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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 00:28
    C'est la crise économique, elle domine toutes les conversations et la même référence revient comme une obsession : la crise de 29.
Pourquoi nous a-t'elle marqués à ce point ?
C'était une dépression mondiale. Il apparaît de plus en plus que nous y allons tout droit ; peut-être même, y sommes-nous déjà.
Un autre souvenir plein d'enseignements : la manière dont le monde s'en est sorti.
Les états du vieux continents se sont frileusement refermés, chacun dans sa coquille ; ils ont cherché des coupables à l'intérieur et hors des frontières, suscitant fascisme et nazisme pour aboutir à la guerre.
Les Etats-Unis, n'en déplaise à ceux qui ne les aiment pas, ont trouvé la bonne sortie de crise grâce à un homme véritablement providentiel, le président Franklin D. Roosevelt et son New Deal... et, quelque-part, au fond des croyants, il règne l'attente qu'Obama soit un nouveau Roosevelt. 
      Mais c'était sans compter avec les vielles haines recuites de l'anti-américanisme primaire. On ne pouvait pas admettre la réussite de Franklin D. Roosevelt, on lui a donc trouvé un vice rédhibitoire. On lui a fait porter la responsabilité de l'insatisfaction liée aux accords de Yalta.
Résumons, à Yalta ils étaient trois vainqueurs à configurer le monde de l'après-guerre. Il y avait Churchill et Roosevelt, alliés mais pas nécessairement d'accord sur tout, en face de Staline seul capable d'imposer sa volonté à l'Est. L'Ouest, si on veut rester cohérent et réaliste, n'avait pas d'autre choix que de laisser les coudées franches à Staline. Il était vainqueur et sa victoire à l'Est était la condition indispensable de la victoire des Alliés à l'Ouest. Il n'y aurait jamais eu de débarquement en Normandie et  de refoulement des Allemands dans leurs frontières si une bonne moitié des armées du Reich n'avait été arrêtée puis écrasée à Stalingrad et Koursk. Un allié objectif qui s'est avéré nécessaire, même si on ne l'aime pas, c'est difficile de l'empêcher de tirer profit de sa victoire.
        Néanmoins, ce réalisme on ne le tolère pas chez le personnage le plus puissant du monde. Roosevelt et Churchill ont eu la même attitude à Yalta mais c'est à Roosevelt qu'on a fait porter la responsabilité de la "mollesse" des négociateurs occidentaux.
     Il y a toujours, spécialement chez les Français, ce vieil anti-américanisme qui ne date pas des frasques de "dobeliou", comme si le souvenir embelli de Lafayette créait un droit à la déférence et à la reconnaissance éternelle. Comme, par dessus le marché, cet anti-américanisme est volontiers faux-cul, il a fallu trouver une justification à la défiance, et ... on a trouvé.
On a mis en cause la santé de Roosevelt, il souffrait de troubles neurologiques, en fait une réactivation de polio. Son état de santé allait d'ailleurs s'aggraver, il est mort avant la fin de la guerre (c'est Truman, son successeur, qui terminera la guerre avec le Japon en essayant sa bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki).
 Mais s'il était gravement malade, son intelligence était intacte, au moins autant que celle de l'alcoolique Churchill.
Pourtant, toute la suspicion a été dirigée contre lui ; c'est que le terme neurologique faisait et fait toujours peur.
Encore aujourd'hui, il ne fait pas bon annoncer qu'on souffre d'une maladie du système nerveux. C'est risquer d'être regardé comme un mourant ou un aliéné ou les deux.
Rendre justice à Roosevelt, c'est un devoir historique mais c'est peut-être aussi rendre service à une foule de malades dont les mouvements sont devenus difficiles mais qui ont gardé toutes leurs facultés intellectuelles.
Ce devrait être une évidence mais, puisqu'il le faut, n'hésitons pas à le répéter.

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 10:06
      Comme prévu, le populo a fait un effort. Le téléthon aura des sous.
C'est une bonne nouvelle pour la recherche, même si nous avons le droit de rester circonspects quant-au choix des travaux financés. Encore une fois, la vedette a été donnée à des enfants susceptibles de faire pleurer Margot. Si vous avez dépassé l'âge médiatique, vous n'intéressez plus personne.
Mais bon, c'est toujours ça...
Comme prévu également, les gens au pouvoir ont été remarquables de discrétion. Il ne faut pas compter sur eux. Ils ont bien assez à faire à récupérer les bêtises des riches, ce qu'ils nomment La Crise et qu'il serait plus convenable d'appeler le Crime Economique.
Ils sont vraiment touchants de bonne volonté niaise. Un député Marini, a proposé sans rire que les pertes boursières puissent être déclarées au chapitre des pertes déductibles de l'impôt sur le revenu.
Nous avons bien ri (jaune) ...
Au diable la timidité ! Allons plus loin. On recherche un collègue de Marini pour déposer un projet de loi rendant déductibles les pertes de casino.  Il y a longtemps que les mafias diverses et variées s'échinent à trouver des moyens de blanchir leurs gains. En voilà un bon.
Il est grand temps de faire leur place à toutes les industries (et même à leurs chevaliers).
Encore un effort ! Vous y êtes presque. 
Après tout, c'est très simple à comprendre : puisque les pauvres sont les plus nombreux, c'est bien à eux de tout payer.
Les riches sont plus rares, peut-être faut-il les ranger parmi les espèces en voie de disparition. Il faut les aider.
Logique, on vous dit.

Episode suivant : le 1er ministre repousse la proposition.
Beaucoup se diront que le gouvernement tire à hue et à dia, en gros que c'est le b ...
Au premier abord, c'est évident.
Après mûr examen, une autre explication paraît plausible, celle du couple de flics dans les séries policières. Pour faire parler le suspect, en tirer ce qu'ils cherchent, ils se mettent à deux, un violent qui menace et brutalise, un "gentil" qui fait ami avec l'interrogé pour le convaincre de faire et dire ce qu'on lui demande, pour éviter de le livrer au "méchant".
De plus en plus, c'est la pratique de nos gouvernants. On vous annonce des horreurs, des mesures scandaleuses, puis le "deus-ex-machina" annule le projet qui faisait si peur. Tout le monde souffle.
Vous êtes rassurés, vous laissez venir un tas de mesures aussi méchantes mais médiatiquement plus discrètes.
Quand vous vous ennuyez, profitez-en pour revoir quelques vieux nanars policiers. Ils sont plus instructifs qu'il ne paraît.
   
                                

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 09:39
    C'est reparti pour le téléthon.
C'est de là que sourd une vague mais certaine sensation d'indécence.
Vous êtes choqués ? Voyons de plus près ...
Pour nous tirer des sous, on nous exhibe
des enfants comme monstres de cirque, c'est carrément Barnum avant la guerre et ... une autre fin promise aux handicapés.
Dans le même ordre d'idées, on peut faire le rapprochement avec une autre plaie de ces avant-fêtes, les associations de protection animale qui croient efficace, pour obtenir vos dons, de vous accabler de prospectus avec des images cauchemardesques d'animaux martyrisés.
Je ne sais pas quel effet ça vous fait, à vous.?
Moi, j'ai retourné toute cette littérature à leurs envoyeurs en exigeant qu'ils cessent de m'en expédier, ajoutant que nous connaissons l'existence de ces horreurs, elles nous indignent, nous voulons participer à leur éradication mais ce n'est pas en nous empêchant de dormir qu'ils obtiendront le meilleur soutien.
Au contraire, ils courent le risque d'être évités.
Le téléthon, dans les premières années, n'a pas échappé à ce travers mais la réflexion a dû venir à ses concepteurs et les dernières éditions mettaient d'avantage l'accent sur des attitudes positives. Ce n'est donc plus cette indécence-là qui gêne le plus.
Non, le scandale, l'obscénité, c'est qu'on doive recourir à la charité-spectacle pour financer la recherche  médicale pendant qu'on trouve des milliards pour éponger les erreurs des banques.
Si nous avions encore un doute sur les motivations de ceux qui nous gouvernent, nous voilà édifiés.
L'indignation stimule l'apparition d'images, de comparaisons ordurières.
 En général, le verbe "éponger" sert à décrire l'activité des praticiennes du plus vieux métier du monde ; un rapprochement logique s'impose :  serions-nous dirigés par les p... des banques ?
Elles dépensent nos sous, et même ceux que nous ne possédons pas, à faire la fête avec leurs clients.
C'est une espèce de danse macabre, comme à la fin du Moyen-Âge, au temps de la Grande Peste. Au bout de la sarabande, l'Europe avait perdu la moitié de sa population.
L'histoire ne repasse jamais les plats.
Heureusement, nous échapperons au décalque d'un temps révolu, mais, le passé nous ayant laissés ignorants, l'éventail reste ouvert des catastrophes à venir.
   

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 10:48
L'information nous rejoint, malheureusement .
Dans Le Monde du 2 décembre :
Le choléra progresse dans un Zimbabwe dévasté.
 Les autorités sanitaires internationales s'inquiètent de l'épidémie de choléra qui sévit au Zimbabwe et risque de s'étendre aux pays voisins. Les Nations unies font état de 11 435 cas et 484 décès.

Le choléra, c'est la "maladie des mains sales".
Dans le cas précis, elles sont deux fois sales : manque de sanitaires et  corruption, saleté politique de la classe dirigeante.
Est-il vraiment besoin de le rappeler (?), le choléra fait des ravages sur les organismes affaiblis. Si un individu en bon état est contaminé, la maladie se résume le plus souvent à une diarrhée sévère ; le malade s'en tire avec quelques kilos en moins et un gros coup de fatigue à soigner. La même attaque du vibrion chez un pauvre sous-alimenté, c'est la mort assurée.
C'est bien joli d'aller soigner l'épidémie, il faut le faire, mais un assainissement efficace et durable doit nécessairement passer par l'éradication d'un pouvoir corrompu.
Si rien n'est fait dans ce sens, les lamentations compassionnelles de la dite "communauté internationale" ne sont que des larmes de crocodiles.

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 09:34
            Claude Levi-Strauss, donc, a  eu cent ans. L'anniversaire n'a pas pu nous échapper. Journaux, radios et télés ont abondamment traité l'événement et c'est tant mieux, cela nous change agréablement des festivités-spectacles et de la politique du même nom.
Néanmoins, dans le concert de louanges, un silence assourdissant : celui des bonnes âmes rancunières, une certaine catégorie d'antiracistes fâchés depuis longtemps avec Claude Levi-Strauss. 
Que lui reprochent-ils, à ce défenseur des peuples menacés, lui qui traite de sauvage celui qui dit que l'autre est un barbare ?
Ils lui en veulent de parler de races. Fi, quelle horreur !
La bien-pensance a décrété une fois pour toutes qu'il n'y a pas de races humaines.
Tous les jours, nous devons chercher des arrangements avec ce casse-tête : lorsque sous décrivez quelqu'un, il faut surtout éviter de préciser qu'il est noir, ce serait trop affreux, immédiatement vous seriez étiqueté "raciste". Pour échapper à l'anathème, vous devez utiliser de ridicules périphrases qui diront la même chose sans utiliser le mot fatidique qui vous déshonorerait à tout jamais. 
Tant pis, plutôt se déshonorer auprès des cons dont le jugement nous importe peu que patauger dans le vague et, pire, l'hypocrite.
Quand nous parlons des noirs, nous utilisons un concept utile à la description et au débat. Rien ne permet aux antiracistes auto-proclamés de nous tr
aiter de racistes.
Dire d'Untel que c'est un noir ou un métis n'a rien de péjoratif.
La haine raciale doit être combattue, énergiquement mais il n'est pas certain que la négation des races soit une arme efficace. Quand les choses se sont pas dites clairement, le non-dit peut opérer insidieusement ses dégâts.
Depuis la disparition de l'homme de néandertal, il n'y a qu'une espèce humaine  mais celle-ci se répartit en sous-groupes qui se prolongent en transmettant des gènes spécifiques, ce sont des races. Certains, de bonne ou mauvaise foi, prennent un malin plaisir à compliquer la situation en embrouillant les concepts,   Lorsque Claude Levi-Strauss utilise le mot "races", il ne fait pas la confusion et il n'y a pas de quoi fouetter un chat (pauvre bête !)

Justement, les chats vont nous donner l'occasion d'une comparaison éclairante.
Les amateurs de chiens et de chats ont une attitude radicalement différente.
L'espèce "chiens" se répartit en races très variées, du St Bernard au chihuahua. Leurs propriétaires cultivent la race pure. La reproduction est contrôlée, parfois jusqu'à la consanguinité, et les métis, sous l'appellation infamante de "corniauds", n'ont pas droit de cité.
Parmi les chats, il n'y a pas de corniauds. Certes, il y a des amateurs exclusifs du chartreux ou du persan, mais le minet de "pures-races-au-pluriel" n'est pas rejeté comme un rebut. Dans les concours de beauté féline, il a sa catégorie. Il peut se faire admirer, et même obtenir un prix, en tant que "chat de compagnie" ou "chat européen".
Il faut paix et raison garder ; avec les êtres humains conduisons nous en chats. Autrement dit, donnons caresses et ronrons au lieu d'aboyer et de mordre, ne soyons pas chiens ! 

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 22:09
      Aux chiottes ! ... Pardonnez moi cet écart de langage, je n'ai pas trouvé d'expression mieux adaptée.
Vous croyez peut-être qu'il va être question du PS ?
Non. Ce n'est pas faute d'envie de lui appliquer la vigoureuse objurgation, mais il a déjà fait répandre trop de paroles et d'écrits.
Le seul qui triomphe et rigole, c'est Sarkozy. Ce n'est plus de la connerie , c'est une faute.
Requiescant in pace !
Passons à plus sérieux et positif.

Comme chaque année, Noël approche. Malgré la crise et les restrictions, nous festoierons, ce qui nous laissera une vague sensation de culpabilité que nous essaierons de nous faire pardonner en laissant notre obole à quelques oeuvres caritatives ou humanitaires. Nous avons l'embarras du choix, elles sont toutes sur les rangs pour le grand festival de la bienfaisance. Et, comme tous les ans, la palme d'or ira aux ONG qui aident les enfants.
    Nous sommes irrésistiblement attirés par les tout-petits. Nous donnons pour améliorer les conditions de la naissance puis la nourriture et la santé des bébés. Et, lorsqu'ils atteignent l'âge de l'école, ils n'intéressent plus grand monde. Nous les sauvons, bébés, pour les abandonner à la faim, la maladie et la mort précoce à un âge où aucun enfant ne devrait mourir. Ainsi va notre inconséquence.
Il est grand temps d'appliquer à nos coups de coeur un peu plus de logique.
Mon projet n'est pas la rédaction d'un catalogue exhaustif des mesures utiles à la survie et la croissance des enfants. Il y a des spécialistes qui s'en chargent mieux que moi.
J'aimerais reprendre un thème peu exploité mais qui vient d'être souligné par des ONG : les pauvres aussi doivent avoir accès à des toilettes.  Problème facile à décrire : les excréments abandonnés n'importe où attirent les insectes, lesquels prolifèrent et colonisent les êtres humains en répandant les microbes dont ils sont porteurs. Là où ils sévissent, règnent des maladies normalement éradiquées par l'hygiène : la typhoïde, le choléra, le paludisme et même la peste. 
On a, un temps, cherché à éliminer les insectes mais il a fallu reconnaître l'échec de ces pratiques lorsqu'elles ne sont pas associées à une prévention hygiénique, sans compter les risques sanitaires liés à la toxicité des insecticides.
L'acte préventif de base repose sur une idée très simple : il faut construire des toilettes et en apprendre l'utilisation.
Les vendeurs d'installations se frottent les mains devant le marché en perspective; mais qui va payer? Les gens à équiper sont des pauvres parmi les pauvres.
Il faut sortir de nos habitudes. Il n'est pas question d'installer partout notre modèle de sanitaires avec chasse d'eau, justement ... à cause de l'eau. S'il faut attendre que tous les territoires soient équipés du tout-à-l'égout alors que l'eau courante est encore un luxe, le problème des WC n'est pas près d'être résolu.
Dans certains pays, l'eau potable est une denrée si rare et précieuse qu'on en manque même pour boire. Pas question de la gaspiller dans l'évacuation des excréments. De toute façon, dans les régions densément peuplées, notre gaspillage d'eau est un modèle condamné.
Alors, pas de solution ?
Elle existe, et depuis des temps immémoriaux. Des écologistes l'ont remise au goût du jour dans nos pays développés sous l'appellation "toilettes sèches".  Elles sont parfaitement adaptables aux régions démunies. A défaut, des latrines de campagne, comme les armées en mouvement savent en construire, seraient un grand progrès, et tout le monde est capable de les réaliser.
Encore faut-il être convaincu de leur urgence. C'est ici qu'on retrouve l'impérieuse nécessité de l'éducation, une éducation qui doit passer par les femmes.
Tant qu'elles resteront chargées des travaux domestiques, des soins au bétail et de l'éducation des enfants, elles seront sensibles aux progrès de l'hygiène (là où les hommes préféreront l'installation d'une parabole ... -8)
Moralité : comme on ne peut pas donner à tout le monde, il faut faire un choix. Donnons aux ONG qui s'occupent de l'éducation des filles. Sous les pouvoirs machistes, et singulièrement en terre d'islam, elles ont bien du mal à subsister et mener leur action.
Elles ont besoin de nous, ne les décevons pas.

Tipanda : www.jacquelinesimon.com


Un courriel reçu à ce propos :

De bons arguments
oui l'éducation des filles devrait être prioritaire. Le monde tournerait mieux s'ils y avait plus de femmes aux pouvoirs dans beaucoup de pays. On penserait davantage aux enfants, on leur donnerait moins d'armes et on s'entretuerait moins, je pense.
Le problèmes des installations c'est l'entretien, par qui ? comment ? même pour les toilettes...évidemment par les femmes le plus souvent
j'ignore si il y a une organisation qui s'occupe de ces installations ?
Patrick


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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 10:10
  C'est une question légitime lorsqu'on voit le retour d'une campagne de suspicion à légard de ces médicaments. Le journal "La Croix" (eh oui, on peut avoir la lecture éclectique.! ) publie un communiqué de l'AFP qui résume les objections dernièrement réapparues chez les prescripteurs :

Les génériques sont-ils aussi efficaces que les médicaments de marque ? Cela ne fait aucun doute pour les autorités sanitaires et les institutions qui remboursent les produits de santé. « Les génériques sont des copies conformes des médicaments de marque. Ils sont aussi efficaces et aussi sûrs », répètent avec force, depuis plusieurs années, le ministère de la santé, l’assurance-maladie ou les mutuelles.

Ce discours est aujourd’hui contesté par certains médecins, issus de plusieurs spécialités, en particulier la neurologie et la cardiologie. Tout en reconnaissant qu’il n’existe pas d’étude scientifique permettant de jeter la suspicion sur les génériques, ces praticiens affirment constater, dans leurs consultations, des problèmes de tolérance et d’efficacité liés à l’utilisation de ces produits. « De très nombreux cardiologues ont des soucis avec des génériques. Certains osent en parler, d’autres non », soutient le professeur Yves Juillière, responsable de l’unité insuffisance cardiaque au CHU de Nancy, avant de préciser que ce sujet fera l’objet d’une session lors des Journées européennes de la Société française de cardiologie, en janvier.

« Nous sommes effectivement plusieurs à juger préoccupant que, pour des raisons comptables, on favorise aujourd’hui des prises en charge de moins bonne qualité », renchérit le professeur Xavier Girerd, cardiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. « Il y a quelques mois, j’ai évoqué, au cours d’un congrès les problèmes liés aux génériques. Et aussitôt, dans la salle, plus d’une vingtaine de confrères ont évoqué des difficultés plus ou moins identiques », ajoute ce médecin, qui est aussi secrétaire général de la Société française d’hypertension artérielle (SFHTA), mais qui s’exprime ici « à titre personnel ».

Pas tout à fait des des « copies conformes »

Ces médecins se montrent d’abord critiques sur la manière dont sont évalués les génériques avant d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM). Pour obtenir le feu vert des autorités sanitaires, les fabricants de génériques doivent fournir des études qui prouvent la « bioéquivalence » de leurs produits. « Ces études consistent à donner à une vingtaine de volontaires sains, à quelques jours d’intervalle, le princeps (NDLR : le médicament de marque) puis le générique, ou inversement. Après chaque prise, on fait des prélèvements répétés pour vérifier que la quantité de produit actif dans le sang est identique », explique le professeur Jean-François Bergmann, vice-président de la Commission d’autorisation de mise sur le marché à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

Une petite marge de variabilité (– 20 % et + 25 %) entre le princeps et le générique est admise par les autorités sanitaires. « Le problème est que ces études sont conduites sur des effectifs très réduits et auprès de personnes en bonne santé et pas auprès de celles qui, dans la vraie vie, consomment le plus de médicaments, c’est-à-dire les gens âgés et souffrant de plusieurs pathologies », observe le professeur Juillière.

D’après ces médecins, il n’est pas non plus exact de dire que les génériques sont des « copies conformes » des médicaments de marques. Si un générique doit contenir la même molécule, au même dosage, la forme ou la taille du médicament, en effet, peut varier : la copie peut, par exemple, se présenter sous la forme d’une gélule au lieu d’un comprimé. L’excipient, aussi, peut être différent. Il s’agit de « l’enrobage » du médicament, c’est-à-dire la substance destinée à permettre son absorption ou améliorer sa conservation. Voilà pourquoi certains génériques n’ont pas la même couleur ou le même goût, par exemple pour les sirops.

Une moindre efficacité thérapeutique

« Ce n’est pas un détail, en particulier pour les personnes âgées habituées à des médicaments qu’elles prennent depuis des années. Quand elles passent aux génériques, certaines ne s’y retrouvent plus et confondent leurs médicaments, ce qui peut poser un vrai problème », souligne le docteur Éric Gibert, rhumatologue libéral et attaché à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. « De façon quasi quotidienne, je rencontre des patients ayant des problèmes avec un générique. »

Ce changement d’excipient pose aussi un problème pour le professeur Marie-Pierre Teissier, diabétologue au CHU de Limoges. « Cela entraîne des effets indésirables pour certains médicaments contre le diabète, par voie orale, soutient-elle. Des patients se plaignent de maux de ventre, de diarrhées ou disent qu’ils sont “barbouillés”. Du coup, ils arrêtent de prendre leur traitement et sont mal équilibrés. » Le professeur Teissier affirme rencontrer un problème de tolérance ou d’efficacité chez « environ 30 % des patients sous génériques ».

De son côté, le professeur Jean-Paul Stahl, président de la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), ne constate pas de problème d’efficacité directe avec les génériques. « Mais nous avons un souci avec certains antibiotiques dont le goût, la présentation ou la consistance ne plaisent pas aux enfants qui, de ce fait, ne peuvent pas les prendre, indique-t-il. L’agence du médicament est alertée du problème mais, pour l’instant, les solutions restent difficiles à trouver. »

Au-delà de ces problèmes liés à l’aspect du médicament, certains praticiens affirment constater une moindre efficacité thérapeutique des génériques. Le professeur Girerd évoque un problème avec des antagonistes calciques, une famille de produits utilisés dans le traitement de l’hypertension. « Je vois de plus en plus de patients qui, après avoir commencé à prendre des génériques de ces produits, ont vu leur tension artérielle remonter, témoigne-t-il. Quand ces patients reprennent le princeps, tout redevient normal. »

Cardiologue au CHU de Dijon, le professeur Yves Cottin assure, lui, constater un phénomène identique avec des bêtabloquants, des produits visant à ralentir la fréquence cardiaque. « C’est une certitude : plusieurs de mes patients, qui étaient bien stabilisés, ont vu leur fréquence cardiaque augmenter avec des génériques avant que tout rentre dans l’ordre avec la reprise du médicament original », assure ce médecin, qui est actuellement en train d’essayer de monter une étude scientifique pour comparer les génériques des bêtabloquants avec les princeps.

Une fronde « anti-génériques » difficile à évaluer

À Nancy, le professeur Juillière s’inquiète, pour sa part, des inhibiteurs de l’enzyme de conversion, des produits utilisés pour traiter l’insuffisance cardiaque. « J’ai déjà vu plusieurs patients, sous génériques, qui présentaient des symptômes un peu inquiétants, notamment un essoufflement, dit-il. Il y en a même certains qui ont dû faire l’objet d’une prise en charge en urgence en raison d’un sub-œdème pulmonaire. »

Ce témoignage, quelque peu alarmant, reste toutefois assez isolé. Les autres médecins, interrogés dans le cadre de cette enquête, indiquent que la moindre efficacité, qu’ils affirment constater avec les génériques, ne met pas directement en danger la santé des patients, à condition de réagir à temps pour rééquilibrer leur traitement.

L’ampleur de cette fronde « anti-génériques » au sein du corps médical demeure cependant difficile à évaluer avec précision. « Honnêtement, je n’ai pas le sentiment d’être la seule à penser qu’il y a un problème, souligne le professeur Teissier. Le week-end dernier, j’animais un atelier sur le diabète avec des généralistes. Et quand j’ai évoqué mes difficultés avec les génériques, tous m’ont fait part de constatations identiques. »

Chez les cardiologues, les avis semblent partagés. Si certains apparaissent très « remontés » contre les génériques, d’autres sont plus en retrait. « J’ai quelques patients qui se plaignent, mais je n’ai pas constaté de réels problèmes d’efficacité avec ces produits », affirme le professeur Gilles Grollier, responsable du pôle cœur-vaisseaux-poumons au CHU de Caen.

« Il est légitime de se poser certaines questions à propos des génériques, en particulier sur leur mode d’évaluation ou les problèmes de confusion chez de nombreuses personnes âgées qui se trompent de médicaments. Mais je n’ai pas constaté dans ma consultation de problèmes d’efficacité majeurs avec les génériques», ajoute le professeur Nicolas Danchin, chef de la division «maladies coronaires et soins intensifs » à l’Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris.

Les médecins qui posent des questions sur des génériques se défendent d’être « instrumentalisés » par les fabricants de princeps, les grands laboratoires pharmaceutiques. Pour eux, le seul moyen de «trancher ce débat» est de mettre en place des études scientifiques «indépendantes et incontestables».

Pierre BIENVAULT


Les non-professionnels que nous sommes ne sont pas qualifiés pour trancher.

La réticence des opposants aux génériques est-elle scientifique et justifiée, sont-ils "indépendants et incontestés", comme ils le revendiquent,  ou sont-ils sous influence ? Difficile de trancher sans titre.

Néanmoins, il faut relever une faille logique dans le raisonnement avancé. Les opposants mettent sur le même plan la composition du médicament, qualité essentielle, et la forme du produit, un aspect différent qui pourrait induire un risque de confusion chez des personnes âgées habituées au princeps.

Le risque ne peut pas être nié mais la mise en parallèle de ces considérations n'est pas sérieuse.

A suivre leur raisonnement,allons au bout de l'absurde, on éliminerait tous les médicaments injectables sous le prétexte qu'une piqure, ça fait mal, c'est désagréable, et qu'en injectant on peut causer des accidents ou des contaminations.

Il faudra nous avancer des arguments de plus de poids pour que nous nous sentions concernés par la défense des labos et de leurs super-profits.

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 00:00

Connaissez-vous Reims ?
C'est  le champagne, pétillant, joyeux, c'est la fête en bouteille.
C'est la Champagne ... nettement moins drôle ; de hauts et longs murs tristes gardent les marchands de prestige à l'écart du vulgaire. Mais elle se rachète par un certain sourire, à la face d'un ange gothique que riches et vilains admirent en visitant sa cathédrale.
La grandeur de Reims y siège depuis Rémi et Clovis.

Au long des siècles, les rois de France attachés à leurs traditions de famille se faisaient enterrer à Saint-Denis et sacrer à Reims.
Une amie des traditions et des familles, parce qu'elle se nommait Royal (ça ne s'invente pas !)  y a vu un signe du destin.

Reims devait être le lieu de son sacre.
Elle avait juste oublié qu'à Reims on n'a jamais sacré que des rois. En France, il n'y a jamais eu de reine, que des femmes de roi, et ce n'est pas de son registre .
La tradition, puisqu'elle y tenait si fort, a été respectée... La couronne lui a échappé. Ouf !
Il n'aurait plus manqué qu'elle se livrât au toucher des écrouelles ! A en juger par la dévotion de ses fidèles, on était tout près de la voir en reine thaumaturge. Décidément, elle jouait de malchance, on ne trouve plus d'écrouelles où imposer les mains. Pour être dans l'air du temps, elle aurait pu embrasser des sidéens. Las ! Le job était pris par Lady Di et la concurrence des mortes est invincible.
Opérant un rétablissement d'urgence, elle a tourné le dos aux aristos pour draguer le populo et les djeuns, espérant  faire oublier qu'elle brûlait ce qu'elle avait adoré. Malgré toute sa bravitude, elle ne dut son salut qu'à la division de ses adversaires, division qui permit à son repli stratégique de ne pas tourner à la totale déroute.
Morale de la fable : pour aller plus loin que ses concurrents, il ne faut pas les prendre pour les idiots qu'ils sont, ni croire au miracle ... même à Reims.

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 14:41

Un ministre a un emploi du temps chargé. Ne gaspllez pas son temps.
  Fi des longues démonstrations, trouvons la formule-choc ; de préférence une citation (pour un ministre de l'éducation, c'est plus indiqué.)
Alors nous nous référerons à Abraham Lincoln (un lointain prédécesseur d'une grande vedette nommée Obama).
A  Xavier Darcos, le cher Abraham aurait déclaré : "Vous trouvez que l'instruction coûte cher ? Essayez donc l'ignorance."
Pour brêve qu'elle soit, la formule est une prolifique génitrice de conclusions.


              

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 11:45

Xavier Darcos veut "repérer les leaders d'opinion"

Le ministère de l'Education nationale entend surveiller étroitement les blogs et les forums de discussion sur internet auxquels participent les enseignants français, au grand dam de syndicalistes du secteur. 

  LE MINISTÈRE DE L'EDUCATION NATIONALE VEUT SURVEILLER DAVANTAGE LES BLOGS DES ENSEIGNANTS 


Le ministère vient de lancer un appel d'offre ayant pour objet "la veille d'opinion" et son cahier des charges, paru au Journal officiel du 4 novembre dernier, est très précis.

Il prévoit que le prestataire retenu devra "identifier les thèmes stratégiques (...), décrypter les sources des débats et leur mode de propagation (...), repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau".

Jean-Marc Vinauger, du syndicat Sud-Education du Loiret, s'est insurgé contre la création de cet outil qui, selon lui, démontre que le gouvernement veut contrôler les opinions contestataires, des mouvements de grève ayant accueilli sa volonté de supprimer 13.500 suppressions de postes en 2009. A la rentrée 2008, 11.200 postes ont déjà été supprimés.

"Le ministre, qui affirme dans la presse que les enseignants adhèrent largement à ses réformes, est si sûr de lui qu'il lance un appel d'offre à des officines privées pour la modique somme de 220.000 euros par an afin de détecter les foyers d'agitation", déclare Jean-Marc Vinauger.

Au cabinet de Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, on dément ces accusations tout en reconnaissant une attention particulière portée à l'opinion des agents.

"Il s'agit d'un appel d'offre renouvelé chaque année depuis 2006", précise-t-on à la délégation communication du ministère.

"Ce qui est nouveau, c'est la place occupée aujourd'hui par les forums et les blogs sur internet. Il est très intéressant pour un ministre de connaître l'opinion de ses agents et en premier lieu des enseignants", explique-t-on au ministère.

"Il n'est pas question d'un esprit de fichage, mais d'une connaissance plus fine de la façon dont les enseignants perçoivent la politique de leur ministre."


Voilà, un de nos derniers espaces de liberté est "fliqué". ..

Peut-être XD en a-t'il assez de l'éducation ... ? Il ambitionnerait le ministère de l'intérieur que cela n'aurait rien d'étonnant. Pour un fils de Juste, ce n'est pas joli - joli.

Blague à part, s'en prendre aux libertés publiques quand on est ministre de l'éducation, c'est littéralement suicidaire.

Il faut être bien naïf ou sous influence pour croire à la réussite d'un projet aussi explosif.

Plus sérieusement, selon toute probabilité, c'est un coup tactique de plus.
On fait courir le bruit d'une énormité ; hurlements, protestations, manifs ; le projet honni est abandonné ; à sa place, un plus petit est lancé ; les gens sont contents, ils ont échappé à la catastrophe. Ils oublient qu'en douceur, ils viennent de se faire ...(Allez, je vous laisse le choix du terme aproprié.)

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