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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 16:02

     Le béton, surtout armé,  c'est avec lui qu'on élève les murs qui séparent, les forts et les prisons. Quand on en a fait des logements, ils ont étalé tant de laideur qu'ils repoussent plus qu'ils n'attirent.

Et pourtant ... Avec de la recherche et de la créativité, le béton, c'est l'imagination au pouvoir ; il peut même devenir poésie.

     Oscar Niemeyer qui vient de manquer de peu ses 105 ans fut le grand poète du béton. Il pliait le matériau pesant et rêche pour lui donner des courbes féminines. Là où d'autres auraient construit une barre d'immeubles, il donnait à son bâtiment la forme alanguie d'une amoureuse allongée sur la plage.

      Les femmes l'inspiraient, surtout, il les aimait. Son mariage quand il avait cent ans est plus qu'un record ; c'est l'image d'une vie entière pour une passion.

       Du grand architecte communiste, constructeur de Brasilia et de tant d'édifices publics, il ne manquera pas  de critiques sérieux et savants pour dresser la nécrologie.

       Je leur abandonne volontiers une compétence qui n'est pas la mienne ; il me reste l'image d'un artiste amoureux. 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 10:56

  Mon petit écho de l'an dernier présentait Saint Eloi, ou l'image qui nous en est restée, comme un saint qui chante des paillardes.

   La chanson des trois orfèvres est un refrain bien connu mais il en est un autre, une chansonnette amusante que les pudeurs effarouchées pouvaient fredonner en s'amusant sans rougir. Elle est aujourd'hui bien oubliée, profitons de la Saint Eloi pour la rappeler.

Trois jeunes frères à la Saint Eloi

s'en allaient gaiement chez monsieur le Maire

Trois jeune frères à la Saint Eloi

s'en allaient gaiement chez le maire de Troyes.

Le maire était père de trois filles

Il y'avait Suzon, y'avait Lison, y'avait Toinon

et ces demoiselles de bonne famille

avaient, nous dit-on des bas d'coton pleins d'picaillons.

C'est pourquoi nos frères, à la Saint Eloi

s'en allaient gaiement chez Monsieur le Maire

et le maire, vieux maire de Troyes

Leur dit "c'est, ma fois, l'ciel qui vous envoie"

Tralalalalalalala ! Ah la belle histoire que v'là.

 

Les trois filles, comme des soldats,

défilèrent au pas devant les trois frères

Les trois filles, comme des soldats,

défilèrent au pas devant les trois gars.

Suzon, la plus belle des héritières,

était moustachue, Lison tordue, Toinon bossue.

Se grattant l'oreille, les trois frères dirent :

afin d'réfléchir il faut qu'on s'retire

Se grattant l'oreille les trois frères dirent :

"patientez un brin, on r'viendra demain"

Tralalalalalalala ! Reviendra, reviendra pas.

 

Mais le maire, vieux maire de Troyes,

vite a fait verser du vin dans les verres

pour les faire boire tous les trois,

les faire boire afin qu'ils ne voient plus clair.

Ils ont épousé toute la famille

et la moustachue et la tordue et la bossue.

Et depuis ils beuglent par dessus les toits

Ils beuglent à pleine voix qu'l'amour est aveugle

Et depuis, ils beuglent par dessus les toits

qu'l'amour est aveugle et tout l'monde les croit.

Tralalalalalalala ! Ah la belle histoire que v'là.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 22:49

   C'est entendu, Panda et moi sommes enchantés d'avoir déménagé. Le Quesnoy est une jolie petite ville historique avec des remparts et beaucoup de verdure. Tout près de la maison, se trouve un théâtre où je peux me rendre à pied, on rencontre plein d'habitants sympathiques et même un conseil municipal de gauche, ce qui n'est pas le moindre agrément. La ville offre tous commerces et services, réduisant au minimum l'usage de la voiture. Que du bonheur !

     J'ai découvert un plaisir, celui des courses au marché, un grand plaisir... sauf quand il fait mauvais temps.

     La région détient une spécialité paradoxale : la rareté des marchés couverts.

A l'occasion des vacances, nous faisons les courses sous des cieux plus cléments que ceux du Nord. Dans le Midi ou dans l'Ouest, nous trouvons des marchés couverts partout ; même les bourgs les plus modestes ont au moins une halle qui abrite les commerces alimentaires.

     Le Nord est loin d'être l'espèce de Sibérie qu'imaginent ceux qui n'y ont jamais posé un pied ou, encore plus invraisemblable, pas vu "Bienvenue chez les Ch'tis". C'est un endroit parfaitement vivable, moins froid que l'Est et moins pluvieux que les régions côtières, mais il a son lot de journées grises et humides et son hiver où les quelques degrés ambiants ne donnent pas une envie folle de traîner dehors. Dans ce pays où il fait bon vivre à l'abri, vendeurs et chalands sont priés de supporter les aléas de la météo. Le mauvais temps dépeuple les marchés et entasse les foules dans les grandes surfaces où elles sont à l'abri.

La raison de ce paradoxe ? Je l'ignore et j'aimerais qu'on me l'apprenne.

A en croire Montesquieu et sa théorie des climats, les us et coutumes des peuples seraient guidés par les conditions naturelles. Voilà, pour ses contradicteurs, un argument de taille  : les marchés du Nord.

Les traditions ne demandent qu'à être changées quand elles ont démontré leurs inconvénients. Alors, qui aura la bonne idée de changer celle-là ?

Pas de doute, une telle proposition remporterait la majorité des suffrages.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 23:08

   Le 26 novembre, c'est la fête aux Delphine. On les embrasse bien fort... mais on ne m'ôtera pas de l'idée que leurs parents ont été drôlement inspirés le jour où ils ont donné ce prénom à leur fille.

   A n'en pas douter, Sainte Delphine (1283-1323) avait une forte personnalité, et des plus persuasives. Épouser un jeune homme par amour et le convaincre de s'abstenir définitivement de toute activité sexuelle ... l'exploit impressionne et interroge. Un couple vierge est un vrai chantier pour papa Freud !

   On se rassure en pensant que les parents des Delphine ignoraient ses exploits quand ils ont choisi le prénom de leur fille. Néanmoins, un autre détail aurait pu les arrêter :

Delphine vient, presque sans modification, du latin delphinium - le dauphin.

L'animal est fort sympathique ; il suffit de se rappeler les succès commerciaux qu'il a rencontrés, de Flipper le dauphin aux delphinariums en passant par les bijoux et autres colifichets à son effigie, mais quelle jeune fille pourrait avoir envie de lui ressembler ?

    Pour les rassurer, les Delphine ne sont pas des cas isolés. Nombreux sont les enfants qui reprochent à leurs parents le prénom qu'ils ont reçu. En établir le catalogue serait un travail de longue haleine et jamais terminé.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 23:07

    Les temps sont durs mais il se trouve des gens pour étaler une joie mauvaise sous un faux chagrin. Il s'agit des antisémites honteux qui se rebaptisent antisionistes.

   La haine recuite qu'ils réservent aux juifs ne s'exprime plus si facilement depuis que des lois l'interdisent. Ce n'est pourtant pas l'envie qui leur manque de les contourner et ils s'en donnent à coeur joie dès qu'ils trouvent une occasion de s'en prendre à Israël, l'état qui, à leurs yeux, n'aura toujours que des défauts puisqu'il est juif. 

    Voilà une magnifique occasion de cracher leur venin,  Israël mène une opération de police musclée contre la bande de voyous qui occupe Gaza. 

L'antisémitisme hypocrite adresse, pour la forme, quelques remontrances aux tireurs gazaouis, sans conviction. Que des gamins soient morts de frousse dans leur école israélienne, cela ne leur fait ni chaud ni froid. Ils se moquent tout autant du sort des Gazaouis, chaque mort a son utilité, il nourrit la propagande antisioniste et antisémite. Que la paix survienne, ils seraient obligés d'en finir avec les larmes de crocodile, la guerre est un fond de commerce irremplaçable.

     Imaginons qu'un tel conflit frontalier se produise n'importe où, ailleurs, dans le monde, ce qui ne doit pas être exceptionnel. L'événement aurait droit à quelques mots, quelques images, il serait vite remplacé par une autre actualité. Et le nombre de morts n'a rien à voir dans l'affaire ; pensons au silence qui entoure les hécatombes du Congo, elles ne présentent aucun intérêt pour les grands communicants de l'antisémitisme mondialisé.

      Des juifs coupables de la guerre... c'est un refrain qui a déjà servi, Hitler l'utilisa beaucoup.

Depuis la Shoah, personne n'ose plus le proclamer, il est même de bon ton de verser une larme sur le petit juif écrasé du ghetto, mais le libre citoyen israélien n'est toujours pas un homme parmi les autres hommes. Il faudrait qu'il soit plus parfait que les autres et ses adversaires ont toujours raison.

Et vous croyez que l'antisémitisme est mort ?

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 09:10

  Divers échos m'apprennent que vous me lisez. Votre attention me ravit.

Pour avoir la certitude d'être averti de toute nouvelle parution, n'oubliez pas de vous inscrire à la newsletter de ce blog. Juste un clic en haut, à droite, et c'est fait.

Merci de votre présence et à bientôt.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 10:23

     Ben moi, oui.

C'est tout nouveau et ça n'a rien à voir avec la saison.

Non, j'ai revu Hercule, il est revenu.

 

   Il faut que je vous raconte.

  Quand je suis arrivé chez mes humains, j'étais un chaton SDF ; je me suis introduit et imposé dans leur maison qui m'attirait. La place était occupée ; une matriarche et son fils y tenaient leur cour. La reine-mère, Féline, était une magnifique persane bleu-crème aux yeux dorés ; tout était splendide chez elle, tout... sauf le caractère. En souveraine absolue, elle n'en faisait qu'à sa tête et dominait son monde, en commençant par son fils Hercule, né d'une mésalliance avec Léon, le séducteur du quartier.

   Hercule aussi était beau, même s'il ne faisait pas aussi aristochat que sa mère. De Féline, il avait hérité les iris d'or et la soie de sa fourrure mais, pour la couleur, c'était la copie conforme de Léon, le roturier, roux clair avec le cou et le ventre blancs. Pour le caractère, c'était, aux dires des humains, une pâte de chat, soumis, d'abord à sa mère, puis à tous.

   Quand j'ai fait mon entrée, Sa Majesté Féline, adepte des longues promenades, était sortie.

Hercule et moi avons fait connaissance autour d'un en-cas propre à nous mettre de bonne humeur. J'étais encore petit mais je possédais assez d'expérience pour savoir que les bonnes habitudes se prennent tôt. L'assiette était bien assez pleine pour que nous mangions ensemble mais j'ai tout de suite établi des préséances, j'ai feulé comme un grand fauve en direction d'Hercule.

Il s'est arrêté dans son approche et m'a regardé avec l'air un peu bête qu'il prenait quand il refusait le conflit. Sans aucun scrupule, j'ai poussé mon avantage en dévorant tout le plat. Il s'est contenté des miettes que j'avais daigné lui abandonner.

Nos humains, repérant le manège, compléteront sa ration, mais l'essentiel était acquis : j'étais le chef et je le resterais pour toute notre vie commune qui sera longue.

    Inutile de préciser que la partie sera moins facile avec Féline. Sa première réaction fut la chaise vide, on ne la revit pas de plusieurs mois. Rassurez vous, la colère ne la conduisit pas à la grève de la faim, elle guettait les absences des humains et venait se nourrir en entrant par la chatière quand elle était certaine de ne rencontrer personne. Les rigueurs de l'hiver eurent raison de sa mauvaise tête plus efficacement que les appels et autres tentatives de l'amadouer. Un soir de neige, elle reprit sa place de reine comme si elle rentrait d'un petit tour. De la revoir, mon humaine était folle de joie, la vie de famille prit son cours normal : Féline et moi décidâmes de nous ignorer, nous habitions la même maison sans nous voir.

    Quelques saisons plus tard, Féline perdit l'appétit et le goût des promenades, elle rendit plusieurs visites à Monsieur le véto et, la dernière fois, son panier rentra vide.

   Mes humains en furent très tristes, c'est agaçant. Ils n'avaient aucune raison de s'affliger ; pour la faire oublier, nous étions là, Hercule, pas très futé mais bien gentil, et surtout moi, l'irremplaçable.

   Des saisons passèrent, belles et mauvaises ; nous avons pris nos habitudes. J'étais le chef, "un tempérament dominant" disent mes humains, et le cher Hercule menait sa vie tranquille de dominé sans histoires, toujours si gentil qu'il était adoré des visiteurs. Je n'en prenais aucun ombrage, chacun sa spécialité : à moi les responsabilités liées à l'autorité, à lui la diplomatie auprès des humains.

     Quand j'ai fait sa connaissance, il était dodu, c'était un chat tout en rondeurs mais, avec l'âge, il est devenu de plus en plus léger. Son pelage épais faisait illusion mais il n'était plus qu'une demie-portion, jusqu'à ce matin d'automne où il est devenu tout froid et raide. Mon humaine l'a emporté et je suis resté seul.

     Ensuite, nous avons changé de maison (ça, je l'ai déjà raconté). Ici, je cumule les deux emplois de chef et de bête de tendresse ; quand on est seul, il faut tout faire ! Je me suis bien fait quelques relations parmi les chats du quartier mais on ne peut comparer un visiteur de passage avec l'ami qui a partagé votre vie pendant des années.

    Et voilà, l'autre soir, alors que j'inspectais mon domaine, a surgi devant moi une apparition : Hercule, la même couleur, le même poil et l'air gentil qui conquérait si bien le monde.

     Je l'ai regardé, incrédule et méfiant, franchement inquiet devant l'air ébahi et conquis de mes humains qui se confondaient déjà en "minou, minou".

     Hercule serait revenu ? Je n'ai pas tout compris...

     En tout cas, je suis fermement décidé à me battre pour rester seul maître des lieux.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 09:13

    Sans surprise, un film de propagande islamophobe et des caricatures de Mahomet ont provoqué l'ire des musulmans bigots.

     Les bigots catholiques nous avaient habitués aux cris d'orfraie et autres anathèmes quand leurs croyances subissaient le même traitement, mais ils avaient reçu peu de soutien, surtout auprès des grandes âmes. Un large consensus s'était même établi pour fustiger l'intolérance et le manque d'humour des grenouilles de bénitier.

Aucun donneur de leçon ne s'était scandalisé des plaisanteries, pas toujours très fines, sur la sainte vierge mère de Dieu. Personne n'avait honte de moquer une religion qui était celle de la femme de ménage portugaise et du mineur polonais.

    Dans la vulgate marxiste, la religion était l'opium du peuple mais les temps changent, ces anciens laïcs de choc nous tiennent à présent des sermons lénifiants pour en appeler au respect des croyances les plus aliénantes quand elles sont le partage des discriminés et des pauvres. Ils n'imaginent même pas que le chômeur-pas-blanc-immigré puisse être sans dieu ; s'il attend de leur part un minimum de considération, il doit être religieux.

    L'extrême droite était un nid d'intégristes cathos, voilà qu'elle se peuple de laïcs sourcilleux. Immédiatement, les ennemis de mes ennemis sont mes amis, les anciens bouffeurs de curé ouvrent les bras aux imams, "puisque l'extrême droite les combat, il faut les soutenir". Je n'ai sans doute pas tout compris ...mais ceux qui déplorent la main-mise des islamistes sur les révolutions arabes leur font de grands sourires en occident. Ils ont une explication qui ne souffre aucune contestation : la discrimination et la pauvreté, comme si les chefs islamistes n'étaient pas riches et dominants.

    La misère et l'exploitation ne seront jamais vaincues par la religion. Plus grave, elle maintient la domination des forts sur les faibles et l'oppression des femmes.

    Rire des dieux, quels qu'ils soient, est un réflexe de bonne santé, une bouffée d'oxygène. N'en privons pas ceux qui sont écrasés.

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 21:48

   Ils sont agaçants, les humains.

Il faut absolument que je vous raconte leur dernière tracasserie : ils ne veulent plus m'ouvrir la porte. A les entendre, je manquerais de décision et ils en auraient assez. Ils ne trouvent pas normal que je change d'avis dix fois dans la demie heure, alors que c'est, à mon sens, amplement justifié.

Je demande à sortir, j'ai le droit de me dégourdir les pattes, non ?

A peine suis-je dehors qu'un chien aboie dans le voisinage ; mes oreilles sensibles ne supportent pas une telle cacophonie. Je lance un appel d'urgence, on m'ouvre et je me réfugie à l'intérieur où l'ennui me rejoint immédiatement.

Le tintamarre canin ayant cessé, je prends le parti de ressortir mais, très vite, des bruits de vaisselle en provenance de la cuisine me signalent une activité de première importance : la préparation du repas qui ne saurait avoir lieu sans moi. J'insiste pour entrer, on m'ouvre, je me précipite aux pieds de mon humaine en poussant des miaulements qui ne souffrent aucun refus. Je fais des ronds entre ses pieds au risque de la faire tomber jusqu'à ce qu'elle daigne me distribuer quelques morceaux de choix. Pauvre naïve, elle espère qu'en les déposant dehors, elle aura gagné un moment de tranquillité, c'est compter sans le ciel.

Voilà une averse. Chacun sait que nous, les chats, sommes brouillés avec l'eau ; très logiquement, je pousse un cri aussi impérieux que strident, la porte s'ouvre et ainsi de suite...

Tout le monde se lamente à cause du chômage. Eh bien, moi, je suis un créateur d'emploi, celui de portier qui m'est absolument nécessaire.

Au début, ils sont très complaisants, pleins d'égards à mon endroit, mais ils ne tardent pas à se rebiffer et ne s'exécutent qu'en maugréant.

Évidemment, ils n'ont pas tardé à trouver une solution.

Ils se sont rappelés que, dans mon ancienne maison, il y avait une chatière, une porte battante juste à ma taille. J'entrais et sortais sans rien leur demander. C'est bien utile mais le procédé manque de charme, c'est si bon de demander et obtenir.

Je suis un petit tyran mais un si joli tyran ! A voir mon regard bleu confiant et implorant, il faut avoir un coeur de pierre pour résister.

Eh bien, ils ont choisi de résister, ils ont installé une chatière dans ma nouvelle maison.

Un soir, il est rentré avec un paquet plat qu'il a montré à sa femme et il m'a regardé en rigolant, son forfait était prémédité... Le lendemain, après le déjeuner, Tonton est arrivé, j'étais tout content. D'habitude, il s'installe dans le canapé sans bouger, je grimpe sur ses genoux, c'est un vrai spécialiste en papouilles et autres grattages de chat. Ce jour là, j'ai attendu vainement ma séance de câlins, mon humain et lui ont entrepris de démonter une porte de la cuisine puis ils y ont découpé un trou. Je me suis sauvé à cause du bruit et, à mon retour, la porte était revenue à sa place. Le trou était bouché par une chatière ; c'était donc ça, le paquet qui le faisait rigoler ! 

Il me fallait trouver une réponse convenable à cet affront manifeste.

J'ai fait l'andouille. J'ai adopté l'air complètement abruti de celui qui ne comprend pas à quoi ce machin peut servir, alors que j'en ai utilisé une pendant plus de dix ans. Comme s'ils ne savaient pas que notre mémoire est absolument exceptionnelle, ils ont mis tout leur coeur à essayer de m'apprendre le fonctionnement de cette trappe à chats. Chacun leur tour, ils la tapotaient en m'appelant avec un sourire idiot pour que je comprenne bien que cette porte m'appartient et qu'elle va me simplifier la vie.

Las, rien de plus bête que celui qui ne veut pas comprendre. En gardant l'air stupide et fermé, j'ai fait semblant de me désintéresser du nouveau jouet et, j'ai entrepris comme un travail urgent l'inspection de la cour. Reportant mon apprentissage à plus tard, ils sont retournés à leurs occupations.

C'est là que ma vieille ennemie, la pluie, m'a joué un des mauvais tours dont elle est coutumière, l'averse a éclaté et a vaincu mon entêtement. Elles étaient fortes les résolutions que j'avais prises, mais pas au point de me tremper les os. Toute honte bue, j'ai foncé dans leur maudite chatière.

Ils ont ri en m'accueillant dans la cuisine et, grand seigneur, pour manifester mon désir de faire la paix, j'ai daigné accepter un morceau du dos de cabillaud qu'elle était en train de préparer.

Il faut savoir être souple avec le personnel.

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 19:37

   Ces derniers temps, on a les polémiques qu'on peut , les gens sérieux (enfin ... qui se prennent au sérieux) n'ont pas de mots assez durs pour mettre en pièces Lorant Deutsch et son "Métronome". Son succès de librairie leur reste sur l'estomac.

  Ce petit livre divertissant ne serait pas de l'histoire. Qui a prétendu le contraire ? Quand on met en pages ou en images un vieux quartier, des monuments hors d'âge habités, pour ne pas dire "hantés" par des figures légendaires, on ne fait pas oeuvre d'historien mais de conteur.

   L'auteur ferait la part belle aux saints et aux rois. Il faut bien avouer qu'ils ont laissé plus de traces en la mémoire populaire que les bâtisseurs et les forgerons. Certes, un chercheur sérieux vous peindrait un tableau circonstancié du Paris médiéval à partir de doctes relevés de fouilles ; à n'en pas douter, il intéresserait ses semblables et le tout petit monde des cercles archéologiques. Mais le public, celui qu'on dit grand, baillerait d'ennui.

   Voilà des critiques bien acerbes pour des écrits fort légers. Quand il me passera de nouveau par la tête l'envie de raconter quelque légende ou tradition autour d'un prénom, il faudra que j'y regarde à deux fois. Raconter la vie des saints, même pour rire, est passible non, pas des foudres de l'enfer (de nos jours, le terme est scandaleux) mais du mépris des vertus laïques.

   Heureusement, un détail me sauvera. Ce qui fait, avant tout, rager les vertueux tristes, c'est le succès. 

L'obscurité de mes divagations sauvera donc ma réputation.

Pour être heureux, vivons cachés et rions un peu.

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