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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 21:33
Bon vent à l'Arche de Noé.

Vous avez peut-être gardé le souvenir de Panda.

Il s'épanchait volontiers, écrivait ses mémoires avec la complicité de son humaine.

Un matin d'automne, il est parti en fumée. Ses humains l'ont pleuré et ont juré qu'on ne les y prendrait plus. Vous connaissez le refrain "On a trop de chagrin quand ils s'en vont..."

Le doute était quand-même permis, elle s'était gardé ouverte une porte de sortie.

Le trop énergique "Plus de chat" était suivi d'un "sauf pour rendre service".

Il était question d'offrir une belle fin de vie au compagnon d'une personne décédée ou partie en maison de retraite... Cette espèce-là étant fort répandue dans nos campagnes, on pouvait s'attendre à voir réoccupé le monde enchanté de Panda.

Et ce fut moi.

J'étais le compagnon  d'une dame très âgée.

Je partageais sa belle maison et même son lit. Des employées veillaient à mes besoins, me brossaient, exécutaient mes moindres désirs...jusqu'au jour où la dame n'a plus bougé, la chambre est devenue froide et noire et des mains inamicales m'ont bouclé dans le garage. Un monsieur que j'avais vaguement entraperçu une fois ou deux faisait les cent pas avec un air de propriétaire et annonçait sur un ton péremptoire qu'il voulait bien de la maison mais pas du chat.

Regardez moi. Est-ce bien raisonnable de ne pas vouloir de moi ?

Je vous tairai toute la chaîne d' amies des chats qui, de Thérèse à Sylvie, m'ont trouvé ce point de chute...et me voilà.

Ma nouvelle humaine m'a appelé Noé, beau nom pour un rescapé.

Je vais avoir 8 ans et je compte vivre encore beaucoup  d'années entre fauteuils et bureau.

 

Vous n'allez sans doute pas tarder à lire de mes nouvelles.  

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 23:00

  Voilà l'ambiance au mois de janvier quand Joliminou passait le plus clair de son temps chez nous. Il ne rentrait qu'occasionnellement chez ses propriétaires qui oubliaient régulièrement de l'abreuver et le nourrir.

Ce jour-là, nous l'avions photographié au retour d'un passage chez eux.

 

 

Tout compte fait, il voulait seulement mesurer notre émotion.

  Mon canapé lui manquait et, sans doute, mon bureau.

Il est aussitôt parti en chasse...

Admirez le grand pourfendeur de souris :

 

 

 

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   Combien de temps vais-je encore disposer de mon ordinateur ?

Il y a péril en la demeure.

 

 

     Le 03 juin 2013 Retour sur  notre histoire.

 C'était le bon temps où Joliminou nous rendait visite et nous faisait profiter de son charme et de ses câlins.

Aujourd'hui, il est loin, nous n'avons plus que les regrets.

Qu'est-il devenu, emporté par ses propriétaires négligents ? 

A-t'il trouvé de nouveaux amis pour lui offrir le boire et le manger dont il est trop souvent privé ?

   C'est triste, triste ...

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 16:10

      Foi de Panda, la vie n'est pas une partie de plaisir.

      Je vous ai déjà raconté comment Ils m'ont fait subir, quand j'étais tout petit, une intervention chirurgicale destinée à leur éviter les visites bruyantes et malodorantes des matous et chattes en chaleur du voisinage.

      Je n'ai jamais connu ce qui semble tellement exciter les félins non opérés, je ne sais pas si j'aurais aimé, donc je n'ai aucun regret. Quand je les vois en loques et épuisés, j'ai plutôt tendance à m'en féliciter. Mon humaine m'a déjà expliqué que l'opération m'avait sauvé la vie en m'évitant les courses folles qui, trop souvent, finissent sous les roues d'une voiture. En gros, la perte de ces quelques grammes a été un gage de longue vie en bonne santé... jusqu'à ce printemps.

      L'hiver particulièrement froid et prolongé a retardé l'épisode de furie que les anciens appellent "maroulage". C'est une tradition pour les félins des deux sexes de quitter leur couchette bien avant l'aube et de se rassembler pour une démonstration sonore qui fait penser au doublage d'un film d'horreur. Leurs cris feraient fuir même des oiseaux de proie ; on dirait des hurlements d'enfants torturés et ils ne s'interrompent que pour laisser place aux grognements et bousculades. Au lever du soleil,  les combattants portent les stigmates de la guerre, des poils arrachés, des blessures de toutes sortes, coups de griffes et de dents. Avec un peu de chance, les chattes ont trouvé ce qu'elles attendaient, les guerriers peuvent rentrer chez eux et panser leurs plaies, la paix est revenue pour tout le monde. Hélas, il est très possible que ces dames ne soient pas satisfaites, il faut s'attendre à d'autres nuits de cris et de fureur.

     L'an dernier, je n'avais pas assisté au maroulage, il avait eu lieu avant mon arrivée dans le quartier, tout était tranquille. J'ai évoqué ma rencontre, à l'époque, avec un gros matou tigré, au moins trois fois plus gros que moi, assez mal élevé mais, somme toute, aimable, ses hormones étaient au repos.

       Cette année, changement de refrain. Une minette blanche, colocataire de Joliminou, est venue chasser le mâle dans ma cour, attirant tous les matous à ses trousses, en particulier notre chef de bande tigré. Les hormones en ébullition, ce dernier attaque, bille en tête, tous les chats qu'il croise. Distraction ou crise de fureur (?), il n'a même pas remarqué que je ne suis pas dans la compétition, il a entrepris de marquer sa prise de possession sur mon domaine. Après avoir inondé ma porte, il a voulu s'introduire chez moi.

      N'écoutant que mon courage, et pas du tout le sens des réalités, j'ai foncé en poussant mes hurlements les plus féroces. L'altercation a été brève... je ne me rappelle plus bien. Toutes griffes dehors, il m'a jeté au sol, retourné, écrasé et roué de coups puis il m'a logé une profonde morsure au milieu du dos. Tout cela n'a duré qu'un instant, les bruits de la guerre ont attiré mon humaine à la rescousse. L'affreux a pris la fuite en se glissant sous la haie. Et moi, je me demande encore comment j'ai pu réunir assez de forces, je me suis glissé ... sous le canapé. Je ne suis pas fou, mon instinct de conservation m'interdit de laisser mon humaine examiner mon corps souffrant, mes blessures ne regardent que moi, elle serait bien capable d'aggraver mon humiliation en me barbouillant de produits chimiques malodorants, c'est sa manie commune avec Madame véto.

      Recroquevillé dans la douleur, je me suis engourdi. Quand j'ai voulu sortir de ma cachette exiguë, la douleur m'a arraché un gémissement qui aurait fait jaillir des larmes chez les plus endurcis. Je me suis traîné comme un ver, pas assez vite pour lui échapper ; il m'a fallu ravaler ma fierté pour subir examens et désinfection. Pour me venger, j'ai ressorti le vieux truc qui marche toujours : la grève de la faim.

Réussite sur toute la ligne, elle s'est fait un sang d'encre. Tant mieux pour moi, il était grand temps qu'on m'accordât enfin l'importance qui me revient.

        Les satisfactions d'amour propre sont bien agréables mais elles ne nourrissent pas son homme, son chat non plus, d'ailleurs. Après trois jours, j'ai donc cessé de faire la mauvaise tête et repris la route de la gamelle.

        En même temps que ces épisodes homériques, s'en déroulaient d'autres, moins sauvages mais plus lourds de conséquences. Les patrons de Joliminou et de la séductrice blanche ont déménagé.

Ils ont quitté la ville, emportant leurs chats. 

      Qui se plaindrait du départ de la chatte blanche ? Maintenant qu'elle est partie, c'est la paix dans le quartier.       

       Mais Joliminou, c'était mon copain, c'était mon ami ... Pourquoi ne demande-t'on jamais l'avis des chats quand on change de maison ?

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 14:55

Félix Leclercq chantait une merveilleuse chanson "le p'tit bonheur"

 

...Mon bonheur est parti
Sans me donner la main
J'eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes,
Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du coeur,
Il s'en allait toujours, la tête haute, sans joie, sans haine,
Comme s'il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure...

 

  Il fallait s'y attendre, Joliminou a fait le coup du p'tit bonheur. Après un mois sans quitter la maison, il est sorti, mine de rien, et n'est pas revenu.

Peut-être rentré chez lui ?... Après tout, il n'était pas à nous ce chat.

Nous commencions à le croire adopté, un amour de chat, si câlin, affectueux, tout en ronrons...

Mais un chat voyageur, c'est l'amour de tous et il n'appartient à personne.

Ils ont bien de la chance, ses propriétaires, ils l'ont retrouvé.

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Mais ils ne seront jamais ses maîtres.

Les chats sont des animaux libres, la peine est pour les humains.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 16:55

    Il fait la tête. D'après lui, on en fait trop pour Joliminou.

En réparation, je dois impérativement vous communiquer son portrait.

J'ai beau lui dire que la saison n'y est pas, que toutes ses photos ont été éclairées au flash et que c'est incompatible avec ses yeux bleus (héritage d'un père siamois), il ne veut rien entendre.

Alors voilà un jaloux Panda

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         D'ici peu, il va nous faire le coup de Notre-Dame de la Désolation.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 01:25

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Un chat qui se passe de mots.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 10:24

   Foi de Panda, je l'avais prévu, le coup de la chatière et celui du revenant (voir épisodes précédents) n'ont pas tardé à porter leurs fruits. Le revenant a traversé la chatière et... s'est carrément installé chez moi.

    Eux ? Ils n'y voient qu'une question : comment l'appeler ?

Elle propose Joliminou, Lui Hercule II (comme Louis XIV). Hier, leur fils a résumé l'idée en H2. Ce dernier projet me semble peu réaliste, on pense immédiatement à H2O et nos relations difficiles avec l'eau interdisent de faire porter un tel nom à un chat.

    Il entre et sort à sa guise, se vautre à son aise sur mon canapé (enfin, celui que je m'étais approprié d'autorité), mais je manque d'un vrai motif pour l'éjecter. 

    Pas agressif pour un sou, il a beau peser trois fois mon poids, jamais un coup de patte ni un feulement. Je suis mal placé pour jouer l'enfant martyr.

    Ses goûts alimentaires ne sont pas les miens, c'est un minet dodu et fourré, plus aristo que moi, mais il aime les croquettes que j'ai tendance à traiter en nourriture de pauvre. Résultat, même s'il a un solide coup de fourchette, il respecte mon assiette. Question alimentation, il est, de toute façon, beaucoup mieux éduqué que moi, Elle ne se prive pas de me le faire remarquer, il ne mendie pas autour de la table, lui, ni à la cuisine, alors que moi... je réclame, je miaule comme si je mourais de faim et je chaparde jusqu'au moment où, n'en pouvant plus, Elle me lance un morceau dans la cour avant de me fermer la porte et la chatière au nez, seul moyen de terminer en paix la préparation du repas. Le squatteur, lui, ne réclame que ses croquettes dans son assiette.

   Tant de perfection a quelque-chose de louche. Faut-il y voir basse flagornerie et coup monté pour piquer ma place ? Je ne suis pas loin de le croire.

    Et des câlins, et des ronrons... c'est un vrai spécialiste. Et moi qui Les ai toujours accoutumés à la rareté de mes heures de grâce ...Pas n'importe ou, pas n'importe quand, il faut me mériter.

Et lui qui se répand en mamours ...Je vous dis qu'il se gaspille, l'imbécile...

   Parfois, il me vient l'espoir mauvais que ses humains-à-lui le récupèrent manu-militari. Bonne affaire pour moi, je retrouverais l'usage exclusif de mon domaine... Mais, folle illusion, je sais mieux que personne qu'on n'enferme pas un chat. A la première occasion, s'il veut revenir, il reviendra.

   Pour finir, entre nous, je suis battu. Je ronchonne, je me plais à trouver toutes les raisons de l'expulser mais quand il va faire un petit tour, je m'inquiète, je crains qu'il ne revienne pas.

    Et voilà, je ne l'ai pas cherché mais je tiens à lui.

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 23:25

     Il a dû m'arriver quelque-chose dans un moment de distraction.

Ce n'est pas croyable mais, depuis le début du grand froid, je dors encore plus que d'habitude.

    Mes humains rigolent et cherchent une explication. Elle a d'abord imaginé que j'avais été piqué par une mouche tsé-tsé et contaminé par la maladie du sommeil. Lui, a fait remarquer qu'il s'agit d'une affection qui touche surtout les herbivores et le dernier qui m'a vu manger des légumes, il n'est pas jeune... Beurk. Et puis, la mouche tsé-tsé a la chance, elle, de vivre dans des pays chauds, elle s'acclimate difficilement au froid.

     L'hypothèse "mouche" a fait long feu.

     Mes humains ne laissent à personne d'autre le soin de remplir mon assiette, il est inimaginable qu'on m'ait drogué aux somnifères, d'autant que je garde intacte la faculté de me réveiller instantanément au son de l'ouverture du frigo.

      Le coupable n'est ni une mouche ni un narcotique, alors qui ?

      On pense forcément à tous ces gens qui m'offrent l'abri de leurs genoux. Ils n'ont qu'à s'installer dans un fauteuil, je me love en boule sur leurs genoux et c'est le plaisir. Ils me servent de coussin ; en échange, je réchauffe leur intimité. Dans cet échange où tout le monde trouve son compte, il n'est pas du tout invraisemblable que certains, des pros, aient profité de la situation pour faire des expériences sur moi.

    Je vous explique : on papouille le chat, on endort sa méfiance et, subrepticement, on lui injecte le produit à tester.

Oui, pensez-vous, mais quel produit et pour quoi faire ?

   Vous n'êtes pas sourd donc vous avez certainement entendu parler de l'ADN, il paraît que c'est une substance invisible. Alors, ni vu ni connu, un savant fou m'a certainement injecté de l'ADN de marmotte. Cette espèce-là, il paraît que ça dort tout l'hiver.

Je peux confirmer : ça marche ! Il me reste quelques gènes de chat, j'ai encore de rares moments d'éveil mais je suis bien parti pour hiberner.

J'étais une merveille de la nature. Maintenant, tout est changé, merveille toujours mais de la science, voilà ce que je suis, ce qui fera ma notoriété.

      Hélas, le bonheur parfait n'existe pas. Il paraît que les OGM sont interdits.

Je refuse énergiquement d'être mis au rebut par ce temps. Ils n'ont qu'à m'oublier dans un coin. je passerai l'hiver comme ma famille marmotte, à hiberner.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 10:23

     Ben moi, oui.

C'est tout nouveau et ça n'a rien à voir avec la saison.

Non, j'ai revu Hercule, il est revenu.

 

   Il faut que je vous raconte.

  Quand je suis arrivé chez mes humains, j'étais un chaton SDF ; je me suis introduit et imposé dans leur maison qui m'attirait. La place était occupée ; une matriarche et son fils y tenaient leur cour. La reine-mère, Féline, était une magnifique persane bleu-crème aux yeux dorés ; tout était splendide chez elle, tout... sauf le caractère. En souveraine absolue, elle n'en faisait qu'à sa tête et dominait son monde, en commençant par son fils Hercule, né d'une mésalliance avec Léon, le séducteur du quartier.

   Hercule aussi était beau, même s'il ne faisait pas aussi aristochat que sa mère. De Féline, il avait hérité les iris d'or et la soie de sa fourrure mais, pour la couleur, c'était la copie conforme de Léon, le roturier, roux clair avec le cou et le ventre blancs. Pour le caractère, c'était, aux dires des humains, une pâte de chat, soumis, d'abord à sa mère, puis à tous.

   Quand j'ai fait mon entrée, Sa Majesté Féline, adepte des longues promenades, était sortie.

Hercule et moi avons fait connaissance autour d'un en-cas propre à nous mettre de bonne humeur. J'étais encore petit mais je possédais assez d'expérience pour savoir que les bonnes habitudes se prennent tôt. L'assiette était bien assez pleine pour que nous mangions ensemble mais j'ai tout de suite établi des préséances, j'ai feulé comme un grand fauve en direction d'Hercule.

Il s'est arrêté dans son approche et m'a regardé avec l'air un peu bête qu'il prenait quand il refusait le conflit. Sans aucun scrupule, j'ai poussé mon avantage en dévorant tout le plat. Il s'est contenté des miettes que j'avais daigné lui abandonner.

Nos humains, repérant le manège, compléteront sa ration, mais l'essentiel était acquis : j'étais le chef et je le resterais pour toute notre vie commune qui sera longue.

    Inutile de préciser que la partie sera moins facile avec Féline. Sa première réaction fut la chaise vide, on ne la revit pas de plusieurs mois. Rassurez vous, la colère ne la conduisit pas à la grève de la faim, elle guettait les absences des humains et venait se nourrir en entrant par la chatière quand elle était certaine de ne rencontrer personne. Les rigueurs de l'hiver eurent raison de sa mauvaise tête plus efficacement que les appels et autres tentatives de l'amadouer. Un soir de neige, elle reprit sa place de reine comme si elle rentrait d'un petit tour. De la revoir, mon humaine était folle de joie, la vie de famille prit son cours normal : Féline et moi décidâmes de nous ignorer, nous habitions la même maison sans nous voir.

    Quelques saisons plus tard, Féline perdit l'appétit et le goût des promenades, elle rendit plusieurs visites à Monsieur le véto et, la dernière fois, son panier rentra vide.

   Mes humains en furent très tristes, c'est agaçant. Ils n'avaient aucune raison de s'affliger ; pour la faire oublier, nous étions là, Hercule, pas très futé mais bien gentil, et surtout moi, l'irremplaçable.

   Des saisons passèrent, belles et mauvaises ; nous avons pris nos habitudes. J'étais le chef, "un tempérament dominant" disent mes humains, et le cher Hercule menait sa vie tranquille de dominé sans histoires, toujours si gentil qu'il était adoré des visiteurs. Je n'en prenais aucun ombrage, chacun sa spécialité : à moi les responsabilités liées à l'autorité, à lui la diplomatie auprès des humains.

     Quand j'ai fait sa connaissance, il était dodu, c'était un chat tout en rondeurs mais, avec l'âge, il est devenu de plus en plus léger. Son pelage épais faisait illusion mais il n'était plus qu'une demie-portion, jusqu'à ce matin d'automne où il est devenu tout froid et raide. Mon humaine l'a emporté et je suis resté seul.

     Ensuite, nous avons changé de maison (ça, je l'ai déjà raconté). Ici, je cumule les deux emplois de chef et de bête de tendresse ; quand on est seul, il faut tout faire ! Je me suis bien fait quelques relations parmi les chats du quartier mais on ne peut comparer un visiteur de passage avec l'ami qui a partagé votre vie pendant des années.

    Et voilà, l'autre soir, alors que j'inspectais mon domaine, a surgi devant moi une apparition : Hercule, la même couleur, le même poil et l'air gentil qui conquérait si bien le monde.

     Je l'ai regardé, incrédule et méfiant, franchement inquiet devant l'air ébahi et conquis de mes humains qui se confondaient déjà en "minou, minou".

     Hercule serait revenu ? Je n'ai pas tout compris...

     En tout cas, je suis fermement décidé à me battre pour rester seul maître des lieux.

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 21:48

   Ils sont agaçants, les humains.

Il faut absolument que je vous raconte leur dernière tracasserie : ils ne veulent plus m'ouvrir la porte. A les entendre, je manquerais de décision et ils en auraient assez. Ils ne trouvent pas normal que je change d'avis dix fois dans la demie heure, alors que c'est, à mon sens, amplement justifié.

Je demande à sortir, j'ai le droit de me dégourdir les pattes, non ?

A peine suis-je dehors qu'un chien aboie dans le voisinage ; mes oreilles sensibles ne supportent pas une telle cacophonie. Je lance un appel d'urgence, on m'ouvre et je me réfugie à l'intérieur où l'ennui me rejoint immédiatement.

Le tintamarre canin ayant cessé, je prends le parti de ressortir mais, très vite, des bruits de vaisselle en provenance de la cuisine me signalent une activité de première importance : la préparation du repas qui ne saurait avoir lieu sans moi. J'insiste pour entrer, on m'ouvre, je me précipite aux pieds de mon humaine en poussant des miaulements qui ne souffrent aucun refus. Je fais des ronds entre ses pieds au risque de la faire tomber jusqu'à ce qu'elle daigne me distribuer quelques morceaux de choix. Pauvre naïve, elle espère qu'en les déposant dehors, elle aura gagné un moment de tranquillité, c'est compter sans le ciel.

Voilà une averse. Chacun sait que nous, les chats, sommes brouillés avec l'eau ; très logiquement, je pousse un cri aussi impérieux que strident, la porte s'ouvre et ainsi de suite...

Tout le monde se lamente à cause du chômage. Eh bien, moi, je suis un créateur d'emploi, celui de portier qui m'est absolument nécessaire.

Au début, ils sont très complaisants, pleins d'égards à mon endroit, mais ils ne tardent pas à se rebiffer et ne s'exécutent qu'en maugréant.

Évidemment, ils n'ont pas tardé à trouver une solution.

Ils se sont rappelés que, dans mon ancienne maison, il y avait une chatière, une porte battante juste à ma taille. J'entrais et sortais sans rien leur demander. C'est bien utile mais le procédé manque de charme, c'est si bon de demander et obtenir.

Je suis un petit tyran mais un si joli tyran ! A voir mon regard bleu confiant et implorant, il faut avoir un coeur de pierre pour résister.

Eh bien, ils ont choisi de résister, ils ont installé une chatière dans ma nouvelle maison.

Un soir, il est rentré avec un paquet plat qu'il a montré à sa femme et il m'a regardé en rigolant, son forfait était prémédité... Le lendemain, après le déjeuner, Tonton est arrivé, j'étais tout content. D'habitude, il s'installe dans le canapé sans bouger, je grimpe sur ses genoux, c'est un vrai spécialiste en papouilles et autres grattages de chat. Ce jour là, j'ai attendu vainement ma séance de câlins, mon humain et lui ont entrepris de démonter une porte de la cuisine puis ils y ont découpé un trou. Je me suis sauvé à cause du bruit et, à mon retour, la porte était revenue à sa place. Le trou était bouché par une chatière ; c'était donc ça, le paquet qui le faisait rigoler ! 

Il me fallait trouver une réponse convenable à cet affront manifeste.

J'ai fait l'andouille. J'ai adopté l'air complètement abruti de celui qui ne comprend pas à quoi ce machin peut servir, alors que j'en ai utilisé une pendant plus de dix ans. Comme s'ils ne savaient pas que notre mémoire est absolument exceptionnelle, ils ont mis tout leur coeur à essayer de m'apprendre le fonctionnement de cette trappe à chats. Chacun leur tour, ils la tapotaient en m'appelant avec un sourire idiot pour que je comprenne bien que cette porte m'appartient et qu'elle va me simplifier la vie.

Las, rien de plus bête que celui qui ne veut pas comprendre. En gardant l'air stupide et fermé, j'ai fait semblant de me désintéresser du nouveau jouet et, j'ai entrepris comme un travail urgent l'inspection de la cour. Reportant mon apprentissage à plus tard, ils sont retournés à leurs occupations.

C'est là que ma vieille ennemie, la pluie, m'a joué un des mauvais tours dont elle est coutumière, l'averse a éclaté et a vaincu mon entêtement. Elles étaient fortes les résolutions que j'avais prises, mais pas au point de me tremper les os. Toute honte bue, j'ai foncé dans leur maudite chatière.

Ils ont ri en m'accueillant dans la cuisine et, grand seigneur, pour manifester mon désir de faire la paix, j'ai daigné accepter un morceau du dos de cabillaud qu'elle était en train de préparer.

Il faut savoir être souple avec le personnel.

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