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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 09:58
    Il y eut les aristocrates, puis les ploutocrates, les bureaucrates, les technocrates...
    Voici venir le temps des nullocrates.

Au nom de l'efficacité, il faudrait spécialiser les individus.
Ceux qui en sont persuadés feraient bien de réviser leur cours d'économie au chapitre de la division du travail. Un bref dépoussiérage, une remise en ordre des notions oubliées, leur rendra la conviction que, plus une tâche est parcellisée, plus elle abrutit son auteur, plus elle facilite son exploitation. Les allergiques à l'écrit peuvent revoir "Les Temps Modernes" de Charlie Chaplin. Ils en tireront la même conclusion :  confiner l'individu à des automatismes tue l'initiative et le raisonnement.
Plus les connaissances sont étendues et variées, plus le travailleur est libre et mieux il réussit dans sa tâche.

On avait cru la tentation tayloriste éliminée, jetée aux poubelles du mouvement ouvrier. Hélas, chaque jour nous apporte des exemples contraires. Non seulement elle n'est pas morte mais elle a contaminé toutes les professions jusqu'au sommet. Il faut apprendre utile, l'utilité étant comprise de la manière la plus étroite, réduite à des savoirs techniciens. On fait semblant de ne pas voir les lacunes béantes et les contradictions du système.

Si l'on prenait au mot les tenants de la spécialisation, on formerait des techniciens sans perdre de temps. La scolarité réduite à l'apprentissage d'un métier serait l'ambition suprême de beaucoup.
L'ennui, c'est que ça ne fonctionne pas.
Alors, on essaie de contourner l'obstacle.
La majorité des élèves voit augmenter la durée de ses études, pas la qualité de leurs débouchés ; ils seront précaires diplômés. C'est tellement prévisible qu'on leur en demande de moins en moins ; pour des exécutants, le niveau suffira.

Et les autres, les futures élites professionnelles et politiques ? On trie, on sélectionne sans le dire.
Les fonctions auxquelles ils seront appelés exigent une formation de haut niveau ; il est important que l'étudiant soit intelligent et qu'il ait acquis très tôt le goût et l'habitude du travail ardu.
 En conséquence, les Grandes Écoles et toutes les formations prestigieuses basent leur recrutement sur les disciplines réputées difficiles. La voie royale est toujours celle des mathématiques. L'élève qui a été capable, après un bac S, de digérer les classes préparatoires sans être découragé et d'obtenir un bon classement au concours de sortie peut espérer  commencer une carrière brillante.
C'est un moyen d'éliminer mais est-ce le bon choix ?
Qui peut m'expliquer par quel moyen les mathématiques dures peuvent faire une bonne médecine, des  fonctionnaires intègres et un bon gouvernement ?
Naguère, les politiques et la haute fonction publique venaient de Normale Sup - Lettres. Ils n'étaient pas moins bons que leurs homologues d'aujourd'hui, même dans les ministères dits "techniques" (Edgar Faure, homme du livre, a fait un ministre de l'agriculture plus efficace que certains syndicalistes  - lobbyistes de l'industrie agro-alimentaire).
Une fois pour toutes, c'est décidé : il est prévu de supprimer toute perte de temps, les futures élites de la nation seront matheuses à l'exclusion de toute autre inclination.
Pour ceux qui douteraient du grand nettoyage, les cours d'histoire en terminale, vont devenir optionnels, autant dire que, confrontés à la répartition des  horaires et des locaux, ils vont disparaître. C'est le sort de toutes les options au lycée, on commence pour un an ou deux puis on abandonne.

Ils ne vont pas s'arranger, les matheux.
Quand on sait qu'une bonne partie va faire l'ENA puis entrer dans un gouvernement, on a peur.
"En oubliant le passé, on se condamne à le revivre ..."
Il sera beau l'avenir dirigé par des amnésiques.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 00:54
   Non, ce n'est pas la dernière trouvaille d'un distributeur arnaqueur.
C'est le prix d'un ticket-restaurant, autant dire : rien.
Pour le prix de ce rien, Action contre la Faim nourrira un enfant pendant un mois.

On nous abrutit de sidaction et de téléthon, on nous étourdit avec des chiffres qui ne veulent plus rien dire dans leur énormité (qui est capable de se figurer concrètement un million d'euros en plus ou en moins ?), et puis, c'est le choc de la  vérité brutale : pour le prix d'un seul repas ou, pire, d'un paquet de clopes,  il est possible de faire manger et donc vivre un affamé pendant tout un mois.

Je vous entends protester et je partage votre mauvaise humeur : on culpabilise les individus, les petits, et on oublie les vrais coupables. 20% de l'humanité consomme 80% des ressources ; le vrai scandale est là.
Il ne cédera pas à la bienfaisance. Il faut le combattre avec tous les outils de l'économie politique.
La lutte sera juste mais longue, difficile.
Dans notre position de combattants bien nourris, nous sommes prêts à y mettre le temps qu'il faudra.

Les petits qui meurent de faim, contrairement à nos brillants stratèges, n'ont pas le temps ; toutes les six secondes, il en meurt un.

Je ne vous apprends rien. Vos lendemains qui chantent sont aussi les miens mais il y a la vie, la mort, la souffrance qui ne repasseront pas les plats aux victimes oubliées.

Alors, rassemblons des forces pour combattre et faire gagner la justice, soyons les citoyens responsables du grand village planétaire mais les morts de la famine manqueront à tous et à nos luttes.
Cessons de croire que l'humanitaire est l'affaire des dames patronesses et des clubs-service.
  
      Donnons des sous, du travail, de la vie.

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 10:15
        Les Européens sont à présent équipés d'un président bien gentil mais incolore ... C'est mal parti pour un grand dessein fédéraliste.
        Pour se consoler ( est-ce bien une consolation ?) d'autres présidences restent à pourvoir, particulièrement celle de l'Autorité Palestinienne puisque Mahmoud Abbas a opportunément décidé de jeter l'éponge.
        Beaucoup ont imaginé que, pour établir la paix entre Israéliens et Palestiniens, il fallait se parler et qu'on parlerait plus facilement avec un "modéré" qu'avec un dur. Grave erreur, l'histoire de tous les pays démontre, s'il en était besoin, que les plus grandes avancées ont été le fait des coriaces ; les chefs de guerre connaissent le prix de la paix.

Israël a besoin de sécurité. Après plus d'un demi-siècle, son existence est toujours contestée par les antisémites du monde entier, ravis de souffler sur les braises de l'incendie palestinien.
Dans un état démocratique comme Israël, l'électeur n'est pas à l'abri de la peur, il accorde sa confiance aux chefs qui semblent capables de décider plutôt que subir. C'était la force de Sharon ; il a obtenu l'évacuation du Goush Katif parce qu'on le croyait capable de protéger les citoyens en cas d'agression. "Nul ne peut tirer gloire de sa bonté s'il n'a pas la force d'être méchant" dit un vieil adage. La disparition de Sharon a mis à la tête du pays des faux durs ; plus leur discours est intransigeant et moins ils trouvent de solutions. S'il existe une vie après la mort, les héros du sionisme triomphant, de Ben Gourion à Golda Meir, doivent se retourner dans leur tombe à voir l'incurie de leurs successeurs ...

     En face, la situation est encore moins réjouissante.
Que peuvent-ils attendre du Hamas ?
Pas grand-chose de bon et surtout pas la paix.
Hors de l'aventure islamo-fasciste, il reste les héritiers d'Arafat, spécialistes en corruption, confondant diplomatie et petits arrangements. Ils ne sont pris au sérieux ni chez eux, ni à l'étranger, alors que leur subsistance dépend totalement des donateurs internationaux.
Alors, quel avenir ?   
    Les arabes de Palestine ont besoin de vivre en paix chez eux. Depuis un demi-siècle, on se dit que les problèmes se résoudront avec la création d'un état palestinien (quel que soit le nom qu'on lui donne. La sémantique n'est pas une priorité). La confiance en une direction fiable, solide, pour le lancement d'un véritable état, c'est précisément ce qu'il leur manque.
Dans l'ambiance actuelle de profond découragement, une hypothèse trouve de plus en plus de crédibilité : élargir Marwan Barghouti !
     Oui, c'est moi, l'inconditionnelle d'Israël, qui envisage froidement de confier le destin d'un jeune état à un terroriste.
Barghouti purge en ce moment une collection de peines de prison à perpétuité pour des attentats. Ce n'est pas du sang qu'il a sur les mains, c'est carrément une chaîne de boucheries.

Bon, les hurlements sont terminés ?... Reprenons.

Amos Oz a trouvé, un jour, l'expression qui convient aux relations israélo-palestiniennes : "Aidez-nous à divorcer".
Il arrive que d'anciens adversaires décident de reprendre la vie commune, ce fut le cas de l'Afrique du Sud après l'apartheid, mais, s'ils ne peuvent envisager l'avenir que dans la séparation, les obliger à vivre ensemble ne ferait que créer des souffrances inutiles, obliger les enfants à recevoir la vaisselle cassée dans les bagarres des adultes.
Un divorce, ce n'est jamais une partie de plaisir mais il se passe plutôt moins mal entre partenaires qui savent ce qu'ils veulent et sont décidés à conclure. Pour bien divorcer, se recréer de chaque côté un foyer supportable, il faut tirer un trait sur les vieilles haines recuites (ce qui ne veut pas dire oublier), aller de l'avant, faire du neuf, comme au temps de la création d'Israël, les pères fondateurs qui sont d'abord passés par la case-terrorisme.
Se parler entre états, c'est une vieille méthode qui s'appelle "diplomatie". Toutes les relations internationales sont fondées sur elle. Ce n'est pas un long fleuve tranquille mais, les relations économiques aidant, des ennemis d'hier peuvent devenir partenaires ; l'Europe d'aujourd'hui en est l'exemple flagrant.
Il faut traiter avec un état, un gouvernement, sur des questions clairement posées.
Même s'ils n'en parlent que difficilement (la crainte des réactions de leur opinion ?), les responsables politiques israéliens y pensent : le seul chef palestininien qui aurait l'étoffe et la crédibilité nécessaire est Marwan Barghouti.
La preuve ? Le véritable statut VIP dont il bénéficie dans sa prison.
Un détenu qui possède et utilise un téléphone portable et va jusqu'à donner de vraies conférences, c'est presque un cabinet fantôme ; tout ce qu'il reste de la prison, c'est qu'il ne peut pas sortir.
Alors, on attend le moment où tout ce beau monde jouera cartes sur table. Nous cesserons enfin de nous croire obligés de nous étriper au nom de causes qui seront réglées sans nous en réservant des surprises.

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 23:14
    ... Vous supposez que je parle d'Albert Camus et vous avez perdu.
Pour défendre le souvenir du cher Albert, il y a des gens plus importants que moi, à commencer par Sarko.
    Entre deux enfoncements de porte ouverte et un Nième projet de loi crétino-populiste, il trouverait même un instant pour emmener au glacial Panthéon les restes d'un méridional qui n'en demandait pas tant.
Ce n'est pas mon affaire.

     Non, je préfère rappeler le solaire, le lumineux Gérard Philipe ; sa mort en pleine jeunesse a gâché pour ses admiratrices la Ste Catherine de l'année 1959.
Il est bien oublié.
Seul Arte lui a consacré une soirée Thema en diffusant le film de René Clair : "Les grandes manoeuvres".
Ce n'est pas un film sans intérêt mais, puisqu'il faut réduire la carrière de Gérard Philipe à la portion congrue, se contenter d'un seul titre, on aurait pu revoir le magnifique "Cid" ou le lunaire "Prince de Hombourg" du festival d'Avignon. Ces pièces de théâtre ont été filmées.
     Arte, la chaîne culturelle, diffuse chaque année un choix des spectacles montrés dans la Cour des Papes ; elle ne disposerait pas dans ses archives des spectacles fondateurs du festival d'Avignon ?
S'agit-il du choix délibéré de ringardiser les classiques au profit de l'éphémère et de l'abscons ?
Être un grand acteur quand on est beau, dire les vers sans affectation ni singeries, c'est trop quelconque ?
Poser de telles questions me classera d'office au nombre des réactionnaires, à moins de passer pour une midinette ?
Tant pis, j'assume.

     Une pièce de théâtre doit être jouée.
  Si les adeptes de la mode tiennent absolument à célébrer Albert Camus, qu'on nous diffuse son "Caligula"... interprété par Gérard Philipe.
   Étonnant que personne ne semble y  avoir songé.

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 10:52
Le récit de notre amie Marie-Pierre, expatriée dans le Nord de l'Angleterre.
Elle a entrepris avec son ami anglais de faire vivre une auberge de jeunesse écolo.
Voilà que son petit paradis est cerné par le déluge.
Son message :

Bonjour,
Vous n'avez peut-être pas, depuis la France, entendu parler des terribles inondations qui viennent de s'abattre sur le comté de Cumbria ou je vis.
Skiddaw House étant en hauteur (470 mètres... tout de même...) n'est pas directement concernée, mais nous risquons d'avoir quelques surprises la prochaine fois que nous descendons en ville vu que certaines routes sont inondées. Cockermouth est notre point de prédilection pour le shopping, mais comme vous le constaterez en lisant les articles, c'est compromis pour quelques temps. Keswick est partiellement inondée aussi. Le pont sur la rivière Greta, qui est l'entrée principale de la ville, bouge méchamment, le supermarché Booths était fermé aujourd'hui, mais la bibliothèque était fidèle au poste, j'ai téléphoné cet apres-midi pour renouveler mes livres et l'électricité fonctionnait, donc les ordinateurs aussi...
L'auberge de jeunesse de Cockermouth est hors d'usage pour plusieurs semaines. située dans un ancien moulin au bord de la rivière, alors vous imaginez... celle de Keswick est toujours ouverte, celle d'Ambleside est fermée.
La meilleure nouvelle dans tout ça c'est que le complexe nucléaire de Sellafield à 30 km à vol d'oiseau de Skiddaw House ne semble pas avoir été touché du tout (en tous cas les bulletins d'informations que j'ai entendus sur Radio Cumbria et la radio nationale ne disent rien). Les réacteurs de Sellafield ont cessé de produire de l'electricité depuis plusieurs années, mais le site concentre tout un tas de saloperies à retraiter, comme la Hague en Normandie. Alors vous imaginez si tous ces jolis futs étaient inondés pour ensuite répandre leur riche jus dans les champs environnants et dans la mer d'Irlande... ce qui a failli se produire à la centrale nucléaire de Blaye en Gironde, lors des tempêtes de Noel 1999.

Voici 2 dépêches choisies au hasard (je n'ai pas réussi à capter les liens, donc j'ai copié-collé les articles en entier):

AFP, Mise a jour: 20/11/2009 20:05 Inondations en Grande-Bretagne: 200 évacués, le corps d'un policier retrouvé
Un policier britannique a trouvé la mort vendredi lors d'importantes inondations dans la région des Lacs (nord-ouest de l'Angleterre), a annoncé la police alors que plus de 200 habitants ont dû être évacués par hélicoptère.

Le corps a été retrouvé près de Workington, dans le comté très touché de Cumbria (nord-ouest de l'Angleterre). Le policier avait disparu jeudi lors de l'effondrement d'un pont emporté par les flots tumultueux de la rivière Derwent, gonflée par les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région ces derniers jours. Quatre ponts de la région se sont effondrés.

"C'est avec tristesse que je dois annoncer que nous avons retrouvé un corps sur la plage", a annoncé l'inspecteur de la police du Cumbria Jerry Graham. La victime est un policier de 45 ans, Bill Barker, a-t-il précisé.

L'armée a été appelée en renfort dans la région très touristique du "Lake District", où plusieurs dizaines de personnes ont fui leur domicile vers des abris d'urgence. Les principales routes y ont été coupées et 21 écoles fermées, selon des responsables des secours.

Dans ce comté, les pompiers et l'armée de l'air britannique (RAF) ont procédé vendredi matin à l'évacuation par hélicoptère d'environ 200 habitants de Cockermouth, a indiqué un porte-parole de la police de Cumbria.

Environ 1.200 logements de la ville ont été privés d'électricité pendant la nuit, mais en fin de matinée le courant était revenu dans un peu plus de la moitié de ces habitations. La montée des eaux a dépassé les 2,5 m à Cockermouth.

Le ministre de l'Environnement Hilary Benn, qui s'est rendu à Cockermouth, a qualifié la situation de "très grave".

Le député de Workington, Tony Cunningham, a pour sa part estimé que les inondations avaient pris des "proportions bibliques", telles qu'on n'en voit que "tous les 1.000 ans".

"La force de la rivière était absolument incroyable, c'est un pont en pierre, c'est incroyable qu'un pont de cette taille puisse être emporté", a-t-il commenté sur la chaîne Sky News.

John Carlin, propriétaire d'un hôtel dans le centre-ville de Cockermouth, a indiqué que la quantité d'eau qui s'était abattue sur la ville était "ahurissante". "Je vis ici depuis 15 ans et je n'ai jamais vu quoi que ce soit de semblable", a-t-il déclaré.

"A 14H00 (jeudi, même heure GMT), il pleuvait fort mais il n'y avait rien; maintenant il y a 1,20 m d'eau devant ma porte d'entrée", a-t-il raconté.

"Le centre-ville est totalement inondé, les seules personnes qui s'y trouvent en ce moment sont les services de secours. Les pompiers ont de l'eau au-dessus de la taille", a-t-il ajouté.

Des inondations ont aussi été constatées dans l'ouest de l'Ecosse et le nord-ouest du Pays de Galles, où de nombreuses routes ont dû être fermées et où le transport ferroviaire était perturbé.

En Irlande, l'armée a également dû être appelée pour aider à évacuer des personnes bloquées par les inondations, en particulier dans les comtés de Cork Clare, Tipperary et Galway (sud-ouest).

  Personne n'a le pouvoir d'empêcher la pluie de tomber mais il serait trop triste qu'une expérience aussi enthousiasmante soit condamnée à dépérir suite à l'abandon de ses visiteurs. 



 

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 09:55
   Tous les archéologues vous le diront : c'est avec les déchets d'une époque que nous en apprenons le plus et  nous jouons un mauvais tour aux futurs observateurs de notre siècle avec nos incinérateurs d'ordures ménagères.
En attendant, certaines démolitions occupent dans nos mémoires une place privilégiée.

    Pour les Français, la Révolution a pour symbole la prise et la destruction de la Bastille ; pour beaucoup d'Européens, la chute du mur de Berlin marque la fin de la guerre froide.
Ils ne sont pas loin d'y voir l'événement majeur de ces dernières décennies et, le 9 novembre, nous sommes priés d'en avaler jusqu'à plus soif.
    Curieusement, les Allemands, qui sont les premiers concernés, n'ont pas fait de ce jour une fête nationale, préférant célébrer la réunification des deux états.
     Il faut sans doute le mettre au compte de leur esprit positif.
Quand on veut aller de l'avant vers la construction d'un avenir commun, un acte de réunion est un geste plus fort que le défoulement d'une population excédée. Le mur était, de toute façon, condamné, même s'il est des jouets romantiques auxquels les peuples tiennent.
     9 novembre, malgré l'enthousiasme populaire, c'est aussi une date qu'on n'aime pas se rappeler en Allemagne ; les Berlinois auraient pu en choisir une autre pour monter à l'assaut du mur.
     9 novembre, c'est l'anniversaire de la Nuit de cristal, le grand pogrom qui marque le lancement de la destruction des juifs d'Europe, le début de l'entreprise cauchemardesque qui aboutira aux camps de l'Est et fera de l'Allemagne la grande Coupable du vingtième siècle.

      L'Allemagne a assumé, payé, s'est repentie, elle montre, en toutes circonstances, un remarquable esprit de responsabilité vis à vis de son passé. Mais le choix d'une fête... il faut que ce soit un jour de fierté et de joie.
Les Fançais auraient-ils fait de la St Barthélémy leur fête nationale ?
 
     Alors, à défaut de la plage, laissons le mur aux romantiques et souhaitons un bel avenir à une Allemagne repentie et rachetée des crimes du passé.

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 10:40
    et Claude Levi-Strauss l'avait bien compris.
Le public n'a été informé de son décès qu'après son enterrement.
Pour lui, raisonnablement, qu'est-ce que cela change ? Il n'est plus là pour en être incommodé.
Nous parlons de sa générosité, de sa dernière bonne action pour ses proches.
Dans leur mémoire, il aura laissé un souvenir heureux. Le grand homme ne les aura pas condamnés à supporter les discours aussi hypocrites que convenus des officiels guettant surtout la caméra.
Bien joué !
On se rappellera l'homme, le philosophe, les livres... pas le rhume attrapé dans un cimetière glacial ni l'odeur écoeurante des chrysantèmes pourris et le coup d'oeil subrepticement jeté à la montre.
C'est que la roborative cuisine bourguignonne et les sublimes vins du même terroir ont de quoi donner des impatiences...
Qu'à cela ne tienne ! Rien ne vous empêche d'aller à sa mémoire déguster les merveilles du voisinage. Il aurait apprécié, sans aucun doute.
Notre bien sincère tristesse ira vers ses chats.
 Il les aimait beaucoup.
N'en doutons pas, il aura souhaité que sa mort ne signe pas l'abandon ou le meurtre de ses amis félins.
Amitiés sincères à la bonne âme inconnue qui aura décidé de prendre soin des chats de l'écrivain disparu.

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 10:13
Référence gardée envers feu Simon Wiesenthal pour l'emprunt de sa formule,

 même la très pointilleuse justice allemande peut encore être surprise.
Un criminel de guerre en liberté se découvre à l'occasion du procès d'un autre bourreau.
Voilà l'information recopiée telle quelle dans Israël Infos toujours à l'affut de telles découvertes :


Un témoin "pire" que l'accusé
Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, l'un des témoins dans le procès, qui s'ouvre, de John Demjanjuk, 89 ans, accusé de participation au meurtre de 27.900 juifs pendant la Shoah, est lui-même impliqué dans "l'assassinat sauvage d'au moins 434.000 personnes", mais n'a fait l'objet d'aucune condamnation.

Il s'agit d'un ancien SS se faisant appeler "Samuel K.", âgé de 88 ans, qui était gardien du centre d'extermination nazi de Belzec en Pologne, et a fait l'objet de deux instructions judiciaires n'ayant pas abouti.

Selon le journal allemand, une troisième enquête contre Samuel K., qui a reconnu par le passé "qu'il était su de tous que les juifs sont exterminés dans le camp, et qu'on les y brûle", vient d'être ouverte par le parquet.



Si les faits, cette fois, sont avérés, un meurtrier de masse aura vécu tranquille plus de 65 ans.
Décidément, il vaut mieux être un ancien bourreau SS qu'un survivant aux prises avec la police du sexe .
Autre temps, autres moeurs !

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 16:39
 En 1976, des femmes étaient décidées à se battre pour la justice, plus précisément pour leur droit à la retraite.
Incroyable, et pourtant vrai, en France que certains aiment présenter comme un état-providence, il était possible de travailler dur toute sa vie sans obtenir le droit à une retraite.
Il ne s'agissait pas de travailleuses clandestines ; elles exerçaient leur activité en plein jour, elles étaient socialement reconnues et souvent appréciées mais elles n'avaient pas de ressources propres et, surtout, pas de retraite personnelle.
Cette situation scandaleuse était celle des épouses d'artisans.
La boulangère qui servait votre baguette dès sept heures, tous les matins, la charcutière qui lavait les plats et les couteaux, tard dans la soirée, après avoir baissé le rideau, elles ne pouvaient rien espérer à leurs vieux jours.
Bien que nécessaire au fonctionnement de l'affaire, leur travail n'existait pas. Le revenu de l'entreprise constituait une espèce de pot commun géré par le mari.
Tant que le ménage était uni, c'était supportable. Lorsque la mécanique se grippait, le ronron se changeait vite en grincements.
 Une foule d'incidents donnaient à réfléchir : de l'artisan, victime du démon de midi, filant à l'anglaise pour manger avec une jeunesse la retraite que sa femme l'avait aidé à constituer, au veuvage précoce qui laissait à l'épouse une pension de réversion d'inactive, les situations désolantes étaient nombreuses ; la pire étant, bien sûr, le cas de l'épouse travaillant dans l'entreprise que son mari tenait de ses parents. En cas de divorce, elle ne pouvait même pas compter sur sa part dans la vente de la boutique puisque cette dernière était un bien propre du mari.
L'injustice avait assez duré ! Des femmes énergiques et insoumises, sous la direction d'une pâtissière de Saint-Amand-les-Eaux, Thérèse Thurotte, mirent les pieds dans le plat et se réunirent en association, le GEANC (Groupement des Epouses d'Artisans du Nord, le C figurant les conjointes de commerçants ralliées par la suite). Leur objectif était, dans un premier temps, le droit à un statut, le droit de constituer et toucher une  retraite personnelle.
Leurs revendications paraissent le b-a-ba de la justice, pourtant il fallut des années de lutte pour faire céder le machisme. Une première victoire fut remportée en 1983 ; enfin, le statut de conjoint collaborateur (trice) était créé et la femme pouvait cotiser à une retraite personnelle. Ce n'était qu'une victoire partielle : une possibilité, pas une obligation.
Il fallut encore une vingtaine d'années pour que le statut de conjoint(e) collaborateur(trice) devienne la situation par défaut de tous les couples d'artisans qui n'auraient pas opté pour une autre démarche (conjoint associé ou conjoint salarié). En tout, il aura fallu une trentaine d'années pour voir aboutir le combat de Thérèse et ses amies.
Après de nombreuses militantes du GEANC, disparues au long de ces trente années, Thérèse est morte en 2009.
C'est triste mais on est en partie consolé de savoir qu'elle a connu sa victoire avant de nous quitter.
Dans  sa petite boutique, au fond, c'était une grande dame.

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 13:22
     Trop confiante en la neutralité sincère des animateurs de communautés, j'ai voulu éclairer de mes petites notions d'ancien professeur de nutrition (qu'on appelait naguère "hygiène alimentaire") les interrogations d'un lecteur à propos du yaourt.
 C'était uniquement pour rendre service, ma vie n'en dépend pas ... et mon intervention dont l'envoi a été effectué à plusieurs reprises, à des heures différentes, est toujours revenue en "brouillon" comme un mail dont on refuse l'accès.
Libre à ceux qui le croient de parler de ma paranoïa, j'ai fini par croire qu'on refuse surtout d'admettre des raisonnements "classiques", sortant des croyances à la mode.
Un débat, malgré tout, aurait pu rendre service. Alors, tant pis, je passe ma réponse par le circuit du blog. Peut-être son destinataire primitif aura-t'il la bonne idée de s'y connecter.
Il s'agissait d'un malade en risque de dénutrition qui se demandait pourquoi on lui conseillait de manger des yaourts. J'ai donc tenté de lui expliquer le bénéfice à attendre de cet aliment et ...
m... aux gourous de l'alimentation végétarienne sans viande ni lait.
 Ils n'auront pas ma peau !

Voilà donc le texte du mail incriminé :


Même  un adulte a besoin de consommer des protéines, les matériaux de construction de l'organisme, pour entretenir ses tissus.
 Lorsque j'enseignais la nutrition, j'avais l'habitude de comparer notre corps à une maison : pour construire et réparer la maison, il faut
- des matériaux : les protéines et les minéraux,
- de l'énergie ( le travail du maçon): les glucides,
le tout assorti de quelques guides et outils : les vitamines.
S'il manque un des éléments, le chantier est en panne.
L'être humain fut, à l'origine, un carnivore ; il est devenu omnivore  (comme les ours et les cochons) à la suite d'une évolution qui serait trop longue à raconter ici, mais il est toujours incapable de transformer parfaitement le végétal en animal. L'homme n'est pas un herbivore. Manger végétalien, c'est à dire sans viande, ni oeufs, ni lait, est dangereux même pour un adulte, à moins de posséder la connaissance approfondie des graines et des légumineuses, de disposer d'un grand choix de ces mêmes végétaux et de les préparer soi-même... c'est pas gagné ! 
Résultat : on peut ne pas manger de viande, pour toutes sortes de raisons philosophiques et autres, mais il faut garder dans son alimentation des oeufs ou du lait ; ils apportent les mêmes protéines animales sous une forme plus assimilable. Normalement, le yaourt est le meilleur des produits laitiers à cause des ferments qu'il contient. Les ferments lactiques effectuent une sorte de pré-digestion du lait, le rendant beaucoup plus assimilable. Le fameux lactose, responsable de nombreuses intolérances et allergies, n'est adapté qu'aux nourrissons ; fermenté, il devient inoffensif. Autre avantage, ces ferments sont des micro-organismes bénéfiques, ils détruisent les microbes pathogènes qui pourraient s'introduire dans le lait.
Evidemment, tous ces avantages sont dans le vrai yaourt, pas dans les nombreux desserts lactés qui constituent aujourd'hui l'essentiel du rayon "yaourts" des supermarchés. Dès qu'il est écrit le mot YAOURT sur le pot, tu peux le consommer ; l'erreur est impossible, c'est une mention interdite sur les autres produits.

  Je suis toujours effrayée par le refus d'apprendre lorsqu'il n'est pas justifié par la difficulté ou la complexité mais qu'il est seulement le résultat d'une muraille d'ignorance entretenue par les préjugés.

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