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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:30

   Retour sur l'histoire proche.

   Depuis la mort de Tonton 1er, la France de gauche rongeait son frein dans l'opposition. Décidément, l'élection présidentielle ne lui réussissait pas.

Abonnés à près de vingt ans d'échec au scrutin suprème, les encartés de gauche ne sont pas restés inoccupés, ils ont prospéré dans les pouvoirs locaux. La France cumula des présidences de droite avec des villes et des régions de gauche.

    Advint le scrutin présidentiel de 2012. La gauche se lassait de l'oppositon et aspirait à gouverner, elle avait un candidat parfait en la personne du directeur du FMI, personnage considérable orné du prestige de sa fonction et d'une épouse que la télévision avait rendue populaire, le télespectateur la trouvait jolie, avec ses yeux bleus, c'était une véritable affiche pour les pulls mohair, et elle s'était toujours montrée intraitable avec l'extrême-droite.

   Une élection n'est jamais gagnée d'avance, l'engrenage si bien huilé grippa dans la dernière ligne droite à cause d'une affaire de sexe aussi américaine que scandaleuse. Les amateurs de polars et de conspirations n'ont pas fini de chercher le commanditaire du crime.

Il fallut d'urgence changer le candidat. Finis splendeur et prestige, le citoyen aura droit à sa louche de normalité indigeste.

     Le président sortant aimait le bruit, les riches et l'horlogerie de luxe. Ce qu'il était agaçant ! L'électeur  moyen était prêt à embrasser la cause de quiconque le débarrasserait de l'agité, il se laissa tenter par un candidat banal qui était fier de se déclarer normal et ressemblait à Monsieur Tout-le-monde.

    C'était un vote par défaut mais l'élu perché sur un petit nuage préféra ne pas s'en apercevoir.

    De quels hauts faits pouvait-il se vanter ? Il n'avait jamais été ministre, son grand mérite était d'avoir évité l'implosion de son parti quand il en était Premier Secrétaire. Logiquement, il pouvait se dire que gouverner la France ne serait pas beaucoup plus compliqué que gérer des irresponsables, des tendances et des courants, en évitant les embuscades. Il se mit au travail avec la méthode qui lui avait si bien réussi.

    On allait voir ce qu'on allait voir et... rien, plouf !

    Le pays, les nerfs à vif, attendait de grandes décisions seules capables d'impulser le changement promis. Elles auraient forcément déplu à certains, ce qu'un président adepte du consensus ne pouvait envisager. Il ne lui vint même pas à l'esprit qu'en échange, il pourrait engranger des soutiens indéfectibles. Non, fidèle à sa méthode, il choisit le gouvernement qu'il lui fallait, appliqué à régler des querelles d'appareil, remettant aux calendes grecques le respect des engagements.

   Dire qu'il n'a rien fait serait injuste, il avait promis le mariage pour tous et il tint parole malgré une opposition déchaînée. En même temps, sans y être hostiles, des citoyens se demandaient s'il était bien raisonnable de mobiliser tant d'énergie pour une réforme dite "sociétale" qui leur semblait moins urgente que le retour des chômeurs au boulot. Il est vrai que ces lois tapageuses font parler plus qu'elles ne coûtent et que, justement, l'argent est ce qui manque le plus.

    Pour être un vrai président, il faut exister en politique internationale, montrer qu'on décide de la paix et de la guerre. Il entreprit de chasser les djihadistes du Mali où la population l'accueillit comme le Bon Dieu. Il  récolta provisoirement quelques points dans les sondages.  Comme toutes les embellies, celle-là dura ce que durent les roses, l'espace d'un instant, le temps que le peuple, pour une fois obstiné, lui qu'on dit si inconstant, ne revienne à ses préoccupations lancinantes du chômage et du pouvoir d'achat.

     Pendant ce temps, le calendrier avance, les élections municipales s'annoncent dans quelques mois.  L'électeur mécontent du spectacle présidentiel risque fort de se détourner de tout ce qui porte son étiquette. Les déçus du président pourraient se donner des maires de doite ou même d'extrême-droite.

       Lassés des revirements et atermoiements présidentiels, des maires socialistes ont commencé à rendre leur carte. C'est la chute des feuilles...

     En quoi les maires sont-ils responsables de l'emploi et du coût de la vie ? Non seulement, ils n'y sont pour rien mais ils apportent leur aide aux victimes avec le peu de moyens qui leur restent, l'Etat se déchargeant des dépenses sans les financer.

      Jouez à vous faire peur, imaginez ce que deviendrait votre ville sous une municipalité de droite.

     En vue de sa réélection, le nouveau essaiera de plaire à ceux qui l'ont élu, il fera donc en sorte que les impôts locaux n'augmentent pas.

      Rien n'est plus simple, supprimez des services ; si vous avez moins de frais, il vous faudra moins de recettes.

On peut l'observer facilement, c'est la gestion municipale qui se pratique dans les villages résidentiels, les zones "rurbaines", tenues par des maires de droite. Pas assez courageux pour annoncer la couleur, ils se disent souvent "apolitiques" mais leurs amis sont tous à droite et leurs critiques s'adressent exclusivement à la gauche.

Quels services seront détruits en premier ? Tous seront touchés, à commencer par ceux que des entreprises privées vendront aux citoyens devenus clients, consommateurs.

On va mettre l'école publique à la portion congrue. Quand les parents en auront assez, ils mettront leurs enfants à l'école privée. 

Les activités sportives peuvent être assurées par des clubs privés, sinon, grâce à la voiture, on utilisera les installations de la commune voisine qui offre encore des services.

La vie culturelle ? - Les amateurs de spectacles et de lecture n'ont qu'à se déplacer.

Mais s'ils n'ont pas de voiture ?  - Il y a de plus en plus de chaînes de télévision thématiques, voilà de quoi se cultiver.

Ils ont envie de loisirs collectifs ?  - Alors, là, c'est trop, ce n'est pas à la commune de payer tous les caprices.

 

Vous croyez que j'exagère ?

 - A peine. Si vous ne me croyez pas, faîtes donc votre petite enquête dans les communes de droite, vous y réfléchirez. Vous paierez peut-être moins d'impôts mais, si vous êtes jeunes, vous aurez intérêt à ne pas avoir d'enfant, si vous êtes vieux, malades ou handicapés, partez !

Votre petit paradis n'est plus fait pour vous.

 

      Monsieur le Président, nous n'acceptons pas les conséquences de votre incurie sur des élus locaux qui, eux, ont bien fait leur travail.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 23:09

      Le prix Sakharov 2013 est décerné à Malala Yousafzai, 16 ans.

Cette jeune pakistanaise, laissée pour morte par des talibans qui lui avaient tiré une balle dans la tête, est devenue un symbole pour toutes les femmes écrasées par l'obscurantisme.

    Son crime ? Elle milite pour que les filles aillent à l'école, certaine que l'éducation est le plus sûr chemin vers la liberté.

    Que le prix Sakharov pour les droits de l'homme et la protection accordée par l'Union Européenne l'aident à sauver sa vie et continuer son combat.

       Des enfants prêts à tout pour étudier, c'est aussi le thème du film "Sur le chemin de l'école" au programme des cinémas en ce moment.

    En hommage à Malala, il faut absolument aller le voir et, surtout, y emmener les enfants de son entourage.

On a bien le droit de rêver, ils devraient s'en poser des questions, nos chers petits, toujours fatigués, jamais contents.

     Pour un jour, au moins, qu'ils apprécient leur chance et décident d'en tirer parti...  

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 21:20

    Vendredi 13 septembre au soir, commence Yom Kippour, la plus grande fête de l'année juive. 

Yom Kippour, pour les non-hébraïsants, c'est "Le Grand Pardon", une sorte de "super-shabbat" où les fidèles doivent redoubler d'observance religieuse.

C'est aussi la célébration du pardon, prérogative de Dieu, essentielle pour les croyants, chacun demande l'indulgence divine. Il importe de ne pas réduire le geste au rite, seuls les repentants sincères seront pardonnés, les hypocrites n'ont aucune chance d'être exaucés.

La cérémonie religieuse n'est pas fermée sur ses pratiquants, ceux qui demandent pardon ne s'adressent pas seulement à la divinité, c'est aussi le jour de la grande réconciliation. Chacun  se fait un devoir de rechercher la paix avec les autres, on reconnait ses fautes et on promet de s'amender.

     Sinistre ironie du sort, c'est à Kippour 1973, il y a juste quarante ans, que l'habituelle coalition des ennemis d'Israël menée par la Syrie et l'Egypte fondit sur l'état juif pour se venger de la défaite subie lors de la guerre des six jours. La victoire resta aux Israéliens mais les contemporains garderont le souvenir d'un acte déloyal.

Pouvait-on attendre une autre attitude de la part de gens obsédés du désir de détruire Israêl ?

    Aujourd'hui, les problèmes de la région ne sont toujours pas résolus, même si l'état d'Israël a l'air d'un ilôt de paix à côté du désordre et des massacres sévissant chez ses voisins.

     Au milieu du carnage, faisons un rêve : que l'esprit de Yom Kippour s'étende sur tous les humains.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 15:03

    A noces renouvelées, cadeau embarqué, nos proches ont eu l'idée magnifique de nous offrir la croisière "Rhin Romantique" pour fêter nos quarante ans de mariage.

    Au long des berges, nous avons passé en revue une collection de châteaux forts plus ou moins ruinés. Ils ont servi de tanières à des seigneurs brigands au bon vieux temps des guerres féodales, ce qui ne les a pas empêchés de séduire les poètes romantiques, par leurs soins devenus les précurseurs du médiéval fantastique.

     Nous avons rencontré la Lorelei, enfin sa statue, au pied de son rocher. On a les sirènes qu'on peut, sur les bords du Rhin sévissait une lore (une espèce de sirène d'eau douce), la fameuse Lorelei. Comme ses homologues marines, plantée sur son rocher, elle attirait les navigateurs de passage par son chant mélodieux. Ils en perdaient la plus élémentaire prudence, rencontraient de piquants rochers ou s'enlisaient sur des hauts fonds sableux et se noyaient bêtement. Les gens du coin trouvèrent déloyale la voix de cette chanteuse fatale, ils s'assemblèrent et se ruèrent pour lui faire un sort. Se voyant perdue, Lorelei se précipita du haut du rocher en appelant son père au secours. Papa était le dieu Rhin, il fit surgir une énorme vague qui lui ramena fi-fille et noya tous les poursuivants... et quelques esquifs, en prime.

Aujourd'hui, si les promeneurs fluviaux ne craignent plus la Lorelei, ils succombent toujours à son charme et espèrent l'entendre à nouveau. Lorelei n'a plus d'ennemi, même si elle a parfois connu, à son corps défendant, des amis peu recommandables. 

Hitler fut l'un d'entre eux ; il comptait bien faire entrer la Lorelei avec tous les mythes germaniques dans la propagande nazie. Il aurait voulu donner de grandes cérémonies à sa gloire personnelle au sommet du fameux rocher. Mais rassembler du monde sur une pointe, ce n'est ni facile ni solennel, il entreprit de faire raboter le sommet trop aigü. Auprès de ses autres crimes, il est vrai que ces travaux de terrassement prêtent à sourire. Le fait est que, malgré l'outrage, Lorelei a gagné, sa légende est intacte et ses admirateurs toujours séduits.

     En tous lieux, les monuments historiques ont un point commun, les ravages des siècles aidés par les guerres. Ainsi, nous avons pu admirer Heidelberg, vieille cité de cour et d'université. L'endroit est fort élégamment démoli. Localement, il ne s'est pas trouvé d'émule de Viollet Leduc pour reconstruire à son goût les murs abattus, et c'est tant mieux. A propos de ces destructions, comme de celles d'autres lieux, nous avons beaucoup entendu parler de Louvois, du Sire de Melac et de leur royal chef Louis XIV. La Rhénanie a payé un lourd tribut aux diverses guerres de succession, de sept ans et de trente ans. Il est probable que, dans quelques siècles, nos plages du Débarquement et nos Oradour les rejoindront au catalogue du tourisme historique.

     Naviguer sur le Rhin, de la Suisse aux Pays bas, c'est plonger aux tréfonds de l'histoire.  On remonte jusqu'en 843, date du fameux traité de Verdun conclu entre les petits-fils de Charlemagne.

L'empire carolingien était trop grand. En un temps où les transports étaient longs et souvent impraticables, les fonctionnaires prenaient vite leur autonomie, vivaient en potentats locaux, l'empire était menacé d'éclatement. Vouloir à tout prix le maintenir aurait conduit à brève échéance au morcellement de l'autorité et du domaine. Les trois frères choisirent de se plier aux règles en usage chez leurs ancêtres et tournèrent le dos aux ambitions impériales. L'empire fut partagé en trois royaumes, la Francie à l'Ouest, la Germanie à l'Est et entre eux, un royaume-tampon qui suivait le tracé du Rhin et se prolongeait en Italie. On le nomma Lotharingie, du nom de son premier souverain, Lothaire.

L'Europe rendrait ces frontières d'un autre temps définitivement caduques ... c'est juste un peu vite dit. les cultures et l'histoire ne se laissent pas oublier si facilement. Les bords du Rhin forment un pays, la Rhénanie, Ce n'est pas la France parisienne ni l'Allemagne prussienne, les guerres ont commencé entre les deux états quand, le sentiment national les démangeant, ils ont entrepris de se disputer la rive gauche du Rhin. Massacres, rancunes inexpiables, des siècles de haine recuite, alors que le simple bon sens aurait été de reconnaître que le vieux royaume de Lothaire n'est toujours pas mort.

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 17:45

      Le cher Georges Brassens nous affirmait, non sans une bonne dose de malice, que les morts sont tous de braves types. N'en déplaise à sa douce mémoire, nous éprouvons les plus grandes difficultés à le suivre, certains défunts n'auront jamais droit à notre respect. Le dernier exemple en est Jacques Vergès, il vient de quitter un monde qui ne le regrettera pas.

S'il était mort dans sa jeunesse, nous aurions versé une larme sur le militant anti-colonialiste mais il a vécu trop longtemps. Le défenseur des opprimés s'est changé en avocat des dictateurs.

    Après un séjour algérien, il disparut pendant huit années de 1970 à 1978...

Imaginations, à défaut de pouvoir, prenez l'initiative. Tous les choix vous sont ouverts.

Où était-il passé, pour quoi faire, avec qui ? Stasi, KGB, réseaux terroristes, officines antisémites ...c'est vraiment l'embarras du choix.  

Il réapparut et remit sa robe d'avocat pour défendre les figures les plus noires du terrorisme et du crime contre l'humanité, de Magdalena Kopp à Khieu Samphân, en passant par Klaus Barbie, Carlos, ..., j'en passe et des meilleures ...

   Les nazis, au tribunal de Nuremberg, ont bénéficié des services d'un avocat. Dans un état de droit, même les monstres les plus affreux ont le droit d'être défendus lors d'un procès équitable. De toute façon, un avocat qui voudrait ne défendre que des innocents devrait très vite changer de métier. La grande faute de Jacques Vergès n'est donc pas d'avoir professionnellement défendu des criminels mais de les avoir soutenus hors du prétoire, de leur avoir manifesté une solidarité qui dépassait largement son rôle d'avocat.

    Ses clients disparates n'avaient qu'un point commun, l'antisémitisme. Faut-il en conclure que la haine du juif peut, à elle seule, gouverner toute une vie ?

 

S'il faut prononcer l'oraison funêbre d'un tel sinistre, elle tiendra en deux mots : Bon débarras !

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 09:11

   Chacun met en avant sa fierté selon un rite inauguré par la gay pride. C'est la mode.

  N'oublions pas de fêter une date fondatrice, celle du 4 août. Emergeons de notre torpeur caniculaire et rappelons-nous la nuit de l'Abolition des Privilèges.

La nuit du 4 août, si riche de sens, a bien mérité de la patrie.

Un 14 juillet carnavalesque lui fut préféré quand il s'agit de fixer une date pour la fête nationale. C'est bien dommage.

L'Abolition des Privilèges avait une autre allure, mais peut-être est-il dangereux que la populace s'en souvienne ?

   Prenons les prudents au piège et posons la seule question qui vaille :

                  l'abolition des privilèges, on remet ça quand ?

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 17:26

 

    Au moindre bobo, les gens célèbres ou puissants bénéficient d'un luxe de prévenances, à laisser rêveurs tous les hypocondriaques. Ils ne font pas la queue aux urgences, on ouvre des cliniques spécialement pour eux. La moindre indigestion les conduit en gastro-entérologie. Un faux pas, une chute, c'est l'entrée tonitruante en traumatologie. Aucune de leurs maladies ne passe inaperçue, ils ne sont plus du commun des patients, leur forme est un bijou précieux.

    Vous craignez que votre petite santé soit négligée ? Devenez un malade d'importance ; finis l'angoisse et le stress.

     C'est le bon côté de la situation mais il en est d'autres moins encourageants.

     Même dorlotés, les Grands de ce monde finiront par mourir comme tout le monde, ... enfin, pas vraiment comme tout le monde, ils décéderont quand le moment sera venu. Ils en étaient plus ou moins conscients mais leur présence ou leur absence appartient depuis longtemps aux vautours qui les entourent. Avec ses airs de toute puissance, le vieux chef n'est maintenu en place que pour faire le nid de son successeur qui le remplacera quand il l'aura décidé.

Depuis la nuit des temps, les héritiers ne pouvaient que précipiter l'heure de la mort, les outils manquaient pour  reculer l'échéance. Avec le progrès des techniques médicales, apparaissent des marges nouvelles ; des moribonds survivent, raccordés à des machines. Quand leur existence ne sert plus à personne, il suffit de débrancher ... et les héritiers ne se privent pas de manipuler la machine.

Ils s'en privent même si peu que les dernières décennies sont jalonnées de leurs exploits.

      Nous avons connu la fin à épisodes de Franco, parti un morceau à la fois. La succession devait poser tant de problèmes qu'il a fallu faire survivre sa carcasse au delà du raisonnable. Lui-même avait causé, sans états d'âme, tant  de morts et de souffrances qu'il ne s'est pas trouvé grand monde pour le plaindre mais il y avait tout lieu de craindre que le même sort attende d'autres hommes d'état pas forcément monstrueux.

      Boumediene, Tito, ont connu le même genre d'épreuves. Même s'ils n'étaient pas des parangons de démocratie, leur mort a confirmé les craintes nées avec Franco, le public hésitait entre agacement et pitié.

Des exemples, on pourrait en citer une foule. Définitivement, les hommes célèbres semblent jouer leur mort sur une scène d'opéra ; comme une diva, ils n'en finissent pas de finir. Si le dernier acte ne dure pas assez longtemps, le public floué proteste. Arafat ne pouvait pas quitter la scène avant que ses héritiers aient fini de s'étriper. Qu'à cela ne tienne, ses communicants ont trouvé de quoi soulever la foule : le héros a été forcément empoisonné. Au passage, ils écartaient d'un revers de main la part gênante du diagnostic, le foie d'un musulman détruit par une cirrhose ... le peuple aurait pu avoir des doutes.

        Aujourd'hui, des échos pénibles nous arrivent d'Afrique du Sud. La famille de Nelson Mandela se déchire l'héritage sans attendre la mort du héros. Une fin "bricolée" pour laisser des vautours s'entretuer, il aurait mérité plus de respect et d'humanité.

 

        L'évocation pénible de ces fins d'hommes célèbres, voilà au moins, une consolation pour les recalés de la gloire. "Pour vivre heureux, vivons cachés", pour mourir aussi.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 21:04

       Les militaires ont toujours eu un faible pour les religieux, les uns se servant des autres et réciproquement.

    L'alliance profitable d'une papauté désarmée et d'une soldatesque affamée a permis les célèbres Croisades. 

      Face à la Réforme protestante et aux coups de boutoir quelle assénait au papisme, Isabelle la Catholique et consorts ont porté aux confins du monde connu le Triomphe de la religion catholique (c'est le titre d'un beau tableau que Rubens peignit sur le thème). Le pape en fut si content qu'il leur expédia ses plus brillants prêcheurs pour évangéliser les peuples asservis. L'Inquisition pontificale devint un corps auxiliaire des troupes espagnoles.

       Un coup pour l'Eglise, un coup pour le roi, ces deux-là étaient faits pour s'entendre.

      L'alliance perdura aussi longtemps qu'il exista des monarchies de droit divin. Des soudards massacraient joyeusement pour Dieu et le roi. Puis, les temps et les principes changèrent pour les chrétiens. Ils ont secoué leur attention sélective et redécouvert (ce que c'est que la distraction!) cette forte parole du Christ "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu." Conformément à la divine parole, ils entreprirent de séparer le pouvoir et la  foi.

Plus facile à dire qu'à faire ... surtout auprès des militaires. Toutes les armées ont encore leur aumonier et même souvent plusieurs, de toutes les religions. Face à la mort, pas de discrimination, ne surtout fâcher aucun dieu ... qui pourrait donner un petit coup de main. De toute façon, à les en croire, les gouvernements démocratiques ne mènent plus que des guerres justes nécessairement bénies de Dieu.

Généralement, les treillis à croix sont regardés comme une vague survivance des vieilles superstitions, on ne les sort plus guère que pour les funérailles officielles où leur présence apporte un supplément de style et de solennité. Les grands principes démocratiques se résument à un "Chacun chez soi" catégorique, le pouvoir ne saurait appartenir à l'armée ni à la religion.

     On en oublierait presque qu'il existe encore des dictatures et autres régimes archaïques. Militaires et clergé,  ensemble ou séparément, y mettent l'état en coupe règlée.

     Même les recoins les plus arriérés de la planète sont touchés par un vent moderne de liberté, il est de plus en plus difficile de les gouverner par la terreur, et puis... si les formes ne sont pas sauves, l'ONU se répand en observations et remontrances.

Les dictateurs s'en moquent mais l'effet n'est pas bon, surtout pour les affaires.

Il faut donc sauver les apparences sous la forme d'une ou deux chambres élues.

Quant-à leur remettre le pouvoir, il n'y faut pas songer. Le pouvoir est chose trop sérieuse pour être confiée à un gouvernement civil. Alors, comment donner le change sans rien lâcher ?

   Les théoriciens de l'Islam politique se sont surpassés, ils ont fignolé un modèle qu'ils comptent bien répandre partout où l'effondrement des pouvoirs en place ouvre un couloir à leurs affidés. Les Iraniens expérimentent le système depuis  plus de trente ans, ils sont donc en mesure d'apporter leurs conseils à tous les intéressés. Leur république islamique repose sur une division très simple du travail : les dirigeants sont élus, comme dans n'importe quelle démocratie (ils veulent des élections ... ils en auront) mais, avant toute décision d'importance, il faut l'accord du guide suprème évidemment désigné par Dieu, comprendre : ses représentants. La ficelle est épaisse mais elle passe encore bien ; il suffit que le pouvoir précédent ait suffisamment déplu et que les religieux détiennent assez d'arguments sonnants et trébuchants pour transformer la masse des pauvres en clientèle reconnaissante. Au cas où son enthousiasme viendrait à tiédir, le guide suprème et ses disciples disposent d'une arme fatale, l'antisémitisme. Qu'un fort en gueule crie "mort aux juifs !", tout le monde se réconcilie et lui emboîte le pas. C'en est confondant d'unanimité.

      La recette devrait, à en croire ses promoteurs, assurer la liquidation du Printemps arabe. Les naïfs qui ont cru atteindre la liberté rentreront sous le joug des religieux. S'ils ne veulent pas obtempérer, les nouveaux maîtres pourront compter sur de grands spécialistes de l'ordre, les militaires. Retour de l'union rassurante du sabre et du goupillon dans sa version islamique.

     Voilà un projet idyllique mais, la perfection n'étant pas de ce monde, des os flottent sur le potage.

En Turquie, le gouvernement islamiste ayant jadis méchamment volé le pouvoir aux militaires, il vaut peut-être mieux qu'il ne compte pas sur eux pour lui sauver la mise, Il devra peut-être se débrouiller avec sa police anti-émeute, une espèce de sous-armée, en moins chic.

Un autre grain de sable, de taille celui-là, grippe la révolution égyptienne. Comme prévu, la Confrérie des Frères Musulmans avait mis la main dessus en remportant des élections assez peu maquillées. A peine au pouvoir, ils ont voulu faire vivre l'Egypte au rythme de l'Islam. Problème, la principale ressource du pays est l'héritage des pharaons, des merveilles archéologiques qui attirent les touristes. Les étrangers qui se ruent sur les pyramides ont des habitudes bien peu islamiques ; ils boivent de l'alcool, ne séparent pas les sexes, et repoussent énergiquement les abayas et autres voiles intégraux. Les Frères admettent du bout des lèvres que le tourisme est vital pour le pays mais la méfiance qui pousse les touristes à déserter les rives du Nil, en fin de compte, leur convient, l'Egypte sera pauvre mais digne. Tout le monde ne voit pas leur rigorisme d'un bon œil. Sans surprise, le peuple tient à l'argent des étrangers, ressource actuellement irremplaçable, et il est rejoint dans sa préoccupation par ... les militaires !

Il y a belle lurette que ceux-ci ne se limitent pas à la défense du pays, ils sont aussi un poids lourd économique. Nombre d'hôtels et autres commerces pour touristes leur appartiennent, ils ne tiennent pas à voir les clients s'enfuir. Ils ont un avantage sur le peuple : la force, et c'est un excellent moyen de faire valoir leurs revendications. Sans plus d'hésitation, ils ont donc arrêté le président islamique et mis en route la formation d'un nouveau gouvernement multicolore.

Cette fois, la rupture est consommée entre le sabre et le goupillon, quoique ...

  Les militaires sont brouillés avec les Frères Musulmans mais ils ouvrent les bras aux salafistes. Décidément on ne se refait pas,

Pauvres Egyptiens, à ce train, ils finiront par regretter Moubarak.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 09:55

    Après avoir fouillé des milliers de boîtes, ouvert autant de blisters, il a fallu se rendre à l'évidence : pas plus de somnifères dans les diurétiques TEVA que de cheveux sur un crane chauve. Par acquis de conscience, des prélèvements ont été effectués sur les morts dont le décès aurait pu sembler suspect. Ces investigations n'ont révélé aucune trace de somnifère.

     Au bout de l'enquête, après un remue-ménage dont il faudra bien chiffrer le coût, rien, nothing, nichevo... ne reste que l'alerte déclenchée par un pharmacien dont une préparatrice avait cru remarquer quelque-chose.

Les autorités de santé précisent qu'il ne faut pas s'en prendre à ce lanceur d'alerte. Dans le cas d'une tromperie réelle, la gaffe serait devenue précaution salutaire. Soit ...

     C'est l'occasion de rappeler l'histoire du jeune Guillou. Dès qu'il entendait une branche craquer, il criait "Au loup !" et tous les villageois armés de piques et de fourches venaient à son secours, jusqu'au jour où, lassés de se déranger pour rien, ils n'ont plus répondu à l'appel. Ce jour-là, pour une fois, le loup attaquait vraiment et Guillou fut dévoré.

    Voilà ce qu'il risque d'arriver à force d'alertes sans fondement.

    Et si le signalement avait été justifié ?

Certes, il n'est pas concevable de risquer la vie des gens mais la réaction pouvait être prudente et mesurée, essayer le seau d'eau avant d'appeler les pompiers. L'examen immédiat des boîtes suspectées par le pharmacien aurait sans doute permis de faire un sort aux émois de sa préparatrice et le psychodrame aurait été évité.

Le gâchis risque de laisser des traces, celles que chantait Figaro dans le grand air de la calomnie " Calomniez, calomniez toujours, il en restera quelque-chose ..." Avant de se moquer de prétendus paranoïaques, il faut mesurer le prix d'une réputation perdue.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 15:23

     Ces derniers jours, l'actualité bruissait du scandale survenu dans un laboratoire pharmaceutique : des comprimés de somnifère avaient pris, dans quelques boîtes, la place d'un diurétique généralement prescrit à des malades graves pour leur éviter l'œdème aigu du poumon.

    Il s'agissait de médicaments génériques, on pouvait craindre le déchaînement de leurs adversaires habituels mais la substitution avait un aspect tellement aléatoire qu'il a fallu parler d'accident et, très vite, de malveillance. L'autorité de contrôle précisait :

« Il y a peut être eu un ou des actes de malveillance pour tromper la vigilance du laboratoire. Il n’est pas possible qu’au sein d’un lot il y ait des comprimés tantôt bons tantôt mauvais. Ces éléments traduisent qu’à un moment c’est une main humaine qui a fait ce qu’il ne faillait pas faire. »

     Comment interpréter cette malveillance ?

La volonté de nuire à des malades ?

 L'hypothèse est hautement improbable, il est difficile d'imaginer qu'on puisse faire courir un risque mortel à des inconnus.

Le désir de nuire à la réputation du laboratoire pour lui faire perdre des marchés.

 C'est, hélas, plus vraisemblable.

Un laboratoire est une entreprise, il peut être agité par des luttes internes, conflits du travail, rivalités personnelles, jalousies...Rien n'est impossible mais il est difficile d'imaginer que le personnel veuille détruire son outil de travail, surtout en ces temps de crise.

Pour commettre une telle malveillance de sang froid, sans être arrêté par le scrupule, il faut que son auteur soit animé par ce qu'il regarde comme un intérêt supérieur, en vrac : la nation, la famille, l'honneur, la religion.

Et c'est sous cet angle qu'il faut peut-être reconsidérer l'acte malveillant. Le laboratoire ainsi attaqué est TEVA, le numéro 1 mondial des génériques et l'un des plus beaux fleurons de l'industrie israélienne.

Il suffit de prononcer le nom "Israël" pour déclencher les comportements de haine les plus irrationnels. Combien de martyrs auto-proclamés sont capables de tuer des innocents, uniquement pour nuire à Israël ?

Au nombre des explications possibles de cette substitution incompréhensible, l'hypothèse du crime antisémite ne peut pas être éliminée.

        De "malveillance", le risque est grand de passer à "terrorisme".

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Published by Tipanda - dans l'air du temps
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