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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 00:29

   Nous sommes en Février 1885.

   Il fait un vrai temps de saison, venteux et glacial. Les rares passants, même les écoliers, gagnent au plus vite le coin de leur feu.
A l'estaminet, le temps est à la soupe. L'hiver a détruit la plupart des légumes mais il y a toujours les carottes et les pommes de terre qu'on a rentrées en cave à l'automne ainsi que des poireaux et des choux qui supportent bien le gel ; on a pris la précaution de les récolter avant que la terre durcie ne rende l'arrachage impossible. L'odeur de la soupe, par un temps pareil, ça donne faim ; rien de tel pour remonter le moral.
   Hélas, le réconfort d'une cuisine chaleureuse ne peut rien contre le deuil qui écrase la maison.
Au mois de janvier, le croup a emporté les deux petits, des garçons de trois et cinq ans qui poussaient si bien.
   La forte, l'énergique Madodine ne s'est pas effondrée. Elle a une peine infinie mais les larmes qui pourraient peut-être la soulager ne sortent pas. C'est la colère qui explose dans une idée fixe : "c'est injuste !".
"Des enfants bien soignés, toujours propres et bien nourris, ils sont morts alors que de pauvres gosses crasseux, pouilleux, qui mangent quand leurs mères y pensent, ceux-là ont échappé à la maladie".
Sa révolte ne connaît pas de répit ; on dirait qu'elle en veut à la terre entière. Son mari et leurs deux filles, Estelle et Julia, vivent leur deuil dans le silence, craignant de provoquer un déchaînement de fureur à la moindre parole.
L'ambiance est pénible mais il faut vivre et travailler comme d'habitude.
   A midi, Tailleur et Madodine ont fini leur repas, ils ont pris l'habitude de manger avant tout le monde pour laisser la grande table aux clients. Les filles, au retour de l'école, s'installent pour déjeuner près du poèle, sur un guéridon pliant qu'on débarrasse dès qu'elles ont fini.
Madodine vient de desservir. Les premiers clients arrivent, trois ouvriers du fort ; ils ont traversé les champs sous le vent glacial, impatients de se mettre à l'abri près du grand poêle de fonte et d'avaler quelque chose de chaud.
 Ils sont immédiatement suivis par Tailleur qui rapporte un seau de charbon de la remise et un gamin en loques qui profite de la porte ouverte pour s'introduire dans la pièce.
"Bonjour, gamin, qu'est-ce qui t'amène ?"

Au fond, Tailleur a pitié de ce voisin, un enfant de la misère, mais si Madodine le voit dans la maison, elle va s'emporter ; ce genre de crasseux doit rester loin de ses filles, il serait bien capable de leur amener des poux et il faudrait leur couper les cheveux ... la honte !

Il cherche comment lui dire de s'en aller sans "faire le méchant" mais l'intrus pose la question délicate :

"Je peux entrer ? Il fait froid"
Comment refuser ? Tailleur soupire : "Entre donc et ferme la porte, qu'on ne chauffe pas les oiseaux."
   Il regarde les pieds du gamin ; ils sont chaussés de blocs informes, des sabots, si on peut employer ce terme, en ruine, fendus et couverts de glace accumulée. Machinalement, il ajoute : " Avance près du feu et laisse tes sabots à la porte."
   Le gamin ne bouge pas. L'homme insiste et découvre, effaré, qu'il ne porte ni bas ni chaussons. Une horreur ! Comment peut-on laisser un enfant nus-pieds en plein hiver ?
   "Viens  près du feu, tes sabots vont sêcher pendant que tu te réchauffes" et il installe le visiteur devant le poêle, les pieds nus posés sur le socle émaillé qui est bien chaud sans être brûlant.
   Madodine était allée chercher de la bière à la cave ; elle réapparaît alors, réprime une grimace mais comprend très vite qu'elle vient d'hériter d'une triste affaire. Pour ne pas se laisser aller à l'émotion, elle prend le parti de gronder son mari : "Eh bien, combien d'heures faut-il attendre pour que vous apportiez des bas à cet enfant ?"
   - "Des bas ... quels bas ?"
   "Vous savez bien qu'il nous en reste, il faut les lui donner, il en fera de l'usage."

Et elle se précipite à l'étage où se trouve la chambre et son armoire à linge. Quand elle redescend, elle porte dans ses mains des chaussettes de garçonnet. Ces chaussettes, elle les avait tricotées pour ses petits. Maintenant, ils n'en ont plus besoin. Ils étaient plus jeunes que lui mais il est plutôt chétif, elles devraient lui aller.
   Tailleur qui l'imaginait en colère est soulagé. La dureté de sa Madodine ne tient pas devant les enfants.
  "Mais ce petit qui était dehors en plein midi, il n'a donc pas déjeuné ?"

Effectivement, il est affamé. Il faut le faire manger sans attendre. Elle lui sert un grand bol de soupe et se met à beurrer une pile de tartines.


    La pause-déjeuner se termine pour les ouvriers et les écolières. En sortant, ils croisent un visiteur inattendu : le curé.


   Tailleur et Madodine ne sont pas ennemis de la religion, ils font leurs Pâques et, le soir de Noël, ils vont à la messe de minuit comme tout le monde. Le reste de l'année, il faut des mariages ou des enterrements pour les amener à l'église. Alors, pourquoi une visite du curé ?
   Il est bien connu des ménagères ; elles l'ont surnommé "Saint-Vite", manière de tourner en dérision ses habitudes de pique-assiette.
Aujourd'hui, il est un peu tard pour se faire inviter ; c'est un autre motif qui l'amène, ce que nous pourrions appeler son "petit commerce". Il veut s'entretenir avec Tailleur du repos de l'âme de ses enfants. Jusqu'à présent, le père n'a pas commandé de messe pour leur salut ; c'est à lui, le curé, de le rappeler à ce devoir sacré qui, accessoirement, est aussi son gagne-pain.
    Dans l'estaminet vidé de sa clientèle, restent Tailleur absorbé à sa couture et Madodine qui passe des tartines de beurre à Antoine, le petit mendiant.

"Je tombe à pic, se dit le visiteur; je vais m'attirer leurs bonnes grâces". Il s'approche de l'enfant, lui caresse la tête et le plus aimablement qu'il peut : "Tu en as de la chance ! Ces tartines ont l'air bien bonnes. J'espère que tu n'as pas oublié de dire merci à la dame."

Puis, se tournant vers Madodine, avec son meilleur sourire, il lui adresse un compliment à sa façon : " C'est très bien de faire la charité, vous êtes bonne. Dieu vous le rendra."

Tout content de son effet, il se prend un retour inattendu.
" Qu'est-ce qu'il me rendra ? Je ne lui demande rien... à moins qu'il puisse me rendre ce qu'il m'a pris... Sortez !"
    Saint Vite ne demande pas son reste, il prend la porte et Madodine s'effondre en larmes.
Enfin ! Ces pleurs qui ne sortaient pas et l'étouffaient, ce vilain hypocrite les a fait sortir.
A partir de ce jour, l'estaminet perdit la considération des bigotes et gagna celle des "bouffeurs de curé".

Libre à chacun de décider s'il fut perdant ou gagnant.    

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 18:18

     Une interrogation teintée de chagrin : à présent, qui va nous parler de Thucydide ?
La liste de ceux et celles qui en étaient capables ressemble de plus en plus à une rubrique nécrologique et Jacqueline de Romilly vient de nous quitter.
Sa mort, c'est une lumière qui s'éteint et l'obscurité nous attriste.

    Elle avait quatre-vingt-dix-sept ans ; d'aucuns trouveront que c'est un bel âge et qu'il vaut mieux réserver notre chagrin à ceux qui nous quittent dans la fleur de la jeunesse sans avoir eu le temps de développer leurs talents. Celle que nous avons tant de peine à laisser partir, ce n'est pas une vieille dame parmi d'autres, c'est une femme engagée.
    Les auteurs grecs étaient sa vie et leur enseignement son combat.
Elle a consacré des dizaines d'années à défendre les "humanités".

Elle savait, mieux que personne, montrer toute la joie que leur fréquentation nous réserve. Toute sa notoriété d'académicienne était investie dans leur sauvetage.

   Son combat nous semblait beau et juste mais elle l'a souvent mené seule.
Parmi toutes les causes pour lesquelles nous appelons ou revendiquons, nous en trouvons toujours de plus urgentes.
Nous ne pourrons donc nous en prendre qu'à nous-mêmes quand nos enfants iront en vacances au Club Med, en Grèce, sans jeter un regard à l'Acropole. Nous continuerons à nous revendiquer de la démocratie, comme si nous l'avions inventée, sans en cultiver les racines.


    Les sapins de Noël sont de saison ; nous devrions nous saisir de leur exemple pour nous rappeler que les civilisations comme les arbres sont condamnées dès qu'on a coupé leurs racines.
    Nous pourrions demander pardon à Jacqueline de Romilly de notre manque d'engagement. Le geste serait convenable mais sans effet. Plus efficace, reprenons son combat sans trêve ni compromis (ils finissent toujours en compromissions), exigeons le maintien des filières de lettres classiques latin et grec et montrons l'exemple en y inscrivant nos enfants.

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 09:50

    Que la lumière soit. C'est une formule qui tombe à pic, aujourd'hui, 13 décembre, la Sainte Lucie.

Toute l'Europe du Nord fête la lumière.

Je n'ai pas fait de recherches approfondies sur d'éventuelles origines vikings, après-tout pas impossibles.

Non, le 13 décembre est pour moi, avant tout, un petit matin de 1973 où mon fils est né  (pas aîné ... il est unique !)

    Alors, je lui souhaite un bon anniversaire et, comme il n'est pas trop bête, je présume que la fée sur son berceau fut la sainte des lumières.

    Que la lumière sur lui persévère.

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 23:31


   La monarchie britannique cultive de savoureuses traditions aussi séduisantes que mystérieuses pour les Français républicains.
Au nombre des us et coutumes sacrés, l'interdiction faite aux héritiers du trône de partager un moyen de transport. Dans la pratique, le roi et le prince de Galles ne prennent pas le même bateau ni le même avion. Cet usage n'est pas récent ; il ne remonte jamais qu'au douzième siècle.


   En ce temps-là, une nuit de réveillon, La Blanche Nef fit naufrage en revenant de Normandie, noyant la fine fleur de l'aristocratie anglo-normande et, parmi eux, l'héritier du trône. Les chroniques racontent qu'à partir de ce jour, le roi Henry Beauclerc cessa de rire à tout jamais et, de peur de ré-affronter pareille catastrophe, on institua pour la famille royale l'obligation de voyager séparément.


    Il paraît  que Canal + sort une adaptation télévisée des Piliers de la Terre de Ken Follet.
N'étant pas abonnée, je n'aurai sans doute pas l'occasion d'en profiter mais je recommande, à tous ceux qui le peuvent, de la regarder pour se faire un jugement, et, surtout, de lire le roman si ce n'est déjà fait.
C'est une perle littéraire comme on en rencontre peu, à vous réconcilier avec le roman historique, même si vous étiez fâchés. En même temps, c'est un polar au temps passé, il repose sur une énigme : qui sont les responsables du naufrage de la Blanche Nef ? 


    A la fin, en bon auteur de polar, Ken Follet résout l'énigme. Bien sûr, c'est sa solution mais elle se tient.
Pour les sourcilleux qui piaffent d'impatience à la perspective de traquer l'anachronisme ou l'erreur historique, on leur souhaite bon courage.

Ken Follet qui n'est pas un historien professionnel a fait mieux que se tirer d'affaire.


      Souhaitons que l'adaptation télévisée se montre digne de l'écrit.

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 19:47

Notre ministre de l'intérieur, celui que les sécuritaires du monde entier nous envient,  est  comme un enfant devant un arbre de Noël.

Il ouvre de grands yeux pleins de convoitise devant les chars des forces de l'Ordre brésiliennes.

Pourchasser les gangs des favelas (traduire : les racailles des quartiers ) avec des blindés et autres armes de guerre. Il doit en baver notre flic en chef.

C'est vrai qu'il est petit joueur à côté de ses homologues.

Bien fait !

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 10:04

     La prochaine révision des lois de bioéthique met la tempête sous le crâne de certains.

    Au nombre des questions posées, la fin de l'anonymat pour les dons de sperme ; il paraît que les enfants ainsi conçus aimeraient connaître leur géniteur.
     La mode veut qu'on écoute les états d'âme des enfants. Et si l'on s'intéressait un peu aux hommes ?


     Mettons-nous à la place du donneur.
Il a des enfants (ne pas être stérile est une condition impérative !).
Connaissant les joies de la paternité, il veut offrir le même bonheur à un couple sans enfant. Il est prêt à payer de sa personne .
C'est un service qu'il rend à l'humanité comme on fait un don de sang ... en moins pénible, malgré tout, même si l'éprouvette manque de glamour mais le geste, dans son esprit, n'a rien d'un projet parental.
Il se veut bienfaiteur de couples stériles, jamais père des enfants nés de ses dons. De toute façon, il ne connaît pas la receveuse ; sans figure maternelle, difficile de projeter une descendance.


     Même si une curiosité fugace ne peut jamais être exclue, ni le géniteur ni sa famille ne désirent être envahis par des "Papa !" tonitruants poussés par des inconnus.
Supposons que l'enfant produit d'un don de sperme connaisse l'identité du donneur ; même s'il prétend le contraire, il va chercher à établir le contact. Ne soyons pas naïfs.
A partir de là, on peut tout entrevoir, surtout des problèmes.
 
     L'entente entre personnes n'est pas génétique. L'enfant issu du don est né et vit dans une autre famille que celle du donneur, avec une autre éducation . Rien ne dit que la différence génère la sympathie.
Une famille est une cellule qui a toutes les chances de se transformer en citadelle assiégée si elle craint les empiètements d'une pièce rapportée, et la première victime du conflit sera le géniteur. Ses enfants lui reprocheront d'avoir été imprévoyant, de les avoir exposés aux conséquences d'un geste irréfléchi.
    Le monde n'est pas habité de purs esprits dépourvus de préoccupations matérielles. Imaginons que le donneur et les parents de l'enfant aient un statut social très différent, que le donneur soit beaucoup plus riche et que l'enfant entreprenne de revendiquer sa part. Même si la loi ne lui en donne pas le droit, les demandes, réclamations et pressions diverses n'ont pas besoin de loi pour gâcher le quotidien.
    Pour les parents bénéficiaires du don de sperme, la situation ne serait pas forcément plus enviable. Voir leur enfant les mépriser parce qu'il envie une autre famille et s'en rapproche, ce n'est certainement pas ce qu'ils attendaient de la naissance d'un enfant.
      Le pire n'est jamais certain mais un père de famille tenté de faire un don de sperme ne prendrait plus sa décision sans entrevoir toutes ces difficultés. Parions que beaucoup renonceraient à leur projet.


      Ceux qui militent pour la levée de l'anonymat y ont-ils pensé ?
A moins qu'il s'agisse d'esprits retors, adversaires du don de gamètes et prévoyant un résultat conforme à leurs intentions.

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 23:10

La formule est de Boris Vian, il aimait comparer bourgeois et garçons bouchers.

Voilà que notre amateur de croc de boucherie persiste et signe : il tient à s'occuper du cinquième risque.

Triste époque ! Autrefois, la longévité était une chance ; aujourd'hui, c'est bien fini, on ne parle plus que d'un risque.

On lui a trouvé un nom, c'est le cinquième risque.

Après le troisième puis le quatrième âge, nous connaîtrons le cinquième risque.

Pas très engageant, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec le cinquième quartier.

Ce vocable désigne, chez un animal de boucherie, les abats et autres bas morceaux ( entrailles, corne, peau, etc. ) Ils ne valent pas cher mais un bon traitement de ce cinquième quartier peut faire la différence entre un bon et un mauvais boucher. 

On finira par mettre en oeuvre ( sans rire ) le recyclage des grands vieillards.

J'exagère ? - A peine. 

Depuis la dite "réforme des retraites", il faut user des carcasses hors d'âge.

Avant de finir dans le cinquième quartier comme de vieilles carnes, franchissons deux étapes ... direct au septième ciel !

 

 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:48

Le remaniement gouvernemental, comme il fallait s'y attendre, est un non événement.

Néanmoins, on y trouvera une réussite absolument remarquable : l'homme que les Français adorent détester devient ministre des commerçants que les mêmes Français détestent depuis la guerre et le marché noir.

Si ce n'est pas répondre aux attentes ...!

Quelque-part, dans ce club de sinistres, on peut trouver un humour qu'on n'attendait pas.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 19:29

 Le massacre des chrétiens d'Irak a commencé.


  Ben Laden et autres allumés de l'Islam politique l'ont décrété : l'irak doit rester une terre religieusement "pure", comprenez : réservée au totalitarisme salafiste.

Même la dhimmitude, déjà fort contestable au regard des libertés, n'a plus droit de cité.

Dans la tradition de l'islam, on pouvait acheter le droit de ne pas être musulman. On payait un impôt, certes discriminatoire, et on avait la paix. Maintenant, c'est fini. Vous pouvez être irakiens depuis des générations, si vous êtes chrétiens, vous n'êtes plus citoyens de votre pays. Si cela peut vous consoler, vous n'êtes pas seuls. Après vous, les chiites, les druzes et autres musulmans non salafistes vous emboîteront le pas. La capacité de nuisance de ces fous de Dieu est incommensurable.
Du fond de leur misère, les chrétiens d'Irak appellent au secours.
Et que font les bonnes âmes ?

On comptait sur elles, on ne doutait pas une minute de leur solidarité. Elles ont été si pressées de soutenir toutes les causes dans tous les coins du monde, on s'attend à ce qu'elles se soulèvent comme un seul homme pour défendre les chrétiens d'Irak.
Hélas, comme dit le poète, le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.
Même le pape se tortille en chipotant ; il craindrait, paraît-il, s'il proteste trop fort, qu'il y ait des mesures de rétorsion contre les chrétiens (c'est déjà fait.). Il suffit d'un peu de mémoire pour se rappeler que c'était déjà l'argument de Pie XII pour abandonner les juifs à la fureur nazie. En tout cas, nous sommes ébahis par une telle manifestation de solidarité envers des coreligionnaires.
Puisque le pape, directement concerné, ne bouge pas, comment s'étonner du silence des autres ?
Tous ces soi-disant humanitaires qui défilent et pétitionnent pour soutenir n'importe quel musulman, même criminel, qui n'hésitent pas à utiliser les ambulances UN pour convoyer des armes au profit des islamo-fascistes de Gaza, les experts dans l'art de susciter la mauvaise conscience de l'Occident, on patientera longtemps avant de les entendre protester.
Pourquoi ?
L'ignorance volontaire, la bêtise.
Il est plus facile de simplifier que de se documenter. Ils sont nombreux à confondre religion et politique. Pour eux, les chrétiens d'Orient doivent payer pour l'Occident.
Bien sûr, on peut accueillir quelques chrétiens pour leur sauver la vie mais ils ont le droit de vivre chez eux en sécurité.
Même si nous détestons la guerre, nous finirons par reprocher aux Américains de n'avoir pas fini le travail.

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 10:42

    J'ai provoqué, naguère, (voir l'article "Aux chiottes!" 12/2008) des réactions amusées, certains ont même bien ri, quand j'insistais sur la nécessité de doter de chiottes correctes les pays sous-équipés. Pourtant, une hygiène de base est une nécessité vitale au même titre que la nourriture.

La situation actuelle en Haïti, victime du choléra, après le Zimbabwe, en est malheureusement la démonstration.

Piqué dans Le Monde.fr :

L'épidémie de choléra s'étend en Haïti
Elle a déjà fait 583 morts, entraîné plus de 9 000 hospitalisations depuis la mi-octobre et  gagné la capitale, où on signalait mardi un mort et 73 malades. Les ONG s'attendent à une propagation rapide du fléau et appellent à l'aide.

De quoi nous rendre humbles, avec notre modernité triomphante. Nos brillants techniciens établissent la communication avec les trous les plus improbables (qui n'en demandaient pas tant) et nous ne sommes pas fichus d'installer des latrines de campagne, moyen simple et efficace d'éradiquer typhoïde et choléra.

Il est vrai que ce sont des techniques sommaires, il n'y a pas grand'chose à vendre pour les industries high tech. Soigner les malades après qu'ils ont contracté le microbé, là, au moins, il y a un bénéfice à prévoir pour nos industriels du médicament.

Il y a comme de la honte dans l'air.

 


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