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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 10:07

... et m'fait grincer des dents. Le bel azur me met en rage. (Georges Brassens)

Il y a de quoi se faire du mauvais sang. Le mois d'avril est la clé du résultat de l'année agricole.

Un avril sec, comme nous avons, cette année, ne se rattrape pas ; les récoltes seront mauvaises.

En plus, sur la terre sèche, le vent soulève de la poussière chargée de toute la chimie dite-phytosanitaire que les sols n'ont pas absorbée.

Ce sont les êtres vivants, animaux et êtres humains, qui vont digérer le cocktail.

Bonjour les allergies et autres intoxications.

N'en déplaise aux professionnels du tourisme qui ne voient pas plus loin que leur tiroir-caisse, ce bel avril est une calamité.

Comme la terre desséchée, j'attends impatiemment la pluie.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 10:21

Est-il juste que Bertrand Cantat soit réduit au silence ?
"En réduisant publiquement l'artiste à son méfait, en décidant que Cantat n'est et ne sera jamais rien d'autre que la mort de Marie Trintignant, la double peine de cet 'élargi' confine à une mise au pilori, qui finit par devenir l'instrument d'une dictature de l'émotion, celle des victimes", juge Marie Dosé, avocate à la Cour.

   Ce commentaire a le mérite de l'originalité dans le concert d'indignation (le terme est décidément à la mode) qui poursuit Bertrand Cantat.
   Le public cannibale a trouvé un morceau de choix à se mettre sous la dent : un scandale dans le monde du spectacle avec son lot de confusion entre personnes et personnages.
   Si vous en doutiez, Marie Trintignant n'était pas la courageuse héroïne de "Victoire ou la douleur des femmes". Le public adore confondre ; si la victime s'était rendue célèbre en interprétant des méchantes, elle n'aurait pas suscité autant de passion en sa faveur. Ce qui n'est après tout qu'un triste fait divers devient emblématique des marottes du moment.
 Il est probable que, si Marie Trintignant avait été tuée dans les années 80, l'attention se serait concentrée sur les méfaits de l'alcool et de la drogue. Vingt ans après, les passions du public ont changé, les violences faites aux femmes ont pris le dessus. La peur est entretenue par les médias et utilisée par les populistes au gré des passions changeantes. Il ne fait pas bon devenir un symbole de la grande phobie du moment.

     A quoi bon avoir aboli la peine de mort si c'est pour condamner à une mort civile ?
La prison définitive n'existe pas et elle ne peut pas exister, dans l'intérêt du condamné (dont la foule vengeresse se fiche éperdument) et dans l'intérêt de la société ; le prisonnier sans espoir de sortie devient une bête féroce, une menace pour tous. Il doit se projeter dans l'avenir, avoir la certitude de quitter la prison. Vieux principe de la carotte pour l'âne, il est même nécessaire qu'il puisse raccourcir sa peine par un bon comportement.
Quand la porte s'ouvre, on attend de lui qu'il se réinsère, qu'il retrouve une place dans la société, qu'il reprenne son métier, tout ce qui fait la vie d'un citoyen comme les autres. Il a payé sa dette à la société. Sa peine purgée, l'ancien prisonnier a droit à l'oubli.
    Pourtant, ces derniers temps, le vieux principe de la sanction suivie de réinsertion est fréquemment remis en cause.
Les statistiques peuvent bien démontrer le contraire, le public voit dans chaque prisonnier libéré un récidiviste en puissance. Il accepte et demande toujours plus de prisons, des peines toujours plus longues, une peine après la peine, absolument contraire à la notion de justice.


    La justice ... Elle court un grand risque, spécialement illustré par cette affaire surmédiatisée, le poids de la parole des familiers.
    Rappelons nous que la justice, depuis des temps immémoriaux, s'est imposée contre la vengeance, l'établissement de corps judiciaires professionnels permettant de dire le droit dans l'impartialité, loin des tenants d'un conflit.
C'est une construction patiente qui a mis du temps à s'établir, encore attaquée là où règnent la vendetta et les pseudo-justices privées.
    La France se dit état de droit mais sa justice est de plus en plus menacée par l'importance que certains voudraient rendre aux familles dans les affaires criminelles.

   Ce n'est pas aux parents des victimes de dicter aux juges la conduite à tenir.

   Que le public exprime sa compassion et son empathie aux parents blessés, quoi de plus souhaitable ?
Mais qu'il les accompagne et les pousse dans la fuite en avant de la vengeance, ce n'est plus de la justice, c'est du lynchage.
   Des siècles de civilisation pour en arriver là ... Et les promoteurs de ce retour en arrière sont les mêmes qui s'insurgent contre les crimes d'honneurs et autres usages tribaux en cours dans d'autres contrées.


    Comprenne qui pourra...

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 18:19
  Le Sénat autorise la recherche sur l'embryon et les cellules souches.
En adoptant en première lecture le projet de loi sur la bioéthique, le Sénat s'oppose au gouvernement qui souhaitait maintenir l'interdiction de la recherche sur l'embryon et les cellules souches.
Les sénateurs ont démonté les articles que les députés avaient adoptés en février. Ils ont opté pour une autorisation encadrée de la recherche sur les cellules souches embryonnaires alors que l'Assemblée avait préféré le renforcement du régime d'interdiction. Par 187 voix contre 142, ils ont rejeté l'amendement du ministre de la santé, Xavier Bertrand, renvoyé à ses chères études Ce dernier a bien essayé de revenir à la charge après une suspension de séance, sans succès.
Un véritable camouflet pour le gouvernement !

Les sénateurs, aussi, affichent leur différence sur la bioéthique. A l'encontre des députés, ils ne souhaitent pas l'interdiction du dépistage prénatal (DPN). Décidément, de mauvaise humeur, ils ont aussi rejeté le transfert d'embryon post-mortem.
C'est donc la fronde au Sénat.
Dorénavant, ne faîtes plus rimer "sénateur" avec "conservateur" mais avec "agitateur".
Bizarre, comme c'est bizarre ...
Les esprits chagrins ne manqueront pas de remarquer la proximité des élections sénatoriales. Courageux mais pas suicidaires, les candidats à la réélection ne veulent pas rester sur le Titanic d'un gouvernement en perdition.
A moins qu'ils aient résolu de se comporter en sages qu'ils sont s(c)ensés être... Après tout, une bonne surprise est toujours possible.
Ne jouons pas au renard de la fable, dédaignant les raisins trop verts. Une bonne nouvelle pour la science n'est pas à négliger.
Ceci dit, ne crions pas "victoire!" trop vite. Un texte amendé par le sénat retourne à l'Assemblée Nationale où les députés pourront le réécrire, à leur tour.
Tiens, il me revient un thème qui a longtemps fait les choux gras des campagnes électorales. Les adeptes du travail jusqu'à la mort (pour les autres !) plaçaient en exergue le cas de brillants chercheurs qui s'expatrieraient parce qu'en France on les empêcherait de travailler au delà de l'âge de la retraite, ce qui est archi-faux.
Les atermoiements et volte-face irresponsables d'hommes politiques soumis à la pression de lobbies obscurantistes laissent les chercheurs dans une insécurité dommageable à leur travail. C'est un motif d'expatriation beaucoup plus vraisemblable qu'un légendaire âge limite.
Si les hommes politiques devenaient raisonnables (on peut toujours rêver !), ils laisseraient la science en paix pour l'avenir de tous.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 22:42

    Comme prévu, au débat imposé par l'Union pour une Minorité de Privilégiés, officiellement ,on se penchait sur la laïcité. Les célébrités qui n'ont pas décliné l'invitation n'ont parlé que de l'islam, ou presque. Comme d'habitude, ils ont rabaché la liste des nuisances qu'il provoquerait dans un pays où il est encore largement exotique.


   Ce genre de réunion n'a qu'un but : faire parler. Il faut intéresser le télespectateur qui aime les idées simples ; pas question d'aborder plusieurs sujets. Peu importe si la simplification confine à la caricature.
Résumons nous, l'urgence et le scandale résident dans l'islam ; on évite soigneusement les autres religions. Dans le coup et par contraste, on les fait passer pour des cénacles de saints et d'anges ; ils ont autant de qualités que les musulmans ont de défauts.


    Gardons assez d'esprit critique pour échapper au piège si grossièrement tendu.

Certes l'islam regorge d'"allumés graves" ; de l'abattage rituel aux crimes d'honneur en passant par le voile et la polygamie, il y a largement de quoi les "rhabiller pour l'hiver", mais les croyants "bien de chez nous" ont leur capacité de nuisance. Entre burqas et minarets, nous avions tendance à les oublier.


   Justement, ce mercredi 6 avril, Marc Peschanski et Cécile Martinat, éminents chercheurs que, selon la formule consacrée, le monde entier nous envie, cosignaient dans Le Monde une lettre appelant à ne pas interdire les expériences sur les cellules souches embryonnaires. Ils font l'inventaire des contre-vérités répandues pour discréditer ces travaux et pointent les responsables de ces mensonges avérés : les lobbies conservateurs de l'Eglise catholique.


    Rappel succint du problème : les embryons, au tout début de leur division cellulaire, sont formés de cellules souches qui ont une aptitude remarquable à former toutes sortes de tissus. Cette particularité, on l'imagine sans peine, ouvre une foule de pistes à la recherche médicale qui est obligée de piétiner.
   Pourquoi ?
   Parce que les catholiques conservateurs sont des adorateurs de l'embryon sacré.

   Dans leur (saint) esprit, l'être humain existe depuis la rencontre des gamètes donc on ne doit pas bricoler sur les embryons. C'est un point de vue qui se défend, peut-on dire avant d'avoir réfléchi. Ils oublient seulement de préciser quelques détails :
- Pour le respect d'un embryon sans projet de vie, on néglige des travaux orientés vers la survie et la guérison d'êtres humains bien vivants. Venant de passionnés du respect de la vie, l'attitude est troublante.
- Il n'a jamais été question de fabriquer des embryons pour la recherche ; on utiliserait dans ce cadre les embryons surnuméraires formés dans le cadre de l'Aide Médicale à la Procréation. Quand le couple à l'origine de la fécondation n'a plus de projet parental (il a eu l'enfant qu'il voulait et n'en désire pas d'autres), les embryons non transplantés seront détruits.

   "La poubelle plutôt que la recherche" : voilà une attitude fort peu altruiste, donc anti-chrétienne.
Allons, messieurs les conservateurs, entre deux niqabs à pourfendre, si vous trouvez une minute à consacrer à la révision des lois de bioéthique, peut-être serez-vous encore tout imprègnés d'esprit laïc. C'est le meilleur qu'on puisse NOUS souhaiter à tous.

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 00:11

Où nous retrouvons l'histoire de  Madodine ...


    Tailleur aime la mode. Sa devise pourrait être : "Du passé faisons table rase ..." Sa maison est simple mais agréable ; on donne la priorité au confort et à l'innovation.
Des travaux d'urbanisme encouragent le changement et la modernité.
La population du village augmente, avec le souci de l'hygiène publique. Très logiquement,le conseil municipal sacrifie à dernière mode en usage et vote le déplacement du cimetière.
Finies les tombes minuscules entassées autour de l'église. On va les remplacer par un jardin fleuri qui valorisera le monument et déplacer les morts à la sortie du village. Justement, la providence veut qu'une parcelle y soit à vendre. Les défunts y seront un peu seuls mais connaîtront l'avantage inédit d'avoir de la place. Ils y jouiront pour l'éternité d'un logement décent, un domicile en rapport avec la position qu'ils occupaient de leur vivant. Aussitôt dit, aussitôt fait, maçons et autres tailleurs de pierre se précipitent sur un marché nouveau et lucratif, celui du monument funéraire.

Tailleur imagine déjà son caveau de famille et les objets d'art qui l'orneront.
   Pour mettre son projet à exécution, engager la dépense, il faut convaincre Madodine de l'intérêt de son point de vue et ce n'est pas gagné d'avance.
   On se représente facilement l'époque sous un jour patriarcal ; en réalité, les femmes ont plus que leur mot à dire sur le budget familial, surtout Madodine, c'est elle qui tient le tiroir-caisse et dirige la dépense.

Tailleur guette le bon moment pour négocier.
    Et voilà l'occasion rêvée. Comme d'habitude, la boulangère vient livrer son pain à l'estaminet. Elle en profite pour raconter le dernier scandale qui fait jaser : Adèle, sa belle-soeur, n'avait pas voulu faire de dépense pour la tombe de sa défunte mère, "vous vous rappelez, Jeanne qui est morte , il y a deux ans. Résultat, le corps a été enterré dans l'espace gratuit que la mairie laisse aux déplacés d'office. La famille n'a pas été consultée et voilà que la tombe de Jeanne est voisine de celle d'Eugénie qu'elle ne pouvait pas supporter. Certainement, c'est encore un coup du fossoyeur, il s'imagine que le cimetière lui appartient ! Mais Adèle ne va pas se laisser faire, elle va dire au maire que ce n'est pas à un fossoyeur de faire sa loi ..." et ainsi de suite.

   En général, ces récriminations agacent le couple, il faut bien les supporter, ce sont des clients, mais ils n'y prêtent qu'une oreille distraite, juste polie. Cette fois, pour Tailleur, la commère bavarde est la bienvenue. Elle lui fournit une occasion d'aborder sa dernière envie.
   Madodine a l'air très absorbée par ses choux de Bruxelles ; avec une forte lame, elle racle les troncs fibreux pour récolter les petits choux. L'heure est tranquille. Tailleur juge le moment venu d'aborder sa grande affaire.
   " Dites moi, femme, il ne faudrait pas qu'il nous arrive des ennuis comme à Adèle".
- Quels ennuis ? Elle n'était pas obligée de se quereller avec le fossoyeur, il fallait en parler au maire, d'abord.
- Vous avez raison mais ceux qui ont un caveau de famille n'ont pas tous ces tracas ... "
Madodine ne répond pas, elle paraît complètement absorbée par ses légumes.
Devant le silence buté de sa femme, il relance :
"Nous avons perdu deux enfants ; j'aimerais être sûr que nous irons avec eux, plus tard."
Elle essaie de garder son calme, faire celle qui n'a rien entendu, ne pas réagir, mais la colère monte.

Pour finir, elle se redresse, brandissant le couteau d'un air menaçant et gronde plus qu'elle ne dit : "J'ai déjà assez de mal à nourrir les vivants, nous n'avons pas de sous à dépenser pour un caveau."
 Maladroitement, il essaie d'argumenter. Il ne réussit qu'à faire monter la fureur de Madodine. Impossible de la fléchir ; définitivement, elle refuse ce projet.
La dépense lui paraît superflue mais, avant tout, un rejet viscéral interdit toute discussion : "Êtes vous sûr d'y aller, un jour, dans votre caveau ? On ne sait jamais ce qui nous attend."


    Au cours des ans, Tailleur reviendra plusieurs fois à la charge. Jamais sa femme ne cédera. Elle approuvera bien des tentations et parfois des caprices de son époux, sauf celui-là.
Il mourra le premier, dans les années 20. Madodine ne changera pas d'attitude ; elle le fera enterrer à l'ancienne, sous un carré de gazon et de fleurs, sans monument.
Et elle ? Qu'adviendra-t'il de sa dépouille ?


    Madodine connaîtra une longévité remarquable pour l'époque. En 1940,au moment de l'exode - que les gens du coin appellent "l'évacuation"-, elle a quatre-vingt-dix ans.
Sa santé est assez bonne mais c'est une vieille dame, elle a perdu ses facultés d'adaptation. La nouveauté la perturbe et la désoriente. Elle se déplace encore un peu, dans la maison et le jardin, mais il n'est plus question pour elle de marcher longtemps.
   Quand il se confirme qu'il faut évacuer, chacun se met en route par ses propres moyens ; les plus modestes vont à pied. Que faire des vieux, des infirmes, des malades ? Rien n'est organisé, c'est la panique générale. Les pouvoirs publics n'existent plus ou brillent par leur incurie. Chacun se débrouille comme il peut.
    Pour Madodine, la solution s'appelle Nestor, son petit dernier. Né quinze ans après la mort de ses deux frères, c'est l'enfant consolateur, le fils que ses parents n'espéraient plus. Pour lui, ils ont fait tous les efforts et ont été payés de retour, le petit dernier a réussi. Nestor est devenu boucher.
Pour les besoins de son commerce, il possède une automobile commerciale, ressource inappréciable en la circonstance. C'est donc lui qui se charge de transporter sa vieille mère dans une voiture où s'entassent déjà sa femme, ses deux enfants, leurs bagages et une réserve d'essence. Ils partent vers le sud. Pour se donner du courage, ils font semblant d'avoir un but : la Vendée où sont installés quelques marchands de bestiaux que Nestor rencontre au marché en période de foire.

    En réalité, plus ils roulent, moins ils avancent. Les routes sont encombrées, régulièrement coupées ; il faut rebrousser chemin, tourner en rond, rouler au pas. Et les pompes à essence sont fermées ou vides ; il faut puiser dans la réserve et on ignore quand on pourra la reconstituer.
Autour de la voiture, la foule compacte circule dans tous les sens, bruyante, fébrile et sans but. Madodine s'y perd littéralement. Elle répète sans fin : "Non, non, je vous l'ai pourtant dit, je ne veux point aller à la foire. Ramenez moi à la maison". Elle est de plus en plus agitée et ses enfants de plus en plus préoccupés.


    Ils arrivent ainsi, péniblement, à Rouen.

Là, panne d'essence, Nestor quitte la voiture immobilisée et tente vainement de trouver une pompe encore fournie. Ce qu'il craignait est arrivé, il faut continuer à pied.
Continuer à pied ... c'est impossible avec Madodine. La situation paraît sans issue mais la providence se présente en la personne d'une religieuse qui circule parmi la foule des réfugiés pour offrir son aide. Elle comprend tout de suite le problème et y propose une solution : sa congrégation dispose d'un hospice où elle héberge des personnes âgées. En ces temps difficiles, il ne faut pas hésiter à prendre des surnuméraires en pension ; la soeur propose de se charger de Madodine jusqu'au retour de ses enfants. Les voilà rassurés. L'attitude de Madodine participe à leur réconfort ; dans le calme de l'établissement religieux, sortie de la foule inquiétante, elle s'est calmée, elle ne parle plus de rentrer chez elle et se laisse installer sans protester.

   Tout serait donc pour le mieux si ... 
A leur retour, quelques mois après, ils ne reviennent pas à Rouen, les déplacements sont tributaires du bon vouloir de l'occupant. Nestor et sa famille rentrent dans le nord et entretiennent une correspondance régulière avec l'hospice rouennais.
Ce lien va durer jusqu'au bombardement fatidique.
   Le débarquement allié et la riposte des Allemands qui ne veulent pas se laisser déloger font de la Normandie un champ de ruines. Au nombre des bâtiments pulvérisés, il y a l'hospice de Madodine.
Les murs s'effondrent sur les pensionnaires qui sont écrabouillés. Pas de tri des dépouilles, tout le monde est enterré dans une fosse commune. A la demande de Nestor, l'administration répondra qu'il est impossible de retrouver le corps de sa mère parmi tous les morts de ce bombardement tragique.


   Ironie du sort, intuition, prémonition ? Dans l'acharnement de Madodine, dans l'énergie qu'elle mettait à repousser tout projet de caveau, peut-être avait-elle la certitude de ne jamais y aller ?
Ce n'est, sans doute, qu'un hasard tragique. Certainement, mais on sera toujours étonné de trouver tant de cohérence dans le hasard.

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 21:51

  Une histoire racontée par Maryline Baumard dans Le Monde.

Nogent-sur-Marne est le patelin natal de François Cavanna, père-fondateur de Charlie Hebdo et - surtout - auteur inoubliable des Ritals.

La langue de Cavanna est un véritable hommage à l'école républicaine capable de changer un enfant d'ouvrier immigré en homme de lettres. Pour honorer l'écrivain en oubliant le côté sulfureux de l'homme de presse, la région donna son nom à un collège spécialement dédié aux élèves en difficulté.

Hélas, de coupes budgétaires dans le fonctionnement aux suppressions de postes, l'établissement perd chaque jour les moyens qui lui ont permis d'obtenir le mieux d'enfants venus du pire. Il devient un collège comme les autres, quelconque.

Résultat : Cavanna n'est pas enchanté de voir son nom associé à un désastre. Selon ses propres termes, "il y a tromperie sur la marchandise". Armé de sa plus belle plume, il fait connaître sa désapprobation au recteur de l'académie de Créteil et demande que le collège soit débaptisé.

Coup de pied de l'âne, soucieux de ne pas laisser le recteur dans l'embarras, il lui suggère un remplaçant : Nicolas Sarkosy, emblème parfait d'un collège qui survivra avec moins de profs et moins d'élèves.

Le rôle devrait lui convenir, n'est-il pas le "Petit Nicolas" ?

Il aurait sa plaque. Ce serait son panthéon, en plus réaliste.

Il n'aurait pas un fronton de temple "Au grands hommes la patrie reconnaissante", mais une plaque à sa taille.

Les enfants auraient peut-être encore la chance de posséder un ballon. Pour s'entrainer à marquer, ils viseraient sa plaque et le bon peuple en serait attendri.

Il reste à trouver une autre école qui soit capable de porter dignement le nom de Cavanna.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 00:16


     Il est de bon ton de se moquer du vote ouvrier. Il serait, plus que les autres, gangrené par l'extrême-droite. Manifester un autre point de vue se heurterait à l'incompréhension et au sarcasme.


    La réalité prend parfois un malin plaisir à détromper l'opinion commune ; le Valenciennois vient de faire mentir les oiseaux de mauvais augure.
Pas d'élu FHaine, l'Union pour une Minorité de Privilégiés n'a pas remporté plus de succès, ni les gardiens de la rose.
    Prodige inconnu depuis des décennies, la carte des résultats électoraux est entièrement rouge. Tous les conseillers généraux du Valenciennois sont aujourd'hui communistes.


    Les brillants analystes de la chose politique sont priés de revoir leur copie. Le Valenciennois, vieux terroir ouvrier, a sauvé l'honneur.
    L'ouvrier immigré n'est pas forcément traité en concurrent.
    Le vote FN n'est pas une conséquence  automatique du chômage et du déclassement.

     L'air se fait plus léger, c'est vraiment le printemps.

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 09:14

 Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.

C'est le préambule de la Constitution.

La "Préférence Nationale" est incompatible avec elle.

Le FHaine n'a pas sa place dans la République.

Honte à ceux qui tolèrent sa présence et lui donnent la parole en attendant de lui céder la place !

 

 

Il y a quinze ans, quinze ans déjà (!), nous étions quelques uns à militer pour l'interdiction du FN.

Nous n'avons pas été suivis.

Trop de gens trouvaient commode d'agiter cet épouvantail.

 

Les fruits empoisonnés de la tolérance ont mûri.

Il est grand temps de réagir !

 

Aucun candidat FHaine ne doit être élu.

 

Au lieu de l'habituel fatras de lois sécuritaires aussi redondantes qu'inutiles, les prochains élus de la République devront se donner comme priorité l'élimination de son ennemi mortel.

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 16:23

     Les temps sont durs, me direz-vous. Japon, Lybie, lepenisation ... pas de quoi rire.

     Pourtant, c'est le printemps ... qui devrait nous rendre optimistes.

      Surtout, c'est la fêtre juive de Pourim.

Ne comptez pas sur moi pour vous en expliquer le sens. Mes compétences ne vont pas jusque-là ; si quelqu'un est assez savant pour s'y coller, ce blog l'accueille volontiers.

Ce qui est bien connu, en tout cas, c'est que Pourim est une sorte de carnaval et le jour des blagues.

Alors, pour sortir de la mélancolie ambiante, ouvrons une page de festival des blagues.

A chacun de poser une pierre de l'édifice en racontant une bien bonne ; si c'est une histoire juive, mais pas antisémite () ce sera encore mieux.

 

Bien sûr, vous êtes chaudement encouragés à inviter des copains (et n'oubliez pas de vous inscrire à la newsletter du blog.)

Allons, je commence et attends vos histoires en rubrique "Commentaires".

 

Histoire de logique :

Des années de lycée, tout le monde se rappelle qu'un raisonnement se discute de la manière suivante :

Thèse -antithèse - synthèse.

Pour tout le monde sauf ... pour les intellectuels juifs. Pour eux, c'est thèse - antithèse - antithèse - antithèse   antithèse - antithèse - antithèse - antithèse - antithèse - antithèse  ...

 

 

A vous !

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 11:00

    Nous sommes lourdement écrasés par les nouvelles du Japon et de la Lybie. Difficile de penser à autre chose.

Alors, essayons de nous en extraire pour quelques minutes, le temps de retrouver d'autres situations généralement objet de désinformation.

       Un article de Gerard Fredj (Israël Infos) :

 
 
Mohamed Nabil Taha, 11 ans, est décédé sur le parking de l'hôpital dans lequel ses parents tentaient de le faire admettre pour une détresse respiratoire; l'admission lui a été refusée car ses parents n'étaient pas en mesure de payer les soins qui auraient pu lui sauver la vie, soit 1500 dollars.

Mohamed Nabil Taha est un enfant palestinien, et son décès s'est déroulé dans un hôpital libanais, l'hôpital de la ville de Sidon, au sud du Liban, pays où il est né.

Cette tragédie illustre la situation d'apartheid dont sont victimes les palestiniens dans les pays arabes dans lesquels ils vivent, un apartheid qui nie leur droit à l'éducation, à la santé, au travail.

Qu'elles n'auraient pas été les critiques –justifiées – si Mohamed s'était vu refuser des soins dans un hôpital israélien sous prétexte que sa famille ne pouvait pas en régler le coût.

Mais des dizaines de milliers de palestiniens sont soignés dans les établissements médicaux où hospitaliers israéliens, qu'ils aient les moyens de payer ou pas, et il n'est pas rare que des palestiniens demeurant dans les territoires administrés par l'autorité palestinienne et souffrant d'affections graves, arrivent aux urgences des hôpitaux d'Israël pour se faire soigner.

Non seulement ce n'est pas rare, mais ils étaient même 180 000 en 2010, des Territoires palestiniens mais également de Gaza à venir se faire soigner en Israël, bien que la plupart n'aient ni couverture médicale, ni les moyens de payer les soins - donc aux frais du contribuable israélien, sans que celui-ci n'y trouve à redire, car la vie ne se marchande pas.

Il y a deux semaines, le Hamas accusait l'autorité palestinienne de bloquer la livraison de médicaments permettant de soigner des maladies graves, notamment des cancers.
Certains de ces patients ont été admis dans les hôpitaux égyptiens ou israéliens.

La semaine dernière, un hôpital jordanien annonçait qu'il n'admettrait plus de malades palestiniens atteints du cancer, l'Autorité palestinienne ne payant pas les frais d'hospitalisation.

En Israël, certains terroristes, alors qu'ils avaient essayé de tuer des israéliens, ont bénéficié des soins les plus pointus dans les meilleurs hôpitaux du pays.

Il n'y aura pas de résolution du conseil de sécurité de l'ONU dénonçant l'apartheid dont sont victimes les palestiniens dans les pays arabes, mais cette semaine est la "semaine de l'apartheid israélien" décrétée aux quatre coins du monde par les organisations palestiniennes et leurs supporters

 

Toutes les vérités sont bonnes à dire, même celle-là.

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