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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 17:15

11 septembre.

Si on vous demandait : "Que vous rappelle cette date ?"

Une écrasante majorité parlerait de l'attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center. L'événement est si horrible, il fait l'effet d'un tel cataclysme que le 11 septembre ne rappelle rien d'autre. Plus rien n'émerge.

Et pourtant, sans remonter jusqu'au sacre de Louis le Pieux ou la fondation de Cluny, 11 septembre est aussi la date du coup d'état de Pinochet (en 1973), un anniversaire pénible. La date était mal partie.

Il ne fait pas bon partager son anniversaire ou sa fête avec de telles calamités. Parions que peu de femmes enceintes, quand elles en ont le choix, programment leur accouchement pour un 11 septembre.

Dommage pour les Adelphe (pas Adolphe, Adelphe !) C'est pourtant un beau nom, du grec "adelphos" : le frère ; Adelphe est un prénom bien républicain, un hommage à la fraternité.

Curieuse idée de la fraternité, celle qui consiste à écraser un peuple sous une dictature ou dans une catastrophe aérienne, un nouveau nombre maudit vient de naître.

Nous connaissions 666, le nombre du diable. De quoi 1109 est-il le chiffre ?

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 09:22

   Les cliniques privées attaquent l'État pour atteinte à la libre concurrence.

L'affaire ne se passe pas aux Etats Unis, ce n'est pas le dernier coup de gueule d'un tea-party, la plainte émane de quelques industriels français de l'hospitalisation privée. Les pauvres ! ils seraient discriminés...

Quand nous aurons le temps, nous les plaindrons.

  Pour mettre en évidence l'inanité de leur raisonnement, on se laisserait bien aller à dire : "CHICHE ! Vous revendiquez la libre concurrence ; allez-y, mais prenez la entière, effectuez toutes les tâches et corvées de l'hôpital public et nous en reparlerons".

 

  L'hôpital soigne les malades sans faire de tri. Que le patient ait besoin d'une opération chirurgicale ou de soins médicaux, l'hôpital s'en occupe. Les cliniques privées font surtout, pour ne pas dire uniquement, de la chirurgie facturée un bon prix à l'assurance maladie.

A l'hôpital, les séjours qui ne rapportent rien ; aux cliniques, les juteuses prothèses.

Mesdames et Messieurs les gestionnaires de cliniques, êtes- vous disposés à soigner des malades chroniques qui vont occuper de la place et du personnel et laisser partir vers l'hôpital les prothèses de hanche et autres cataractes qui font votre fond de commerce ?

Evidemment, votre réponse est négative. Vous êtes là pour faire du rentable, pas du solidaire. D'ailleurs, vous avez tout prévu depuis des temps immémoriaux, vous avez vos réseaux. Le patient "ordinaire", pas forcément très riche mais doté d'une bonne mutuelle (comme dit la publicité), s'il a besoin de subir une opération, se voit systématiquement conseiller une clinique par son médecin traitant. S'il manifeste assez d'originalité pour suggérer l'hypothèse "Hôpital Public", il se heurte au manque d'expérience de son interlocuteur, voire à sa réprobation.

Comment l'hôpital peut-il être autre-chose qu'un gouffre si les soins rentables sont systématiquement détournés  vers le secteur marchand ?

   Si vous désirez parler des monopoles de l'hôpital public, il faudra bien aborder les questions liées de l'enseignement et de la recherche. Nous attendons toujours que vous mettiez la main à la poche pour financer des secteurs qui ne sont pas des frais mais des investissements. Là-dessus, votre attitude est d'une clarté sans équivoque : l'hôpital investit et vous encaissez les bénéfices quand l'heure est venue d'appliquer. Vous êtes des développeurs, pas des chercheurs.

   Partons du principe que tout le monde est honnête et de bonne foi, laissons de côté les problèmes de sur-facturation. Limitons le débat aux simples questions de bilan, charges et profits.

Sale temps pour les forcenés du libéralisme intégral, à la place des actionnaires de l'hospitalisation privée, je me ferais du souci de voir les gestionnaires revendiquer une égalité de traitement avec le public. Une remise à niveau ne sera pas à leur avantage.

 

 

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 09:25

Ils sont nombreux, le prénom a du succès, et les Alain d'aujourd'hui ont de nombreux référents de qui se recommander.

N'en déplaise aux Alain qui ne seraient pas bretons, notre attention du jour se portera sur Alain Fergent, comte de Quimper, de Rennes, et duc de Bretagne au XIème siècle.

Personnage d'importance bien qu'oublié, il accrocha solidement son duché à l'histoire des royaumes de France et d'Angleterre. Pour ce faire, il se servit intelligemment des mariages. Quand on a ce talent à son époque, avoir des filles à marier est une bonne affaire. Les siennes sont devenues maîtresses de provinces importantes (Normandie, Anjou) et la Bretagne cessa d'être une région lointaine, perdue face à l'océan, pour devenir l'égale des plus grands apanages.

Ces actions en font un grand seigneur mais en quoi serait-il plus sympathique que ses semblables ?

Juste un peu de nostalgie, Alain Fergent fut le dernier duc de Bretagne bretonnant. Ses successeurs jugeront préférable de parler la langue d'oil. Il la connaissait assurément mais sa langue resta celtique.

En ce temps-là, nul ne songeait à contester que Nantes fût en Bretagne.

Celtiques amitiés à tous les Alain.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 20:19

     Les Arméniens ont subi, à partir de 1915, un génocide en règle de la part des Turcs.

Un siècle aura bientôt passé mais le temps n'a pas apporté les remords aux bourreaux, la Turquie possède une histoire officielle selon laquelle, "circulez, il n'y a rien à voir, il n'y a pas eu de génocide arménien".

     L'empire ottoman a longtemps colonisé la Grèce et ses îles. Au dix-neuvième siècle, elles se sont libérées avec le témoignage de peintres et de poètes (Delacroix, Byron...) mais la Turquie du vingtième siècle n'ayant pas renoncé à ses vielles habitudes, a établi une domination coloniale sur le nord de Chypre. Pas gênée pour deux sous, elle voudrait intégrer l'Union Européenne alors qu'elle occupe sans vergogne un de ses membres.

     A sa place, n'importe-qui ferait profil bas ; quand on a "le nez sale", on se fait discret.

N'importe-qui sauf la Turquie, elle exige des excuses d'un état souverain pour avoir arraisonné une embarcation qui avait pénétré sans autorisation dans ses eaux territoriales.

Cet état, c'est Israël et le contrevenant, la dite-"flottille-pour-Gaza" sur laquelle sévissaient quelques antisémites notoires et, parmi eux, des Turcs.

    On aurait du mal à imaginer des bateaux israéliens faisant le siège de Chypre pour dénoncer l'occupation turque, une telle attitude serait, à juste titre, considérée comme "de l'huile sur le feu". Les instances internationales prieraient fermement les donneurs de leçon de se mêler de leurs affaires. 

   La Turquie ne serait donc pas soumise aux mêmes obligations, ses ressortissants pourraient impunément violer un espace étranger, ce serait à l'état envahi de présenter des excuses ? On croit rêver.

    La Turquie s'entendait si bien avec l'état d'Israël. Comment interpréter ce changement ?

    La Turquie serait-elle en train de démontrer que l"'islamisme modéré" n'existe pas ?

Là où des islamistes sont au pouvoir, ils n'ont de cesse qu'ils n'aient manifesté leur hostilité "aux juifs et aux croisés".


    Il serait fâcheux et risqué de l'oublier.

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 09:57

C'est la fête des Bertrand. On n'oublie pas de les embrasser et c'est du boulot, ils sont nombreux.

En leur donnant ce prénom, bien français en apparence, leurs parents ont-ils eu conscience de les rattacher aux vieux mythes germaniques ?

Le prénom Bertrand vient du germain behrt, « brillant », et hramm, « corbeau ». C'était le corbeau du dieu Odin, à ne pas confondre avec les noirs corbeaux peuplant les sacristies.

Le christianisme, toujours aussi porté sur le recyclage, a trouvé aux Bertrand une figure plus conforme que l'oiseau guerrier en sélectionnant dans un monastère de comminges un moine du onzième siécle. Il est devenu Saint Bertrand et son abbaye, Saint Bertrand de Comminges.

Libre à chacun de choisir son totem mais le corbeau d'Odin conserve un attrait intimidant et mythique que l'homme de Dieu n'aura jamais.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 21:48

  Estelle fête ses douze ans le 24 décembre 1888.

Elle sait lire, écrire, compter. Le temps est venu pour elle d'apprendre un métier. Au village, on dit que ce n'est pas nécessaire pour une jeune fille, elle se mariera et aidera son époux, mais ses parents y tiennent, au risque de se faire traiter de pédants par les voisins.
   Ils n'ont pas l'ambition de faire de leur fille une érudite, ils sont bien étrangers à ce genre de préoccupation. Ils tiennent à ce quelle puisse se débrouiller dans la vie avant de se marier et même après, en cas de coup dur dans le ménage, qu'elle ne soit pas obligée de "se placer", de devenir "servante". C'est le sort des gens qui n'ont pas de métier ; les garçons deviennent "domestiques de ferme" et les filles trouvent une place de bonne à tout faire, en général logée-nourrie, donc à la disposition des patrons à toute heure du jour ou de la nuit. Elles dorment près du bébé qui pleure ou de l'aïeul incontinent.

Inutile de protester, c'est l'habitude, pourquoi en faire un drame ?

Quand elles se marient, elles quittent leur place avec quelques économies et un peu de savoir-faire en cuisine et ménage. Quand on est pauvre, on subit.
   Madodine ne veut pas de cette corvée pour ses filles, et Tailleur partage son avis. C'est entendu, elles auront un métier, mais lequel ?
    Estelle est très attirée par la couture. Toute petite, elle aimait déjà faire son nid sous la table de son père et inventer des costumes de poupée à partir des chutes qu'elle ramassait.


Un dimanche tranquille, Tailleur pose la question fatidique :

"Estelle, il est temps de te choisir un métier. Dis-nous ce que tu aimerais faire quand tu seras grande." L'enfant est un peu étonnée ; il n'est pas courant qu'on demande son avis à l'intéressée, surtout si c'est une fille, mais ses parents tiennent à donner à leurs enfants une éducation moderne.
A vrai dire, elle attendait la question et sa réponse est prête.
    - "J'aimerais être couturière, si vous le voulez bien".
    - "Voilà une bonne idée, nous allons chercher un atelier où tu pourras faire ton apprentissage."
Estelle se renfrogne, ce n'est pas du tout ce quelle a prévu et elle tente sa chance.
   -" Père, vous connaissez bien la couture, c'est votre métier. Je préférerais rester près de vous, vous m'apprendriez le travail et je pourrais vous aider. Ce serait bien pour tout le monde".
Tailleur lui adresse un bon sourire affectueux mais, d'un hochement de tête, il retrouve la réalité : "Bien sûr, nous aimerions te garder à la maison ; mais il faut que tu apprennes la couture pour femmes, elle est très différente de celle des tailleurs. Ce n'est pas moi qui pourrai te l'enseigner, il faut que tu fréquentes un atelier et un bon."
   C'est entendu, on ne contredit pas son père, Estelle n'a qu'à s'incliner.
   A la foire de pentecôte, Tailleur retrouve une vieille connaissance : Madame Babin, la Babin, la couturière à la mode. Échange de nouvelles, menus échos professionnels qui se prolongent, et l'avenir d'Estelle est décidé : la Babin l'engage dans son atelier.
   De retour à la maison, le départ d'Estelle s'organise. La ville n'est pas loin mais le train n'arrivera qu'une dizaine d'années plus tard ; sept kilomètres, ce n'est rien en voiture ou à cheval, mais pour une fillette à pied, matin et soir, par tous les temps, c'est difficile à envisager. Il n'y a qu'une solution : dormir en semaine chez la couturière comme une interne au pensionnat, Tailleur en a convenu les détails avec la Babin. Estelle ne sera  pas un cas unique, elle aura la compagnie d'une demi-douzaine d'autres jeunes filles.


    Les petites camarades qui devaient lui faciliter l'intégration vont être son principal tourment.
   A la fin du dix-neuvième siècle, le fossé était profond entre la ville et la campagne ; les "bourgeois" n'avaient que mépris pour les "paysans". Un siècle plus tard, dans nos villages embourgeoisés, on a du mal à l'imaginer mais, en ce temps-là, on avait plus de mépris pour la boue des champs que pour la suie des usines.
    Chez la Babin, on ne rencontre qu'une paysanne : Estelle. Les autres apprenties, filles plus délurées de la ville, ont tôt fait de la changer en souffre-douleur. Tout ce qu'elle peut faire ou dire est détourné, interprété pour déclencher les moqueries. Son prénom disparaît, elle n'est plus appelée que "Paysan d'pâture". Elle en a tellement assez qu'elle se porte volontaire chaque fois qu'il y a des courses à faire pour l'atelier ; quand elle est dehors et que les pestes ne la voient pas, elle pleure tout son saoul.
    Un dimanche qu'elle est de retour au village, Madodine lui trouve un air triste et préoccupé ; une mère, même farouche et combative, a des antennes pour ressentir les problèmes de ses enfants. Prétextant l'heure de la traite, elle entraîne Estelle à l'étable ; à part la vache qui les regarde sans rien dire, personne n'est là à se mêler de la conversation. Elles s'expliquent longuement et quand elles ressortent, elles ont un air complice et décidé qui laisse tout prévoir.


   Quelques jours après, les apprenties bavardent en épluchant des légumes pour leur repas ; chacune y va de ses préférences culinaires, on passe les fruits en revue.
    Tout à coup mais sans élever le ton, Estelle commence : "Chez nous, il y a des pâtures"
    - Oui, on le sait, qu'il y a des pâtures, les paysans mangent de l'herbe, comme les vaches !L es moqueuses repartent à rire. Mais, sans se laisser démonter, Estelle reprend :

    - " Dans les pâtures, il y a aussi des pommiers, ils ont des pommes et vous les mangez."
    Elles ricanent mais elles sont déjà étonnées : ... la "paysan d'pâture" ne se laisse plus faire.
    Et, sans se démonter, Estelle reprend :
    "Dans la pâture, il y a des pommiers et aussi des vaches qui font des bouses.
      Les pommes tombent et nous les ramassons dans un grand panier pour les vendre.
      Quand une pomme est tombée dans la bouse, on la ramasse, on l'essuie rapidement sur l'herbe et on la jette dans le panier en disant : "Tiens, ce sera bon pour les bourgeois !"
      Silence du public ...


     Estelle continuera son apprentissage, tranquille et peut-être respectée. 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 21:15

Ils ne sont pas chefs d'états ni de religions, ils ne commandent pas d'armées ni de foules fanatisées. Leurs noms sont inconnus du grand public et pourtant ... ils font peur.

Ils s'amusent avec les nerfs des plus grands mais ils n'ont pas le courage de se montrer.

Ils jouent avec le feu sans égards pour les ruines qu'ils provoquent, camouflés sous le masque d'"Agences de notation".

On n'a jamais vu la tête d'une agence... Le public aimerait savoir qui  se pare de ce vocable.

Ils se disent "économistes". Ah, bon !...C'est un métier ?

Ils préfèrent cacher leur CV, laisser jouer l'imprécision. Avouer qu'on exerçait l'activité de trader pour une banque avant qu'elle se passe de vos services parce que vous manquiez de flair, ça ne fait pas sérieux quand on prétend régenter l'économie de la planète.

En tout cas, ce sont de fameux illusionnistes. Ils arrivent à se faire prendre au sérieux par  les plus grands, les présidents des Etats Unis et les autres. Ils ont l'arme atomique et d'autres joujoux pour écraser tout ce qui peut leur résister mais ils paniquent devant ces cassandres à i-pad.

Qui aura l'audace de réveiller les gouvernants ? L'impatience gagne, il faut reprendre contact avec le plancher des vaches.

Ces minus ne sont rien, ils n'ont d'importance que celle que leurs victimes veulent bien leur accorder.

Les états qui tremblent comme des élèves dissipés à l'annonce des notes sont très majoritairement des démocraties et, normalement, dans une démocratie, c'est le peuple qui décide, pas des techniciens. Il est bien connu que, pour une bonne gouvernance, on ne confie jamais un ministère à un professionnel du secteur.Même les très grands économistes se sont effacés devant les élus. Les travaux de Keynes ont inspiré le New Deal de Roosevelt mais c'est lui, président élu, qui a décidé et endossé la responsabilité face à ses électeurs.

Les Dr Flamour de l'économie, dans leurs agences de notation jouissent de ce privilège exorbitant : imposer des décisions, de préférence les pires, et se retrancher à l'abri quand vient l'heure des comptes.

Nos démocraties sont, presque toutes, en campagne électorales ; nous attendons impatiemment qu'un candidat ait le culot et le bon sens de dire : "La feuille de notes des agences, vous savez où je me la mets ..."

Le peuple ayant parfois plus de raison que ses gouvernants, il y a fort à parier que celui-là serait entendu.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 09:02
 le CSA met en demeure Sud Radio
 
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a décidé de "mettre en demeure" Sud Radio pour "propos discriminatoires", à la suite d'une émission où avait été évoqué un "lobby juif" dans le cadre de l'affaire DSK.
 
 

Enfin ! a-t'on envie de dire.

Tout le monde y pensait mais personne n'osait dégainer ouvertement.

Oui, la charge contre DSK avait un point commun avec l'affaire Polanski : donner aux antisémites une occasion de se déchaîner.

Chaque jour ou presque, sortaient de prétendues informations en faveur de la soi-disant victime ; les médias les étalaient avec complaisance. 

Ceux qui se risquaient à  dénoncer ce véritable lynchage médiatique en rappelant que l'accusé ne s'était pas exprimé et qu'il fallait aussi l'entendre, ceux-là étaient immédiatement accusés de favoritisme. 

La raison de ce favoritisme ?

Tout l'art du commentateur consistait à laisser entendre sans dire, tout en insistant ... Le public devait croire qu'il trouvait lui-même un rapprochement entre les noms des défenseurs, celui de l'accusé et sa fortune. Il fallait à tout prix montrer un juif riche et puissant abusant une pauvre noire.

Quelques-uns, plus maladroits ou moins prudents que les autres, se sont découverts en parlant du "lobby juif".

Le CSA vient de le remarquer ; c'est, pour le moins, une réaction tardive mais nous la porterons à son crédit : mieux vaut tard que jamais.

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 09:22

Aujourd'hui, c'est la fête des Aristide.

Ils sont peu nombreux mais leur fête est l'occasion de rappeler la grande figure d'Aristide le Juste, modèle du démocrate athénien. (En 2008, notre actualité m'avait fourni une bonne raison de l'évoquer)

Athènes, où est née la démocratie, a expérimenté quelques pratiques destinées à donner la parole et le pouvoir au peuple (tiens, tiens, ça rappelle des politiques d’aujourd’hui …) Ils n’ont pas eu besoin d'inventer le référendum, les dimensions de la cité permettaient de rassembler tous les citoyens en un même lieu pour leur demander leur avis. Craignant les tentatives de prise du pouvoir qui auraient mis la démocratie en danger, ils ont mis au point ce qui leur paraissait un "must" de décision populaire : l’ostracisme.
Lorsqu’un Athénien soupçonnait l’un d’entre eux de fomenter ce que nous appellerions un coup d’état, il rassemblait les citoyens et leur demandait, s'il leur paraissait qu’un homme mettait la démocratie en danger, d’écrire son nom sur une sorte de jeton (on utilisait un tesson de poterie ,“ostrakon”, d’où le mot ostracisme).
L’invention se retourna très vite contre son but ; lorsqu’un ambitieux voulait prendre le pouvoir, il lançait une rumeur accusant tel homme de valeur susceptible de lui barrer la route. L’assemblée des citoyens l’ostracisait et le candidat dictateur n’avait plus qu’à ramasser le pouvoir sur une cité qui se livrait sans défense. Pas besoin de révolte ; il suffisait de manipuler le peuple souverain.
Evidemment, Aristide, l’honnêteté personnifiée, fut ostracisé suite aux manigances d’un démagogue.

L’histoire a conservé une anecdote montrant jusqu’où il poussait le respect de la démocratie :

  Un homme qui ne le connaissait pas l’a abordé pour lui demander de remplir son “ostrakon” à sa place, il ne savait pas écrire.

Aristide lui demanda quel nom il fallait écrire, l’homme répondit “Aristide”. Ce fut fait.
   Rassurez-vous, lorsque l’homme providentiel auto-proclamé eut fait la preuve de son incompétence et de sa nocivité, les citoyens rappelèrent Aristide.

   Que la morale républicaine y trouve un réconfort dont elle a bien besoin et embrassons les Aristide.

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 17:52

Nul besoin d'approfondir les recherches autour d'une Sainte Sabine.

Bien sûr, qui cherche trouve, nous en rencontrerons une, veuve et martyre exécutée sous le règne de l'empereur Adrien (celui du mur). En réalité, c'est plus que probable, nous serions à nouveau en présence, d'une opération de recyclage.  

Les Sabines faisaient partie du vieux fonds mi-historique, mi-légendaire de la civilisation romaine.

Charme d'abord, écoutons la légende.

Romulus et ses copains ont fondé Rome où ils se sont vite rendu compte que la vie uniquement entre hommes ne pourrait durer longtemps.

Où trouver des femmes ? Il existe une solution simple à ce petit problème : enlever celles des voisins. Aussitôt dit, aussitôt fait, ils se rendent à une fête organisée par les Sabins et, au mépris de toutes les lois de l'hospitalité, ils s'emparent de leurs femmes, les Sabines.

Comme on n'attire ni ne retient les mouches avec du vinaigre, ils se montrent particulièrement séducteurs et gentils avec leurs prises, si bien qu'elles sont ravies de les épouser et devenir des Romaines.

Certes, il reste un petit problème, trois fois rien : les Sabins sont furieux, on le serait à moins,. Ils marchent sur Rome, bien décidés à se venger. La guerre est inévitable.

C'est sans compter avec les Sabines, elles sont restées les filles et les soeurs des Sabins, elles leur sont encore attachées mais pas du tout décidées à quitter leur nouvel époux romain. Elles se jettent dans la bagarre pour séparer les belligérants. Leur détermination s'impose à tous, les adversaires se réconcilient, comme le montrent quelques chefs d'oeuvre de la peinture (Poussin, David etc.)

Lorsqu'ils eurent converti Rome, les chrétiens s'avisèrent qu'il y avait quelque-chose à faire d'une histoire si édifiante. Ces sabines ardentes à réconcilier les hommes, pour des païennes, avaient des vertus bien chrétiennes.

Au nom de la vertu pacificatrice des femmes, l'Eglise annexa les Sabines et s'en servit beaucoup dans toutes les guerres civiles et familiales. Montrées en exemple au temps où s'installait la trêve de Dieu, il valait mieux en faire un joli nom chrétien.

Nous avons une claire conscience du recyclage qui préside à votre gloire mais nous vous souhaitons une bonne fête et vous embrassons.

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