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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 05:58

Le 20 août, c'est la fête de Bernard, prénom d'origine germanique, étymologiquement "ours courageux".

 Cette définition, il faut bien le reconnaître, va comme un gant au patron des Bernard français, Bernard de Clairvaux, saint du XIIème siècle, généralement décrit par ses amis comme un conservateur courageux et, par ses nombreux adversaires, comme un abruti fanatique.

A son actif, d'entrée de jeu, un tour de vis sur la règle de St Benoît.

En France, du Xème au XIIème siècle, le fleuron de la règle bénédictine était Cluny, ordre très prestigieux, faiseur de rois et de papes. Sa splendeur dépassait de loin St Pierre de Rome, pour la gloire de Dieu, bien entendu. L'opulence suscitant la réforme à toutes les époques, des moines adeptes de l'ascétisme vitupérèrent la gloire de Cluny et bientôt fondèrent l'ordre de Citeaux dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'était pas question de s'y amuser. Bernard de Clairvaux fut le plus célèbre d'entre eux. L'ordre cistercien, c'était un régime sévère, proche de la famine, des locaux nus sans décoration ni chauffage, le travail manuel et l'hostilité à l'égard des travaux intellectuels non strictement religieux. Des fanatiques, on vous dit.

Bernard ne demeura pas reclu dans son monastère, il voulait faire profiter la chrétienté entière de son zèle militant.

Il combattit Abélard (celui dont l'aventure avec Héloïse avait si tragiquement fini). Ce grand intellectuel voulait relier philosophie et théologie ; pour Bernard, seule comptait la parole divine, exit la philosophie, il fit condamner les propositions d'Abélard.

Décidément fort concerné par le monde, Bernard organisa un ordre de moines-soldats, les Templiers, qui ne furent pas spécialement ascètes. Dans le même mouvement, il appela à la deuxième croisade qui fut un échec mais, loin de se décourager, il lança la croisade contre les Albigeois. Le seul geste de douceur qu'on retienne à l'actif de cet homme de Dieu est d'avoir interdit de massacrer les juifs. Il voulait "seulement" les convertir.

A part cette mansuétude fort relative, il faut bien reconnaître que c'était un bel exemple de taliban catho.

 

Alors, les Bernard, ne suivez surtout pas le mauvais exemple de votre saint patron.

Bonne fête. On vous embrasse.

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 22:51

 

On vous aime bien, on vous embrasse mais, sans vous vexer, il faut qu'on vous le dise, vous n'êtes pas originaux.

Encore un prénom breton dû à un moine irlandais débarqué sur le continent au temps des mérovingiens.

Armel eut une activité des plus classiques : fonder quelques monastères et pourrir la vie du roi  fainéant Childebert en lui faisant la morale ; rien que de très ordinaire, pas de quoi bâtir une légende.

Pour devenir saint, il faut très vite accomplir un miracle... qui survient au sud de la célèbre forêt de Brocéliande.

Un dragon, animal ordinaire dans le monde du merveilleux, ravageait le pays.

Ce fut l'occasion rêvée de faire une démonstration de la puissance divine. Armel prit son étole et de l'eau bénite, dompta le monstre et le chassa du pays (un saint ne tue pas, même un dragon, il l'éloigne).

Armelle et Armel de notre temps, la voie est tracée ; il ne vous reste qu'à la suivre.

Le plus compliqué sera de trouver un dragon ; l'espèce menacée est en voie d'extinction !

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 22:27

     Un pharmacien voulait donner à sa vitrine une déco de circonstance pour le 15 Août.

 

      Au dessus du distributeur de préservatifs, il avait installé une statue bien saint-sulpicienne de Notre Dame de Lourdes et, en dessous, un écriteau :

 

Sainte Vierge

Vous qui avez conçu sans pécher

Faites que je puisse pécher sans concevoir.

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 09:19

Ils ne sont plus très nombreux. Ce que c'est que la mode ! C'est bien dommage, scènes de crime pour scènes de crimes, la mythologie grecque et les tragédies de Racine avaient une autre allure que les séries télé ...

Amis de la culture grecque et des auteurs tragiques, voici le rappel d'une histoire très affligeante et pas du tout édifiante.

C'était un beau garçon, cet Hippolyte, fils que Thésée avait eu de la reine des Amazones et, donc, excellent cavalier. Un avenir radieux s'offrait à lui. C'était sans compter avec sa belle-mère.

Il faut dire que le papa, Thésée, était un mufle fini. Coincé dans le labyrinthe, il aurait dû servir de repas au Minotaure. Pour le sauver, la fille du roi Minos, folle amoureuse du prisonnier, trahit son père et donne à Thésée le célèbre fil qui lui permettra de s'échapper. Comme la fille du geôlier de la prison de Nantes, elle voit partir son héros qui la plante là, pas reconnaissant pour deux sous. Pire, il emmène la petite soeur d'Ariane, Phèdre qu'il va épouser.

Dans les mythes comme dans la vie, bien mal acquis ne profite jamais ; Phèdre tombe raide amoureuse d'Hippolyte, tentation de la chair fraîche .... Mais le garçon, soit qu'il ne la trouve pas à son goût, soit qu'il respecte la chasse gardée de son père, refuse de céder à ses avances.

Pour se venger d'un tel manque de considération, cette salope livre à Thésée une fausse dénonciation du malheureux. Le présumé cocu cède à la fureur de la vengeance et fait saboter le char de son fils qui meurt piétiné par ses chevaux. Pour plus de détails, consulter les mythes grecs et Jean Racine.

 

Il reste à souhaiter aux Hippolyte d'aujourd'hui un avenir plus serein.

On les embrasse.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 21:46

     A l'origine, Clarisse n'est pas un prénom. C'est un ordre féminin fondé par Sainte Claire, des sortes de franciscains au féminin.

La fête des Clarisse est célébrée le lendemain de la fête des Claire : deux jours pour les mêmes, elles en ont de la chance !

Pour fêter ça, elles pourront faire des omelettes ou des crêpes en utilisant tous les oeufs qu'on apporte à Sainte Claire pour avoir du beau temps... en espérant pour elles que les adeptes de la tradition joignent le geste à la parole.

Parmi tous ceux qui promettent des oeufs à la sainte, qui en apporte réellement et, d'abord, qui sait où ils peuvent être déposés ?

Qu'Internet leur achemine nos bises très immatérielles mais bien sincères et beaucoup plus certaines.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 23:24

Le jour de leur fête, j'étais éloignée du clavier. Pourvu qu'ils en soient d'accord, je les embrasse en retard.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 22:01

 

Les Dominique sont nombreux et constituent un vrai casse-tête ; prénom unisexe, Dominique a déjà donné lieu à bien des quiproquos et des plaisanteries. On rit encore des jeunes-filles à qui l'institution militaire enjoignait de se présenter à la caserne pour effectuer leur service militaire.

D'autres Dominique ont prêté à rire : une bonne soeur qui chantait "Dominique, nique, nique..." suscitant les plaisanteries qu'on imagine et les histoires corses dont le héros toujours fainéant s'appelle invariablement  Dominique.

Pourtant c'est un personnage important de l'église catholique, fondateur des dominicains, un des ordres les plus prestigieux, à la tête de lycées et universités de très haut niveau.

Il faut dire que ces moines savants se sont fourvoyés dans une aventure qui ne pouvait pas les rendre sympathiques : l'Inquisition. 

Dominique, lui-même, était intervenu dans la guerre de religions connue sous le nom de "croisade des Albigeois" au XIIIème siècle. Il avait mis au point une méthode reposant sur un système de questions-réponses dans le but de ramener les hérétiques à la vraie foi, l'inquisition (de la même famille que "s'enquérir").

Il fallait avoir la candeur d'un saint pour ne pas deviner que la persuasion et la conversion seraient vite changées en coups et bûchers, confiées aux bons soins des agents répressifs, civils et religieux. Le comble de l'horeur fut atteint quand l'institution fut littéralement annexée par les Rois très Catholiques d'Espagne qui l'utilisèrent pour affirmer leur pouvoir...des plus temporels.

Dominique voit son nom à tout jamais lié à une des pires horreurs commises au nom de la religion.

Mais puisqu'on vous dit qu'il n'y était pour rien ...!

 

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:29

  C'est bien pour leur faire plaisir, vu qu'ils ne sont pas responsables des choix de leurs parents qui auraient bien dû se renseigner avant d'opter pour ces prénoms.

Gaëtan de Thienne, fondateur de l'ordre des moines Théatins (en 1523) est un des pères de la Contre-Réforme catholique, contre-réformateur dans le genre faux-derche qui faisait mine de changer quelques détails pour donner l'impression qu'il modernisait la liturgie. Il espérait ainsi décourager les fidèles de se convertir à la réforme luthérienne (notez bien que ce n'était pas une partie de rigolade, non plus).

Ses continuateurs, aujourd'hui, sont nombreux : tous les dictateurs qui promettent des élections et une constitution à des peuples surtout tentés par le désir de les éjecter.

 


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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 15:24

   Aujourd'hui, le calendrier dit que nous fêtons la Saint Abel, ce qui ne va pas sans nous étonner. 

Pour vous, comme pour moi, Abel n'est pas le nom d'un saint qui serait, par définition, lié à l'histoire du christianisme, mais un personnage beaucoup plus ancien, carrément un des fils d'Adam et Eve, celui que Caïn, son frère, a tué, marquant le début d'un conflit toujours pas éteint entre éleveurs et cultivateurs.

Pour les amateurs de psychologie et de morale, en trucidant son frère, Caïn a fait naître la mauvaise conscience qui sera elle-même à l'origine d'une foule de soucis. Comme l'écrivait si bien le cher Victor Hugo, "L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn". Il aurait pu éviter de nous en faire les héritiers, mais il en va des fautes des ancêtres comme du péché originel et des maladies génétiques, elles se transmettent aux successeurs qui paient les pots cassés de querelles familiales auxquelles ils n'ont pas été mêlés.

Cette histoire de règlement de comptes entre frères est racontée dans le livre de la Genèse, socle de la Bible hébraïque. Or, le christianisme, s'il n'a été, au départ qu'une petite secte juive assez minable, a très vite compris que, pour exister, il lui fallait délimiter son pré carré.  On oublia que la Bible hébraïque, était Le Livre fondateur du christianisme. Rebaptisée Ancien Testament, elle fut reléguée aux oubliettes et les juifs qui n'avaient pas eu la bonne idée de se convertir furent traités en hérétiques et persécutés. Mais faire table rase n'est pas si facile ; il faut tenir compte des habitudes que les populations abandonneraient avec peine.   

  La solution choisie avec une certaine efficacité fut le syncrétisme.

- Il paraît difficile de quitter une ancienne croyance ? On ne va pas s'entêter à la combattre, on la rhabille.

Les dieux et déesses des vieux cultes agraires, les anciens prophètes de la Bible, tous ces noms présents en abondance dans la vie des gens, on va les changer en saints ou en anges. S'il faut bricoler un peu, pas de problème, personne n'ira vérifier.

Dans le cas d'Abel, on trouva fort opportunément un pieux abbé porteur de ce prénom, c'était un belge  contemporain de Pépin le Bref. On le canonisa puis on lui trouva une date au calendrier. Et voilà.

Mes chers Abel, si vous croyez porter le nom d'un berger de la Genèse, vous vous trompez. Votre saint patron était juste un copain du papa de Charlemagne.

Bah, ne soyez pas déçus, on vous embrasse quand-même. Bonne fête !

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 10:07

  Bonne fête à tous les Jean-Marie ... sauf un, qu'il aille au diable !

Vous aurez deviné sans peine de qui je ne veux pas célébrer la fête.

Le 4 Août, c'est notre fête à tous. L'anniversaire de la mémorable nuit de 1789 où les privilèges furent abolis.

TIens, ça mérite d'aller boire un coup à la santé de la République.

 

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