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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 10:13
 ... et surtout de leurs familles.
J'entends déjà les cris d'orfraie : "comment peut-on s'en prendre à des victimes ?! Le malheur mérite empathie et commisération."
Rassurez-vous, le sort des victimes ne m'est pas indifférent et j'affirme que la justice doit s'en occuper.
... puisque nous sommes sensés vivre dans un état de droit.
L'état de droit commence précisément lorsqu'une justice codifiée remplace la loi du plus fort ou la vengeance.
Jusqu'à peu, nous étions assurés d'avoir atteint ce niveau de civilisation. Mais l'actualité s'acharne à nous en faire douter.
    Voici le tableau d'un procès tel que les medias en raffolent :
Un enfant, forcément adorable, a été enlevé puis assassiné, avec ou sans viol et actes de barbarie, par un individu forcément haïssable et, cerise sur le gâteau, récidiviste. Le procès a lieu devant une cour d'assise.
 La presse n'est pas autorisée à filmer les débats mais elle tourne autour du palais de justice comme une nuée de vautours se réserve une charogne, et fond sur les bons morceaux, c'est- à- dire les proches de la victime.
Les familiers du meurtrier pourraient tenir des propos différents du consensus. On les évitera donc consciencieusement, à moins qu'ils ne soient préposés au rôle d'imprécateurs, dans le registre : "il fera mourir sa mère de chagrin " ou "à le voir battre sa femme, les soirs de cuite, il fallait s'en douter". En revanche, les micros s'attardent complaisamment sur les parents de la victime et présentent le châtiment du meurtrier comme le seul moyen pour eux de "faire leur deuil"....(tiens, c'est curieux, j'ai toujours cru que seul le temps pouvait faciliter le travail du deuil ...)
Très vite, il apparaît que ces familles ne recherchent pas la justice, extérieure et réfléchie, mais la vengeance. Elles ont besoin de lyncher un coupable, elles regrettent de ne pas y être autorisées physiquement et compensent avec les mots, l'étalage du pathos et de la haine. Elles ne sont accessibles à aucune forme de doute ; plutôt risquer de punir un innocent qu'être privé de vengeance ; c'est une réaction qui fait froid dans le dos. Entre les lignes ou même ouvertement, certains envisagent le retour de la peine de mort, et même son exécution publique, une espèce de sommet dans la jouissance de leur vengeance. Navrant.
Que la presse de chiottes et de caniveaux y trouve de quoi augmenter son tirage, pas de quoi s'étonner.
Ce qui devrait, en revanche, nous inquiéter c'est la faveur que les vindicatifs rencontrent auprès du pouvoir politique. Le populisme joue à l'apprenti-sorcier.
Une garde des sceaux (dur de résister à la tentation d'écrire :" sots" .) trouve toutes les occasions de rabaisser la justice et de soutenir les victimes auto-proclamées, avant même le bouclage des enquêtes.
Elle veut être populaire.
 Mais ce n'est pas sa fonction d'être populaire.
Son ministère, c'est la justice, tâche ardue et sans "glamour". Si le côté rébarbatif lui déplaisait, nul ne l'a obligée d' accepter le job.
Elle sape le pouvoir judiciaire pour séduire la populace et complaire au pouvoir exécutif, son maître inconditionnel. Ceux qui ferment les yeux devant le processus en cours sont mûrs, selon les goûts, pour l'éclosion d'une forme de fascisme ou, au minimum, l'installation de big brother.
Une telle stratégie défait l'équilibre des pouvoirs, condition impérative de l'état de droit.
La refuser n'a rien à voir avec une complaisance envers le crime.
 Il s'agit de respecter un certain nombre de procédures qui sont la garantie du droit. Elles sont parfois lourdes, vécues comme frustrantes, mais c'est lorsqu'on ne les respecte plus que l'état se déshonore et augmente les risques. Plus les peines encourues sont féroces et impitoyables, plus la criminalité est violente, ce qui provoque un durcissement supplémentaire des sanctions. C'est un cercle vicieux de plus.
De temps en temps, il peut être salutaire de relire "l'Esprit des lois" et la théorie des climats de Montesquieu .
La répression des crimes ne regarde pas les victimes.
C'est assez facile à démontrer pour les affaires de droit commun, celles qui vont du banditisme au crime passionnel.
Mais il ne peut exister d'exception, de domaine protégé.
La répression du crime contre l'humanité doit se défaire également de l'intrusion des familles. A moins de s'en remettre à des médiations, leur règlement judiciaire doit passer par des tribunaux.
La justice doit dire et faire respecter la vérité. Pour ce faire, elle a besoin, en plus des preuves matérielles, de témoins qui aideront à établir les faits. Ces témoins peuvent être des survivants ; les victimes ont donc toute leur place mais les familles des victimes ne doivent pas s'immiscer dans les procès.
Il m'a fallu du temps pour faire ce chemin. Aujourd'hui, je suis persuadée qu'il existe une place pour les familles, en particulier les descendants, dans des fondations, des mouvements d'opinion, pour faire vivre la mémoire et lutter contre le négationnisme, pas comme demandeurs ni auxilliaires de justice.
Il ne faut pas confondre les genres et les fonctions.
En aucun cas, les familles n'ont de place dans les décisions de justice.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:53

       Entre les articles aussi indigestes que dramatiques sur la crise, pour nous changer les idées, nous avons droit, ces temps-ci, à un feuilleton qui se voudrait peut-être émoustillant, autour de la vie sexuelle de DSK.
En quelques mots, il s'agit d'une aventure que ce chaud lapin, expatrié de luxe, aurait eue avec une subordonnée au FMI basé, comme chacun sait, aux USA - ce qui aurait du le rendre méfiant.
Cela ne vous rappelle rien ?...
Oui, forcément. Tout le monde garde encore en mémoire la saga Clinton- Lewinski.
Le Dominique aussi, il en a tiré la leçon, n'a pas essayé de nier, s'est contenté de préciser que l'histoire s'était terminée aussi vite qu'elle avait commencé et n'avait pas donné lieu à des cadeaux ni des passe-droit. Depuis, la dame a quitté le personnel du FMI sans avantage particulier ... autre que les siens.(!)  Pour ceux qui traquent le parachute doré, sport à la mode, il vaut mieux qu'ils cherchent ailleurs. L'autorité de surveillance du FMI, en fin de compte, reconnaît l'absence de chat à fouetter ( faites les jeux de mots qui vous amusent ...).
       N'allons pas, comme les Américains, fourrer notre nez dans toutes les petites culottes qui passent. Comme dit un vieil adage policier, voyons à qui  le crime profite.
Immédiatement, on évoque le patronyme de DSK, Dominique Strauss-Kahn ... si vous voyez ce que je veux dire... 

Un juif au sommet de la finance internationale, voilà de quoi faire monter la tension de tous les antisémites dans le style "Protocoles des sages de Sion", des lecteurs de Siné, des admirateurs du Celine de "Bagatelles pour un massacre" ... il y a du monde. Le soupçon vise en priorité des ressortissants de pays hostiles aux juifs :  le président du FMI, égyptien, et l'opposant le plus acharné à DSK, le délégué russe.
Il ne faut pas abandonner cette piste , sans négliger d'autres éventualités ...  franco-françaises.

Il y a l'hypothèse Sarkozy.

Le président a tout fait pour caser DSK à la direction du FMI. Pas complètement stupide, il avait bien compris que , dans l'hypothèse 2012, c'était un de ses concurrents les plus solides. L'expédier outre-atlantique, c'était une façon de le neutraliser, un peu comme certaines promotions-placards dans les entreprises.

Et puis, arrive la crise financière mondiale. Le placard devient  un lieu stratégique, une fonction riche en responsabilités permettant de soigner ses projets d'avenir. Il était peut-être temps de stopper l'expérience. Contraindre un grand fauve à s'embourber dans le marigot socialiste, l'user et le discréditer dans de ridicules bagarres contre les autres chefaillons, c'est un excellent moyen de faire de 2012 la copie de 2007. Pourquoi pas ? C'est une explication parfaitement digne de Sarkozy. Mais il y en a d'autres ... 

Il y a les conflits internes au PS. Ses courants détruisent à plaisir le capital qu'ils pourraient constituer en exploitant l'impopularité de l'adversaire.

Eux aussi ont compris le danger. DSK est un costaud, capable (s'il le veut, mais c'est une autre affaire ...) de ne faire qu'une bouchée de ses petits concurrents.

Encore une fois, ils balancent sans choisir  : enfoncer le directeur du FMI pour le discréditer ,  oui, c'est une façon de lui rogner les ailes,  mais si l'attaque est assez forte pour le faire revenir, c'est tomber de charybde en scylla, rétablir dans la place celui qu'on était si content d'avoir vu s'éloigner. Il faudra lui creuser, en France, d'autres chausse-trappes. C'est pas gagné d'avance, d'autant qu'en France les histoires de coucheries et de cocufiage ne scandalisent pas vraiment. Les Français ont toujours raffolé du théâtre de boulevard plein d'amants et de placards. On s'y moque du cocu, pas de l'amant, et le sexe triomphant inspire plus de confiance qu'une triste fidélité conjugale.

La France est le pays de l'amour, une république alerte dont un président - Félix Faure - est mort en épectase dans les bras d'une maîtresse.

DSK est bien capable d'être le seul à tirer profit de ses aventures américaines.

Tableau réjouissant : la victoire d'un Français juif sur la pudibonderie américaine et l'antisémitisme recuit des nostalgiques de la guerre froide.

Tiens bon, Dominique !

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 22:44
Le 28 Novembre, Claude Levi Strauss aura cent ans.
Espérons qu'il n'imite pas Soeur Emmanuelle et qu'il tienne le coup jusque-là... et même encore longtemps. Personne ne tient à le voir partir.
Ethnologue, anthropologue, résistant comme Germaine Tillion qui a été centenaire, elle-aussi (Il faut croire que les sciences humaines sont un gage de longévité), il est resté lucide et engagé. Ses propos sont  toujours d'une grande acuité.
Il n'hésite pas à exprimer son pessimisme en face de notre monde dénaturé.
Voici ce qu'il déclarait chez Pivot en 2005 :
« Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime. »
Il nous reste à le changer pour qu'il devienne aimable, et il y a du boulot !
Claude Levi Strauss parlait d'empoisonnement interne au sens figuré. Il péchait par optimisme. Nous serons tous contaminés ; nous ne pourrons compter sur aucune mitridatisation..
Pour limiter les dégats tant qu'il est encore temps, il est impératif de changer tous les recoins de la vie.

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 22:09


 Annie et Christian m'ont transmis ce texte. je les en remercie.

Le regretté Desproges disait qu'on peut rire de n'importe quoi mais pas avec n'importe qui. comme vous n'êtes pas n'importe qui, à mon tour, je vous le fais passer.

Il ne faut jamais laisser passer une occasion de se moquer de l'air du temps.


" Là,on comprend !

Et comme les ch’tis sont à la mode…

*Crise des subprimes: une explication très simple pour ceux qui essayent encore de comprendre*

 Alors voilà, Mme. Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais.
Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.

Vu qu'elle vend à  crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base de la bistouille (genièvre) et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.

Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables (titrisation) en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, aux Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme. Ginette).

Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.

Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.

La buvette de Mme. Ginette fait faillite.

Et le monde entier l'a dans le c..."


 

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 15:13

On s'en doutait bien un peu ... mais ça se confirme : nos grands argentiers s'occupent des choses sérieuses, sauver les destructeurs de l'économie.

Pour l'écologie, ils verront plus tard, en espérant qu'il leur reste du temps, et de notre argent.
Voilà qui promet l'allégresse.
Il faut pourtant cesser de croire qu'on a le temps. C'est la vie qui n'en peut plus.
Depuis toujours, n'importe quelle mère de famille connaissait une réalité qui semble échapper à nos doctes économistes : on ne peut dépenser plus qu'on ne gagne et, en faisant la moisson, on met de côté assez de grain pour semer, en prévision de la prochaine récolte.
Les grands cerveaux d'aujourd'hui haussent les épaules en ricanant : tous ces contes de bonne femme sont démodés ; on consomme, les suivants aviseront.  Mais la vie n'a peut-être pas le temps d'attendre. Un champ sans abeilles ne mettra pas des générations à se désertifier ; ailleurs, les toxiques accumulés commencent leurs destructions dès qu'ils ont été déposés.
Les as de la finance ne sont pas si bêtes, ils ont prévu. L'industrie génératrice de profits va mettre au point de quoi remédier aux dégâts, précisément, au cas par cas - pourquoi sauver ce qui ne nous est rien ?
Le génie génétique fabrique des plantes tueuses d'insectes, il fournira contre espèces sonnantes et trébuchantes des abeilles capables de résister au poison de ces plantes.
Le paysan pauvre qui ne peut payer l'OGM salvateur ? Il n'intéresse personne. Désormais plus de nature gratuite, la vie ne fait plus de cadeau.
L'espèce humaine est soumise au même régime.

L'environnement devenu toxique provoque des maladies ; la science s'attelle à les soigner, elle développe des traitements à condition qu'ils soient rentables.
Des polluants provoquent des cancers. Des traitements sont développés, de plus en plus efficaces et de plus en plus coûteux. C'est même une bonne vache à lait pour les groupes industriels, ils font du profit sur les toxiques, puis sur le soin des cancers induits.

Pour engranger des bénéfices, il faut d'abord investir, faire de la "recherche et développement", et enfin, trouver des clients. L'industrie n'est pas pressée de soigner les fauchés ni de supprimer le  tabac ou l'alcool . Elle joue sur les deux tableaux ; les financiers encaissent, la sécu paie et les contribuables (tout le monde, sauf les plus riches) renflouent  ; fermez le cercle !

Le cancer est un bon produit d'appel. Le consommateur-malade-en-puissance-  aurait trop peur de ne pas être soigné,  il ne s'accorde jamais le droit d'exiger la vérité des prix. Mais toutes les maladies n'accèdent pas au statut de vedette.Une catégorie reste mal connue bien qu'elle soit le produit typique de la pollution, il s'agit des maladies auto-immunes. Elles forment un ensemble  hétéroclite, allant de l'allergie cutanée à la sclérose en plaques, en passant par le diabète insulino-dépendant ; des troubles plus ou moins mortifères mais qui ont en commun d'être liés à la pollution. Une substance modifie le fonctionnement d'un tissu humain au point de le transformer en poison contre un autre élément de son propre organisme. Il est difficile d'intervenir dans un tel scénario sans éliminer d'abord l'agent polluant.

Prévisibles, des conséquences financières très lourdes s'il faut renoncer à l'emploi de pesticides ou de détergents. On préfère compter sur le coup de génie de chercheurs qui guériraient la maladie sans avoir besoin de modifier le milieu. Encore faut-il que ces génies fassent des miracles. On leur accorde le moins possible de moyens.

Tout le monde croise les doigts en attendant le choc fatal, l'agent chimique ou biologique qui déclenchera le stress général, l'intolérance de la majorité.

Quand il y aura plus de malades que de soignants, elle nous fera bien rire, la crise boursière.

 

Le 24/10/2008 : L'actualité rejoint nos préoccupations :

Les pesticides affecteraient le développement cérébral

"La toxicité pour le cerveau ne fait pas partie des tests de routine pour les pesticides. Dans la mesure où beaucoup d'entre eux sont toxiques pour le cerveau des insectes, il est très probable qu'ils le soient également pour le cerveau humain", a déclaré le scientifique, qui a passé en revue près de 200 rapports de recherches sur le sujet.

"Les études expérimentales qui recourent à des modèles complexes suggèrent que les pesticides utilisés actuellement en Europe (...) peuvent s'avérer toxiques pour le développement du système nerveux", écrivent Granjean et deux de ses collègues danois dans le journal Environnemental Health.

"Le cerveau en développement des foetus et des jeunes enfants est beaucoup plus sensible que celui des adultes aux perturbations chimiques", ajoutent-ils, recommandant davantage de tests et de précautions dans la délivrance des autorisations.

Leur étude porte sur les pesticides utilisés dans les 27 Etats membres de l'Union, qui procède actuellement à une réforme de la législation en la matière.

Plus 140.000 tonnes sont déversées chaque année sur les cultures alimentaires de l'UE, ce qui représente 280 grammes par habitant. Un quart des fruits, des légumes et des céréales contiennent au moins deux pesticides.

 

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 09:02
Notre feuilleton -historique-mais-sans-prétention -était un peu endormi ; des urgences avaient pris sa place.
Et puis, télescopage : l'actualité vient le ranimer.
Petit rappel de procédure : comment un mortel ordinaire est-il fait saint et par qui ?
D'abord, il faut mourir...Jusque là : sans difficulté, tout le monde en est capable. Ensuite, il faut avoir laissé suffisamment de bons souvenirs aux gens qu'il faut , pour que ces derniers demandent au pape de vous faire saint.
Comme le pape ne veut pas avoir l'air d'imposer ses chouchous, il confie l'affaire à une commission ad'hoc composée d'éminences et autres excellences siégeant au Vatican, à proximité immédiate de la bonne parole papale (en fin de compte, il décide comme il veut). 
En souvenir de l'Inquisition, la cause du prétendant est instruite sous forme de procès.
 On aligne face-à-face les arguments pour et contre (le célèbre avocat du diable).
Amusant : parmi les critères qui font la sainteté, il faut avoir fait au moins un miracle.
Si le positif l'emporte et qu'il n'existe pas d'opposition rédhibitoire, on procède à la béatification : le candidat devient bienheureux . Encore un effort et c'est la canonisation qui en fait un saint, dans un délai plus ou moins long, selon l'empressement des juges...et la force de la pression pontificale.
Certains dossiers ont musardé pendant des siècles, d'autres ont été bouclés avec une rapidité ... miraculeuse ; on pense immédiatement à Josemaria Escriva de Balaguer, fondateur de la très réactionnaire Opus Dei. ... On se demande  quels miracles il a bien pu faire, celui-là ...
Le péché mignon (!) des papes qui veulent laisser leur marque dans l'histoire est d'ouvrir de nouveaux dossiers et de pousser les anciens qui traînent.
Benoît XVI a ressenti la même démangeaison que ses prédécesseurs en mettant de l'ordre dans les archives du Vatican.
- Et qu'a-t'il découvert ? - Ciel ! Pie XII n'est toujours pas béatifié.
Anormal pour un pape. Même les plus insignifiants sont arrivés au moins à ce niveau.
 Il faut se bouger : "Nous prions pour que la cause de béatification de Pie XII se poursuive heureusement"
Il y a comme un malaise ... les cardinaux un peu diplomates auraient aimé que cette affaire s'enterrât dans le silence et se couvrît de poussière. L'Eglise a largement assez de problèmes à résoudre ; on n'avait pas besoin d'aller déterrer cette mine toujours explosive.
Pie XII, c'est le pape de la seconde guerre mondiale. Il s'est tu devant les exactions des nazis, il a fait preuve d'un silence assourdissant devant la solution finale. D'après Benoît XVI, "la discrétion était au nombre de l'héroïcité de ses vertus."
De la part d'un chef religieux dont on attend qu'il soit une grande voix, c'est une qualité discutable, d'autant que l'Eglise Catholique s'est montrée beaucoup plus active, après la guerre, pour ex-filtrer les anciens bourreaux vers l'Amérique du Sud et ses dictatures hospitalières expertes en recyclage des rebuts, le tout avec la bénédiction d'un Pie XII compatissant .
Il faut dire que ce n'était pas son coup d'essai. Après la première guerre mondiale, pendant  la révolte spartakiste, le futur Pie XII était nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) à Berlin. Au moment de l'écrasement, quelques révoltés, parmi lesquels Rosa Luxemburg, ont tenté de se réfugier à la nonciature, ils croyaient probablement au vieux principe chrétien du  "droit d'asile". Ils s'étaient bercés d'illusions ; le nonce Pacelli les a livrés, ils ont été exécutés.
Tout cela dresse un curieux tableau de saint.
Pourquoi Benoît XVI tient-il à sauver sa mémoire ?
Quitte à passer pour malintentionnés, nous nous rappellerons que Benoi XVI, né Ratzinger, affectueusement surnommé Panzercardinal, a fait partie des jeunesses hitlériennes. On nous a expliqué qu'il n'avait pas pu agir autrement : c'était un passage obligé pour les jeunes gens qui voulaient mener de grandes études. Passons ... mais, précisément, faire la promotion d'un prédécesseur encore plus sali que lui dans l'hitlérisme n'est pas le meilleur moyen de faire croire à son innocence.
Je plains les catholiques de bonne volonté qui essaient de faire croire à la possibilité d'un renouveau pontifical.


Et voilà un commentaire d'nfolive tv  ( media israélien) :
De nombreux efforts sont déployés dans le but de béatifier le pape Pie XII, en fonction durant la Shoah. Malgré l'opposition d'Israël et du monde juif, il semblerait que le Vatican continuera le processus. Lors d'une messe au Vatican célébrant le cinquantième anniversaire de la mort de Pie XII, au début du mois, Benoît XVI a souhaité la poursuite du procès en béatification de ce pape qui fait l'objet d'une controverse pour son attitude jugée trop passive et silencieuse face à la Shoah.

 

 Benoît XVI a estimé que Pie XII s'était dépensé sans compter "pour la défense des persécutés sans aucune distinction de religion, d'ethnie, de nationalité et d'appartenance politique", notamment pour les juifs menacés d'extermination, et déploré que le débat historique à son sujet n'ait "pas toujours été serein". Le grand rabbin de Haïfa, Shear Yshuv Cohen, premier religieux juif invité à s'exprimer devant un synode d'évêques catholiques actuellement réuni au Vatican, s'était fait l'écho des réserves de nombreux juifs face à ce procès en béatification. Il avait estimé que Pie XII "ne doit pas être pris comme modèle et ne doit pas être béatifié parce qu'il n'a pas élevé sa voix face à la Shoah".

 

La béatification de Pie XII reste un sujet brulant qui risque d'influencer sur les relations entre le Vatican et Israël mais aussi sur les relations judéo-chrétiennes. En effet, le mouvement du crif ( Conseil représentatif des institutions juives de France) a déjà mis en garde: «La béatification du pape Pie XII, en dehors d’un consensus d’historiens indépendants, risquerait de porter un coup dur aux relations de confiance qui se sont établies entre l’Eglise catholique et le monde juif», a déclaré Richard Prasquier, président de l'organisation à un media français. Le monde juif reproche à Pie XII sa passivité durant les horreurs de la Shoah.

 

D'autre part les divergences envers ce Pape semblent influencer sur une éventuelle visite du pape Benoit XVI en Israël. En effet, Israël a renouvelé une invitation à l'intention du pape Benoît XVI à se rendre en pèlerinage en Terre sainte. La polémique autour de cette visite a éclaté il y a quelques jours lorsque le père Gumpel, le "défenseur" de la cause de Pie XII dans le processus de béatification, a fait allusion a cette visite. Selon lui, Benoît XVI « voudrait aller en Israël le plus rapidement possible » mais il ne pourra pas le faire tant que la légende sous la photo de Pie XII dans le Musée de l’Histoire de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem, « une évidente falsification de l’Histoire, ne sera pas enlevée ». Cette légende accuse le pape de ne pas avoir élevé sa voix contre la Shoah. Tant que cette légende demeure sous la photo, un éventuel voyage de Benoît XVI en Israël serait « un scandale pour les catholiques », a ajouté le père Gumpel.

 

 En attendant, le Vatican ainsi que la présidence israélienne se sont dépêchés de taire le scandale. Dans une déclaration, le directeur du bureau de presse du Vatican, Federico Lombardi, a dit, entre autres : « Le Vatican a démenti les assertions selon lesquelles une légende qui figure au Musée de l’Holocauste de Jérusalem, affirmant que Pie XII n’a pas fait suffisamment pour sauver des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, empêcherait le Pape Benoît XVI de venir en visite en Israël.  « Ce fait ne peut être considéré comme un facteur déterminant pour une décision concernant une visite du Saint Père en Terre Sainte, un voyage qui, comme on le sait, est l’un des désirs du pape, mais qui, pour l’instant, n’a pas fait l’objet d’une planification concrète ».

 

 Shimon Peres a lui aussi affirmé qu'il ne fallait pas lier la visite du pape en Israël aux divergence sur Pie XII. "Je connais le pape Benoît XVI que j'ai rencontré plusieurs fois, et sa visite en Israël ne doit pas être liée à la controverse sur Pie XII", a-t-il déclaré à la radio publique israélienne.

 

 Il semblerait que Yad Vashem également tente de calmer la tempête et a de son côté publié dimanche un communiqué rappelant que les historiens sont partagés sur le rôle de Pie XII. 20/10/08


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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 09:00

 



VIENNE (Reuters) - Jörg Haider, leader de l'extrême droite autrichienne, s'est tué dans un accident de voiture dans la nuit de vendredi à samedi près de sa ville natale de Klagenfurt, confirme la police.

Haider, qui était âgé de 58 ans, a perdu le contrôle de sa voiture pour des raisons encore inconnues. Le véhicule a fait plusieurs tonneaux. Haider, qui était seul dans la voiture, a été mortellement touché à la tête et au torse.


Les gens polis et bien élevés diront : "gnagnagna ... ça ne se fait pas de se réjouir de la mort de quelqu'un."
 Eh bien, tant pis. Soyons inconvenants sans complexe. Ce nostalgique du IIIème Reich ne laissera aucun regret, sauf chez ses semblables ... et cela ne nous chagrinera pas.
Les vendeurs de grosses voitures, en encourageant son vice, ont fait oeuvre utile ... pour une fois.
Ils sont vivement encouragés à en faire autant auprès de tous les nuisibles qui continuent à menacer le pauvre monde. A cette condition, nous oublierons un instant qu'eux aussi, avec leurs dévoreuses d'oxygène, ont bien des torts à se reprocher. Nous accepterons même de considérer qu'ils sont perfectibles.
Faisons un rêve ... que tous les engins de mort, pour une fois, se retournent contre les abrutis.
On peut toujours rêver, mais il faut rester vigilants. Haider n'était pas seul, il avait même de la concurrence chez les neo-nazis.
Et ces temps de crise économique nous rappellent que celle de 29, en Europe, s'est terminée par la montée de tous les nationalismes, faisant le lit des fascismes et débouchant sur la guerre.
Si les démocrates ne redoublent pas de vigilance, le pire reste possible.
Y a encore du boulot !

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 16:20

Ces derniers jours, un vent de fronde soufflait sur le prix Nobel de médecine.
Des foules excitées s'étripaient à qui-mieux-mieux pour  décider si l'élection au Nobel de médecine était juste ou inique.
Après mon dernier article, je serais mal inspirée de tomber dans le travers que je stigmatisais, en donnant un avis pour lequel je ne détiens aucun titre ni compétence. De toute façon, arrivés à ce niveau, les scientifiques sont tous des savants ; il n'y a pas lieu pour le commun des ignorants d'en discuter.
N'empêche ... il traîne comme un petit arrière-goût de déception.
J'aurais bien aimé que le prix aille à Chermann.
 Pourquoi ?
Parce que Montagnier ou, plus précisément, l'usage qui en est fait, m'agace. 
Il est devenu un symbole du "travailler plus". Pendant la campagne présidentielle, et en beaucoup d'autres occasions de propagande, il a été présenté comme un emblème des hommes de valeur contraints de s'exiler pour travailler, parce qu'en France, ils seraient contraints de "faire valoir leurs droits à la retraite"... Et la grande masse des gogos et des crédules de croire cette fable.
Tous les jours, nous avons des preuves inverses. Non seulement, nous connaissons des généralistes et même des spécialistes libéraux qui sont toujours sur la brèche à plus de soixante-cinq ans, mais, chez les médecins-fonctionnaires, il n'est pas rare d'en rencontrer qui exercent leur tâche, blanchis sous le harnois. Il suffit de regarder la première "médicale" venue, à la télévision. Les invités qui  nous font l'honneur de leur science et de leur notoriété sont  rarement tombés de la dernière pluie. Un exemple au hasard, le Pr Baulieu est toujours estampillé  INSERM dans son labo, à plus de 80 ans.
Si Montagnier ne se trouvait plus bien en France, c'était son droit d'aller chercher son épanouissement ailleurs. Mais un tel montage n'était pas nécessaire.
Il a fait des heureux, il a offert une figure emblématique et médiatique à ceux qui veulent à tout prix remettre les seniors au travail.
Comme si on pouvait mettre sur le même plan des chercheurs, au travail épanouissant , valorisant, et des travailleurs manuels usés par le labeur ou ceux dont la fonction se perd dans l'ennui et la contrainte ?
Il y a quelque-chose de malhonnête à ne pas tenir compte de cette différence.
Le travail est une richesse tant qu'il épanouit mais lorsqu'il brime et détruit, il retrouve son origine, le "tripallium" qui lui a donné son nom : un engin de torture qui servait à châtier les esclaves antiques,... tout un programme ...  

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 14:37

Citez-moi un métier dont les diplômes sont très difficiles à obtenir,
qui bénéficie d'une importante notoriété,
dont l'utilité sociale est universellement reconnue,
dont personne ne prendrait le risque de se passer
mais que tout un chacun, du plus ignorant au plus érudit, prétend juger : .. ? 
Laissez-tomber les majors de promo de toutes les grandes écoles. Il ne s'agit pas non plus des experts en produits financiers, ils sont en train de nous ruiner mais vous verrez qu'ils s'en tireront avec les honneurs. Figurez-vous que ce métier  tellement envié et malmené est celui de médecin.
Autrefois, les familles possédaient un gros volume nommé  "livre de médecine". C'était un outil pratique pour faire le plein des salles d'attente ; la lecture d'un tel ouvrage avait un effet automatique, vous en sortiez persuadé(ée) d'être affligé(e) de toutes les maladies dont vous veniez de lire la description. Les femmes étaient persuadées de ne pas souffrir de la prostate, les hommes se félicitaient d'avoir échappé à l'endomètriose. C'étaient à peu près les seules affections qui ne pouvaient les affecter. De tout le reste vous étiez atteints ou menacés, peu ou prou. 
Vous preniez d'assaut la salle d'attente de votre médecin, il vous recevait en consultation et vous le quittiez satisfait(e), en général parce qu'il ne vous avait trouvé aucune des épouvantables maladies que vous lui avez racontées et, parfois, aprés qu'il vous a détécté une petite chose qui ne deviendra pas grave puiqu'elle aura été prise à temps.
Et puis, survint Internet qui mit au rancart le vieux livre de médecine et communiqua la sainte parole à tous ... sans discrimination. Alors, chacun se crut savant. On rencontra des coiffeuses se prenant pour des dermatologues et des mères de famille accomplissant leur vocation de pédiatres.
L'attirance est plus forte vers ce qui paraît le plus accessible. Les soignants-amateurs ont peu d'appétit pour les formules scientifiques et les matériels réservés à un usage professioinnel. Ils aiment la nature (prouvant ainsi qu'ils ne sont pas rancuniers). Ils ne sont pas capables d'assumer les risques induits par leur attitude irresponsable. Ils recherchent ce qui fera de l'effet sur les naïfs sans courir trop de risques. Passons sur les sectes guérisseuses qui font le malheur de leurs adeptes en les décourageant de recourir à la médecine. Vous l'avez certainement remarqué : ils ont une véritable prédilection pour l'homéopathie, elle soigne très bien les maladies qui guérissent toutes seules, l'ostéopathie qui fait des miracles dans un laps de temps où la maladie laissée à elle-même  n'aurait pas fait d'histoire pour guérir.
Ils nous agacent, ils font monter notre tension ... mais ce sont de doux rêveurs, pas le temps de les pourchasser.
Néanmoins, parfois, l'autodésignation d'expertise et d'autorité peut faire des dégats. . 
Il vient de survenir un fait divers révélateur d'une autre dérive :
 Une personne âgée est victime chez le coiffeur d'une perte de connaissance qui nécesssite l'appel du SAMU .        Un médecin urgentiste prend donc la victime en charge et tente de la ranimer. Des "témoins", ni médecins ni pompiers, sont interloqués par les manipulations effectuées par l'urgentiste. Au lieu de lui demander le sens de ses gestes, ils rameutent des gens plus qualifiés mais qui n'ont pas assisté à la scène et, sans plus s'inquiéter du bien-fondé de leur étonnement, ils déposent plainte contre l'urgentiste. L'homme de justice, à qui Outreau n'a rien appris, enfourche la monture si complaisamment offerte et fait embastiller le médecin ... jusqu'au moment où les vérifications effectuées l'amènent à libérer piteusement le praticien trop vite incriminé.
Tout est bien qui finit bien, certes... Il en reste la constatation désagréable que l'usager moyen, et malade en puissance, se comporte avec son médecin comme il n'oserait pas le faire avec son plombier ou sa coiffeuse.
Après cela, allez expliquer aux enfants que s'ils ont d'excellents résultats scolaires, ils pourront devenir médecins !
Bon courage !

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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 22:35
Quand nous étions écoliers, nous avons tous appris "la cigale et la fourmi". La morale de la fable nous encourageait à prévoir les coups durs, économiser. Les feignasses imprévoyantes comme la cigale se préparaient un avenir catastrophique pendant que la fourmi, jugée économe et non radin, trouvait sa récompense en résistant aux épreuves.
En élèves consciencieux, nous avons retenu la leçon.
Dès le plus jeune âge, nous avons garni un livret de caisse d'épargne. Plus tard, nous avons suivi (avec plus ou moins de réussite!) les conseils du banquier ou de l'assureur qui nous proposaient des placements pour améliorer notre retraite. Bref, nous avons pris modèle sur la fourmi.
Et voilà ! Ces établissements financiers qui se prétendaient les meilleurs pour faire fructifier nos sous ont joué nos économies à la bourse ; ils se sont crus au casino.
Et qui a bonne mine dans l'affaire ? Qui n'a plus que ses yeux pour pleurer ?
Ben voyons, l'émule de la fourmi.
Nous aurions dû nous méfier de la mauvaise blague... Il y a déjà eu 1929, on ne voit pas ce qui aurait empêché la farce de se rejouer. Pendant nos études, nous n'avons pas appris que des fables, nous avons étudié des histoires de cycles, de crises économiques.
Maintenant, nous sommes dedans et pas de Zorro en vue pour nous en sortir (si c'était Sarko, ça se saurait). Les futurs Roosevelt ne se bousculent pas. Alors, d'ici à en voir le bout, il nous reste à regretter notre bonne conduite.
Dans la catastrophe générale, il y a des chances que la cigale ne s'en tire pas plus mal que la fourmi. Et en attendant, au lieu de privations, elle aura pris du bon temps.
Carpe diem ! On ne devrait jamais l'oublier... et m... à La Fontaine !

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