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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:13

Ces temps-ci, histoire et littérature ont mis en exergue un nouvel aspect de la shoah.
 On ne parle plus des camps, il paraît que le public se lassait. Le thème à la mode dans les émissions littéraires, c'est la Shoah par balles, nom qui a été donné aux massacres systématiques des juifs et des communistes par les einzatsgruppen dans les territoires de l'Est envahis par les nazis. 
Pendant longtemps on n'a pas eu d'information là-dessus, en grande partie à cause du rideau de fer. Donc il serait mal venu de déplorer qu'enfin la question soit amenée au grand jour, il faut même s'en féliciter.
Beaucoup ont découvert l'existence de cette horreur à la lecture des "bienveillantes" ; malgré tous les reproches qu'on peut faire au roman, il faut au moins lui reconnaître ce mérite. Ensuite, des auteurs moins controversés ont consolidé l'information, qu'il s'agisse du Père Desbois ou de Daniel Mendelsohn. 
Bref, la question est devenue très tendance, on se remet à traiter de l'extermination des juifs.
Et les "relativistes" profitent de la situation pour se faire entendre. 
D'après eux, les tueries dans l'ex URSS sont des massacres comme il y en a eu, hélas dans toutes les guerres. Dans la plus haute antiquité, lorsqu'un chef de guerre prenait une ville, il n'était pas rare qu'il fît massacrer toute la population. C'est bien la preuve que la Shoah ne mérite pas l'exceptionnalité qu'on lui confère, disent-ils.
Et puis, dans ces tueries, on ne tuait pas que des juifs, on tuait aussi des communistes ; donc il s'agissait bien d'une guerre politique et non de destructions racistes comme il est d'usage de l'écrire.
A propos des camps, les négationnistes essaient de destabiliser leurs interlocuteurs en se livrant à des apparences de décomptes scientifiques pour aboutir sans succès à une seule conclusion : "les juifs ont menti".
 La shoah par balles leur donne l'occasion de banaliser l'horreur à défaut de pouvoir la nier ; "malheur, la guerre, partout l'homme est un loup pour l'homme"  etc.. Et ils aboutissent forcément à la conclusion que les juifs ont bien profité de la guerre pour leur publicité et faire payer tout le monde.
Et voilà le retour de l'antisémitisme le plus abject.
Décidément, rien ne peut l'ébranler. 
Il faut renoncer à convaincre, c'est le combat qui continue.

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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 22:58

L'Eglise a trouvé judicieux de négocier avec les chefs de famillles ; en laissant faire des mariages d'enfants, elle paraît céder sur le consentement obligatoire. 
C'est, comme dirait l'autre, un détail ; il reste bien assez de sujets de discorde.
Le mariage chrétien est monogame et indissoluble, en contradiction avec de vieux usages que les féodaux affectionnent. 
Passons par la Normandie où nous rencontrerons l'illustration de presque tous les conflits autour du mariage. 
La Normandie, comme son nom l'indique, est la terre des Normands. La noblesse récemment christianisée a gardé quelques habitudes de ses aïeux vikings, en particulier le mariage more danico qui n'est ni monogame ni indissoluble. 
Le fils obéit à son père : il épouse l'héritière prévue. 
Elle ne le séduit pas forcément ; c'est souvent une femme plus âgée que lui, une veuve nantie d'un douaire plus intéressant que la dot d'une jeune fille. Elle devient l'épouse en titre et, si elle a des enfants, ils viendront en tête dans l'ordre de succession. Nous précisons "en tête" parce qu'il y aura normalement d'autres enfants. 
C'est là qu'intervient le mariage more danico, également appelé "mariage par la main gauche". L'héritier ayant fait son devoir et obéi à son père en concluant le mariage attendu, épouse une autre femme selon son goût, une femme qui peut être d'un rang inférieur mais chez qui on recherchera une bonne santé pour supporter la vie nomade des nobles et  faire naître des enfants qui ne laisseront pas le domaine sans héritier en cas de stérilité du premier mariage.  Le mariage more danico peut ne pas durer, que les époux ne s'entendent plus ou qu'une autre compagne supplante sa devancière. Ce n'est pas le divorce moderne, le mari garde les enfants mâles et trouve, hors de la noblesse mais à l'abri du besoin, un successeur qui épousera son ancienne compagne, moyennant une dot.
La plus célèbre de ces unions à la normande, c'est l'histoire d'amour qui donnera le jour au duc Guillaume, celui qui, adulte, fera la conquête de l'Angleterre. 
Le duc Robert - dit "le Magnifique" ou "le diable" , ça pose tout de suite le personnage ! -, descendant du chef Viking Rollon, a rencontré, à Falaise, la fille d'un tanneur , Herleue, sans titre mais très sexy.
 Coup de foudre réciproque, lune de miel torride ; évidemment, l'Eglise n'est pas d'accord du tout !
Le mariage more danico est conclu et produira quatre enfants, dont l'aîné Guillaume que Robert désignera comme son héritier avant d'accomplir un pélerinage en Terre Sainte, à la suite du sulfureux comte d'Anjou,  Foulques Nerra.
Robert n'a pas trente ans, son avenir est plein de promesses, mais il meurt pendant le voyage de retour de Terre Sainte. 
Guillaume est un enfant et la situation dangereuse. Il doit faire reconnaître son titre de duc de Normandie. 
Le régime féodal est récent, les règles de succession sont encore très floues. A chaque décès, il se présente une foule de prétendants.
Guillaume devrait pouvoir compter sur l'appui de l'Eglise, protectrice des pélerins et soutien de la veuve et de l'orphelin. Ses illusions, si jamais il en a eu, ne durent pas longtemps. Le clergé normand a la rancune tenace.  Utilisant leur réseau de "grenouilles de bénitiers" et autres "punaises de sacristie", les autorités religieuses répandent le surnom dont elles ont affublé le jeune duc "Guillaume Le Bâtard". C'est introduire   une objection qui n'a pas de sens en Normandie ; sa position d'héritier est contestée par des oncles ou des cousins qui espèrent tirer profit d'une autre lecture de la généalogie ducale mais sa naissance est légitime même si l'église n'a pas béni le mariage qui ne pose pas de problèmes à la noblesse normande. Des mariages more danico, il y en a dans toutes les familles. Le nouvel argument est exploité pour renforcer la position des adversaires de Guillaume.
Après des années de combat, Guillaume s'établit sans contestation au sommet du duché, en attendant la conquête de l'Angleterre qui changera le "Bâtard" en "Conquérant". Mais il comprend que les temps ont changé ; la loi des prêtres devance la loi des pères.
Il lui reste à prendre femme, une seule comme l'Eglise le commande. Aucun duc de Normandie de fera plus de mariage more danico.
 Mais le clergé n'a pas fini de lui imposer sa volonté
(à suivre...)

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 22:21

Des Gazaouis ont creusé une brêche dans le mur de séparation avec l'Egypte et s'y répandent pour "faire leurs courses".
Ces pauvres démunis disposaient donc d'explosifs. On le savait ; il n'est plus possible de les croire lorsqu'ils se prétendent sans défense.
La remarque, il est vrai, ne sert à rien ; ceux qui choisissent de les voir en victimes resteront aveugles devant l'évidence. 
Ces mêmes belles âmes ne voyaient rien à redire devant la pluie de roquettes sur Sdérot. Aujourd'hui elles sont joyeuses de l'incursion en Egypte.
 La liberté, c'est le bonheur.
Est-elle si heureuse cette liberté au péril des autres ?
Ils sont entrés en force en Egypte pour la "mouiller" dans le conflit israélo-palestinien. L'Egypte est le seul pays arabe ayant signé un traité de paix avec Israël. 
Les durs de l'islam ne l'ont jamais admis. 
Que la paix soit indispensable à la survie d'un état qui vit du tourisme, voilà une préoccupation bien étrangère aux Gazaouis ; eux, ils sont bien plus malins. Ils ont trouvé la manière "psychologique" de vivre aux crochets des belles âmes.
Pourquoi changeraient-ils ? 
La mendicité institutionnalisée leur réussit plutôt bien.

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 22:12

C'est qu'elles pleurnichent, les belles âmes ! 
Des mois, des années que Sderot et le Neguev reçoivent des pluies de roquettes dans l'indifférence du monde. 
"Après tout, disent les belles âmes, à Sdérot les habitants sont des méchants, ils ne sont pas chez eux, ils sont juifs, ils n'ont que ce qu'ils méritent ! D'ailleurs, on voit bien qu'ils sont méchants, ils font le blocus de Gaza, et comment vont-ils s'y prendre, les Gazaouis, pour faire entrer des armes chez eux ? C'est leur droit aux Palestiniens de prendre les armes, ils sont de libres combattants."
 Et les belles âmes, de plus belle, écrasent une larme.
Quand elles auront assez pleuré, il faudra bien leur montrer la vérité qui les fâche : Gaza est opprimée, avant tout, par les islamistes du Hamas.
 Les gens qui tiennent à leur peau voudraient partir mais les combattants de l'Islam les surveillent. On ne quitte Gaza qu'en martyr farci de bombes pour semer la mort chez le satan israélien. Cela plait à Dieu, paraît-il, et, avec plus de certitude, fournit quelques mois de subsistance à la pieuse famille et une dot à la soeur qui épousera un religieux pour faire plein de petits martyrs en puissance. 
Un état démocratique ne doit pas administrer de punitions collectives. Il est donc injuste de faire payer à tous les Gazaouis les exactions commises par les islamistes du Hamas. 
Mais il serait tout aussi injuste de ne pas respecter les décisions du suffrage universel. Et le Hamas clame sur tous les toits, en toute occasion, qu'il a été élu au suffrage universel.
Puisque le peuple de Gaza a démocratiquement porté à sa tête une bande de criminels, qu'il en partage le sort ou qu'il se retourne contre les maîtres qu'il s'est donné.
Les pleureuses ne sont pas rassérénées ? 
Alors, qu'elles poussent leur logique jusqu'au bout et s'établissent dans un état islamique.
 A défaut d'être consolées, elles seront à tout jamais guéries.

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 00:00

 Le mariage est la grande affaire du monde féodal.
Il faut transmettre ce qu'on a reçu, il faut donc se marier pour avoir des enfants.
La vie est courte, la mortalité infantile, surtout, est  importante. Pour augmenter ses chances de laisser un héritier, il vaut mieux avoir plusieurs enfants.
 Apparaît alors un autre problème, le fief ne se partage pas ;  il ira à un seul, normalement l'aîné. 
Avec quelques variantes locales, la norme de succession est l'ordre de primogéniture par les mâles : le fils aîné reçoit la totalité de l'héritage paternel, à charge pour lui d'assurer l'avenir de ses frères et soeurs, ce qui finit par peser très lourd, et provoque une cascade de conflits domestiques, on se croirait chez les Atrides...  
Pour léguer plus que ce qu'on a reçu, il faut agrandir le domaine ; le moyen le plus sûr est d'épouser une héritière qui apporte une dot et des promesses d'héritage.  
Les chefs de familles s'adonnent à un véritable sport de compétition : concocter de profitables alliances pour leurs enfants. 
Pourquoi ne pas laisser les intéressés s'en occuper ? Parce que les mariages portent en eux tout l'avenir des familles ; il est hors de question d'en laisser le soin à de jeunes blanc-becs inexpérimentés qui seraient bien capables de courir à leur ruine, tourneboulés par un joli minois ou une belle allure. 
Au passage, ne parlons pas de discrimination sexuelle, le père dispose de ses garçons comme de ses filles.
Deux adversaires veulent faire la paix ? Pour concrétiser l'accord, (en précurseurs des participations croisées) ils organisent des mariages croisés entre les enfants de l'un et de l'autre. 
On peut  dire sans exagérer que toute la vie politique passe à un moment ou un autre par la conclusion de mariages. Si elle veut compter dans la prise des décisions, l'Eglise ne peut rester à l'écart de ces alliances mais elle ne s'impose jamais par la brutalité. Tout se négocie. Un peu à la fois, le droit canon s'emplit d'articles codifiant le mariage sur deux principes : le consentement des époux et le tabou de l'inceste.

Quand on cherche à s'agrandir, le plus intéressant est le voisinage immédiat, un domaine qui jouxte le sien. Après quelques mariages croisés, les voisins sont tous parents et leurs familles forment un bloc. 
L'Eglise est toujours favorable à l'exogamie, chez les nobles comme dans le peuple ; elle sait d'expérience qu'elle ne doit pas laisser se constituer ce genre de forteresses imprenables. 
Les chefs de famille arrangent les alliances en fonction de leurs intérêts ; la religion exige le consentement des futurs époux.  Il faut trouver un terrain d'entente. C'est l'origine d'une construction originale qui ménage les intérêts des uns et des autres, un mariage en deux parties : le sponsalicium suivi du matrimonium
Le sponsalicium est à la fois sacrement et contrat de mariage ; le matrimonium, c'est les noces, la part profane et conjugale, la consommation du mariage. L'Eglise ne s'intéresse qu'au sponsalicium, officiellement elle ne connait pas les réalités de l'union charnelle.
La découverte géniale qui donne satisfaction à tout le monde, c'est la non-concommitence des deux parties du mariage. Les pères veulent conclure au plus vite, ne pas laisser le temps à d'autres prétendants de faire échouer leurs projets, il faut donc procéder aux mariages très vite. On peut conclure une union très tôt, entre deux enfants, et ne la consommer que des années plus tard. Le sponsalicium célébré, les pères sont satisfaits, leur travail ne sera pas défait.
Pour complaire à l'Eglise qui exige toujours le consentement des époux, une fois qu'on a célébré la cérémonie, la "sponsa" est livrée à sa nouvelle famille ; en attendant l'âge de consommer le mariage, elle partagera la vie de son époux, dans l'idée que la vie commune lui permettra de s'habituer  aux futures réalités du mariage et que l'harmonie ainsi créée évitera les protestations.
 Et, sans surprise,  le système fonctionne. Ces unions enfantines ont souvent donné des ménages solides, moyennant quelques autres arrangements que nous allons découvrir.
 - à suivre ...

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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 22:58

Un vieux monsieur est mort, un Neo-Zélandais. Il ne s'était pas rendu célèbre, comme on aurait pu s'y attendre d'un îlien, sur la mer, mais au sommet de l'Everest. 
C'était Sir Edmund Hillary et il mérite qu'on rappelle son souvenir. 
Soyons clairs, je déteste les efforts inutiles et la montagne m'indiffère, mais Hillary n'était pas un recordman comme les autres. Le premier parmi les célébrités de l'escalade, il a toujours insisté pour que son sherpa Tensing fût honoré comme lui. Dans les livres racontant l'histoire des montagnards, la conquête de l'Everest est toujours attribuée à Hillary et Tensing parce qu'il a toujours veillé à ce qu'il en fût ainsi. Il disait que de tels exploits ne sont possibles que par la réciprocité de l'effort.
Constatant les conditions de vie épouvantables de ces montagnards voués à servir les riches étrangers amateurs d'émotions fortes, il a consacré une grande partie de son temps et de ses moyens à la fondation d'écoles et d'équipements sanitaires au Népal.
Il me semble qu'un tel exemple vaut la peine d'être rappelé en ces temps de profonde médiocrité où les gens célèbres rivalisent d'égoïsme et de vulgarité.

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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 22:24

Les médias se sont abondamment répandus sur le fiasco de l'Arche de Zoé. Un autre scandale authentiquement dérangeant est passé presque inaperçu ... Trop de gens auraient pu s'en trouver gênés.
Entre Noël et Nouvel An, à l'entrée de la bande de Gaza, des garde- frontière israeliens (chanceux ou renseignés ?) ont visité un chargement de sucre en provenance de l'Union Européenne au titre de l'aide alimentaire aux Palestiniens. Ces colis étaient destinés à l'administration de Gaza, donc au Hamas.
Devinette : que contenait réellement ce chargement ? 
Du nitrate de potassium, sans intérêt alimentaire mais utile à la fabrication d'explosifs.
Chacun en tirera les conclusions qui renforcent ses opinions.
On ne peut éviter le rapprochement avec les "penchants criminels de l'Europe démocratique"(J.C. Milner).
L'antisionisme ne serait qu'un péché véniel ? En réalité, c'est le masque habituel de l'antisémitisme qui n'est pas mort en Europe. On saisit toutes les occasions de proclamer "plus jamais ça" tout en calinant la bête immonde.
 Elle finira bien par se réveiller et seuls les idiots auront le droit d'être étonnés.

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 23:14

L'Eglise a placé des hommes-clefs auprès de la noblesse féodale. Son influence grandit, son autorité morale est de plus en plus difficile à contester ; il lui reste à trouver le moyen de dicter aux nobles leur politique. 
Il faut peser sur l'essentiel.
Et l'essentiel pour les hommes des temps féodaux, c'est transmettre. 
Ce qu'on a reçu de son père on doit le transmettre à son héritier, si possible augmenté mais jamais diminué. On ne peut acheter des domaines pour s'agrandir, la propriété au sens moderne n'existe pas ; à la terre s'attache une foule de droits qui peuvent être détenus par des titulaires différents. Lorsqu'un seigneur donne à un monastère le droit de coupe sur un bois, il y garde néanmoins le droit de chasse ou  de pacage, droit qu'il pourra attribuer à d'autres, mais la parcelle est toujours dans son fief. Le pouvoir réside dans le droit de disposer. 
Dans nos manuels scolaires, on nous a bien fait sentir à quel point le serf était maltraité, lié à sa ferme sans pouvoir choisir une autre vie. Relativisons : ce qui est contrainte est aussi une garantie ; le paysan ne peut être expulsé, le chômage n'existe pas, ce qui laisserait rêveurs bien des ouvriers modernes ; et son seigneur n'est pas plus libre, lui aussi est définitivement lié à un domaine qu'il ne peut aliéner. 
Ne nous égarons pas et revenons à notre sujet, comment s'agrandir si on ne peut ni vendre ni acheter ?
Les deux manières les plus usitées sont la guerre et le mariage.
La guerre est évidemment un bon moyen de n'en faire qu'à sa tête et d'imposer son point de vue, mais, incessante et endémique, c'est une cause d'anarchie et de ruine qui atteint toute la société ; lorsque le paysan crève, la noblesse et le clergé s'appauvrissent et leurs ambitions rétrécissent. Et puis, ça ne fait pas très chrétien.
L'Eglise, la première, se lance donc dans une entreprise d'éradication de la guerre, c'est à dire de la guerre entre féodaux. il faut garder ouverte la possibilité de se battre au nom de la foi ; ménageons l'avenir. 
Le clergé ne se fait pas d'illusions, il sait qu'il est impossible d'interdire totalement la guerre, elle est trop enracinée dans la culture ambiante, c'est la raison d'exister des nobles, mais il va établir des règles pour discipliner le traitement des conflits et, par là, se mèler de questions qui ne le regardent pas à priori.
Le jeune guerrier passait par une initiation virile en grande partie héritée des ancêtres barbares ; on remplace le vieux rite par l'adoubement qui en fera un chevalier béni par l'église et tenu de respecter quelques usages tels que la trève de Dieu limitant la durée des hostilités. Il jure de recourir à l'arbitrage des autorités religieuses et surtout de protéger, outre la veuve et l'orphelin, tous les religieux, leurs biens et les individus sous leur protection ou leur autorité. 
Ces règles sont assez peu efficaces pour épargner au pauvre monde les malheurs de la guerre mais elles font de la politique, et surtout de la diplomatie, des chasses gardées du clergé. 
La noblesse n'est plus souveraine à la guerre. 
A-t'elle mieux réussi avec les mariages ?
...à suivre ...

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 09:14

Du réchauffement climatique au trou abyssal de l'assurance-vieillesse, notre avenir (comme l'Afrique noire ) est mal parti. Mais c'est la saison des cadeaux et un miracle vivant nous redonne de l'espoir ...: Etienne-Emile Beaulieu. 
Invité de Frédéric Mitterand sur France-culture samedi 15 décembre, il nous a présenté, comme toujours, un jeune homme invaincu comme nous voudrions tous devenir. 
En présence d'un tel modèle, nous n'avons plus peur de l'avenir, nous espérons avoir la chance de vieillir comme lui, physiquement - il n'a pas un air d'octogénaire - et mentalement - le propos est alerte et aigu. Immédiatement, on se dit qu'il a de la chance mais, très vite, il nous donne une piste en soulignant l'importance de l'affectivité dans le fonctionnement de la mémoire.
Compris ! Pour rester jeune et en bon état,  cultivons nos passions.
Merci, professeur, grace à vous nous n'oublierons qu'une chose : la peur de vieillir.

Pour rester avec Etienne-Emile Beaulieu, il a participé, à son corps défendant, à un exemple des dérives rencontrées par la télévision dans un genre d'émission très à la mode. C'était le 6 décembre sur FR3 en fin de soirée, sacrifiant donc à l'usage en vogue, un plateau réunisssait  des pipoles, des acteurs, un écrivain et notre scientifique avec un seul point commun : être des octogénaires. On pouvait s'attendre à n'importe quoi ; ce fut pire. Un véritable aréopage de saltimbanques, ignorant la présence du Pr Beaulieu, s'est lancé dans une apologie dont l'urgence ne sautait pas aux yeux, celle de Sacha Guitry qu'on cherchait à nous faire plaindre avec des accents proches de l'antisémitisme de l'occupation. Le concert des pleureuses était indécent et ridicule en présence d'un juif résistant. Beaulieu, en intelligence supérieure, n'a rien manifesté mais c'était un spectacle pénible.  Comme démonstration du vieilir bien c'était raté, on se rappelait plutôt l'adage de Brassens "Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con." 

Oublions très vite cette soirée et, pour rester en forme, défendons nos amours et nos convictions.

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 00:00

Enfonçons allègrement des portes ouvertes, il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade.
Une menace pèse, depuis déjà quelque temps, sur les malades en ALD ( Affections de Longue Durée ). Jusqu'à présent, leurs traitements sont pris en charge à 100% par l'Assurance Maladie.
Que sont-ils pour les économistes à la mode ?
" Ils coûtent cher et ne rapportent pas, avec leur consommation de médicaments il y a souvent une incapacité de travail indemnisée.
Et peu d'espoir d'amélioration ( ALD veut souvent dire Affection Lourde et Définitive ). Moins longtemps ils resteront à charge de la société moderne et compétitive et mieux cela vaudra".  
Ils ne sont pas nombreux à oser tenir ouvertement ce discours ; pudiques, gênés ou seulement faux-culs ? Alors, ils se contentent de vitupérer les "abus", de couvrir d'opprobre les "profiteurs" qui devraient avoir honte de coûter si cher à la sécu.
Un peu de bon sens, s'il vous plait ! Le principal objectif des malades, c'est guérir ; ce n'est jamais se gaver de médicaments, même hors de prix, ni se payer des vacances dans des hôpitaux, même de pointe.
 Déchirer sa carte de prise en charge ALD devenue inutile parce qu'on est guéri, c'est le seul rêve à la portée des malades.
Les tristes sires qui accumulent les erreurs de jugement n'ont jamais vécu la maladie, tant mieux pour eux, mais qu'ils évitent d'ajouter le cynisme à la bêtise et la vie sera beaucoup plus belle.

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