 2014 vous apporte tout ce que vous désirez.

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 21:11
    A Kiev, les manifestants sont de plus en plus nombreux à faire les yeux doux à l'Europe... et les Européens sont de plus en plus perplexes : soutenir ou non, intégrer ou non ?  Les éléments à considérer ne peuvent être jugés d'un trait de plume mais, dès à présent, je propose une exigence non négociable : les Ukrainiens, s'ils veulent aller plus loin avec l'Europe, doivent demander PARDON, pardon aux victimes de la Shoah par balles à laquelle ils ont plus que largement participé. 
Certes, les Ukrainiens d'aujourd'hui n'ont pas de sang sur les mains mais l'Allemagne n'a pas fini de se couvrir la tête de cendres en mémoire des juifs exterminés, la France a demandé pardon pour la rafle du Veld'hiv.
    Au tour de l'Ukraine de faire la démonstration de ses remords.

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:15

       Ce lundi 2 Décembre, au Quesnoy, il y avait cinéma au théâtre des 3 chênes.

On projetait "Sur le chemin de l'école" documentaire de Pascal Plisson.

La salle était pleine à ras bord d'enfants, des scolaires médusés de voir les difficultés que d'autres élèves affrontent pour aller à l'école, les longues marches à pied dans la savane du Kenya, le relief escarpé de l'Atlas marocain, la gadoue et l'absence de route dans la campagne indienne, les chevauchées périlleuses dans le froid patagonien, tout ça pour accéder à son rêve d'école et commencer son travail d'élève quand on aurait bien mérité de se reposer. Comble du sacrifice, deux petits qui ne sont pas scolarisés mobilisent toutes leurs forces autour d'une ruine bricolée de fauteuil roulant pour  tirer, pousser leur grand frère handicapé jusqu'à son école.

       Prodige, dans ce rassemblement d'enfants on n'entendait aucun bruit, tout le monde était rivé à l'écran, et à la fin, sans que personne ait donné la consigne, un tonnerre d'applaudissements a jailli. Heureusement qu'il faisait noir, j'en ai versé une larme d'émotion.

       Dommage que l'horaire de cette séance unique n'ait pas favorisé la présence des parents. Eux qui se lamentent trop facilement sur la "fatigue" de leurs chers petits, ils auraient trouvé de quoi relativiser.

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 20:44
     Dans la presse aujourd'hui :"L'Iran et les grandes puissances ont scellé dimanche un premier accord historique ..."
     Accord historique, c'étaient justement les termes employés par les clowns tristes qui ont signé les accords de Munich avec Hitler en 1938. Les pas trop nuls en histoire savent ce qu'il en est advenu.

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:30

   Retour sur l'histoire proche.

   Depuis la mort de Tonton 1er, la France de gauche rongeait son frein dans l'opposition. Décidément, l'élection présidentielle ne lui réussissait pas.

Abonnés à près de vingt ans d'échec au scrutin suprème, les encartés de gauche ne sont pas restés inoccupés, ils ont prospéré dans les pouvoirs locaux. La France cumula des présidences de droite avec des villes et des régions de gauche.

    Advint le scrutin présidentiel de 2012. La gauche se lassait de l'oppositon et aspirait à gouverner, elle avait un candidat parfait en la personne du directeur du FMI, personnage considérable orné du prestige de sa fonction et d'une épouse que la télévision avait rendue populaire, le télespectateur la trouvait jolie, avec ses yeux bleus, c'était une véritable affiche pour les pulls mohair, et elle s'était toujours montrée intraitable avec l'extrême-droite.

   Une élection n'est jamais gagnée d'avance, l'engrenage si bien huilé grippa dans la dernière ligne droite à cause d'une affaire de sexe aussi américaine que scandaleuse. Les amateurs de polars et de conspirations n'ont pas fini de chercher le commanditaire du crime.

Il fallut d'urgence changer le candidat. Finis splendeur et prestige, le citoyen aura droit à sa louche de normalité indigeste.

     Le président sortant aimait le bruit, les riches et l'horlogerie de luxe. Ce qu'il était agaçant ! L'électeur  moyen était prêt à embrasser la cause de quiconque le débarrasserait de l'agité, il se laissa tenter par un candidat banal qui était fier de se déclarer normal et ressemblait à Monsieur Tout-le-monde.

    C'était un vote par défaut mais l'élu perché sur un petit nuage préféra ne pas s'en apercevoir.

    De quels hauts faits pouvait-il se vanter ? Il n'avait jamais été ministre, son grand mérite était d'avoir évité l'implosion de son parti quand il en était Premier Secrétaire. Logiquement, il pouvait se dire que gouverner la France ne serait pas beaucoup plus compliqué que gérer des irresponsables, des tendances et des courants, en évitant les embuscades. Il se mit au travail avec la méthode qui lui avait si bien réussi.

    On allait voir ce qu'on allait voir et... rien, plouf !

    Le pays, les nerfs à vif, attendait de grandes décisions seules capables d'impulser le changement promis. Elles auraient forcément déplu à certains, ce qu'un président adepte du consensus ne pouvait envisager. Il ne lui vint même pas à l'esprit qu'en échange, il pourrait engranger des soutiens indéfectibles. Non, fidèle à sa méthode, il choisit le gouvernement qu'il lui fallait, appliqué à régler des querelles d'appareil, remettant aux calendes grecques le respect des engagements.

   Dire qu'il n'a rien fait serait injuste, il avait promis le mariage pour tous et il tint parole malgré une opposition déchaînée. En même temps, sans y être hostiles, des citoyens se demandaient s'il était bien raisonnable de mobiliser tant d'énergie pour une réforme dite "sociétale" qui leur semblait moins urgente que le retour des chômeurs au boulot. Il est vrai que ces lois tapageuses font parler plus qu'elles ne coûtent et que, justement, l'argent est ce qui manque le plus.

    Pour être un vrai président, il faut exister en politique internationale, montrer qu'on décide de la paix et de la guerre. Il entreprit de chasser les djihadistes du Mali où la population l'accueillit comme le Bon Dieu. Il  récolta provisoirement quelques points dans les sondages.  Comme toutes les embellies, celle-là dura ce que durent les roses, l'espace d'un instant, le temps que le peuple, pour une fois obstiné, lui qu'on dit si inconstant, ne revienne à ses préoccupations lancinantes du chômage et du pouvoir d'achat.

     Pendant ce temps, le calendrier avance, les élections municipales s'annoncent dans quelques mois.  L'électeur mécontent du spectacle présidentiel risque fort de se détourner de tout ce qui porte son étiquette. Les déçus du président pourraient se donner des maires de doite ou même d'extrême-droite.

       Lassés des revirements et atermoiements présidentiels, des maires socialistes ont commencé à rendre leur carte. C'est la chute des feuilles...

     En quoi les maires sont-ils responsables de l'emploi et du coût de la vie ? Non seulement, ils n'y sont pour rien mais ils apportent leur aide aux victimes avec le peu de moyens qui leur restent, l'Etat se déchargeant des dépenses sans les financer.

      Jouez à vous faire peur, imaginez ce que deviendrait votre ville sous une municipalité de droite.

     En vue de sa réélection, le nouveau essaiera de plaire à ceux qui l'ont élu, il fera donc en sorte que les impôts locaux n'augmentent pas.

      Rien n'est plus simple, supprimez des services ; si vous avez moins de frais, il vous faudra moins de recettes.

On peut l'observer facilement, c'est la gestion municipale qui se pratique dans les villages résidentiels, les zones "rurbaines", tenues par des maires de droite. Pas assez courageux pour annoncer la couleur, ils se disent souvent "apolitiques" mais leurs amis sont tous à droite et leurs critiques s'adressent exclusivement à la gauche.

Quels services seront détruits en premier ? Tous seront touchés, à commencer par ceux que des entreprises privées vendront aux citoyens devenus clients, consommateurs.

On va mettre l'école publique à la portion congrue. Quand les parents en auront assez, ils mettront leurs enfants à l'école privée. 

Les activités sportives peuvent être assurées par des clubs privés, sinon, grâce à la voiture, on utilisera les installations de la commune voisine qui offre encore des services.

La vie culturelle ? - Les amateurs de spectacles et de lecture n'ont qu'à se déplacer.

Mais s'ils n'ont pas de voiture ?  - Il y a de plus en plus de chaînes de télévision thématiques, voilà de quoi se cultiver.

Ils ont envie de loisirs collectifs ?  - Alors, là, c'est trop, ce n'est pas à la commune de payer tous les caprices.

 

Vous croyez que j'exagère ?

 - A peine. Si vous ne me croyez pas, faîtes donc votre petite enquête dans les communes de droite, vous y réfléchirez. Vous paierez peut-être moins d'impôts mais, si vous êtes jeunes, vous aurez intérêt à ne pas avoir d'enfant, si vous êtes vieux, malades ou handicapés, partez !

Votre petit paradis n'est plus fait pour vous.

 

      Monsieur le Président, nous n'acceptons pas les conséquences de votre incurie sur des élus locaux qui, eux, ont bien fait leur travail.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 23:09

      Le prix Sakharov 2013 est décerné à Malala Yousafzai, 16 ans.

Cette jeune pakistanaise, laissée pour morte par des talibans qui lui avaient tiré une balle dans la tête, est devenue un symbole pour toutes les femmes écrasées par l'obscurantisme.

    Son crime ? Elle milite pour que les filles aillent à l'école, certaine que l'éducation est le plus sûr chemin vers la liberté.

    Que le prix Sakharov pour les droits de l'homme et la protection accordée par l'Union Européenne l'aident à sauver sa vie et continuer son combat.

       Des enfants prêts à tout pour étudier, c'est aussi le thème du film "Sur le chemin de l'école" au programme des cinémas en ce moment.

    En hommage à Malala, il faut absolument aller le voir et, surtout, y emmener les enfants de son entourage.

On a bien le droit de rêver, ils devraient s'en poser des questions, nos chers petits, toujours fatigués, jamais contents.

     Pour un jour, au moins, qu'ils apprécient leur chance et décident d'en tirer parti...  

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 17:45

      Le cher Georges Brassens nous affirmait, non sans une bonne dose de malice, que les morts sont tous de braves types. N'en déplaise à sa douce mémoire, nous éprouvons les plus grandes difficultés à le suivre, certains défunts n'auront jamais droit à notre respect. Le dernier exemple en est Jacques Vergès, il vient de quitter un monde qui ne le regrettera pas.

S'il était mort dans sa jeunesse, nous aurions versé une larme sur le militant anti-colonialiste mais il a vécu trop longtemps. Le défenseur des opprimés s'est changé en avocat des dictateurs.

    Après un séjour algérien, il disparut pendant huit années de 1970 à 1978...

Imaginations, à défaut de pouvoir, prenez l'initiative. Tous les choix vous sont ouverts.

Où était-il passé, pour quoi faire, avec qui ? Stasi, KGB, réseaux terroristes, officines antisémites ...c'est vraiment l'embarras du choix.  

Il réapparut et remit sa robe d'avocat pour défendre les figures les plus noires du terrorisme et du crime contre l'humanité, de Magdalena Kopp à Khieu Samphân, en passant par Klaus Barbie, Carlos, ..., j'en passe et des meilleures ...

   Les nazis, au tribunal de Nuremberg, ont bénéficié des services d'un avocat. Dans un état de droit, même les monstres les plus affreux ont le droit d'être défendus lors d'un procès équitable. De toute façon, un avocat qui voudrait ne défendre que des innocents devrait très vite changer de métier. La grande faute de Jacques Vergès n'est donc pas d'avoir professionnellement défendu des criminels mais de les avoir soutenus hors du prétoire, de leur avoir manifesté une solidarité qui dépassait largement son rôle d'avocat.

    Ses clients disparates n'avaient qu'un point commun, l'antisémitisme. Faut-il en conclure que la haine du juif peut, à elle seule, gouverner toute une vie ?

 

S'il faut prononcer l'oraison funêbre d'un tel sinistre, elle tiendra en deux mots : Bon débarras !

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 21:04

       Les militaires ont toujours eu un faible pour les religieux, les uns se servant des autres et réciproquement.

    L'alliance profitable d'une papauté désarmée et d'une soldatesque affamée a permis les célèbres Croisades. 

      Face à la Réforme protestante et aux coups de boutoir quelle assénait au papisme, Isabelle la Catholique et consorts ont porté aux confins du monde connu le Triomphe de la religion catholique (c'est le titre d'un beau tableau que Rubens peignit sur le thème). Le pape en fut si content qu'il leur expédia ses plus brillants prêcheurs pour évangéliser les peuples asservis. L'Inquisition pontificale devint un corps auxiliaire des troupes espagnoles.

       Un coup pour l'Eglise, un coup pour le roi, ces deux-là étaient faits pour s'entendre.

      L'alliance perdura aussi longtemps qu'il exista des monarchies de droit divin. Des soudards massacraient joyeusement pour Dieu et le roi. Puis, les temps et les principes changèrent pour les chrétiens. Ils ont secoué leur attention sélective et redécouvert (ce que c'est que la distraction!) cette forte parole du Christ "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu." Conformément à la divine parole, ils entreprirent de séparer le pouvoir et la  foi.

Plus facile à dire qu'à faire ... surtout auprès des militaires. Toutes les armées ont encore leur aumonier et même souvent plusieurs, de toutes les religions. Face à la mort, pas de discrimination, ne surtout fâcher aucun dieu ... qui pourrait donner un petit coup de main. De toute façon, à les en croire, les gouvernements démocratiques ne mènent plus que des guerres justes nécessairement bénies de Dieu.

Généralement, les treillis à croix sont regardés comme une vague survivance des vieilles superstitions, on ne les sort plus guère que pour les funérailles officielles où leur présence apporte un supplément de style et de solennité. Les grands principes démocratiques se résument à un "Chacun chez soi" catégorique, le pouvoir ne saurait appartenir à l'armée ni à la religion.

     On en oublierait presque qu'il existe encore des dictatures et autres régimes archaïques. Militaires et clergé,  ensemble ou séparément, y mettent l'état en coupe règlée.

     Même les recoins les plus arriérés de la planète sont touchés par un vent moderne de liberté, il est de plus en plus difficile de les gouverner par la terreur, et puis... si les formes ne sont pas sauves, l'ONU se répand en observations et remontrances.

Les dictateurs s'en moquent mais l'effet n'est pas bon, surtout pour les affaires.

Il faut donc sauver les apparences sous la forme d'une ou deux chambres élues.

Quant-à leur remettre le pouvoir, il n'y faut pas songer. Le pouvoir est chose trop sérieuse pour être confiée à un gouvernement civil. Alors, comment donner le change sans rien lâcher ?

   Les théoriciens de l'Islam politique se sont surpassés, ils ont fignolé un modèle qu'ils comptent bien répandre partout où l'effondrement des pouvoirs en place ouvre un couloir à leurs affidés. Les Iraniens expérimentent le système depuis  plus de trente ans, ils sont donc en mesure d'apporter leurs conseils à tous les intéressés. Leur république islamique repose sur une division très simple du travail : les dirigeants sont élus, comme dans n'importe quelle démocratie (ils veulent des élections ... ils en auront) mais, avant toute décision d'importance, il faut l'accord du guide suprème évidemment désigné par Dieu, comprendre : ses représentants. La ficelle est épaisse mais elle passe encore bien ; il suffit que le pouvoir précédent ait suffisamment déplu et que les religieux détiennent assez d'arguments sonnants et trébuchants pour transformer la masse des pauvres en clientèle reconnaissante. Au cas où son enthousiasme viendrait à tiédir, le guide suprème et ses disciples disposent d'une arme fatale, l'antisémitisme. Qu'un fort en gueule crie "mort aux juifs !", tout le monde se réconcilie et lui emboîte le pas. C'en est confondant d'unanimité.

      La recette devrait, à en croire ses promoteurs, assurer la liquidation du Printemps arabe. Les naïfs qui ont cru atteindre la liberté rentreront sous le joug des religieux. S'ils ne veulent pas obtempérer, les nouveaux maîtres pourront compter sur de grands spécialistes de l'ordre, les militaires. Retour de l'union rassurante du sabre et du goupillon dans sa version islamique.

     Voilà un projet idyllique mais, la perfection n'étant pas de ce monde, des os flottent sur le potage.

En Turquie, le gouvernement islamiste ayant jadis méchamment volé le pouvoir aux militaires, il vaut peut-être mieux qu'il ne compte pas sur eux pour lui sauver la mise, Il devra peut-être se débrouiller avec sa police anti-émeute, une espèce de sous-armée, en moins chic.

Un autre grain de sable, de taille celui-là, grippe la révolution égyptienne. Comme prévu, la Confrérie des Frères Musulmans avait mis la main dessus en remportant des élections assez peu maquillées. A peine au pouvoir, ils ont voulu faire vivre l'Egypte au rythme de l'Islam. Problème, la principale ressource du pays est l'héritage des pharaons, des merveilles archéologiques qui attirent les touristes. Les étrangers qui se ruent sur les pyramides ont des habitudes bien peu islamiques ; ils boivent de l'alcool, ne séparent pas les sexes, et repoussent énergiquement les abayas et autres voiles intégraux. Les Frères admettent du bout des lèvres que le tourisme est vital pour le pays mais la méfiance qui pousse les touristes à déserter les rives du Nil, en fin de compte, leur convient, l'Egypte sera pauvre mais digne. Tout le monde ne voit pas leur rigorisme d'un bon œil. Sans surprise, le peuple tient à l'argent des étrangers, ressource actuellement irremplaçable, et il est rejoint dans sa préoccupation par ... les militaires !

Il y a belle lurette que ceux-ci ne se limitent pas à la défense du pays, ils sont aussi un poids lourd économique. Nombre d'hôtels et autres commerces pour touristes leur appartiennent, ils ne tiennent pas à voir les clients s'enfuir. Ils ont un avantage sur le peuple : la force, et c'est un excellent moyen de faire valoir leurs revendications. Sans plus d'hésitation, ils ont donc arrêté le président islamique et mis en route la formation d'un nouveau gouvernement multicolore.

Cette fois, la rupture est consommée entre le sabre et le goupillon, quoique ...

  Les militaires sont brouillés avec les Frères Musulmans mais ils ouvrent les bras aux salafistes. Décidément on ne se refait pas,

Pauvres Egyptiens, à ce train, ils finiront par regretter Moubarak.

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