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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 07:46

  17 octobre 2011. Voilà 50 ans, la police parisienne, aux ordres du préfet Papon de sinistre renommée, arrêtait  une manifestation d'Algériens dans la violence et la terreur.

Le nombre des victimes précipitées à la Seine a fait l'objet de constantes réévaluations, d'un ridicule "deux ou trois" reconnus par la police, au départ, à plusieurs centaines, bilan admis aujourd'hui par les historiens.

La mémoire de ce véritable crime s'est établie difficilement comme celle de toutes les souillures du drapeau national. On n'a aucun mal à y voir la marque des tenants de l'Algérie Française et celle des fanatiques de l'ORDRE, toujours enclins à préférer le silence à la justice ; plus surprenant, l'oubli a longtemps régné à gauche. Le souvenir du 17 octobre où des Algériens de Paris furent massacrés a été recouvert par celui du métro Charonne, quelques mois plus tard, où la répression d'une manifestation de Français contre l'OAS fit des morts, essentiellement des militants communistes. Le tri des mémoires est souvent plus révélateur que les proclamations anti-racistes.

Les historiens se sont réveillés et mis au travail sur un tard. Aujourd'hui, il est courant de lire ou d'entendre que le premier à publier sur le 17 octobre fut Jean-Luc Einaudi, ... dans les années 90.

Rendons à César ce qui est à César, ou plutôt reconnaissons à un écrivain son rôle de précurseur sur les historiens ; le premier à lancer le pavé dans la Seine, et non dans la mare, fut Didier Daeninckx quand il publia  "Meurtres pour mémoire", prix Paul-Vaillant-Couturier en 1984.

A l'attention du petit nombre qui ne l'auraient pas lu, ils ont tout intérêt à s'y mettre. C'est un polar donc moins ennuyeux que beaucoup d'essais (n'en déplaise aux quelques historiens qui savent captiver). Il détient même un coup de génie : le passage entre les deux "temps forts" de la carrière de Papon, la déportation des juifs pendant la guerre et le 17 octobre 1961.

Pour ceux qui l'auraient lu mais ne rechigneraient pas devant une "piqure de rappel", le ciquantième anniversaire voit la publication d'une BD sur le même sujet par le même auteur avec le dessinateur Mako. C'est "Octobre Noir".

Heureusement, aucun rapprochement avec Septembre Noir ...de sinistre mémoire.

Encore la mémoire ... Décidément, nous n'en sortirons jamais et c'est tant mieux.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:24

   En 1515, année de la bataille de Marignan où s'illustrèrent le roi François 1er et le chevalier Bayart, naquit une fière Espagnole nommée Thérèse.

Son prénom est resté dans l'histoire, complété du lieu où elle vécut : Avila.

Thérèse d'Avila, fondatrice et réformatrice d'ordre, docteur de l'Eglise ; au premier abord, rien de passionnant. Pourtant, la femme est plus intéressante que les quelques mots de sa définition officielle.

Comme nombre de jeunes filles, elle connut la fréquentation des garçons, y prit même un grand plaisir, au point que son père, craignant qu'elle n'attirât la honte sur son nom et sa famille, jugea préférable de la confier à un couvent. C'était un établissement à la mode de la renaissance, sans clôture ni pénitence ; sa principale fonction consistait à héberger des jeunes filles de bonne famille dans l'attente de leur mariage. Jusqu'ici, la vie de Thérèse ressemble à celle de beaucoup de filles de la bonne société de son temps ; ce n'est pas ainsi qu'elle acquit la célébrité. 

Elle menait, à sa manière, une double vie.

Elle avait connu le plaisir et ne prétendait pas y renoncer. En même temps, sa vie intellectuelle et religieuse  était intense. De simple pensionnaire elle se fit nonne, la puissance de sa pensée et sa connaissance des textes lui valurent une carrière éblouissante. Dans tous les établissements où elle passait, elle mettait de l'ordre et de la rigueur, créant la règle carmélite qui s'imposera aux couvents de femmes jusqu'à nos jours.

Ce travail intense d'organisatrice ne pouvait la satisfaire, elle qui avait toujours la chair ardente. Elle sublima donc ses relations avec Dieu.

On ne peut s'empêcher d'y penser, c'est elle que Dieu aurait dû choisir pour lui donner un fils. Non seulement, il aurait assuré sa descendance mais il aurait certainement passé un bon moment... Tant pis, l'affaire était faite, il restait à Thérèse d'essayer l'union avec un être immatériel.

    C'est là qu'intervient la force de l'esprit, l'espèce de transe spirituelle qui a pris le nom d'"extase mystique". Quand on lit la prose de Thérèse, aucun doute n'est possible sur la nature de son plaisir, un orgasme sans rien toucher.

C'est une expérience qui n'est pas accessible à toutes. D'aucuns y verront les ravages de la frustration et de l'abstinence. D'autres insisteront sur la force vitale et le bonheur qui se dégagent de Thérèse d'Avila.

    A défaut de pouvoir jamais connaître sa vérité, imaginons que c'est elle qui a servi à Victor Hugo pour écrire sa "Légende de la nonne" mise en musique par Georges Brassens :

Elle prit le voile à Tolède, au grand soupir des gens du lieu
Comme si, quand on n'est pas laide, on avait droit d'épouser Dieu
Peu s'en fallut que ne pleurassent les soudards et les écoliers
Enfants, voici des bœufs qui passent, cachez vos rouges tabliers.

 

         Alors, bonne fête aux Thérèse que nous embrassons. 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 08:44

  Si vous connaissez des Géraud, il y a de fortes chances qu'ils soient jeunes, contemporains de la mode des prénoms moyenâgeux.

Dans les années 80 fleurit le médiéval-fantastique, un style fort apprécié dans les jeux de rôles. Les adeptes du total look ont adopté et répandu l'usage de prénoms qui fleurent bon le château fort. On a vu fleurir les Thibaut, les Renaud, les Geoffroy et même des Enguerrand, prénom difficile à porter avec des baskets.

Géraud vient du même cru.

Bien sûr, il existe un St Géraud, une vocation contrariée. Héritier de la seigneurie  d'Aurillac, il fut contraint d'assumer les obligations de sa vie de chevalier du dixième siècle. Lui, ce qu'il aurait voulu, c'est entrer au monastère.

Il fut réduit à ménager la chèvre et le chou ; il tint le domaine que sa naissance lui imposait de défendre. Normalement, il aurait dû aussi le transmettre mais, sur cette question, il refusa de s'exécuter et ne se maria jamais. Il se montrait chaste au point de présenter des excuses aux femmes qu'il avait trouvées belles. La seule tentation, même pas assouvie, lui était un péché.

S'il n'eut pas d'enfant pour hériter de ses domaines, sa fortune ne resta pas inemployée. il fonda et dota l'abbaye d'Aurillac qui servit de modèle à la glorieuse Cluny.

Après sa mort, il fut canonisé. L'église ne pouvait pas faire moins pour récompenser tant de sacrifices.

Bonne fête à tous les Géraud.

Comme on les espère moins fâchés avec la chair, on les embrasse.

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 09:49

    On n'ose pas se montrer optimiste, après une si longue attente toujours déçue, mais la libération de Guilad Shalit serait proche.

Les fous deviendraient raisonnables.

L'accord se confirmerait : mille prisonniers palestiniens en échange de Guilad.

La disproportion des chiffres vous étonne ?

- Pas de raison, il suffit ne nous rappeler que, dans le passé, Israël a déjà échangé des centaines de prisonniers contre des cadavres, simplement dans le but de les enterrer dignement dans la terre d'Israël. Et puis un citoyen vaut l'ensemble donc il n'y a pas motif à faire des calculs et des comptes d'épicier.

     Pourquoi la situation qui pourrissait depuis cinq ans s'est-elle subitement débloquée ?

Restons tout modestement à notre place d'ignorant mais accordons nous le droit de supposer.

      Ces derniers temps, l'ambiance chauffe en Syrie. Le dictateur local a des chances de ne pas continuer à nuire bien longtemps. On peut conclure, sans trop de risques, que le Hamas n'est pas à la fête ; il peut s'apprêter à perdre son protecteur. La plus élémentaire prudence voudrait qu'il se mette à couvert sous d'autres abris. Mais qui accepterait un protégé aussi encombrant, juste bon à vous fâcher avec la terre entière ?

Pour conquérir un nouveau protecteur, il vaut mieux laisser tous ses vieux conflits derrière soi, brosser le riant tableau d'une situation claire. Il est donc prudent pour le Hamas de mettre un terme au scandale Shalit.

   Une reddition en rase campagne n'est pas forcément envisageable. Comment être pris au sérieux par les vieux antisémites bon-teint qui sont votre fond de commerce si vous n'essayez plus de faire peur ? Il faut donc mégoter, chipoter, faire traîner, comme si on vous arrachait vraiment un gros sacrifice. La quantité acceptée,  reste à discuter la qualité ; faudrait pas vous croire assez bêtes pour jouer les gagne-petit, accepter qu'on vous rende la piétaille et garde en boîte les beaux morceaux.

C'est ce que chantent partout les porte-parole plus ou moins autorisés du Hamas, pour faire bien, pour avoir l'air sérieux. 

   Israël détient, pour de longues années, un gros poisson : Marwan Barghouti. Théoriquement, il peut moisir en prison jusqu'à la  fin de ses jours. Dans la pratique, tout le monde sait que ce genre de peine trouve toujours une fin politique. Barghouti sera élargi le jour où Isaraël trouvera plus d'avantages à l'avoir dehors que dedans, jugera utile de se fâcher avec son exrtême-droite sécuritaire pour sauver la paix et son avenir.

   Ce jour-là, qui sera le dindon de la farce ?

La réponse est évidente : le Hamas.

Barghouti est une autre pointure qui aura tôt fait de renvoyer à leurs chères études les enturbannés valets de l'Iran. D'ailleurs, sa vie de prisonnier est un long séminaire de préparation au pouvoir.

En résumé, il serait fort surprenant que le Hamas transforme le cas Barghouti en imprératif absolu.

S'il le fait, c'est un attentat suicide dirigé, cette fois, contre lui.

Mais laissons les crabes s'entretuer dans le panier, l'important est de retrouver Guilad sain et sauf.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 14:11

     La ferme d'Edouard est prospère : des bâtiments bien construits autour d'une cour carrée, une centaine d'hectares de champs et d'herbages, un bétail indemne de tuberculose. Ce n'est pas encore la fortune mais un confort certain qui ne demande qu'à progresser ; Edouard s'en occupe.

      Il aimerait raccourcir les déplacements pour limiter les pertes de temps. En précurseur du remembrement, il a déjà fait quelques achats ou échanges avec des voisins mais une maison lui résiste, celle d'Agathe.

      C'est une fermette minuscule entourée d'un mouchoir de poche mais, en l'acquérant, il ouvrirait un passage entre ses champs et la grand route. Il en rêve, il a déjà fait plusieurs offres à  sa propriétaire, des propositions très honnêtes et même favorables pour elle mais elle les a toujours refusées.

Il existe une vieille servitude de voisinage, un droit de passage pédestre. Il sera respecté, Edouard peut traverser la cour à pied pour aller de son champ à la route, c'est tout. Agathe n'est pas vendeuse.

Edouard ne comprend pas une telle obstination ; elle n'occupe même pas  la fermette, elle habite une maison beaucoup plus belle qui lui appartient, au centre du village.

Pressée de questions, elle s'est expliquée : l'objet du litige est un héritage de ses grands-parents, c'est vrai qu'aujourd'hui, elle n'en a pas l'utilité mais elle garde la maison pour son fils, marin au long cours, qui sera content de la trouver à son retour. Devançant les remarques que son interlocuteur ne manquerait pas de lui opposer sur les dégâts à prévoir dans une maison longtemps inoccupée, elle a précisé que la fermette est régulièrement chauffée et aérée : en attendant le retour du marin, c'est Estelle qui l'habite. Elle paie un tout petit loyer compatible avec ses moyens de veuve et le bâtiment est entretenu. Tout le monde est content, sauf ... Edouard qui ne cesse de revenir à la charge. Tous les moyens lui sont bons pour empoisonner la vie des obstinées. 

Les jours de beau temps, pour empêcher Estelle d'ouvrir les fenêtres, un tombereau de fumier reste des heures entières au bord de la route devant la maison. Quand il pleut, les charrettes d'Edouard passent au ras des murs et arrosent les portes de boue ; en vain, Estelle est imperturbable.

     Cette année-là, au bal de la ducasse, Edouard a rencontré Eugénie. Ils se sont plu, Edouard s'est rendu compte qu'il était temps de se trouver une épouse ; ils ont convenu d'un rendez-vous, puis un autre, encore un, Enfin, le grand jour est arrivé, les parents de la dulcinée l'invitent à faire son entrée officielle, étape marquante vers le mariage.

Soucieux de ne pas rater l'instant décisif, Edouard s'est fait beau, il a mis son costume des grandes occasions et s'est rasé de près. Afin de plaire à sa future belle-famille, il leur a choisi un cadeau, un des plus beaux spécimens de sa bergerie, et se dirige vers son rendez-vous, tenant le mouton en laisse au bout d'une corde.

    Il longe un pré, deux, et s'apprête à traverser la cour d'Estelle pour rejoindre la route.  Il pousse le portail d'entrée, Estelle l'a entendu, elle se tourne vers lui, il la salue mais, en fait de réponse, il s'entend dire : "Ne passe pas cette porte, tu n'as pas le droit."

Interloqué, Edouard argumente, rappelle qu'il ne fait qu'utiliser son droit de passage tel qu'il a été convenu.

Sans se démonter, Estelle lui répond "Si tu veux, je vais te relire le papier, il y a droit de passage pour les gens à  pied, pas pour les animaux. Si tu veux passer, pas de problème, mais lui, il reste là."

Edouard est bien ennuyé, Il ne peut pas arriver dans la belle-famille sans cadeau et, s'il doit faire le grand tour, il sera très en retard ... autre source d'ennuis à prévoir.

Estelle voit son embarras. Malicieuse, elle lui conseille : " Note-bien, le mouton ne peut pas mettre ses pieds sur mon terrain mais le règlement ne dit pas qu'il est interdit de le porter, du moment que seuls tes pieds touchent le sol..."

Surprenant mais vrai, Edouard choisit le moindre mal, soulève l'animal et le pose à califourchon sur ses épaules.

     Il est arrivé à l'heure à son rendez-vous.

     Des années après, Estelle riait encore en imaginant la grimace de la belle-mère, une femme si pointilleuse sur la propreté et l'hygiène...quand elle s'est avancée pour faire la bise à son futur gendre.

Juste retour pour les tas de fumiers endurés.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 20:20

    Le 10 octobre, c'est la fête des Ghislain (et des Ghislaine), prénom répandu dans le Hainaut belge et français où St Ghislain est le régional de l'étape, honoré dans une petite ville entre Mons et la frontière française.

Comme beaucoup de saints, c'est un moine de l'époque mérovingienne. Rien de bien exceptionnel, alors pourquoi est-il si populaire ?

    N'oublions pas que nul ne peut être canonisé sans un miracle à son actif, la spécialité de Ghislain est la guérison des nourrissons. Il les protège des convulsions liées aux poussées dentaires.

   Chacun sait que tout lieu de pélerinage vend ses grigris ; faut bien vivre.

L'église de St Ghislain n'est pas Lourdes mais, jusqu'à récemment, on y pratiquait un petit négoce d'autant plus rentable qu'il reposait sur l'attendrissement des mères et, surtout, des grand-mères.

   Ce pieux talisman est un collier béni, appelé sans surprise "collier de St Ghislain". Le bébé qui le porte fait ses dents sans difficultés et sans convulsions... Enfin, c'est prévu ainsi.

   Encore un usage qui s'est perdu, les mères d'aujourd'hui ont plus de confiance en l'aspirine qu'en St Ghislain. On ne rencontre plus guère de ces colliers que dans les vide-greniers.

   Parfois, je revois le mien sur mes photos de bébé. L'objet lui-même a disparu; dommage.

Il était formé de vingt (comme les dents des enfants) perles de nacre enfilées sur un cordon élastique qu'on allongeait en même temps que l'enfant grandissait. Si j'avais pu le retrouver, j'aurais fait remonter les perles en bracelet ... Il faut croire que le temps donne du prix à ce qui n'en avait plus. C'est le charme triste de la nostalgie.

Bonne fête à Ghislain et Ghislaine que nous embrassons.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 09:29

   Dans la catégorie "saints-invraisemblables", il y a foule.

   Aujourd'hui, fête des Denis que nous embrassons, il faut s'attarder sur le cas particulier de ces martyrs décapités qui ramassent leur tête et l'emportent sous le bras. Hommes de peu de foi, admirez le prodige,

C'est plus fort que l'histoire du canard qui continue à courir après qu'on lui a coupé la tête ; le volatile ne s'occupe pas de son occiput détaché mais Denis conserve par devers lui le morceau tranché pour le présenter à la foule.

Un abbé du onzième siècle, Suger, dignitaire religieux et premier ministre du roi Louis VI (Le Gros, pour les intimes), a saisi toute la valeur du symbole. Ses rois capétiens sont des rois thaumaturges, censés accomplir des miracles ; il va, autant dire, de soi qu'ils se mettent sous le patronage de Saint Denis. On bâtit donc l'abbatiale de St Denis aux portes de Paris.

Il n'était pas question de froisser l'évêque de Reims qui avait l'habitude de couronner les rois de France ; on coupa donc la poire en deux (pour un saint décapité, c'était logique). Reims conserva le début du règne avec la couronne et St Denis devint la nécropole des rois.

    A la place des socialistes qui s'étaient largement vautrés à Reims, je n'aurais pas poursuivi l'analogie en organisant un 9 octobre , fête catholique et royale de St Denis, des primaires qu'ils espèrent triomphales.

    Après tout, peut-être ont-ils perdu la tête et la troupe des commentateurs avec eux ?

D'aucuns admettent l'idée qu'un parti serait en droit de représenter, à lui seul, toute la gauche du pays.

C'est une belle idée de confier aux électeurs de gauche la désignation de leur champion, à une condition : que la compétition rassemble tous leurs représentants et même, pourquoi pas, quelques belles individualités.

On a déjà eu des primaires vertes, aujourd'hui des primaires socialistes, et demain ?

La prochaine fois, il y a fort à parier que tous les partis auront leurs primaires. La démocratie interne à chacun y gagnera, c'est sûr, mais, au bout du bout, pour le vrai scrutin, il y aura toujours autant de candidats que de partis. Retour à la case-départ.

La règle du jeu ne risque pas de changer tant que la prétendue démocratie sera, en fait, une monarchie républicaine où chacun veut être le premier.

Les pouvoirs surnaturels des rois thaumaturges n'existaient que par la dévotion superstitieuse des manants ébaubis. Dans le fond, la St Denis n'est pas une si mauvaise date pour une cérémonie royale aux apparences de démocratie.  

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 21:07

  Les religions monothéistes n'ont pas la réputation de faire la part belle aux animaux. Dans l'Islam, on continue à tuer rituellement le mouton ; les autres, judaïsme et christianisme, ont renoncé au sacrifice, mais pour poser une limite infranchissable entre l'homme et l'animal. Et pourtant,les saints qui sont les plus parfaits des fidèles, entretiennent  des relations privilégiées, quasi-miraculeuses, avec des animaux. Plus la bête est réputée  féroce, plus le saint acquiert de prestige aux yeux des croyants.

   7 octobre, trois jours après François d'Assise et le loup de Gubbio, voici venir Serge de Radogene et son ours.

  Passons sur le Saint Serge martyrisé en Syrie au quatrième siècle ; il est complètement oublié. Quand un Saint Serge est évoqué, c'est le Serge orthodoxe (Sergei),  il était grand ami du célèbre peintre d'icônes Andrei Roublev, ce qui n'est pas franchement inutile pour passer à la postérité.

Le Serge de Radogène, comme François d'Assise, était moine version ermite. Il habitait une cabane au milieu des bois, endroit mal fréquenté par des animaux peu rassurants, en particulier un ours qui manifestait peu de tendresse pour la gent humaine. Serge ne chercha pas l'affrontement, il entreprit de le convertir à la charité chrétienne. Pour lui montrer l'exemple, il se mit à le nourrir, se privant lui-même de pain pour lui en donner. Miracle ! Il parvint à apprivoiser l'ours qui devint le défenseur de sa cabane.

 

Il est curieux de voir les mêmes récits, à quelques variantes près, d'un bout à l'autre de l'Europe.

Comment l'expliquer ?

Dans tous les pays, c'étaient des moines qui écrivaient l'histoire  et, même si la chose est surprenante aux yeux de l'homme actuel, malgré la clôture monastique, ils voyageaient beaucoup, échangeaient connaissances et idées et brassaient la civilisation.

Bonne fête aux Serge que nous embrassons.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 14:26

    Le 6 octobre, c'est la fête de Bruno.

Vous cherchez un référent ?

Vous avez le choix entre un hérétique et un saint.

    L'hérétique, c'est un moine savant : Giordano Bruno.

Il a été le premier à penser que l'univers n'avait pas de fin, que des centaines de milliers de Soleils comparables au nôtre existaient. Ces évidences d'aujourd'hui n'étaient pas acceptées par la toute puissante église du temps. Plus fier et moins souple que Galilée, il refusa d'abjurer ses erreurs et finit sur le bûcher en 1600.

L'évocation du rôti vous rebute ?

     Alors, choisissez le saint.

St Bruno, à la fin du onzième siècle, a fondé l'ordre des chartreux.

Pour ceux qui aiment les chats du même nom, ces dodus minets se sont appelés ainsi à cause de leur fourrure dont la couleur évoque celle de l'habit des moines chartreux. C'est à peu près leur seul point commun ; les chats, grands adeptes du confort-avant-tout, n'auraient certainement pas apprécié la règle extrêmement dure de cet ordre rigoriste : réveil au cours de la nuit pour la prière, silence absolu, nourriture réduite et végétarienne. Il y régnait une stratification inégalitaire entre les pères qui étaient tous prêtres et les frères convers qui n'avaient que le droit de se soumettre et de travailler.

    Aucune de ces deux solutions ne vous convient ?

A y regarder de plus près, la vie à la chartreuse présente aussi des côtés plus riants.

Voilà déjà quelques siècles que les moines ne peuvent plus compter sur la charité des fidèles pour les entretenir, les divers établissements sont priés de se procurer des moyens en exploitant les ressources de leur coin.

Pour les Chartreux de Voiron, le filon fut l'Elixir de la Chartreuse, un alcool fort (43°) parfumé avec des plantes aromatiques locales. Les consommateurs qui se verraient accusés d'ivrognerie ont la parade toute prête : ils ne se poivrent pas, ils se sacrifient pour le bien de la vraie foi et de ses serviteurs.

     Vous avez déjà fait le rapprochement avec l'élixir du Révérend Père Gaucher une des "Lettres de mon moulin" d'Alphonse Daudet, réjouissante histoire d'une communauté monastique enrichie par la recette fortement alcoolisée appliquée par le très fruste frère Gaucher. On y découvre qu'avec le sens pratique et l'organisation du travail, il est possible de sauver son âme et le matériel de la communauté.

Grâce à la division du travail, le frère (promu père) Gaucher s'affaire autour de ses alambics (et il faut bien qu'il goûte pour obtenir une qualité irréprochable !). L'ivresse venant avec la production, il se laisse même aller à chanter quelques refrains grivois. Ivresse et obcénité, voilà de quoi se damner ! Mais la communauté prend en charge le salut de son âme. Tout le monde prie pour le pardon des fautes du génial bienfaiteur. 

     Bruno n'avait peut-être pas envisagé de telles aventures. Tant mieux ! un religieux aurait dû savoir  que l'avenir est entre les mains de Dieu qui joue à sa guise des hommes et de leur vie.

N'oublions pas de souhaiter une bonne fête à Bruno et de l'embrasser.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 21:19

     Malgré les épreuves, Estelle a toujours aimé rire. Elle amusait famille et amis avec une foule d'anecdotes, des récits du bon vieux temps.

Retrouvons-les, en souvenir d'elle.


        Bernard et Joseph.
    Ils étaient voisins et, surtout, inséparables. Ils s'étaient débrouillés pour occuper des jardins accolés, avec une remise à outils commune, au milieu des champs. Dans la grande plaine du Nord, en effet, le sol calcaire oblige à forer profond pour atteindre l'eau, il faut creuser des puits artésiens ; ils sont coûteux donc espacés. Les maisons se groupent autour d'un forage, on ne rencontre pas d'habitations dispersées dans la campagne et, dans les agglomérations, le terrain est trop cher pour qu'on l'utilise à faire des jardins ; les habitants du centre, quand ils veulent un potager, louent un bout de champ à l'extérieur du village.


    Un après-midi de juillet, brûlant et sec, nos deux compères se retrouvent au jardin. Le soleil tape dur, le travail se limite à quelques gestes habituels.
    Tout-à-coup, Bernard porte la main à son front et s'affale. Joseph se précipite, le secoue, l'appelle, lui donne quelques tapes... pas de réaction.

    Joseph s'affole ; comment faire, dans ce champ, loin de tout secours ? Il se tord les mains, s'angoisse. Heureusement, au milieu de la panique, lui vient une idée : dans la remise, il y a une brouette ; il faut charger son camarade dessus et le ramener au village où il trouvera du monde pour le soigner.
    Plus facile à dire qu'à faire ... Joseph et Bernard, c'est un peu Laurel et Hardy, et c'est Bernard le plus lourd. Qu'à cela ne tienne, l'amitié est sacrée, Joseph va montrer de quoi il est capable pour secourir son camarade.  Au prix d'efforts surhumains, il parvient à hisser ce corps inerte sur la brouette, empoigne les brancards et fait avancer l'équipage dans les ornières et la poussière du chemin. Chaque pas lui coûte un flot de sueur et un épuisement dont il ne se serait pas cru capable. Au bout d'un kilomètre d'efforts, Il atteint les premières maisons du village, il espère y trouver de l'aide.
      Justement, à la porte de la sucrerie, inactive en cette saison, se tient une épicerie-buvette. A moins de jouer de malchance, il s'y trouvera bien un ou deux lascars inoccupés qui pourront lui porter assistance. Notre bon samaritain voit son calvaire s'adoucir.
     A la porte de la buvette, il ouvre la bouche pour appeler au secours quand l'inanimé se lève, saute sur ses pieds et déclare à la cantonade : "Par cette chaleur, rien de tel qu'une bonne bière ! Patron, de la bien fraîche !"
     Joseph ne sait pas s'il doit être content de voir son camarade sauvé, ou furieux de s'être fait berner. Il prend le parti de ne pas réagir et de boire son coup avec tout le monde. Après tout, c'est lui qui en a le plus besoin.

     A quelque-temps de là, Bernard est victime d'un mauvais tour.
Derrière sa maison, comme presque-tous les villageois, il a installé quelques clapiers où il nourrit des lapins qui lui améliorent l'ordinaire. Justement, les jeunes du printemps sont maintenant bons à savourer.
Un matin, à l'heure où il vient nourrir ses bêtes, c'est le choc. Tous les clapiers sont ouverts, il ne reste plus un lapin. Ce n'est pas une fouine ou un renard qui a fait le coup ; ni l'une ni l'autre ne peuvent défaire les verrous. On l'a volé !
Quelques jours passent à échafauder toutes sortes de soupçons, à mettre en cause tous les chenapans du coin. En fin de compte, aucune certitude, le coupable court en liberté et la vie reprend son train-train habituel.
     C'est alors que le facteur apporte à Bernard un colis soigneusement emballé, sans indication d'expéditeur. C'est une surprise. Notre homme ouvre le paquet et trouve des os de lapins, ses lapins, soigneusement nettoyés et rangés sous une carte portant ces mots :

            Merci pour ces lapins qui étaient fort bons. Après l'effort, le réconfort.
     Sous leur porte, tous les clients présents à la buvette, un certain jour de canicule, trouvent un mot leur conseillant de prendre auprès de Bernard des nouvelles de ses lapins.
Longtemps après, le village en riait encore, même Bernard. D'abord vexé car il n'était pas homme à perdre facilement, il admit assez rapidement qu'ayant commis une méchante farce, il aurait été bien mauvais joueur de ne pas en accepter le retour.

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