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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 22:56

   A la demande générale, désireux de rassurer les angoissés et autres inquiets, Panda nous livre ses impressions.


   Roulé en boule dans le fauteuil près de son bureau où elle pianote en me guettant du coin de l'oeil, il faut que je vous dise :

  Ma vie a changé ; la leur aussi... mais chacun pour soi.

  Depuis l'hiver, il se passait des trucs bizarres, je ne comprenais pas tout et c'était agaçant.

Elle qui déteste qu'on change le moindre objet de place, elle s'est mise à tout bousculer.

Ils ont rapporté plein de cartons, je croyais qu'ils avaient enfin pensé à moi, pour un chat normalement constitué, un château de caisses empilées, c'est mieux que le palais de la belle au bois dormant, mais déception, ce n'était pas pour moi. Après m'avoir chassé de ses cartons, elle s'est mise à y entasser tout le contenu des meubles.

Au fur et à mesure qu'ils étaient remplis, ils disparaissaient. Jour après jour, la maison se vidait, je commençais à  ne plus oser traverser la salle à manger, elle résonnait terriblement et me faisait peur.

Et puis, vint le soir fatidique.

Sans se fâcher, curieusement, ils m'ont laissé grimper sur la table de la cuisine, j'ai même eu droit à quelques douceurs interdites : lichettes de beurre, reste du bifteck dans son assiette, et ma vigilance endormie, ils m'ont enfermé dans le panier-ambulance. J'aurais dû me méfier, quand ce panier est dans les parages, c'est toujours mauvais signe pour moi ; en général, je me retrouve chez Madame-véto au milieu des odeurs repoussantes semées par des chiens et chats étrangers. Je n'en sors jamais sans une piqûre, arrosé de produit chimique puant. Autant dire que j'ai une dent contre ce panier.

Bon, j'aurais dû le voir, j'ai manqué d'attention, bien fait pour moi. Ils m'ont déposé dans le coffre de la voiture et nous avons roulé. C'était beaucoup plus long que pour aller chez Madame-véto, j'aurais dû reprendre espoir mais le coeur n'y était pas.  Nous les chats, comme on vous l'a déjà dit, nous sommes très casaniers et nous détestons l'imprévu et l'aventure, j'ai donc pris le parti de pousser des cris déchirants à chaque virage et il y en avait beaucoup...

Enfin, la voiture s'est arrêtée et ils ont déposé mon panier dans une maison que je ne connaissais pas. Dès qu'ils ont ouvert le couvercle, j'ai surgi hors de cette boîte maudite, comptant bien filer. Hélas, ils avaient pris la précaution de fermer portes et fenêtres avant de me libérer, j'avais l'air un peu stupide de celui qui s'est fait posséder et qui ne comprend pas tout.

Mais, heureux hasard, dans ce lieu étranger, il y avait mes affaires, ces cartons qu'on m'avait subtilisés avant que j'aie eu le temps de les annexer, et là, non seulement on ne me les enlevait pas mais on m'encourageait à les coloniser. Je commençais à me rassurer et j'adoptai le parti de cesser les hurlements. Faisant contre-mauvaise-fortune-bon-coeur, j'ai entrepris de visiter la maison. Elle est plus petite que l'autre mais, dans celle-ci, il n'y a pas de pièce interdite, j'ai le droit de circuler partout donc la visite est déjà un beau programme pour un petit chat peureux.

Avantage considérable : alors que, dans mon ancienne maison, la chambre à coucher m'était interdite, j'ai eu le droit de passer la première nuit avec eux. Craignant d'être chassé si je les réveillais, il m'a semblé prudent d'être extrêmement sage et nous avons bien dormi à trois... sur le clic-clac, ce n'était encore jamais arrivé. Le lit n'était pas là, non plus que bien d'autres meubles ; ils n'arriveront que le lendemain, me créant à nouveau  des émotions.

Le matin, la journée commence bien, j'ai droit à mon petit déjeuner préféré : des petites boulettes en gelée ... en double ration. Curieusement, l'assiette de délices est déposée à la cave, la gourmandise est un vilain défaut, je ne me suis pas méfié. Pendant que j'avale goulûment mon repas, j'entends la porte qui se ferme, elle restera bouclée jusqu'au soir. Ils avaient bien prévu leur coup, mon bac à litière était aussi à la cave. J'ai eu beau donner de la voix, rien à faire. De toute façon, dans la maison, le boucan me faisait concurrence ; c'est le soir, une fois libéré, que j'ai compris : les meubles étaient arrivés. Les déménageurs ont passé la journée à ouvrir et fermer des portes, il n'était pas question de circuler entre leurs pieds.

Le soir, donc, je suis sorti du cachot mais je n'ai pas retrouvé ma liberté. Moi qui avais l'habitude d'aller et venir à ma guise de l'intérieur à la cour, j'étais enfermé. J'ai presque désespéré, je croyais ne jamais revoir le grand air. Enfin, après une semaine où je m'étais habitué à la maison devenue Ma maison, une porte s'est ouverte sur la cour.

Prudemment, j'ai observé les environs : un espace clos d'une haie, impeccable pour se faire un couloir protégé : mon tunnel,

pas de rue avec des voitures, c'est une sécurité,

des oiseaux, c'est une distraction de les surveiller à défaut de les croquer.

Les chats sont nombreux dans le quartier ; évidemment, certains en veulent à mon assiette et urinent sur mes affaires pour essayer de m'intimider. Heureusement, tous ne sont pas aussi mal élevés, je me suis fait un copain, un tigré, parfait chat de gouttière mais pacifique, bonasse, comme elle dit. Ce n'est pas toujours dans le grand monde qu'on se fait les meilleurs amis.

Oui, c'est bien parti pour une vraie vie de chat.

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 22:38
     A parler de tout et de rien, à passer du coq à l'âne, il était grand temps de répondre à une question angoissante  : pourquoi tipanda ?
    
     Vous avez tous deviné, il s'agit d'un pseudo, pas le faux nez honteux des auteurs de lettres anonymes, plutôt une précision, un complément. Il m'a semblé utile de passer par là, le jour où, cherchant Jacqueline Simon sur Google, j'ai constaté que, sans surprise, nous étions plusieurs à porter ce nom. Il vaut toujours mieux éviter les confusions gênantes, il m'a donc semblé préférable d'ajouter un pseudo à mon identité.
     
      Mais encore ... Que signifie tipanda ?
A nouveau, inutile d'être grand clerc pour le deviner. C'est un diminutif, une contraction de "petit panda".
      Un panda, à présent ... Pourquoi pas un lion, un éléphant, une libellule...? Le choix est vaste. Et pourquoi "petit" ? L'adjectif convient peu à un gros nounours.
      La dernière objection est facile à réfuter ; le panda le plus célèbre est le panda de Chine, un bon gros père, une sorte d'ours pie noir et blanc (comme les vaches), placide et végétarien, consommateur exclusif d'une seule variété de bambou, mais il existe aussi le "petit panda roux", un autre animal, une espèce complètement différente, arboricole et nantie  d'un panache qui fait immédiatement penser au "firefox" bien connu des informaticiens.
       L'imagination permet toutes les constructions. La recherche d'un animal-totem fabrique une sorte d'hybride improbable : la grâce du firefox et le caractère attachant du panda de Chine.
       Fort bien, mais nous ignorons toujours quel coup de coeur a suscité son adoption.

       Ce n'était pas un coup de foudre, le panda est présent dans ma vie depuis longtemps, aussi loin que mon adhésion au WWF dont il est le logo ( Sur la trace du panda, panda magazine, pandashop etc.). Inutile de pousser des soupirs agacés, ne soupçonnez pas quelque amalgame douteux ; loin de moi l'illusion antispéciste, quoique ... Non, l'homme est bien au sommet des espèces mais, "noblesse-oblige", je crois mordicus que la supériorité d'un individu, comme d'une civilisation, se justifie par la manière dont il se conduit avec ses inférieurs. Si je vous disais que le sort des bêtes me tient parfois éveillée ?...Là, si vous voyez ce que je veux dire, y-a-du-boulot !

       Et puis, un panda est entré dans ma vie, l'été 2001, sous la forme d'un... chaton.
Qu'on se figure un quartier traditionnel des vieilles villes du Nord, des maisons serrées les unes contre les autres formant une muraille continue le long du trottoir et, à l'arrière, inaccessibles à moins de traverser une maison, des cours, des jardins. C'est une zone-frontière: d'un côté, les nuisances de la route, de l'autre, la paix d'une campagne improbable en ce lieu.
Dans cette fausse nature on trouve des insectes, des oiseaux, des mulots et des chats.
     Les félins des villes arrivent toujours de la même manière : des irresponsables font l'acquisition d'une chatte ; sous  le fallacieux prétexte de "laisser faire la nature", ils ne la font pas stériliser, donc il arrive des petits qu'ils n'ont pas le courage de supprimer à la naissance, la famille-chat les encombre, ils les expulsent du foyer ; sans nourriture et sans abri, la population de SDF félins squatte les jardins, chassant un peu et mendiant beaucoup.
Ils sont protégés des dangers de la route par la muraille des maisons mais ils restent sous la menace des ennemis des chats. Ils courent le risque du poison qu'on se procure facilement sous prétexte de dératisation. En fin de compte, leur vie est le plus souvent très courte.
      Une véritable petite famille multicolore a donc entrepris de nous rendre visite à la fin des repas. Nous la faisions profiter avec plaisir de nos restes, nous en produisions même exprès ; en échange, ils nous offraient leur beauté et le spectacle de leurs facéties. Nous en avons particulièrement repéré un à qui nous trouvions une tête de panda : des taches sombres sur le nez et autour de ses yeux bleus.
Ne pouvant résister plus longtemps à son charme, j'ai donc procédé à l'enlèvement de l'individu, me promettant bien de faire subir le même sort à d'autres, le lendemain.
      Hélas, je n'ai pu exécuter la suite du projet ; la mère et les autres chatons ne sont pas revenus.
J'en ai trouvé un, mort, dans une gouttière. Un voisin adepte de la strychnine avait sévi, une fois de plus.
     
      Mais revenons à notre cher rescapé.
      Très logiquement, il n'a pas fallu un siècle pour lui trouver un nom, ce fut, et c'est toujours, Panda qui se porte fort bien, merci pour lui.

      En résumé, à force de vivre sous le signe du Panda dans sa forme la plus tendre, lorsqu'il m'est paru nécessaire de choisir un pseudo, je n'ai pas voulu échapper au nom de mon petit compagnon.
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