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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 15:09

 

     A l'origine, l'homme se nourrissait de ce qu'il trouvait : des plantes sauvages, des insectes et ... des charognes (ne soyons pas dégoûtés, ça ne court plus, c'est facile à attraper.)
 Un loup est plus intelligent qu'un mouton, les nourritures carnées ont favorisé le développement du cerveau humain ;  l'homme devient créatif. Il invente des outils et des armes qui lui permettent d'améliorer encore son alimentation. De charognard, il devient chasseur puis il maîtrise le feu et devient cuisinier.
La traque du gibier occupe les  mâles pendant que les femelles, ralenties par les marmots, continuent à ramasser baies et champignons pour assaisonner et compléter la viande. Le voilà bien parti, promis à un bel avenir, comme dit l'expression consacrée.
      Mieux nourrie, la population augmente ; elle rencontre le grand problème des chasseurs-cueilleurs : l'espace. Plus il y a de monde à faire manger, plus le territoire de chasse doit s'étendre, mais un chasseur qui n'a que  deux pieds pour se déplacer trouve rapidement ses limites.
  Toujours inventif et contraint par la nécessité, il expérimente des solutions qui aboutiront à l'agriculture et l'élevage.
Le sol, le climat et la quantité de bouches à nourrir déterminent le choix des espèces domestiquées.
 Une population nombreuse sur une bonne terre cultive et améliore les céréales et d'autres plantes comestibles.
On n'emporte pas un champ ; en attendant sa récolte, le cultivateur ne suit plus le gibier, il devient sédentaire. Il pratique l'élevage mais préfère les animaux faciles à garder captifs. Ils fournissent la viande, le cuir et, très vite, le lait.
 En revanche, les contrées arides, froides ou brûlantes se prêtent mal à la culture. Des populations clairsemées s'y consacrent à un élevage extensif, se déplaçant au gré de l'épuisement des pâturages, impératif de mobilité qui fait du nomade un dresseur de chevaux.
 Si les deux modèles ne se rencontraient pas, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais c'est le propre des nomades de se déplacer ; ils entrent en contact avec des agriculteurs sédentaires et c'est le conflit.
    Dans tous les régimes de propriété, collective ou personnelle, l'agriculture suppose le respect des plantations. Au Moyen-âge, posséder ne signifiait pas, comme aujourd'hui, le droit d'user et abuser sans restriction ; plusieurs usagers pouvaient détenir sur une même terre des droits différents. On se rappelle les fameux "droits communaux" qui permettaient à tous les habitants d'un village de faire paître leurs animaux sur tous les champs, une fois les récoltes ramassées, mais le travail du laboureur devait être respecté, pas question de toucher aux cultures non récoltées, la survie alimentaire du groupe était en jeu. Le paysan était, c'est logique, fort attaché au respect de ses plantations ; ce fut même un des griefs les plus reprochés aux chasses de la noblesse d'Ancien régime.

Alors, les nomades qui se servent, eux et leurs bêtes, en traversant le pays, laissent forcément un souvenir désastreux. Le Viking était bon marin et administrateur, on a fait du commerce avec lui, mais on l'a oublié ; ne reste que le souvenir du bétail emporté et des récoltes dévastées.
  Par chance, les invasions ne sont que des épisodes, il y a des temps de paix ; mais le sédentaire reste méfiant à l'égard du nomade. Le rôle du vandale dont il faut se garder échoit à ceux qu'il est convenu d'appeler les "Gens du voyage".
Ils ont reçu les vieilles terreurs en héritage et ne semblent pas faire beaucoup d'efforts pour changer de réputation. On ne les traite plus de voleurs de poules ou de jeteuses de sorts (quoique...) mais on ne peut éviter certaines remarques : les aires que le législateur a prévues pour eux sont régulièrement saccagées aux frais du contribuable, ils trimballent avec eux tout le confort moderne mais ils volent l'électricité dont ces appareils ont besoin. Ceux qui ont le plus de mal à supporter leurs multiples incivilités sont les plus pauvres des sédentaires.
Le chaudron bouillonne ; la moindre altercation dégénère en émeute.
C'est probablement ce vieil affrontement qui explique pourquoi il s'est trouvé si peu de sauveteurs pour les tsiganes exterminés par les nazis.
Il s'est trouvé des "justes" pour sauver des juifs, pas assez, mais ils ont existé. Pour venir au secours des tsiganes ...ils étaient poussière de rien, inexistants ou presque. L'abandon d'une population menacée de mort est absolument condamnable ; on ne doit jamais le justifier.

Comprendre n'est pas accepter mais il faut expliquer pourquoi le pire est arrivé et risque de se reproduire.

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 22:31

Les Pays Bas viennent de se qualifier pour la finale du Mondial.

Qu'ils l'emportent ou finissent n°2, on entendra forcément parler néerlandais en Afrique du sud.

Il en est qui vont se croire de retour au bon vieux temps, celui des Afrikans, de l'Afrique blanche et protestante.

C'est une bonne blague de l'histoire !

Sauf que ... il en est qui auront peut-être du mal à en rire, les anciens de l'ANC aujourd'hui dominants.

Avoir dépensé tant de sous pour la Coupe du Monde et y retrouver les sons de l'apartheid,  pas franchement drôle ...mais si, voyons, c'est de l'humour noir !

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 16:17

L'actualité est souvent comme cela : on dirait qu'elle joue à tout bousculer.

Si vous êtes, de manière assidue ou occasionnelle, adepte de la VPC, vous l'avez forcément remarqué en visitant votre boîte aux lettres : les catalogues automne-hiver débarquent en avalanche. On veut bien admettre qu'ils ont tous peur d'être devancés par la concurrence, mais c'est fou ce qu'on a envie de rêver à des projets de doudoune-partie en pleine canicule !

Notez qu'ils seront suivis des messages câlins du Trésor Public, beaucoup moins drôles, à moins que vous puissiez espérer de sa part un chèque de trente millions d'euros ... Bon, ça n'arrive qu'à Liliane Bettencourt et ses copines qui ne sont pas du nombre de mes lectrices habituelles.

Enfin, avant de remiser toute cette littérature, j'y ai fait une brève incursion pour remarquer un heureux effet  de la crise : la cliente devenant de plus en plus difficile à tenter, même par des prix bas, on constate chez plusieurs vendeurs un véritable effort pour faire grimper le niveau des produits. Je me suis même attardée sur le catalogue d'Helline ( rassurez-vous, c'est tout à fait désintéressé de ma part, sans intention publicitaire), ils sont en passe de devenir un lieu de tentation et de perdition.

Bon, assez parlé chiffons, il y a aussi deux décès :

  • Un triste, celui de Laurent Terzieff. Comme l'affirme un dicton bien usagé, "Ce sont toujours les meilleurs qui partent", le festival d'Avignon se confond de plus en plus avec le désert des Tartares.

Tout ce que nous pouvons espérer, pour nous consoler (un peu), c'est que la télévision se décide à modifier ses programmes pour retransmettre quelques-uns de ses grands moments de spectacle.

  • Un autre qui pourrait susciter une sombre joie :

Le Palestinien Abou Daoud, "cerveau" de la sanglante prise d'otages de sportifs israéliens aux jeux Olympiques de Munich en 1972, est décédé.

C'est sûr qu'on ne le pleurera pas ... mais, trente huit ans après ... Que fait le Mossad ?

Le commando a été consciencieusement liquidé, l'un après l'autre ; le Mossad a prouvé son efficacité, sauf dans le cas du chef, Abou Daoud. Il est mort dans son lit, à Damas, comme nombre d'anciens nazis et autres criminels antisémites.

Faut-il y voir une preuve d'inaptitude du Mossad qui a pourtant réglé leur compte à d'autres nuisibles ?

Était-il gardé "en conserve" au cas où ?

En tout cas, la sauvegarde prolongée de ce sinistre personnage est forcément interprétée comme une victoire de la Syrie et, plus généralement, des dictatures arabes du Moyen-Orient.

Les ennemis de la démocratie et de la paix sont tranquilles chez eux, personne n'ose y toucher.

Quant-aux grandes démocraties, les pays riches qui ont les moyens de se faire entendre et obéir, elles n'ont que très mollement protesté, jusqu'à permettre à Daoud de vieillir et mourir tranquille à Damas.

Toujours l'esprit munichois... (c'est le cas de le dire !) Au nom d'une paix illusoire avec des gens sans honneur, on oublie les grands principes.

A la place d'un franco-israélien nommé Guilad Shalit, je me ferais du souci.

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 19:53

     De prétendus scandales peuplent l'actualité. 

Il y a les retraites ; l'heure est grave, certes, mais ni plus ni moins qu'il y a dix ans, pas très neuf.

Il y a des gens très chics grugeant une mémé à sous ; bien mal acquis ne profite jamais, du moins, c'est ce qu'on dit, alors il sera bien difficile de trouver une bonne âme qui la plaigne.

Il y a les bleus ; une bande de sales gamins trop riches. On se croirait dans un quartier difficile, sauf que leur grossièreté ridicule a l'indécence de puer le fric.

C'est au milieu de ces futilités qu'un art, le septième, nous éveille, à condition de le mériter et de savoir attendre.

C'était mercredi 23 à 22h25, sur Arte, forcément sous-titré (l'humanisme, ça se mérite), un film d'Ousmane Sembene : "Moolaadé"- qui veut dire "droit d'asile" au Burkina Faso, un film qui traite de l'excision.

    On nous a déjà, très doctement, décrit l'excision mais là où l'explication domine, elle n'est qu'un voile sur l'horreur et l'émotion.

On nous dit qu'il s'agit d'une vieille coutume africaine, monstrueuse et difficile à éradiquer. En général, on l'aborde du côté médical ou féministe mais toujours comme un sujet d'anthropologie ; la douleur reste à sa place : celle des autres.

Moolaadé est une fiction pleine d'émotion.

     Une femme, Collé, a été excisée comme toutes les autres mais, contrairement à ses voisines, elle ne considère pas la tradition comme une nécessité et refuse de faire subir le même sort aux plus jeunes.

Un groupe de quatre fillettes, terrifiées par les exciseuses, prend la fuite pour leur échapper. Collé déclare sa maison moolaadé et les met à l'abri chez elle  : personne ne peut s'emparer de ses protégées.

Les exciseuses font peur ; entièrement vêtues de rouge, elles se déplacent en troupe, guidées par une maîtresse qui porte un masque rituel effrayant. Les petites filles sont terrifiées, d'autant qu'elles savent ce qui les attend ; les conversations des femmes du villages sont pleines du récit des souffrances endurées et des fillettes tuées par le couteau d'une incapable.

Au début du film, Collé est seule à se révolter.

Les mères sont décidées, ou plutôt résignées, à faire "purifier" leurs filles dans le respect de la tradition.

Les hommes sont du côté des exciseuses, ils ont peur des sortilèges qui les menaceraient en cas de  transgression.

Ils ne reculent pas devant la mauvaise foi (comme si leur circoncision rituelle était comparable à la mutilation invalidante des filles excisées !) Ils se rendent compte que leur pouvoir est en péril s'ils ne maîtrisent plus le corps des femmes. Ils veulent que rien ne bouge, s'en prennent à ceux qui soutiennent le point de vue des femmes et ... aux postes de radio qu'ils accusent de répandre la subversion.

Un véritable front commun s'établit entre les hommes et les exciseuses. Au premier abord, ils ont l'air de remporter la victoire :

Tous les postes de radio sont confisqués, rassemblés sur la place et brûlés en un véritable autodafé.

Le vendeur de postes à bas prix (récupérés et recyclés) est dévalisé et assassiné.

Collé est flagellée, les hommes de sa famille la rouent de coups de fouet, en public.

Durant son supplice, les exciseuses en profitent pour s'emparer d'une de ses protégées et la "purifier". L'enfant meurt d'une hémorragie.

Les événements signent la défaite de Collé ... en apparence.

En réalité, l'espoir suit de très près le désespoir. Les femmes se disent que, décidément, trop c'est trop.

Elles soignent les coups de Collé, lui manifestent leur tendresse et, surtout, leur solidarité. L'une d'entre elles, qui vient d'être mère, lui apporte même son bébé, une fille, et la lui confie pour qu'elle soit protégée de l'excision.

Elles sont toutes, enfin, rassemblées ; ensemble elles sont plus fortes. Surtout, elles osent. Elles se retournent contre les exciseuses et arrachent leurs couteaux qu'elles jettent sur le brasier où flambent encore les débris des transistors sacrifiés.

   Moolaadé, c'est une belle fable à la gloire de la solidarité féminine, un film qui marque les consciences.

Pendant que, dans les pays du Nord, les féministes discutent à n'en plus finir de la féminisation des mots, les Africaines luttent contre la barbarie.

Où sont les ridicules ? La réponse n'est pas difficile à trouver.

Notre solidarité féminine doit s'exercer d'abord à l'égard des femmes du Sud.

Pour faire bénéficier un état d'un soutien économique ou technique, il faut commencer par s'assurer de la politique qu'il conduit à l'égard des femmes. Est-il décidé à éradiquer l'obscurantisme, l'oppression et  les mauvais traitements ?

Réservons nos dons aux ONG qui respectent clairement ce principe.

Refusons les compromissions qui se font sur le dos des femmes. Les bonnes manières ne sont que de mauvaises actions.

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 09:13

Il y a tant de souvenirs entre nous !

Il faut dire que je suis née à trois kilomètres de la frontière et je n'ai jamais regardé les Belges comme des étrangers. Ils représentaient pour une petite fille la douceur de vivre et les loisirs.

En France, c'était la vie de tous les jours, elle était encore dure dans les années cinquante. La Belgique, c'était les sorties du dimanche et une sensation d'abondance, de vie plus facile.

Il faut dire que les fonds du plan Marshall n'ont pas été utilisés de la même façon dans les deux pays. Pendant que la France les gaspillait bêtement dans les guerres coloniales, la Belgique entrait dans la société de consommation. On y trouvait de tout à des prix accessibles ; la tentation était forte pour les voisins, ils entraînaient avec vigueur leurs talents de contrebandiers (à l'époque, on disait "fraudeurs").

Car ce n'était pas encore l'Europe, la frontière était une vraie frontière avec poste de douane, déclarations et droits à payer. Mais en l'absence de tout obstacle naturel, c'était un sport régional et un jeu à la mode de faire passer les marchandises taxées sous le nez des douaniers. Il y avait même des magasins  prévus à cet usage ; je me rappelle une très prospère épicerie-café-tabac-bazar ... au beau milieu des champs, loin de tout village.

A priori, on se dit qu'une telle solitude est impropre au commerce ; on comprend mieux lorsqu'on précise que la frontière traversait la maison... Les gens du coin s'y rendaient en famille ; les hommes achetaient du tabac et des alcools, les mères, diverses denrées, surtout du café, et les enfants se ruaient sur le fameux chocolat belge (alors, meilleur qu'aujourd'hui, sans graisses végétales indéterminées). Ensuite, on repartait à pied, à travers champs. Il restait à éviter de croiser la "volante" mais, pour les amateurs, les gens du commun, c'était un frisson bon marché ; la douane mobile traquait surtout, après dénonciation, les gros bonnets du trafic. Ils n'étaient pas assez nombreux pour courir après un litre de Martini ou une plaque de chocolat.

Cette toute petite délinquance n'existe plus. Il reste le plaisir des dimanches.

Il existe une différence essentielle entre le Belge et le Français, elle saute aux yeux : le dimanche, le Français enfile un vieux pantalon et fait son jardin, le Belge s'habille et va boire une bière sur la  grand-place dont Bruxelles est l'archétype.

Contrairement à la France, la Belgique est vivante, le dimanche, et ses villes sont pleines de Français, des promeneurs qui découvrent, pour peu qu'ils soient un peu curieux, la réelle beauté de quelques chefs-d'oeuvre de l'art flamand.

Laissons les familles bruyantes s'entasser dans les parcs de loisirs qui leur vont si bien.

Il restera assez de monde pour animer les villes d'art que sont Bruges, Malines et Gand. Elles sont en pays flamand mais, pour ceux qui appréhenderaient le contact, on n'est pas long à deviner que, s'il n'aime pas beaucoup le Belge francophone, le Flamand belge est l'ami des Français. Dès qu'il a compris à votre accent ou à votre plaque de voiture, que votre français vient de l'autre côté de la frontière, il retrouve immédiatement l'usage d'une langue qu'il faisait mine d'ignorer.

Et puis, la mer du Nord ... Frileux s'abstenir ! On ne va pas s'y faire bronzer mais on y retrouve l'écho des chansons de Brel ...et le bonheur de fredonner :

"... c'est le vent du nord qui me fera capitaine d'un brise-larmes pour ceux que j'aime ..."

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 16:30

Mauvaise pièce, mal jouée par de mauvais comédiens :

... Une famille prospère, des maîtres de forges, ils ont château, argent et terres, des ouvriers et une bonne. Cette dernière a un fils doué et travailleur, il réussit dans les études puis dans les affaires.

Arrive une crise de l'acier, les anciens patrons sont ruinés. Le nouveau riche fait comme s'il ne les connaissait pas et construit un mur de séparation pour ne plus avoir à leur parler...

Pas grand-chose à tirer d'un scénario aussi bête ?

    C'est pourtant la réalité chez nos voisins belges, aujourd'hui.

Les électeurs flamands ont élu des séparatistes qui ne veulent plus entendre parler de la Wallonie.

    Pourquoi  cherchent-ils la rupture ?

La question linguistique n'est qu'un prétexte à l'usage des pudiques et des complexés qui n'osent pas avouer la vérité toute crue : ils ne veulent plus partager.

A les entendre, le sud de la Belgique ne serait qu'un ramassis de traine-misère et de fainéants. En revanche, la Flandre serait peuplée de gens travailleurs, modernes et riches qui en auraient assez de boucher les trous creusés par l'incurie de leurs voisins. C'est une forme d'égoïsme collectif qu'on rencontre aussi chez les tenants de la Ligue du Nord, en Italie.

     Il est vraisemblable qu'en Belgique comme en Italie, le pays n'éclatera pas comme une vulgaire Yougoslavie. Leur appartenance à l'UE leur interdit ce genre d'aventure mais les liens vont se distendre et, justement, la solution ne serait-elle pas européenne ?

Une Europe fédérale permettrait un remodelage en douceur des frontières.

Même ceux que le fédéralisme effraie constatent que nos régions actuelles sont trop riquiqui pour être efficaces.  Il faudra bien expérimenter des régions transfrontalières ; elles répareraient en douceur les dégâts de tracés issus des guerres du passé. La carte de l'Europe ne peut rester indéfiniment marquée par des limites qui n'ont plus de sens à l'heure des frontières ouvertes. On se prend à rêver d'une Catalogne et d'un Pays Basque sans frontière pour les couper en deux.

La Belgique est née au milieu du XIXème siècle pour résoudre quelques problèmes diplomatiques entre les puissances du moment. L'Angleterre ne pouvait supporter la perspective de voir toute la côte d'en face entre les mains d'un seul et même concurrent. Clairement, il fallait que le port d'Anvers, face à Londres et à l'estuaire de la Tamise, ne soit ni français ni hollandais. Pour qu'à ce bout de côte soit rattaché un bout d'arrière pays, le même raisonnement a créé la Wallonie : la France a toujours rêvé de s'étendre jusqu'à la rive gauche du Rhin, un pays-tampon entre elle et l'Allemagne avait quelque-chose de rassurant.

Comment s'attendre à ce qu'un bricolage aussi hétéroclite fasse preuve d'une grande solidité ?

Étonnamment, même les deux guerres mondiales ne les ont pas séparés. En dépi des errances de tous les partis, Albert 1er, le roi soldat, est toujours un héros pour Wallons et Flamands.

Ils sont régulièrement séduits par des tentations centrifuges, comme un vieux couple qui se chamaille sans arrêt, s'injurie et menace de divorcer, mais ils vieilliront ensemble.

Peut-être qu'une Europe plus dynamique et optimiste que celle d'aujourd'hui pourrait  leur tenir lieu de conseillère conjugale.

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 21:34

   ... Retour à l'épisode précédent, Henri IV est assassiné par un fou de Dieu répondant au doux nom de Ravaillac. C'était un attentat terroriste. L'homme a tué seul mais le roi avait beaucoup d'ennemis.

Les catholiques avaient du mal à croire en la sincérité de sa conversion.

Pour de nombreux protestants, c'était un traître.

Une foule de questions restaient pendantes, dont la plus angoissante : le meurtre du roi ne va-t'il pas remettre le feu aux guerres de religion à peine refroidies ?

Je perçois chez mes lecteurs comme un haussement d'épaules agacé ... Comme s'il n'y avait pas suffisamment de problèmes contemporains à traiter !

Les guerres de religions ... nous avons d'autres chats à fouetter (pauvres bêtes !) Pas sûr, néanmoins, que le sujet nous soit devenu si lointain, si étranger.

Le grand mérite du roi qui venait d'être assassiné était justement d'y avoir trouvé une solution : promulguer l'Edit de Nantes pour offrir aux protestants, non la tolérance, elle n'était pas encore à la mode, mais quelques places de sûreté.

Pour une fois, les pessimistes en furent pour leurs frais ; le roi mort, les guerres de religion n'ont pas repris.

Le dix-septième siècle vit l'Allemagne saccagée, dépeuplée par elles (la guerre de trente ans : une ambiance à la Dreyer) mais la France semblait guérie de cette maladie.

Ceux qui n'y croient pas mettent en avant un argument imparable : l'Edit de Nantes a été révoqué par le petit-fils d'Henri, Louis XIV, qui a livré à la soldatesque et ses exactions les territoires où les protestants étaient nombreux. Le résultat a été leur départ vers l'étranger, la Suisse, les Pays Bas ..., une catastrophe qui a durablement ruiné quelques métiers urbains. Il ne s'agissait plus d'une guerre civile mais de l'application d'une politique décidée au plus haut.  

En réalité, les contemporains n'ont pas saisi immédiatement toute l'importance d'un changement qui s'affirmait sous le règne d'Henri : l'extension du domaine de l'Etat.

Les guerres de religions avaient été des guerres civiles, des poussées d'anarchie qui ruinaient et dévastaient le pays. Tous étaient perdants, surtout (comme d'habitude) les plus vulnérables. Le premier travail, pour Henri et ses successeurs fut la mise en place d'une administration royale indépendante des chefferies locales et de leurs conflits.

Pourquoi se rappelle-t'on la poule au pot et pas le travail des intendants ? Encore une preuve qu'en politique le sérieux paie moins que l'esbroufe. Pour ne rien arranger, le sens commun et moderne du mot donne une idée assez fausse de l'"intendant de justice, police et finances" ; on l'imagine comme un régisseur doublé d'un trésorier. En réalité, il avait la fonction d'un préfet de la république.

La dynastie des Bourbons, comme celles qui l'ont précédée, poursuivait une idée fixe : neutraliser les féodalités locales. Les rois gardaient en mémoire les nombreuses humiliations infligées à leurs ancêtres par une puissante noblesse arc-boutée sur ses prérogatives. Désormais, les grands seigneurs et modestes hobereaux étaient priés de se limiter à l'administration de leur domaine, à moins de choisir la voie des courtisans : plier l'échine devant le roi en échange de quelques cadeaux. Le véritable gouvernement des provinces rebaptisées généralités, revenait aux intendants, créatures du roi.

Souvent issus de régions éloignées, ils devaient leur carrière au roi, se montraient assez peu réceptifs aux influences locales et appliquaient sans états d'âme la politique du monarque.

A l'origine de l'administration moderne et de la très française Centralisation, le corps des intendants était promis à un brillant avenir. La Révolution aurait pu changer le mode de gouvernement si le parti girondin, décentralisateur, l'avait emporté. Ce sont les Jacobins qui ont fait prévaloir leur conception de l'Etat, les intendants sont devenus préfets, les principes de l'administration n'ont pas changé.

Ils en feraient une drôle de tête, les rois, d'apprendre qu'ils étaient de bons jacobins !

Le pouvoir central s'est mis à légiférer sur tout et tout le monde. Le principe d'égalité a tout de suite été traduit par uniformité, les exceptions pourchassées comme des hérésies.

Même la conscience devient l'objet de constructions juridiques. Voilà comment  la très républicaine loi de séparation des églises et de l'Etat n'est qu'un prolongement de l'Edit de Nantes.

Après avoir démoli la monarchie, notre bonne vieille République est devenue son exécutrice testamentaire.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 09:56

             2010 - 1610 :  il y a quatre cents ans, Ravaillac poignardait Henri IV.

   Vieille affaire, rien à voir avec nous ...

   C'est vite dit. En supprimant la couleur locale et les meubles d'époque, on s'y croirait.

   Rappel des événements :

Les morts sont tous de braves types (dixit Georges Brassens); dès qu'il a été occis par Ravaillac, ce roi que la pression fiscale avait rendu très impopulaire devient Le Bon Roi Henri, un peu comme  John Kennedy que sa mort changea en véritable mythe malgré une élection pour le moins douteuse.

Être mort assassiné n'a pas été leur seul point commun. Tous deux étaient des hommes de communication et de grands consommateurs de femmes.

Avec l'aide de Sully, Henri avait répandu quelques formules destinées à lui survivre ; parmi elles, la fameuse "poule au pot", on n'est pas du tout certain qu'il ait jamais prononcé le mot mais les écoliers français l'ont tous appris, trois siècles plus tard, grâce à un grand communicant post-mortem nommé Jules Michelet.

Il reste du bon roi Henri d'autres citations qui n'ont pas cours dans les pudiques écoles de la République mais qui le rapprochent encore de l'assassiné de Dallas. Parlant de son membre viril ( à l'époque, la  verdeur était  de mise dans la conversation), il aurait confié être persuadé qu'"il s'agissait d'un os". Passés les rires égrillards, on se rappelle que JFK souffrait aussi de priapisme, au point de devoir interrompre ses travaux pour soulager la pression devenue trop forte auprès d'une dame aussi agréable que compatissante.

La comparaison s'arrête à l'aspect physique ; JFK était bel homme, pas Henri IV.

C'est notre regard, à partir de nos critères, qui peut affirmer que les femmes du dix-septième siècle auraient réagi comme nous ?

En tout assassinat, il faut, certes, une victime mais rien ne se passerait sans l'intervention d'un assassin. Depuis l'école primaire, nous savons que le bon roi Henri a été poignardé par un certain Ravaillac.

Le meurtrier s'est précipité sur la voiture royale où il a asséné au roi quelques coups de poignard avant d'être maîtrisé par son escorte. Le roi avait déjà échappé à plusieurs guet-apens. Depuis, il ne se déplaçait pas sans protection ; l'assassin était donc assuré de se faire prendre. On peut dire sans risque d'erreur qu'il s'agit d'un attentat-suicide.

Être tué par les gardes du corps ou lynché par la foule entourant le cortège royal était une perspective relativement douce en face des procédés de la justice du temps. Manque de chance pour Ravaillac, l'escorte royale parvint à maîtriser l'assassin et contenir la foule, pas dans un souci d'humanité mais au-contraire, dirions-nous, pour essayer d'en tirer des informations. Libre à chacun de se représenter les traitements raffinés qui ont été administrés ; Guantanamo, à côté, c'est de la rigolade.

Alors, pourquoi ? A quel puissant motif Ravaillac obéissait-il pour risquer une telle horreur, avait-il une vengeance impérieuse à exercer ?

Le roi ne lui avait jamais fait de mal, ils ne se connaissaient pas.

La vérité nous ramène encore au présent ; Ravaillac était une espèce de taliban catho. Persuadé que la conversion du roi protestant en bon catholique n'était pas sincère, qu'elle finirait en apostasie, il était certain de gagner le paradis (dommage, le paradis chrétien n'offre pas de vierges aux croyants méritants), s'il offrait sa mort et ses souffrances pour débarrasser les bons catholiques d'un chef si funeste.

  Voilà comment un roi de France et son assassin perdirent la vie. A quatre siècles de distance, on s'y croirait mais il paraît que l'histoire ne repasse jamais les plats.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 08:36

  Jour de colère !

Penser : "C'était prévisible", rager devant la faute et ne pas condamner en bloc.

Le peuple d'Israël n'a pas mérité d'être dirigé par des fous bellicistes ... qu'il a pourtant élus.

Maudite soit la peur qui conduit à la folie.

Les hommes de paix et de raison sont pourtant nombreux dans ce pays.

Ils sont victimes des islamo-fascistes et le gouvernement qui devrait les protéger s'acharne à décourager les soutiens qu'il leur reste.

Soutenons la vie contre les fous irresponsables qui sèment la bêtise et la mort.

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 09:02

  Dernière trouvaille des laquais autour de Notre Sublime Majesté : consacrer au sport tous les après-midis d'école.

C'est dans l'air du temps.

Les adeptes du spectacle sportif vont, encore une fois, s'affliger du bilan désastreux des équipes nationales dans les compétitions saisonnières ; on va leur donner une raison d'espérer : tous ces gamins qui auront cultivé leurs muscles au détriment de leur cerveau laissent prévoir un destin plus glorieux.

Le fort en thème n'a qu'à bien se tenir. Sa disgrâce est totale, personne ne le consultera.

Vous croyez fort à l'Egalité affichée au frontons des mairies ?

Ce règne va vous combler à sa manière : on va niveler par le bas.

La force et l'agilité des manants sont recherchées mais qu'ils se mettent à penser et la révolution est pour bientôt.  

C'est la crainte des Puissants. Notre Sublime Majesté ne saurait voir perdurer leur inquiétude.

Elle va ordonner et les écoles seront priées d'exécuter.

Ce n'était pas ainsi que vous compreniez l'Egalité ?

Il serait donc grand temps de réviser vos certitudes, l'Etat aussi a changé.

Les grands argentiers du monarque vont mettre fin à l'Ecole laïque et républicaine.

Pour entraîner tous ces muscles juvéniles, il n'est pas envisagé de puiser dans la cassette de l'Etat. Alors comment faire ?

Ce que Paris ne paiera pas, il faudra que la province s'en charge. La cour affichera un air modeste de comptable économe et les édiles provinciaux que, justement, Sa Majesté exècre, fourniront les moyens et prendront les coups.

Il y aurait bien une autre solution : mettre dans le coup les confréries et sociétés généralement nommées "associations". Il en est un certain nombre qui n'attendent que cela : sous couvert de rendre service, elles introduiraient bien des loups et des vautours dans la bergerie.

 

   Le temps des cahiers de doléances est proche. Faisons chauffer les claviers et nos chaussures pour représenter à notre monarchie de moins en moins républicaine les véritables aspirations de nos écoles en perdition.

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