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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 15:59

   12 septembre, c'est la fête des Apollinaire.

   Il y eut bien un Saint Apollinaire, martyr chrétien comme il convient, mais sa réputation est depuis longtemps surpassée par celle de Guillaume Apollinaire qui ne fut pas un saint ni un martyr.

   Le pauvre homme constitue, à lui seul, un catalogue des tromperies sur la marchandise.

Il est d'usage qu'on plaigne le héros mort pour la France trois jours avant le célèbre 11 novembre qui clôtura la Grande Guerre. Effectivement, c'est bien à cette date qu'il rendit l'âme et il s'était engagé pour servir la France donc on considère qu'il est mort au champ d'honneur.

Spécialistes du chagrin patriotique, vous pouvez arrêter là vos lamentations et ranger vos mouchoirs, nul besoin de balles ennemies, il a succombé à la grippe espagnole qui l'a fauché au front, comme, par ses soins, quantité de planqués à l'arrière sont passés de vie à trépas.

   Ce grand patriote ne pouvait qu'être un grand poète.

En France, les lecteurs de poésie sont peu nombreux ; on lui crée donc un public forcé en mettant les poètes au programme de l'école. C'est ainsi que beaucoup ont appris, enfants, le célèbre "Pont Mirabeau" qui doit l'essentiel de sa renommée à Guillaume Apollinaire.

   C'est bien pour le pont mais la réputation de l'auteur en fut gâtée.

Se fondant sur cette unique expérience, beaucoup d'anciens élèves ne sont pas loin de voir en Apollinaire un poète pleurnichard sentimentalo-gnan-gnan. Il est vrai qu'on ne trouve pas dans les manuels scolaires quelques curiosités comme "Les onze mille verges" et autres textes érotiques à la limite de la pornographie.

Alors, timides et complexés, n'ayez plus honte de vous vautrer dans la licence et le stupre, réclamez à votre libraire les écrits érotiques de Guillaume Apollinaire et, s'il vous lance un regard choqué, vous avez le bon motif tout prêt : cultiver la mémoire d'un grand patriote.

Ah oui, si vous êtes l'un des rares Apollinaire, BONNE FÊTE !

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 17:15

11 septembre.

Si on vous demandait : "Que vous rappelle cette date ?"

Une écrasante majorité parlerait de l'attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center. L'événement est si horrible, il fait l'effet d'un tel cataclysme que le 11 septembre ne rappelle rien d'autre. Plus rien n'émerge.

Et pourtant, sans remonter jusqu'au sacre de Louis le Pieux ou la fondation de Cluny, 11 septembre est aussi la date du coup d'état de Pinochet (en 1973), un anniversaire pénible. La date était mal partie.

Il ne fait pas bon partager son anniversaire ou sa fête avec de telles calamités. Parions que peu de femmes enceintes, quand elles en ont le choix, programment leur accouchement pour un 11 septembre.

Dommage pour les Adelphe (pas Adolphe, Adelphe !) C'est pourtant un beau nom, du grec "adelphos" : le frère ; Adelphe est un prénom bien républicain, un hommage à la fraternité.

Curieuse idée de la fraternité, celle qui consiste à écraser un peuple sous une dictature ou dans une catastrophe aérienne, un nouveau nombre maudit vient de naître.

Nous connaissions 666, le nombre du diable. De quoi 1109 est-il le chiffre ?

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 09:25

Ils sont nombreux, le prénom a du succès, et les Alain d'aujourd'hui ont de nombreux référents de qui se recommander.

N'en déplaise aux Alain qui ne seraient pas bretons, notre attention du jour se portera sur Alain Fergent, comte de Quimper, de Rennes, et duc de Bretagne au XIème siècle.

Personnage d'importance bien qu'oublié, il accrocha solidement son duché à l'histoire des royaumes de France et d'Angleterre. Pour ce faire, il se servit intelligemment des mariages. Quand on a ce talent à son époque, avoir des filles à marier est une bonne affaire. Les siennes sont devenues maîtresses de provinces importantes (Normandie, Anjou) et la Bretagne cessa d'être une région lointaine, perdue face à l'océan, pour devenir l'égale des plus grands apanages.

Ces actions en font un grand seigneur mais en quoi serait-il plus sympathique que ses semblables ?

Juste un peu de nostalgie, Alain Fergent fut le dernier duc de Bretagne bretonnant. Ses successeurs jugeront préférable de parler la langue d'oil. Il la connaissait assurément mais sa langue resta celtique.

En ce temps-là, nul ne songeait à contester que Nantes fût en Bretagne.

Celtiques amitiés à tous les Alain.

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 09:57

C'est la fête des Bertrand. On n'oublie pas de les embrasser et c'est du boulot, ils sont nombreux.

En leur donnant ce prénom, bien français en apparence, leurs parents ont-ils eu conscience de les rattacher aux vieux mythes germaniques ?

Le prénom Bertrand vient du germain behrt, « brillant », et hramm, « corbeau ». C'était le corbeau du dieu Odin, à ne pas confondre avec les noirs corbeaux peuplant les sacristies.

Le christianisme, toujours aussi porté sur le recyclage, a trouvé aux Bertrand une figure plus conforme que l'oiseau guerrier en sélectionnant dans un monastère de comminges un moine du onzième siécle. Il est devenu Saint Bertrand et son abbaye, Saint Bertrand de Comminges.

Libre à chacun de choisir son totem mais le corbeau d'Odin conserve un attrait intimidant et mythique que l'homme de Dieu n'aura jamais.

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 09:22

Aujourd'hui, c'est la fête des Aristide.

Ils sont peu nombreux mais leur fête est l'occasion de rappeler la grande figure d'Aristide le Juste, modèle du démocrate athénien. (En 2008, notre actualité m'avait fourni une bonne raison de l'évoquer)

Athènes, où est née la démocratie, a expérimenté quelques pratiques destinées à donner la parole et le pouvoir au peuple (tiens, tiens, ça rappelle des politiques d’aujourd’hui …) Ils n’ont pas eu besoin d'inventer le référendum, les dimensions de la cité permettaient de rassembler tous les citoyens en un même lieu pour leur demander leur avis. Craignant les tentatives de prise du pouvoir qui auraient mis la démocratie en danger, ils ont mis au point ce qui leur paraissait un "must" de décision populaire : l’ostracisme.
Lorsqu’un Athénien soupçonnait l’un d’entre eux de fomenter ce que nous appellerions un coup d’état, il rassemblait les citoyens et leur demandait, s'il leur paraissait qu’un homme mettait la démocratie en danger, d’écrire son nom sur une sorte de jeton (on utilisait un tesson de poterie ,“ostrakon”, d’où le mot ostracisme).
L’invention se retourna très vite contre son but ; lorsqu’un ambitieux voulait prendre le pouvoir, il lançait une rumeur accusant tel homme de valeur susceptible de lui barrer la route. L’assemblée des citoyens l’ostracisait et le candidat dictateur n’avait plus qu’à ramasser le pouvoir sur une cité qui se livrait sans défense. Pas besoin de révolte ; il suffisait de manipuler le peuple souverain.
Evidemment, Aristide, l’honnêteté personnifiée, fut ostracisé suite aux manigances d’un démagogue.

L’histoire a conservé une anecdote montrant jusqu’où il poussait le respect de la démocratie :

  Un homme qui ne le connaissait pas l’a abordé pour lui demander de remplir son “ostrakon” à sa place, il ne savait pas écrire.

Aristide lui demanda quel nom il fallait écrire, l’homme répondit “Aristide”. Ce fut fait.
   Rassurez-vous, lorsque l’homme providentiel auto-proclamé eut fait la preuve de son incompétence et de sa nocivité, les citoyens rappelèrent Aristide.

   Que la morale républicaine y trouve un réconfort dont elle a bien besoin et embrassons les Aristide.

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 17:52

Nul besoin d'approfondir les recherches autour d'une Sainte Sabine.

Bien sûr, qui cherche trouve, nous en rencontrerons une, veuve et martyre exécutée sous le règne de l'empereur Adrien (celui du mur). En réalité, c'est plus que probable, nous serions à nouveau en présence, d'une opération de recyclage.  

Les Sabines faisaient partie du vieux fonds mi-historique, mi-légendaire de la civilisation romaine.

Charme d'abord, écoutons la légende.

Romulus et ses copains ont fondé Rome où ils se sont vite rendu compte que la vie uniquement entre hommes ne pourrait durer longtemps.

Où trouver des femmes ? Il existe une solution simple à ce petit problème : enlever celles des voisins. Aussitôt dit, aussitôt fait, ils se rendent à une fête organisée par les Sabins et, au mépris de toutes les lois de l'hospitalité, ils s'emparent de leurs femmes, les Sabines.

Comme on n'attire ni ne retient les mouches avec du vinaigre, ils se montrent particulièrement séducteurs et gentils avec leurs prises, si bien qu'elles sont ravies de les épouser et devenir des Romaines.

Certes, il reste un petit problème, trois fois rien : les Sabins sont furieux, on le serait à moins,. Ils marchent sur Rome, bien décidés à se venger. La guerre est inévitable.

C'est sans compter avec les Sabines, elles sont restées les filles et les soeurs des Sabins, elles leur sont encore attachées mais pas du tout décidées à quitter leur nouvel époux romain. Elles se jettent dans la bagarre pour séparer les belligérants. Leur détermination s'impose à tous, les adversaires se réconcilient, comme le montrent quelques chefs d'oeuvre de la peinture (Poussin, David etc.)

Lorsqu'ils eurent converti Rome, les chrétiens s'avisèrent qu'il y avait quelque-chose à faire d'une histoire si édifiante. Ces sabines ardentes à réconcilier les hommes, pour des païennes, avaient des vertus bien chrétiennes.

Au nom de la vertu pacificatrice des femmes, l'Eglise annexa les Sabines et s'en servit beaucoup dans toutes les guerres civiles et familiales. Montrées en exemple au temps où s'installait la trêve de Dieu, il valait mieux en faire un joli nom chrétien.

Nous avons une claire conscience du recyclage qui préside à votre gloire mais nous vous souhaitons une bonne fête et vous embrassons.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 10:10

28 août, c'est la fête des Augustins. Ils partagent les quelques lignes écrites, hier, pour les Monique.  Que leur journée soit bonne.

Hélas, le 28 août, nous n'avons pas le coeur à la fête. C'est l'anniversaire d'un être cher mais il n'est pas là pour qu'on puisse l'embrasser.

Guilad Shalit a 25 ans.

Un garçon de vingt-cinq ans, le plus souvent il fait la fête pour son anniversaire. On lui accorde même le droit à certains excès ; on n'a pas tous les jours 25 ans !

Guilad, lui, est toujours otage et dans quelles conditions ?

Des puissants, amis ou ennemis, pourraient débloquer la situation, au moins se parler, pour trouver un accord qui ouvrirait la cage à l'oiseau. Lui, pauvre otage, il ne peut rien.

Ces décideurs pleins de mauvaise volonté ont tous largement dépassé les 25 ans. Peuvent-ils se revoir à l'âge de Guilad et s'imaginer en prison et sans prévision de sortie ? Leur mémoire est sélective.

Sa famille et ses amis, comme il convient, manifestent leur attachement et l'espoir de son retour.

C'est vers eux, aujourd'hui, que va notre solidarité.

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 16:10

Le 27 août, c'est la fête des Monique.

Le cas de Ste Monique n'est pas unique ; quelques recherches suffiraient pour établir rapidement une liste de ces mères qui ne sont connues que par leur fils.  On peut, au hasard, citer Ste Ida de Boulogne dont le seul acte remarquable fut d'avoir accouché de Godefroy de Bouillon, le conquérant de Jérusalem.

Monique est une figure tellement archétypique qu'on se demande si elle a vraiment existé telle que la "légende dorée" nous la présente ou si le personnage fut créé, après coup, pour l'édification des masses.

Résumons :

Au IVème siècle, dans une famille patricienne de l'Afrique du Nord romaine, Monique était l'épouse malheureuse d'un mari débauché et violent. Entre deux accès de larmes et de désespoir, elle consacrait toute son énergie et sa valeur morale à l'éducation et l'édification de son fils Augustin.

Dans un premier temps, elle gagna surtout de quoi se décourager ; le fils suivait la voie du père et préférait à toute autre occupation les plaisirs que la morale réprouve. Imperturbable, Monique continuait à prier Dieu de lui accorder sa grâce et sa lumière.

Vous l'avez sans doute constaté, ainsi que le proclame un dicton populaire, "La vertu devient rigide quand le reste ne l'est plus". Augustin ne fit pas exception à la règle ; quand il eût épuisé les plaisirs que la jeunesse accorde, il se convertit, ne fit pas les choses à moitié, devint évêque et docteur de l'Eglise.

Saint Augustin ne fut pas la moitié d'un théologien ; ses fameuses "Confessions" font partie du répertoire obligé des philosophes et des séminaristes ; très logiquement, il fut canonisé.

L'Eglise n'a jamais aimé gâcher les occasions qui s'offrent à elle. Elle fit d'une pierre deux coups et, attribuant à Monique la conversion de son fils, la promut à la sainteté, elle aussi.

Monique est devenue la sainte patronne des mères méritantes.

Son sort ne vous fait pas envie ? Tant pis, nous pensons quand-même à vous et vous embrassons pour votre fête.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 09:33

Bonne fête à tous les Louis.

Ils ont l'involontaire distinction de porter un prénom royal comme les Charles, les Henri et les Arthur. Trop classe  !

Si l'on excepte la Bavière et ses rois décadents, c'est surtout la France que des rois Louis ont marqué de leur trace, au point de laisser leur nom pour des siècles à une pièce d'or .

En tête, nous trouvons Louis IX, plus souvent appelé Saint Louis.

Il n'a pas échappé aux aléas de la mémoire déformante, à commencer par sa mort.

A l'époque où nous apprenions encore des leçons d'histoire, nous avons enregistré sans protester qu'"en route pour la croisade, Saint Louis est mort de la peste à Tunis". En réalité, Tunis n'existait pas encore sous ce nom et les témoignages de ceux qui ont assisté le roi décrivent des symptômes qui n'ont rien à voir avec la peste.

 Il faudra bien, un jour, faire un grand nettoyage, corriger la mémoire populaire et ses légendes : Louis IX est mort du choléra ou de la dysenterie à Carthage.

Ouf ! Nos Louis d'aujourd'hui ne courent pas de tels risques. S'ils prennent des vacances en Tunisie, ils ne sont guère menacés que de la tourista dont ils se remettront.

Alors, bonne fête et bons voyages aux Louis que nous embrassons,

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 17:02

     Il ne sera pas question d'un certain feuilleton judiciaire ; tout le monde en parle mais rien ne nous oblige à suivre le sens du vent.

     Parlons plutôt de Barthélémy. Le 24 Août, c'est sa fête, et ce fut longtemps une malchance.

     Au départ, il y eut le saint éponyme : Barthélémy, un apôtre.

Il faisait partie du premier cercle des amis de Jésus, ce qui n'était pas une sinécure. Comme un grand nombre de premiers chrétiens, il finit martyr. Sa petite originalité fut de finir écorché, ce qui fait de lui le patron des tanneurs. Les croyantes pensent-elles à lui en choisissant un sac à main ?

     La tragédie refusant de lâcher Barthélémy, c'est le jour de sa fête que Charles IX, un peu schizo, beaucoup parano, ordonna le massacre des protestants en commençant par l'élite pour finir par le commun des mortels réformés.

     Tant de sang et de fureur ont durablement affecté la notoriété de ce prénom devenu lourd à porter.

     Mais la chance finit par sourire, même à Barthélémy. Dans les Antilles, une île porte son nom, Saint Barth.

Sea, sex and sun, les plages se moquent de la religion mais, à part le temps, on n'y tue personne.

Enfin de quoi réconcilier Barthélémy avec son prénom !  

Bonne fête aux Barthélémy que nous embrassons.

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