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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 22:56

                      Bonne fête aux Catherine que nous embrassons.

    Catherine est le prénom de plusieurs saintes, celle du 25 Novembre vécut au IVème siècle à Alexandrie, elle fut vierge et martyre  (encore une !).

 A quoi doit-elle son incroyable succès ? La question reste posée ; pour terrible qu'elle fut, son histoire est commune à beaucoup de chrétiennes des premiers siècles. Elle connut la chance posthume  d'être la patronne de populations aussi nombreuses que variées : les étudiants, les philosophes, les meuniers et les charrons.

La dévotion de ces derniers s'explique facilement par la mort de Catherine qui fut livrée au supplice de la roue. N'allons pas imaginer qu'elle fut rouée comme des bandits du XVIIème siècle français ;  on les attachait, couchés sur une roue ; méthodiquement, on leur brisait tous les os un par un et ils agonisaient pantelants dans des douleurs abominables, à moins que la famille du condamné n'ait pris la précaution de soudoyer le bourreau pour qu'il l'achevât subrepticement, abrégeant ses souffrances.

L'imagination des Alexandrins en matière de supplices n'était pas complètement nulle, ils  ne se contentaient pas d'assommer les gens par des vers de douze pieds avec hémistiche, ils faisaient de la roue un usage pour le moins différent. Ils en garnissaient le bandage de lames acérées et la faisaient rouler sur la victime rapidement apprêtée en émincé, mais les archives ne nous disent pas si un assaisonnement était prévu.

   Catherine ayant donc fini en Kebab, sa brillante carrière commençait, particulièrement en France où elle connut des variantes régionales.

    Dans les grandes villes et d'abord à Paris, Sainte Catherine est traditionnellement la fête des  jeunes filles qui travaillent dans les métiers de la mode. Autrefois, l'une d'entre elles était désignée pour changer, à l'occasion de sa fête, le bonnet qui coiffait la statue de la sainte. On pense que c'est de cet usage que vint l'habitude d'arborer, le soir de Sainte Catherine, de véritables chapeaux de carnaval confectionnés tout exprès. S'y rattache également l'expression "coiffer Sainte Catherine" qui désigne une célibataire de vingt-cinq ans, âge où il a été longtemps admis qu'il était grand temps de se trouver un mari.

   En Belgique et dans les pays du nord, on aime la fête et on se précipite sur toutes les occasions d'en célébrer. Une expression locale ne dit-elle pas "On est de tous les saints qu'on boit" ?

Une fête réservée aux couturières de vingt-cinq ans, voilà qui fait pauvre et étriqué. Toutes les jeunes filles sont des "catherinettes". Héritage des pays bas et germaniques, les enfants des deux sexes reçoivent des cadeaux à St Nicolas jusqu'à l'entrée au collège ; ensuite, les garçons continuent à le fêter, à moins qu'ils n'entrent en apprentissage, auquel cas ils adoptent le saint patron de leur métier. Les filles, de leur côté, célèbrent Sainte Catherine.

    Toutes les traditions se perdent ou s'affaiblissent, celles-là aussi, mais il n'est pas si lointain le temps où les "catherinettes" se livraient à une véritable compétition pour être celle qui recevrait le plus de cartes postales à l'occasion de la fête. Et, surtout, il y avait les cadeaux dont il était question avant, pendant, après ... Ils étaient le point d'orgue de la journée.

    Celles qui ont connu la distribution traditionnelle se rappellent à quel point il était difficile de "sortir des clous". La Ste Catherine faisait partie du conditionnement des filles à leurs futures activités ménagères ; elles recevaient de la vaisselle, du linge de maison, de l'électro-ménager, pour, selon l'expression consacrée, "monter leur ménage". Bien adaptées à entrer dans le moule, elles étaient souvent enchantées malgré les récriminations maternelles (le problème du stockage était réel pour les mères qui avait plusieurs filles !)

   Quoi qu'il en soit, il n'était pas question de demander un autre cadeau. Les quincailliers et autres professionnels des "Arts de la table" regrettent certainement la déperdition de cet usage. Peut-être auraient-ils dû offrir un culte plus fidèle à Ste Catherine qui les couvrait de tant de bénédictions.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 15:23

    22 novembre, c'est la fête de Sainte Cécile, patronne des musiciens.
A l'intention des esprits curieux, Cécile, morte le 22 novembre 230, était une sainte d'un modèle banal : vierge et martyre. Beaucoup de jeunes filles accédaient à ce statut (qui leur vaudra des statues ) en déclarant leur foi chrétienne en même temps qu'elles refusaient de contracter mariage, ce qui déchaînait immédiatement l'ire de leur père et des autorités romaines. Cécile fit preuve d'un peu plus d'originalité, elle mourut vierge et...mariée. Cette âme forte et persuasive avait réussi un double exploit : convertir son fiancé à la religion chrétienne et le convaincre de ne jamais consommer leur mariage. Tous deux compensaient leur frustration en faisant la charité aux pauvres et en s'abîmant dans la prière. Il en faut, décidément, pour tous les goûts.

    Ce corps à qui elle n'avait pas fait de cadeau se montra particulièrement coriace. Il fallut quatre coups de hache pour la décapiter et, au XVIème siècle, quand on ouvrit sa tombe providentiellement retrouvée, le corps était intact. A n'en pas douter, un corps aussi imputrescible ne pouvait appartenir qu'à une sainte, d'autant qu'il se mit à dégager un parfum de roses, la célèbre "odeur de sainteté".
    On rechercha dans les vieux grimoires des pieux mémorialistes quel aspect de sa vie pourrait être proposé à l'édification des foules. Il y avait bien le martyre mais il est peu opérant, ne pouvant servir qu'une fois par croyant. Fort opportunément, on retrouva des témoignages de l'excellente qualité de son chant ; Cécile fut donc promue patronne des musiciens.
    Il apparaît que la trouvaille n'était pas mauvaise et même qu'elle était durable, Sainte Cécile est toujours fêtée le 22 Novembre.
Qui dit célébration dit réjouissances, plus on est de fous plus on rit, plus on est nombreux et mieux on honore Sainte Cécile. Dans le Nord, pays de fanfares et harmonies, la Sainte Cécile est une véritable institution dont l'ampleur dépasse encore de loin l'estivale fête de la musique.

   En général, le programme est le suivant :
En fin de matinée, grand-messe dont la partie musicale est assurée par l'harmonie municipale en grande tenue. Au diable les querelles autour de la laïcité, à la sortie de l'église, tout le monde est invité par Monsieur le maire pour un apéritif, cette fois en mairie, réunion au cours de laquelle sont remises les distinctions et récompenses aux musiciens méritants. Si le temps le permet, que la pluie ne risque pas de gâter les instruments les plus fragiles, les défunts auront droit à leur défilé suivi de remise de gerbe. Après l'effort, le réconfort, c'est le banquet à la salle des fêtes, suivi du bal commun avec les pompiers dont la fête de Sainte Barbe, est assez proche, le 4 décembre. Les airs et les danses à la mode ont changé depuis un siècle mais le cérémonial reste le même et c'est tant mieux. C'est lors de journées festives comme la Sainte Cécile qu'on s'aperçoit de la place fondamentale qu'occupe la musique dans la culture populaire.
Bien des usages ont dépéri, les banquets de classe n'existent plus mais Sainte Cécile a toujours bon pied, bon oeil. Quand on vous disait qu'elle était coriace !
    C'est le jour d'embrasser Cécile, musicienne ou pas.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 21:30

   "En littérature, la censure est toujours mauvaise et tout écrivain a droit à l'abjection." Voilà ce que nous rappelle Marc Weitzmann dans l'excellent "Les bienveillants", article publié dans le Monde des livres de ce vendredi 18 novembre 2011.

C'est l'argument que mettent en avant les adorateurs de Céline et les contempteurs de la loi Gayssot mais, dans le cas présent, il ne s'agit que de la dernière production de Marc-Edouard Nabe, auteur sans éditeur mais non sans public. Le Marc-Edouard, depuis longtemps, s'est fait le spécialiste du scandale et de la provocation, des moyens plus simples et efficaces que le talent quand on veut faire parler de ses vomissures plumitives.

Cette fois, qui a-t'il choisi de traîner dans la fange et l'opprobre ?

Sans originalité, il a décidé de s'en prendre à DSK. Mais c'est une cible fort répandue, voire banale ; il sait qu'un as de la provocation doit trouver plus original. Il a perfectionné son attaque, il s'en prend à Anne Sinclair. Regardée par le public comme une victime dont la dignité est admirée, cette femme conserve un grand capital de sympathie. Alors il faut la couvrir d'opprobre et d'insultes, c'est un moyen de faire parler dans les bas-fonds.

Elle ne serait pas la première à faire rire de ses déconvenues, le public préfère rire de la femme trompée que la plaindre, Hillary Clinton pourrait lui faire part de son expérience.

    En effet, le Nabe qui ne craint rien tant que le politiquement correct a foncé dans la plus glissante et la plus abjecte des directions : l'antisémitisme.

    Ce dérapage-là, nous l'attendions. Depuis le début de l'affaire, des échos, des messages sur Internet se faisaient de plus en plus précis et insistants. Mais il s'agissait surtout de ragots à peine écrits, pas d'un livre qu'on suppose pesé et réfléchi. Il faut croire que son antisémitisme le démangeait, le Nabe (naze ?). Il a bien étudié son coup, peaufiné ses formules et produit un ouvrage au titre tout pénétré de distinction "L'Enculé".

   Évitons de le citer, sa prose nous salirait. Il reprend les attaques et les injures qui se sont déchaînées contre Anne Sinclair, dès le début, lorsqu'elle présentait 7/7, émission vedette de TF1 où elle a toujours refusé d'inviter Le Pen.

Au moins, la situation est claire, aucun doute n'est plus possible quand s'affichent les soutiens du livre, à commencer par Dieudonné. Parole d'expert !

Ce tissu d'ordures, mine de rien, réconforte. Voilà six mois qu'on riait de nous, qu'on criait à l'obsession ou à la paranoïa quand nous évoquions les relents d'antisémitisme qui imprégnaient l'affaire DSK.

Et voilà ! CQFD.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 16:13

    Les poètes galants de la Renaissance ont inauguré quelques exercices au nombre desquels la composition de blasons. Il s'agit d'écrire un poème voué à la glorification d'une partie du corps de l'aimée.

L'usage s'en est maintenu jusqu'à nos jours, chacun a fredonné les "yeux d'Elsa" d'Aragon.

Georges Brassens a sacrifié, lui aussi, à ce rite. Pour le couronnement du trentième anniversaire de son départ, lui rendre justice et faire un sort à la réputation de misogynie que certains lui ont bâtie, offrons aux femmes ce blason qu'il leur a laissé.

Que les adeptes d'Aragon n'y voient aucune compétition, notre poète moustachu laisse vos yeux en paix

 

Le Blason

 

Ayant avecques lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin, ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

C'eût été mon ultime chant, mon chant du cygne
Mon dernier billet doux, mon message d'adieu.
Or, malheureusement, les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable, à l'odieux.

C'est la grande pitié de la langue française,
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cet incomparable instrument de bonheur.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques,
Tendre corps féminin, c'est fort malencontreux
Que ta fleur la plus douce et la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de si scabreux.

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus, familier, coutumier.
Il est inexplicable, il est irrévocable.
Honte à celui-là qui l'employa le premier.

Honte à celui-là qui, par dépit, par gageure,
Dota du même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure.
Celui-là, c'est probable, en était un fameux.

Misogyne à coup sûr, asexué sans doute,
Au charmes de Vénus absolument rétif,
Était ce bougre qui, toute honte bue, toute,
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

La malepeste soit de cette homonymie.
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.

Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie,
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne, effaçant d'un coup des siècles d'avanie,
A cette vraie merveille un joli nom chrétien

En attendant, madame, il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autres moyens et que je les connais
Et que je les connais.

 

   En ces temps de pornographie lourdement agressive ou de pudibonderie ridicule, on rêverait que les enfants des écoles apprennent ce poème et le mettent en application.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 19:58

        Impossible d'échapper au 11 novembre.

Il nous a même fallu subir l'indécente exhibition des petits orphelins dont les pères sont morts en Afghanistan.

Même si on ne sait pas toujours pourquoi ils sont allés au carnage, on comprend vite à qui leur mort doit profiter.

Commémoration pour commémoration, revenons au cher Brassens qui nous a quittés, voisi trente ans.

                 Lui, avait son idée sur les guerres en général et celle de 14/18 en particulier.

 

 

Depuis qu'il bataille à cœur joie
Entre mille et une guerr' notoires
Si j'étais t'nu de faire un choix
A l'encontre du vieil Homère
Je déclarerais tout de suite:
"Moi, mon colon, cell' que j'préfère,
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"

Est-ce à dire que je méprise
Les nobles guerres de jadis
Que je m'soucie comm' d'un'cerise
De celle de soixante-dix?
Au contrair', je la révère
Et lui donne un satisfecit
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Je sais que les guerriers de Sparte
Plantaient pas leurs epées dans l'eau
Que les grognards de Bonaparte
Tiraient pas leur poudre aux moineaux
Leurs faits d'armes sont légendaires
Au garde-à-vous, je les félicite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Bien sûr, celle de l'an quarante
Ne m'as pas tout à fait déçu
Elle fut longue et massacrante
Et je ne crache pas dessus
Mais à mon sens, elle ne vaut guère
Guèr' plus qu'un premier accessit
Moi, mon colon, celle que j' préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Mon but n'est pas de chercher noise
Au guérillas, non, fichtre, non
Guerres saintes, guerres sournoises
Qui n'osent pas dire leur nom,
Chacune a quelque chos' pour plaire
Chacune a son petit mérite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Du fond de son sac à malices
Mars va sans doute, à l'occasion,
En sortir une, un vrai délice
Qui me fera grosse impression
En attendant je persévère
A dir' que ma guerr' favorite
Cell', mon colon, que j'voudrais faire
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 12:41

celui que Georges Brassens nous a laissé dans Saturne.

 

   Qui ça "nous" ?

Les femmes vieillissantes, celles à qui les hommes vieillissants préfèrent des jeunettes.

  La jeunesse, c'est une qualité bien éphémère, elle ne durera pas ("Si tu t'imagines, fillette, fillette ...") mais c'est un avantage-miroir. Dans la compagnie des plus jeunes, le mâle qui craint l'obsolescence cultive l'illusion de ses qualités marchandes.

Il finira, lui aussi, au rayon des deuxième ou troisième démarques sans être certain de trouver preneuse, mais, en attendant, il fait "comme si". Ils ne sont pas légions, les auteurs de compliments pour les beautés un peu mûres.

    Alors, devant la raréfaction des hommages, reprenons cet éblouissant témoignage :

 

 

  Saturne

Il est morne, il est taciturne
Il préside aux choses du temps
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un dieu fort inquiétant
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un dieu fort inquiétant

En allant son chemin, morose
Pour se désennuyer un peu
Il joue à bousculer les roses
Le temps tue le temps comme il peut
Il joue à bousculer les roses
Le temps tue le temps comme il peut

Cette saison, c'est toi, ma belle
Qui a fait les frais de son jeu
Toi qui a payé la gabelle
Un grain de sel dans tes cheveux
Toi qui a payé la gabelle
Un grain de sel dans tes cheveux

C'est pas vilain, les fleurs d'automne
Et tous les poètes l'ont dit
Je te regarde et je te donne
Mon billet qu'ils n'ont pas menti
Je te regarde et je te donne
Mon billet qu'ils n'ont pas menti

Viens encore, viens ma favorite
Descendons ensemble au jardin
Viens effeuiller la marguerite
De l'été de la Saint-Martin
Viens effeuiller la marguerite
De l'été de la Saint-Martin

Je sais par coeur toutes tes grâces
Et pour me les faire oublier
Il faudra que Saturne en fasse
Des tours d'horloge, de sablier
Et la petite pisseuse d'en face
Peut bien aller se rhabiller...

 

                        Nous sommes dans l'été de la Saint-Martin.

              Il eût été dommage de ne pas saluer un si bel hommage de saison.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 23:04

      Le 4 novembre, Charles est à la fête, ou plutôt à l'honneur ; le terme lui sied mieux.

Il partage avec Henri et Louis, le privilège d'un prénom royal.

Légende ou réalité, il paraît que ces prénoms manifestent la force de caractère et le goût de l'autorité qui appartiennent aux rois.

    N'oublions pas les femmes ; les mêmes traits de caractère se rencontrent chez les Mathilde, les Anne, les Elisabeth et les  Isabelle.

    Parmi tous les rois qui se sont appelés Charles, libre à vous de choisir un modèle.

Le plus grand de tous est, comme son nom l'indique, Charlemagne. A la fois soldat, diplomate et organisateur, il s'est donné un empire avec la bénédiction du pape malgré une vie conjugale fort peu chrétienne. Disons que le pape accordait une certaine indulgence au souverain d'un royaume où les abbayes prospéraient dans une paix ... royale.

Les successeurs moins prestigieux peuvent, néanmoins, inspirer des émules.

Si vous êtes normand, ayez une pensée pour Charles le Simple. C'est lui qui, par le traité de Saint Clair sur Epte, remit au chef Viking Rollon les territoires à l'embouchure de la Seine, créant ainsi la Normandie.

Quelques siècles plus tard, la Guerre de Cent Ans vit une succession de rois Charles fort dissemblables :

Charles V connut la réussite militaire, un succès qui revient au duo formé par le roi et le chef de son armée, le fameux conétable Duguesclin que nos livres scolaires ont adulé autant que les indépendantistes bretons l'ont détesté.

Son fils, Charles VI, était fou et cocu (comment ne pas comprendre l'infidèle ?). Le bilan de son règne fut la perte des acquis de son père et une situation périlleuse pour son fils, Charles VII.

Ce dernier parvint à rétablir sa couronne et mit fin à la guerre. Décidément marqué par les femmes, il faillit perdre son trône du fait de sa mère, le retrouva grâce à Jeanne d'Arc et la peinture de son règne est à jamais marquée par un portrait de femme, Agnès Sorel, sa maîtresse.

Ensuite, les rois prénommés Charles se font plus rares.

On se rappelle Charles IX qui ordonna le massacre de la St Barthélémy et le dernier roi de France, Charles X chassé par une révolution en 1830. Après lui, il y eut encore Louis-Philippe mais il n'était plus le roi de France, c'était le roi des Français.

Parmi ces Charles royaux, difficile de trouver un modèle ?

Alors, n'en déplaise à votre royal prénom, vous irez chercher l'inspiration hors du sang bleu, chez des amis qui vous embrassent à l'occasion de votre fête.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:59

   Il est des chanceux qui font envie. Ils ont connu le bonheur de se voir attribuer des prénoms heureux.

Pensons aux

Aimé et Aimée (l'amour ! Que vouloir de mieux ?),

Agathe (elle est bonne),

Ambroise (l'ambroisie, un aliment divin),

Amour (pour qu'on n'oublie pas de l'aimer),

Ange et Angèle (emplumés du paradis),

Aristide (le meilleur),

Béatrice (elle apporte le bonheur),

Bénédicte (une vraie bénédiction),

Clément et Clémence (douce qualité),

Constant et Constance (amis de Fidèle),

Désiré (le rêve de tous les enfants)

Emmanuel (Dieu avec nous), 

Eugène et Eugénie (ils sont bien nés),

Félix et Félicité (que du bonheur !),

Fidèle (plein de qualité quand on n'oublie pas le "e"),

Honoré et Honorine (éviteront le déshonneur),

Léger (sans régime),

Lucie et Lucien (la lumière),

Maxime (le plus grand), 

Parfait (quoi de mieux ?),

Prudence (la mère de sureté),

Sophie (la sagesse),

Théodore (cadeau de Dieu),

Théophile (aimé de Dieu),

Victor, Victoire et Victorien (ils ne partent pas battus d'avance), 

Pour compléter la liste, aujourd'hui, 30 octobre, c'est la fête de Bienvenue.

Imaginons une famille idéale où le premier né s'appellerait Désiré, le second Bienvenue et le troisième Aimé, nous oublierions que trop d'enfants ne sont ni désirés, ni bienvenus, ni aimés.

 Bonne fête à tous les Bienvenue que nous embrassons.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:49

   Souvenir littéraire d'un humour corrosif : Candide, conte philosophique de Voltaire.

   Candide qui porte bien son nom, parcourt la planète  escorté de son mentor, Pangloss, qui rabâche "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes". Au cours de leurs pérégrinations, ils passent par Lisbonne. Pas de chance, c'est le tremblement de terre, ses morts et ses destructions. Très vite, il apparaît à nos héros que les autorités civiles et religieuses regardent le sort des victimes comme le cadet de leurs soucis.

   Heureusement, les mentalités ont changé ; c'est ce que nous croyons naïvement, modernes adeptes des droits de l'homme et de l'humanitaire.

   Du côté de Van, dans la partie orientale de la Turquie, la terre vient de trembler ; les bâtiments se sont écrasés sur leurs habitants. Aussitôt, nous imaginons la répétition du scénario habituel, les équipes de secouristes se rendant sur zone pour sauver les victimes. 

   Et nous avons tout faux.

Les sinistrés ont-ils été consultés ? Probablement pas. Leur premier ministre a personnellement décidé que son fier pays comptait sur ses propres forces et n'avait besoin de personne.

   Les secours brillent par leur insuffisance, un coup de main serait bien utile mais le chef refuse avec dédain.      

    Inch Allah ! mais Dieu est très occupé, il a certainement d'autres chats à fouetter. Bref, la catastrophe naturelle se change en désastre humain.

    Cet islamiste qui se dit modéré, presque humaniste, abandonnerait ses concitoyens uniquement pour jouer le bravache ? L'explication serait trop facile ; la réalité est beaucoup plus triste. Passant par Van, Candide échapperait aux flammes de l'autodafé, peut-être en aurait-il du regret, il se contenterait de mourir de froid sous la tente, dans l'hiver des montagnes .

La région de Van est le Kurdistan turc et la Turquie a toujours rêvé d'un Kurdistan vidé de ses Kurdes, de la même manière qu'elle a voulu se débarrasser des Arméniens, déclenchant le premier génocide du vingtième siècle.

   Les temps ont effectivement changé. Il est devenu difficile de se livrer à des massacres de masses, surtout pour un prétendant à l'entrée dans l'Union Européenne. Alors, quand la nature vous fait un tel cadeau, quand les gêneurs n'ont de choix qu'entre le départ et la mort, c'est une chance inespérée.

        Il est vrai que, pour un islamiste, la nature reflète la volonté divine.

 

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 14:13

        Au bout de cinq années interminables, Guilad est revenu de l'enfer.

   En écrivant "enfer", je pèse mes mots. Les optimistes, dans un haussement d'épaules, se rassureront : "Il va vite se refaire une santé". C'est vrai, mais le retour à la normale n'effacera pas de nos mémoires cette image de souffrance.

Il lui faudra peut-être très longtemps pour qu'il puisse raconter, ou il s'épanchera très vite, c'est difficile à prévoir, mais avant même de l'entendre, son corps tout maigre, une mine "longue comme un jour sans pain" laissent imaginer les conditions de sa détention.

    En même temps, par cars entiers, des détenus palestiniens quittaient les prisons israéliennes. Leur mine triomphante, leur forme éclatante, confirment ce que nous attendions : il vaut mieux être en prison dans une démocratie, jugé pour un acte qu'on a commis, en compagnie de codétenus, que retenu en otage dans l'arbitraire, la clandestinité et la solitude par un adversaire sans loi ni droit.  

     "Plus jamais ça"!

S'il faut mettre en place une paix solide, ce n'est pas, avant tout, pour envoyer au rebut chars et avions, c'est pour éviter que d'autre Guilad, à leur tour, servent de monnaie d'échange dans un grand marché où la vie humaine se déprécie plus vite que les armes.

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