Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:50

 Après Azéma, voici la soeur aînée, Madodine. C'est le récit que je tiens d'Estelle, sa fille et mon arrière-grand-mère, en espérant qu'il intéressera, un jour, Gabrielle et Julie, mes petites-filles.

 

   Aux yeux nos contemporains, l'abandon du droit d'aînesse, acquis de la Révolution Française, est une justice élémentaire. On n'oublie qu'un détail : il causa la ruine de la petite paysannerie.
   Sous l'Ancien Régime, les bâtiments et les terres revenaient à un héritier unique : l'aîné.
Tout change avec la fin du droit d'aînesse. L'héritage est divisé entre les enfants .

Le partage fractionne la terre et les propriétaires trop nombreux, donc trop petits, tombent dans la misère. Les sols n'ont pas tous la même qualité ; pour être certain de ne léser personne, on découpe chaque lambeau de terre en autant de parcelles que d'héritiers.  Après deux ou trois générations, la campagne est devenue un fouillis de minuscules lopins inexploitables car inadaptés à toute mécanisation. Il faudra un remembrement autoritaire, au vingtième siècle, pour réorganiser le territoire.
   En attendant, au dix-neuvième siècle, souffle un vent de progrès. L'agriculture doit se moderniser, il faudrait des moyens.
Les plus riches se débrouillent, ils évitent l'éclatement des exploitations en limitant les naissances et en procédant à des mariages entre cousins. C'est une pratique réfléchie et prévoyante de l'endogamie, elle protège et arrondit les héritages, mais le petit exploitant qui survit à peine reste pauvre et à l'écart du changement.   
   En même temps, l'industrie qui se développe fait une bonne affaire ; les petits agriculteurs démunis lui apportent la force de leurs bras.

En général, on imagine un exode radical, de la ferme paternelle à la grande ville lointaine. La mémoire collective est marquée par les Auvergnats ou les Bretons de Paris, mais, dans beaucoup de régions, l'exode rural se fait sans déplacement. Le paysan devient ouvrier à l'usine d'à côté, parfois si proche qu'il n'a pas besoin de déménager. C'est déjà le moderne "rurbain", celui qui travaille en ville et vit à la campagne. Le village se transforme en cité-dortoir.
   D'autres paysans, pour sortir de la pauvreté, se mettent à cumuler plusieurs métiers, comme une prémonition de l'auto-entrepreneur(?!). Ils ajoutent à l'agriculture des activités de complément ; en fin de compte, c'est une suite de la vieille tradition de polyculture-élevage.
L'histoire de Madodine et Tailleur en est un exemple.

   Quand Marie-Caroline et Désiré se marient au lendemain de la guerre, en 1871, ils forment un jeune couple travailleur et décidé à réussir.
   On les appelle rarement par leurs prénoms qui semblent réservés aux actes officiels. Au quotidien, suivant l'usage des campagnes, on utilise plutôt un surnom : on appelle Désiré Tailleur, c'est son métier, et Marie-Caroline devient Madodine. Bien malin qui peut expliquer l'origine du mot. Les uns tiennent pour une déformation enfantine ; à les écouter, des bambins malhabiles auraient simplifié un prénom trop compliqué pour eux. Pour d'autres, il s'agirait de la contraction de Marie-Caroline avec Odile, son deuxième prénom. La vérité tient peut-être un peu des deux ; en tout cas, le surnom d'usage remplace le prénom.
    Pour s'établir, chacun apporte une terre minuscule mais, par chance, bien située : elles sont voisines et celle de Tailleur compense son exiguïté par sa situation au bord de la rue principale.
Avant leur mariage, ils ont travaillé dur et économisé sou par sou. Un projet s'impose immédiatement: utiliser leur pécule et ce terrain bien placé pour bâtir une maison.
    Tailleur trouve l'occasion rêvée d'afficher son goût de la modernité. Pour la première fois au village, on tourne le dos aux voussettes de briques ; la maison de Désiré a des plafonds plats . Tout le village défile pour admirer la nouveauté.

N'en déplaise aux actuels tenants de l'antique et du rustique, le progrès était réel : un plafond plat blanchi signifie beaucoup plus de lumière dans la pièce, le jour est plus long, sutout en hiver. Ce n'est pas sans intérêt pour un tailleur.
Mais comment l'idée lui est-elle venue ?
Au village où les nouveaux sont rares, l'extraordinaire s'est produit : un étranger s'est installé, c'est un plâtrier-staffeur italien attiré par l'ouverture de nombreux chantiers dans la région. Pour Tailleur, c'est l'occasion d'essayer du neuf teinté d'exotisme ; il ne va pas la laisser passer.
Tailleur et Madodine sont fiers de leur maison ; elle est tellement plus confortable que le modèle courant ! Mais ils ne vont pas se contenter d'y vivre et faire des enfants ; ils vont surtout y travailler.
Le rez de chaussée est une pièce unique, une salle à tout faire qui ouvre directement sur la rue. Tailleur installe sa table de travail près de la fenêtre et sa femme convertit le reste de la pièce en estaminet.


Il faut se rappeler que la région est en plein chantier, même les campagnes.

On construit  le chemin de fer. 

Dans la perspective d'une future revanche, reprendre l'Alsace-Lorraine, l'heure est aux travaux de fortification ; justement, à un kilomètre, on construit un grand fort souterrain.

Toutes ces constructions donnent du travail à des ouvriers qui viennent pour la journée et doivent prendre leur repas.
L'estaminet de Madodine, selon l'usage du temps, fournit la boisson, surtout bière et café, et offre en prime le réchauffage des gamelles. Au village, plusieurs ménagères ont eu la même idée mais la réussite n'est pas toujours au rendez-vous. Même pour des ouvriers itinérants, la qualité du service a de l'importance, et l'intraitable Madodine l'a bien compris. Chez elle, on ne trouve pas de toiles d'araignée dans les coins ni de mouches dans les verres. Le sol en terre cuite poudrée de sciure humectée, est nettoyé chaque jour et, surtout, c'est la guerre aux crachats, encore une nouveauté qui ne va pas de soi et qu'il faut s'acharner à faire respecter. Tout contrevenant doit quitter la maison, immédiatement.
Madodine échappe à une autre difficulté fréquente dans le métier : les mauvaises manières des hommes . Ils auraient tendance à s'autoriser des privautés à l'égard d'une jeune tenancière de débit de boisson. La présence constante de Tailleur, toujours penché sur son ouvrage mais prêt à intervenir, évite les incidents.
 Le résultat ne se fait pas attendre : la maison a bonne réputation. Elle attire même la clientèle des femmes non accompagnées qui hésiteraient à pousser la porte d'un café.

La bonne renommée, c'est flatteur mais ça ne nourrit pas son monde. Vendre des services bon marché à des clients modestes ne peut suffire à faire vivre une famille, car ils auront des enfants, bien sûr.

Il ne faut pas espérer s'en sortir grâce au travail de Tailleur. Dans les campagnes, les gens n'ont pas l'habitude de dépenser des fortunes pour s'habiller. Ils veulent de la qualité, du solide qui va durer longtemps, mais à des prix qui tiennent dans leur budget. Sans machine à coudre, Tailleur passe beaucoup de temps à l'exécution de ses costumes mais il gagne peu et il doit souvent insister, revenir à la charge plusieurs fois pour se faire payer un petit prix.
Il n'y a pas trente-six solutions, il faut ajouter du travail au travail.
Derrière la maison, il y a le pré qui appartient à Madodine, modeste héritage de ses parents. Avec son mari, elle en clôture un bout, de quoi faire un potager ; ils auront des légumes.

Le reste suffit pour installer une vache qui donnera du lait. Qui dit vache laitière dit un veau par an ; il sera vendu et paiera les impôts.

Le lait permettra à la famille de nourrir correctement ses enfants ; au fil des ans, il en naîtra cinq.

Madodine fera du beurre pour améliorer la soupe et proposer à ses clients quelques petits suppléments sous la forme de crèpes épaisses, les fameux ratons du Nord. Les jours où Madodine fait des ratons, le "tiroir à sous" de la grande table se remplit. C'est une bonne affaire aussi pour sa soeur, Azéma qui fournit les oeufs.
Des soins à la vache au travail du potager, des enfants à la cuisine et au ménage, en passant par le service des clients, le travail incessant de Madodine leur apportera un certain confort. Ils sont loin de l'aisance et le labeur est écrasant mais, dans un temps où les allocations familiales n'existent pas, leurs enfants n'auront ni faim ni froid.
Ils seront la fierté de Madodine à une époque où des petits mendiants traînent encore dans les rues.

à suivre ...

Partager cet article

Repost0
4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 10:17

     Occupés, que nous étions supposés l'être, par les heurs et malheurs d'Obama, (...mais qui nous fera croire au hasard ?), il était prévu que nous laissions passer sans réagir une information très grave ; il s'agit de la santé mentale des gens qui nous gouvernent. Comme prévu, juste quelques lignes, un minimum au fil des petites nouvelles et encore moins de réactions.


    L'Assemblée-dite-Nationale (on se demande pourquoi) a décidé de restreindre l'accès des sans-papiers à l'Aide Médicale d'Etat.


    Il faut bien flatter le beauf par où ça le démange ; d'expulsions rebaptisées "reconduites à la frontière" en dénaturalisations non conformes au droit international, on rame comme on peut pour rattrapper l'extrême-droite. La méthode a déjà payé, il ne faut pas changer de vélo en cours de sprint.

C'est un raisonnement politique qui se tient si l'on accepte l'idée que la politique et la justice n'ont rien à faire ensemble.
     Toutefois, depuis que de grands penseurs écrivent des traités de science politique, nous étions plus ou moins persuadés qu'elle était l'apanage de cerveaux développés.

     Alors, qu'on m'explique.
Les sans-papiers viennent, en général, de régions pauvres ou troublées par la guerre. Ce sont des conditions très favorables aux maladies infectieuses. Ils arrivent souvent porteurs de quelques agents pathogènes tels que la tuberculose, le sida et autres joyeusetés.
Ces malheureux souffrent de leurs maladies, risquent même d'en mourir ; apparemment cela ne fait ni chaud ni froid à nos députés et aux pourfendeurs d'étrangers. Peut-être ont-ils oublié que ces maladies sont extrêmement contagieuses et le microbe qui prend son envol "comme un vol de gerfauts hors du charnier natal" ne demande pas de papiers d'identité à son receveur. Laisser à sa porte un malade contagieux non soigné est le moyen le plus sûr d'être contaminé.
     A défaut de générosité ou d'altruisme, on pourrait s'attendre, de la part des politiciens qui font nos lois, à un minimum de souci du bien commun de leurs électeurs. Où est passé le fameux principe de précaution dont on nous accabla si bien en d'autres temps ?


       Quand la bêtise s'allie à la méchanceté, le pire est à craindre.

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 21:32

 Saleté de crabe, c'est encore lui qui a gagné ! 

Vincent a tenu le coup jusqu'à la Toussaint, on se demande comment. Faut-il admirer son endurance ou plaindre ses malheurs ?

Au grand soulagement de ceux qui l'aimaient, il a fini de souffrir.

Pour finir en beauté, il n'a pas raté sa sortie , le jour des morts.

Une pirouette pour ne pas pleurer, disons lui "Bravo l'artiste !"

 

 

 Ses "dernières volontés", comme on a coutume de dire, seront respectées : on lui épargnera le passage à l'église et il sera incinéré.

Evidemment, les esprits logiques hausseront les épaules : "Si on ne croit pas en un après, la famille peut bien faire comme elle veut, le défunt s'en fiche, il ne voit rien". C'est frappé au coin du bon sens...

Pourtant, il est une immortalité qui n'a pas besoin d'un dieu ni d'une âme. C'est la mémoire des vivants.

On est complètement mort quand personne ne se rappelle plus.

Alors, autant faire ce qu'on peut, ne pas imposer de corvées funéraires, ne pas gâcher le souvenir.

Les vivants nous sauront peut-être gré de leur épargner le défilé des chrysanthèmes et l'entretien des tombes.

 

      La mort de Vincent me donne l'occasion d'exprimer ce que j'aimerais qu'il soit fait de mon cadavre quand ce sera mon tour.

D'abord, même s'il m'a joué quelques sales tours en me faisant cadeau d'une SEP, j'ai beaucoup aimé mon corps à qui je suis redevable de mes plus grands bonheurs. Alors j'ai quelques difficultés à l'imaginer en charogne pourrissante.

Comment bien le traiter ?

Essayer de le prolonger, le rendre utile.

Bon, c'est mal parti pour le don d'organe. Poliment éjectée des donneurs de sang pour cause de SEP, je n'ai aucune illusion de ce côté-là. Mais je ne désespère pas de laisser quelques morceaux à la science, pour étude.

Si la dissection de mon cerveau détraqué pouvait rendre quelques services à des chercheurs, ce serait bien volontiers.

Et le reste, les morceaux qui n'intéressent personne ?

Les vivants en feront ce qu'ils voudront. Toutefois, s'ils veulent me rendre un dernier service, qu'ils les réduisent en cendres.

C'est le seul désaccord qui me sépare de mes amis juifs. Je comprends parfaitement qu'ils regardent l'incinération avec horreur, après que tant des leurs sont partis en fumée, mais j'y vois le moyen d'éviter la pourriture. Si un de mes proches imagine ce que je suis devenue quelques temps après ma mort, se représenter un petit tas de cendres causera moins de dégoût qu'une charogne en décomposition.

Et puis, j'aimerais que les cendres soient dispersées, que personne ne se croie obligé de rendre à une urne un simulacre de devoirs funèbres.

     En fin de compte, ma mort sera peut-être plus légère à supporter et mon souvenir plus agréable à rappeler.

 

Ah oui, je m'aperçois que je ne l'avais pas précisé, Vincent était mon filleul, il aurait eu 48 ans le 10 décembre prochain. C'est infiniment cruel de voir partir plus jeune que soi.

Partager cet article

Repost0
22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 09:40

    Bientôt le réexamen des lois de bioéthique. C'est, pour tous les groupes d'opinion, l'occasion de promouvoir leurs arguments.

    Au nombre des questions posées, la fin de l'anonymat pour les dons de sperme ; il paraît que les enfants ainsi conçus aimeraient connaître leur géniteur.


La mode veut qu'on écoute les états d'âme des enfants. Et si l'on s'intéressait un peu aux hommes ?
    Mettons-nous à la place du donneur.
Il a des enfants, cela tombe sous le sens, ne pas être stérile est une condition impérative !
Connaissant les joies de la paternité, il veut offrir le même bonheur à un couple sans enfant. Il est prêt à payer de sa personne comme on fait un don de sang ... en moins pénible, malgré tout, même si l'éprouvette manque de glamour.
C'est un service qu'il rend à l'humanité mais le geste, dans son esprit, n'a rien d'un projet parental.
Il se veut bienfaiteur de couples stériles, jamais père des enfants nés de ses dons. De toute façon, il ne connaît pas la receveuse ; sans figure maternelle, difficile de projeter une descendance.
    Même si une curiosité fugace ne peut jamais être exclue, ni le géniteur ni sa famille ne désirent être envahis par des "Papa !" tonitruants poussés par un ou des inconnus.
Supposons que l'enfant produit d'un don de sperme connaisse l'identité du donneur ; même s'il prétend le contraire, il va chercher à établir le contact. Ne soyons pas naïfs.
A partir de là, on peut tout entrevoir, surtout des problèmes.
 
   L'entente entre personnes n'est pas génétique. L'enfant issu du don est né et vit dans une autre famille que celle du donneur, avec une autre éducation . Rien ne dit que la différence génère la sympathie.
   Une famille est une cellule qui a toutes les chances de se transformer en citadelle assiégée si elle craint les empiètements d'une pièce rapportée, et la première victime du conflit sera le père. Ses enfants lui reprocheront d'avoir été imprévoyant, de les avoir exposés aux conséquences d'un geste irréfléchi.
   Le monde n'est pas habité de purs esprits dépourvus de préoccupations matérielles. Imaginons que le donneur et les parents de l'enfant aient un statut social très différent, que le donneur soit beaucoup plus riche et que l'enfant entreprenne de revendiquer sa part. Même si la loi ne lui en donne pas le droit, les demandes, réclamations et pressions diverses n'ont pas besoin de loi pour gâcher le quotidien.
   Pour les parents bénéficiaires du don de sperme, la situation ne serait pas forcément plus enviable. Voir leur enfant les mépriser parce qu'il envie une autre famille, ce n'est certainement pas ce qu'ils attendaient de la naissance d'un enfant.
   Certes, le pire n'est jamais certain mais un père de famille tenté de faire un don de sperme ne s'y déciderait plus sans entrevoir toutes ces difficultés. Parions que beaucoup renonceraient à leur projet.
Ceux qui militent pour la levée de l'anonymat y ont-ils pensé ?
    ... A moins qu'il s'agisse d'esprits retors, adversaires du don de gamètes prévoyant un résultat conforme à leurs intentions.

Partager cet article

Repost0
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 18:11

Blocages : Sarkozy dénonce une "prise en otage"

Le président de la République a dénoncé jeudi les grèves et les blocages qui accompagnent la contestation de la réforme des retraites, estimant qu'on "n'a pas le droit de prendre en otage des gens qui n'y sont pour rien". (AFP)

 

Qu'il prie le ciel de ne jamais subir une vraie prise d'otage.

Ceux qui croupissent au nom de la France au Sahara ou en Afghanistan aprécieraient certainement de voir leur sort assimilé aux petits inconvénients d'une journée de grève.

La honte

L'indécence

Le dégoût !

 

___________________________________________________________________________________________________

 

Trouvé dans Le Monde.fr :

Hervé Le Tellier  "On n'a pas le droit de prendre en otage des gens qui n'y sont pour rien, dans leur vie quotidienne", déclare notre président. Si j'étais dirigeant de Molex, Lejaby, Continental... je tremblerais.

Partager cet article

Repost0
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 09:35

Face aux manifestations d'étudiants et lycéens, beaucoup d'Anciens (ah, l'âge !) croient revoir mai 68. 

La situation est fort différente (même si la vie en 68 n'était pas aussi folichonne qu'on croit se rappeler pour les petites gens ...) Mais Il existe un point commun : les manifs, au début, ont le soutien massif de l'opinion.

Et on se rappelle aussi comment elles ont fini, par un immense défilé de soutien au Général De Gaulle.

Là aussi, comparaison n'est pas raison, le Petit Nicolas n'est pas le Grand Charles mais il le croit, donc le risque existe.
Mettons-nous dans la peau du pouvoir.
Devant le soutien populaire, il faut mettre en action la créativité et l'imagination des " Forces de l'Ordre" ou, du moins, de leurs éminences grises.
 Que faire pour couper les manifestants de leur soutien populaire, les rendre antipathiques, les changer en adversaires, en nuisances ?
Tout le monde déteste qu'on l'empêche de mener sa vie et qu'on démolisse ses affaires. Moralité : il faut démontrer aux "braves gens" que les contestataires vont tout détruire, à commencer par leurs biens. Cette conviction acquise, ils se retourneront contre les manifestants devenus en un instant des "émeutiers".
    Dans un premier temps, on déguise quelques jeunes flics en manifestants et on les place sur les bords du cortège, là où ils seront plus difficiles à contrôler par la masse, et on leur donne la mission d'exciter le monde, d'encourager à la casse. Il y aura bien quelques têtes faibles avec qui l'astuce fonctionnera.
Et si ça ne suffit pas, si le service d'ordre de la manif tient bien ses troupes ?

On peut toujours demander aux flics infiltrés de passer à la casse ... mais c'est risqué ; s'ils sont arrêtés et qu'on découvre de qui il s'agit, le coup peut se retourner contre ses organisateurs. Le mieux est d'infiltrer de vrais casseurs qui n'auraient rien à refuser à la police.
Comment cela peut-il se faire ?
     Lamentablement simple. On fait quelques descentes chez les dealers et autres voleurs du coin ; vous savez, ceux à qui, bizarrement on ne touche jamais, et on leur explique d'une manière persuasive qu'il est temps pour eux de rendre la monnaie de l'indulgence dont ils ont bénéficié, faute de quoi on pourrait s'occuper de leur cas. Pour les convaincre, on ajoute qu'ils vont bien s'amuser au petit travail qu'on leur demande.

     Ils n'ont qu'à se mêler aux manifestants et faire tout ce qu'il leur est interdit d'habitude : casser, voler, mettre le feu.


     Il ne reste plus qu'à lâcher dans la prochaine manif ceux que Nicolas appelle "les racailles" et le travail est fait.
On a connu ça en 1968 puis au début des années 70 avec les "autonomes". Ils ont si bien pourri la contestation que tout le monde voulait le retour de l'ordre.

Et ce fut l'ordre moral qu'on retrouvera si la peur revient.

Alors, on sait ce qu'il reste à faire : la police des manifs.

Il faut cesser de croire en l'innocence des anges maudits. Les "racailles" sont les meilleurs alliés de leur patron Nicolas.

 

Partager cet article

Repost0
13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:00

  Une évidence... Bon sang, mais c'est bien sûr !

Sarkozy est le roi Jean et Hortefeux le shérif de Nottingham.

Normalement, on sait comment l'histoire doit se terminer : le roi Richard ramène la justice et Jean est renvoyé à d'autres occupations.

Un point reste en suspens.

Normalement, le bon roi remporte la victoire grâce à l'aide d'un héros populaire : Robin des bois, celui qui récupère les biens volés par les riches et les rend aux pauvres.

Les curés rivalisent d'ardeur pour jouer le rôle de Frère Jean.

   Qui sera le nouveau Robin ? C'est le seul acteur qui manque au casting et c'est le plus important.

Partager cet article

Repost0
12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 22:07

   Un espoir du côté des cellules souches.
 
Ce sont des cellules embryonnaires ; au tout début de la division cellulaire, elles sont totipotentes : capables de se transformer en n'importe quel tissu de n'importe quel organe.

Du rêve à l'application, des chercheurs cogitent. Pour l'instant, il ne s'agit que d'essais mais ils ont l'air prometteurs. Et s'il était possible, grâce aux cellules souches, de reconstruire un tissu réputé irréparable : le neurone ?
Un rêve ! Des accidentés devenus tétraplégiques remarchent et les maladies dégénératives guérissent. Elles sont terrassées, Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques ... Enfin, si les études en cours aboutissent.
Et c'est ici que la situation se complique. Pour disposer de cellules embryonnaires, il faut disposer d'embryons. Elémentaire, mon cher Watson !
Dès qu'on envisage de manipuler des embryons, on voit se dresser la statue du commandeur des associations "pro-vie" et autres obsédés de la reproduction. Pour racoler l'opinion publique, ils utilisent toujours le même amalgame entre embryon et bébé (bon courage pour câliner un embryon ), comme si la vie se réduisait à une mécanique cellulaire, en ignorant toute notion de projet parental.
    Justement, des embryons sans projet parental, il en existe beaucoup.

Ils sont produits par l'Assistance Médicale à la Procréation. Pour améliorer les chances d'une grossesse, il faut multiplier les fécondations et on obtient souvent plusieurs embryons. Ils sont alors congelés au cas où il faudrait procéder à plusieurs implantations pour espérer la réussite et, à la fin, une naissance.
Quand les parents obtiennent la grossesse désirée, ils ont beau être fous de joie, ils ne désirent pas obligatoirement une famille nombreuse. Les embryons surnuméraires sont abandonnés dans l'azote liquide , ils ne seront jamais réclamés. Comme il n'est pas envisageable de prolonger indéfiniment leur stockage, on finit par les détruire.
    Finir à la poubelle ou faire oeuvre utile, le choix n'est pas difficile ... sauf pour les adorateurs de l'embryon sacré.
Sûrs de leur vérité, ils prétendent l'imposer à tous.
Personne ne les oblige à des pratiques qu'ils réprouvent ; leur liberté doit être respectée mais qu'au moins, ils rendent la pareille à ceux qui ne partagent pas leurs croyances.
Parmi eux, quelques excités poussent jusqu'à l'ignoble en qualifiant de génocide les travaux sur les embryons. Ils ne reculent devant aucune comparaison, n'hésitent même pas à comparer les chercheurs aux nazis.

    Du calme, un peu de décence !
Les victimes du génocide ont subi d'épouvantables souffrances ; rien qu'à les évoquer, c'est le cauchemar. En revanche, la douleur ressentie par un amas de cellules, même pas un organe, n'a d'existence que dans la propagande extrémiste.
Elle est bien inconsistante, carrément étique, l'espèce d'éthique en toc qui prétend interdire de soulager les souffrances du vivant au nom d'un fantasme.

Partager cet article

Repost0
7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 09:04

La justice avec nous !

Le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Créteil n'a pas suivi la CPAM qui poursuivait le Dr Poupardin. Il a botté en touche et souligné la nécessité de nommer un expert avant de prendre une décision. En attendant, le docteur n'est pas un délinquant et la CPAM ne peut être juge et partie.
 L'air est plus léger, même si la victoire n'est pas totale.
Nous savons à quels coups il faut s'attendre et quelle défense il faut organiser.
Le travail du médecin, pas plus que celui du juge, ne peut être réduit à un catalogue de services et de produits. Le serment d'Hippocrate lui crée l'obligation de penser ; ses décisions ne peuvent être automatiques mais prises en conscience.
Il ne peut exister de bonne médecine sans liberté.

Partager cet article

Repost0
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 22:09

   Aimez-vous être découpés en tranches ?
Je présume que votre réponse est négative.

     L'être humain est une personne, pas un agrégat de pièces différentes, ou plutôt, restons dans la métaphore mécanique, pour qu'elle fonctionne, tout est lié et la moindre avarie dans un rouage retentit sur la marche de l'ensemble.
Ce raisonnement est frappé au coin du bon sens ; c'est l'opinion générale, valable pour tous... Sauf quand vous êtes gravement malade.
Une maladie grave, dans le vocabulaire de la Sécu, c'est une ALD (Affection de Longue Durée qu'on traduirait volontiers par Accumulation de Longue Déveine). Si vous croyez ce qu'on vous a enseigné, que Sécurité Sociale veut dire Solidarité, remisez vos illusions, la Sécu fait partie de l'économie.

On la gère comme n'importe quelle entreprise, ses résultats sont supervisés par des comptables qui rêveraient (c'est leur métier) de la rendre bénéficiaire.

Ils font la guerre aux dépenses, comme si la protection sociale n'était pas, par nature, vouée à coûter.


Au nombre de leurs cibles, les ALD occupent une place de choix. Pensez-donc, des puits sans fond, des coûts gigantesques pour des malades qui, souvent, ne guériront pas.

Jadis, au temps de l'"Etat Providence", un pouvoir inconséquent a décidé que les soins de ces patients en ALD seraient pris en charge à 100% par la Sécu. Les comptables en sont hors d'eux ; en bonne gestion, c'est une erreur impensable qui doit cesser au plus vite.
Les gens au pouvoir sont du même avis mais ils sont aussi des élus. Ils ne peuvent user de la brutalité dont ils rêveraient ; ils procèdent avec méthode et circonspection, ils repeignent le tableau, consciencieusement, une couche à la fois.
Dans les années 8O, ils ont trouvé une idée faussement logique mais réellement stupide : l'ordonnance bi-zone.
Le principe en est apparemment très simple : l'ordonnance est coupée en deux parties, une pour les prescriptions destinées à soigner l'ALD, prises en charge à 100%, l'autre pour les soins sans rapport avec elle, ils seront remboursés au régime commun.
Vous trouvez la distinction facile, vous ?
Sans nous livrer à des débats d'experts, il est bien difficile de décider si le mal de tête d'un patient est lié à son ALD ou à une autre maladie.

Toute honte bue, nos gouvernants prétendent effectuer ce tri improbable ...
      Il n'y a pas de petites économies. Oubliée l'unité de la personne humaine ; au nom de la sainte Comptabilité Publique, on la découpe en tranches.
      Des médecins, toutefois, ont conservé une certaine idée de leur métier et de ses principes. (Hippocrate avec nous !) Ils refusent de procéder à cet entre-lardage et se trouvent dans le point de mire de la Sécu.
Ah, mais ! La Sécu ne va pas tolérer une telle indiscipline. Consciencieusement, faisant fi du ridicule, elle traîne en justice les récalcitrants.
En ce moment, Didier Poupardin, médecin  dans le Val de Marne, attend que les chats-fourrés lui disent à quelle sauce il sera mangé.
 Décision prévue ce mercredi, à surveiller de près.
Une pierre à la fois, si nous n'y prenons garde, c'est tout l'édifice de la protection sociale qui se défait et, avec lui, une certaine idée de la personne humaine.

Partager cet article

Repost0

Recherche

Articles Récents

Liens