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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 23:00

   Quand lire est une addiction, ce n'est pas toujours un plaisir ; le livre nul refermé, il nous arrive de pousser un soupir en déplorant le temps perdu.

Ce ne fut pas le cas de ma dernière expérience : "Nuit" d'Edgar Hilsenrath.

    L'auteur, juif qui a connu le ghetto, m'était complètement inconnu ; c'est ma chère et savante amie Claudine qui m'a prêté l'ouvrage en ajoutant qu'elle ne voyait personne d'autre à qui le faire lire.

Un coup d'œil à la couverture m'apprit qu'il s'agissait du récit de la vie, ou plutôt de la survie, au ghetto de Prokov.

Il m'a fallu plusieurs mois pour oser y entrer. J'avais peur de mes réactions, cauchemars et insomnies en prévision, car j'imaginais le pathos qui s'étalerait au long des pages.

   Quand je me suis décidée à l'affronter, bonne surprise, le texte se dévore comme un bon roman. On n'y trouve aucun appel douteux à la sensiblerie du lecteur mais un tableau minutieux et détaillé de la faim, la maladie et la mort, avec juste ce qu'il faut d'humour pour ne pas sombrer. Surtout, il montre la ruine de la personne humaine quand elle est confrontée en permanence à la nécessité. Selon l'expression consacrée, l'homme est un loup pour l'homme quand sa survie est en jeu.

   Des ouvrages sur l'histoire de la Shoah, nous en avons lu beaucoup, de grands textes, dont une somme irremplaçable : "La destruction des juifs d'Europe" de Raul Hilberg.

Des vagues de témoins se sont succédées. Il existe des récits de survivants d'à peu près tous les camps. Grâce à eux, nous en savons plus sur les véritables usines de mort que furent les chambres à gaz et les crématoires.

Plus récemment, nous avons appris que le centre d'extermination n'a pas été le seul moyen de tuer des juifs. A la faveur de la chute du communisme, des historiens ont accédé aux archives des pays de l'Est et nous ont fait découvrir les tueries de masse, Michaël Prazan en a tiré un chef d'œuvre "Einsatzgruppen" .

    Sur la déportation, les cinéphiles disposent du monument de Claude Lanzmann "Shoah", d'un choix de documentaires et même, hélas, de quelques navets au succès scandaleusement populaire comme "La vie est belle".

    En fin de compte, nous disposons d'une masse d'informations sur le déroulement de la guerre, sur la vie des civils dans les régions occupées et sur l'industrie de mort dans les camps. En revanche, sans être inconnue - quand on cherche, on trouve - la vie quotidienne dans les ghettos est fort ignorée. Il faut généralement se contenter de sèches statistiques (tant de décès par mois, tant d'habitants pour telle surface...) mais il est difficile de se représenter le détail d'une journée au ghetto. La première qualité de "Nuit" est de combler ce manque.

     Prokov se trouve en Transnistrie, entre le Boug et le Dniestr, région confiée par les nazis à l'administration roumaine. En bons disciples, les sbires d'Antonescu y ont regroupé de force une majorité des juifs de Roumanie, pas dans des camps entourés de barbelés et surveillés par des militaires mais entassés dans des villes ou de simples quartiers exigus et largement détruits depuis le passage de l'opération Barbarossa.

     Les déplacés s'abritent comme ils peuvent, les plus chanceux, ou ceux qui ont encore quelque-chose à négocier, dorment tête-bêche, à même le sol, dans des pièces délabrées. Les autres sont condamnés à la rue, ramassés pour infraction au couvre-feu et déportés vers le travail forcé ou sommairement exécutés. Ranek, le personnage principal de Nuit, fait partie de ces veinards qui ont trouvé une place. Une fois logé, il reste le souci obsédant de la nourriture dans une ville où rien n'est disponible, sauf au marché noir. Les paysans roumains, ukrainiens et leurs intermédiaires rançonnent ces malheureux qui n'ont plus rien. Les vêtements, les chaussures, les bijoux y passent, en attendant les dents en or que les vivants arrachent à ceux qui viennent de mourir. Les femmes qui ne sont pas encore trop abîmées se vendent aux policiers et aux soldats, le bordel est le seul endroit où la nourriture abonde.

      La lutte pour la survie ne tient compte ni des liens familiaux ni des règles morales, il faut manger, à tout prix, jusqu'au moment où la situation, déjà critique, vire à la panique quand le typhus s'abat sur les affamés.    

      Au bout de 500 pages de ce tableau, le ghetto n'abrite plus que des morts et des moribonds. L'auteur met un point final sur une touche d'espoir, ou d'illusion, c'est selon. Au milieu du désastre, une femme, pour ne pas dire une sainte, reste en vie avec un enfant qu'elle a promis de protéger.

     Dans les conditions où ils se trouvent, on ne voit pas comment ils pourraient survivre mais c'est une lueur d'humanité qui vient éclairer la nuit et c'est bon.

 

     Ce tableau effroyable n'est pas une lecture malsaine, c'est un chef d'œuvre plein d'information sans voyeurisme.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 14:19

       25 mai, c'est la fête des Sophie.

 

Sophie, c'est sophia : la sagesse. Sainte Sophie n'est pas un personnage, c'est une part de la divinité, Dieu ne pouvant qu'être sage et omniscient.

Les croyants ont toujours personnalisé les principes. Très vite, le peuple ordinaire a cru qu'il existait une sainte nommée Sophie à qui la grande basilique de Constantinople aurait été dédiée.

Les turcs musulmans ont pris Constantinople et l'ont rebaptisée Istanbul, ils ont recyclé la basilique en mosquée. Les grecs orthodoxes avaient perdu leur capitale mais ils ont continué à baptiser leurs filles Sophie et l'usage s'en est répandu dans toute la chrétienté.

La popularité de ce prénom associé au monde enfantin a traversé les siècles. Qui n'a pas lu "les malheurs de Sophie" de la Comtesse de Ségur ?

Sa dernière heure de gloire est le coup de génie d'un créateur de jouet. Il baptisa Sophie une girafe en caoutchouc, sonore et douce aux mains des tout petits. Quel bébé n'en a pas reçu une ?

Postérité garantie.

Mais pourquoi Sophie ?

La girafe n'est pas spécialement connue pour son intelligence.

C'est un mauvais coup à l'endroit des Sophie ; quand on les appelle, l'image qui vient d'abord à l'esprit n'est pas celle d'une savante mais d'un jouet couineur.

Consolez-vous, Sophie, faîtes nous un sourire, les bébés vous aiment presque autant que leur doudou et l'amour, n'est-ce pas, ça n'a pas de prix.

Bonne fête, Sophie.

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 14:09

  Ce mercredi 22 mai à 21h55, Fr3 programme "La Confrérie" de Michaël Prazan.

Vous qui êtes encore tout retournés par ses œuvres précédentes, tant écrites que filmées, vous ne manquerez pas ce documentaire très documenté sur les Frères Musulmans.

  Ce soir, on annule tout le reste, on se scotche devant la télé.

 

  De quoi en baver d'avance.

Demain matin, à vos claviers !

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 14:01

 

     Les errements de l'humanité au cours des siècles ont amené la majorité d'entre nous à rejeter certains comportements parmi lesquels le racisme. A quelles horreurs n'a-t'il pas mené !

Emportés par leur détestation généreuse, ses pourfendeurs en oublient souvent de caractériser l'ennemi. Le même terme recouvre des attitudes aux fondements différents, parfois opposés.

    Le rejet de l'homme noir repose sur le mépris ancestral de l'esclavagiste qui ne saurait se reconnaître aucun point commun avec l'esclave. En revanche,"racisme" est aussi le terme souvent employé pour qualifier l'antisémitisme qui se nourrit de la jalousie à l'égard de la réussite fantasmée des juifs. Le même vocable désigne deux attitudes opposées, ne serait-il pas utile de clarifier le vocabulaire ?

   Bien sûr, on pourrait balayer la question d'un revers de main ; dans les deux cas, des populations sont discriminées, brutalisées. La haine conduit aux massacres et au génocide. Mais est-ce bien raisonnable de s'en tenir aux conséquences ? 

   A bien y réfléchir, ces imprécisions autour du racisme n'ont rien d'étonnant ; le mot race, au départ, est maudit et cela ne risque pas de s'arranger. Très officiellement, il ne doit plus être employé. La race ferait le racisme comme si la science faisait le scientisme. L'argument de ceux qui ne veulent pas entendre parler de races est la commune appartenance des hommes à un seul ensemble de caractères communs, il n'y aurait qu'une race humaine.

     Ne faut-t'il pas y voir une confusion entre l'espèce et la race ?

    Même si ce ne fut pas toujours le cas, il n'y a qu'une espèce humaine.

Il est probable qu'homo sapiens a cohabité un certain temps avec l'homme de Néandertal et les paléontologues cherchent (espoirs fous créés par l'ADN !) s'il a pu y avoir des croisements entre eux. En effet, le critère de séparation des espèces est l'impossibilité de reproduction croisée. Actuellement, tous les êtres humains peuvent être croisés donc ils sont bien tous de la même espèce.

Un barrage moral interdit d'aller plus loin dans la classification de notre espèce et nous employons indifféremment les termes espèce et race en attendant la disparition de race.

     Que se passe-t'il dans les autres espèces ? Prenons un exemple au hasard : les chats.

    Tous les chats forment l'espèce chats.

    Parmi eux, ii y a des poils courts, des poils longs, des faces plates, des nez allongés et toutes les couleurs possibles. Les amateurs ont procédé au regroupement de différents types en fonction de ces divers caractères et ils ont vérifié que ces marqueurs se transmettaient à la descendance. Les individus de l'espèce chat appartiennent, en plus, à une sous-espèce, la race, qui permet de les décrire. Il en va de même pour bien d'autres animaux (chiens, chevaux etc.)

   L'observation la plus candide et la mieux intentionnée amène spontanément à constater la présence d'une telle variété de critères chez les humains. Attention ! pas question de race.

L'espèce humaine serait différente des autres. Du moins, c'est ce que nous rabachent les adorateurs des textes sacrés des religions du livre, ceux qui vouent Darwin aux gémonies.

D'autres qui revendiquent le droit à la différence nous coulent d'autorité dans un seul moule... vous avez dit "Contradiction..."

    Dans quelle langue faut-il s'exprimer pour leur faire comprendre que l'important n'est pas d'uniformiser les humains en niant leurs variantes, qu'on les appelle races ou autrement ?

    Les hommes ne trouveront aucun intérêt à la négation des différences, ils ont besoin de justice et d'égalité.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 15:34
   A quoi tiennent les dictons, les agendas et les calendriers ?
 - A bien peu de choses, ma pauvre dame, à de pontificales fantaisies.
Quand un pape prend un saint en grippe, quand le temps, pour lui, est venu de faire un peu de ménage au calendrier, d'anciennes valeurs sûres disparaissent et, ôte-toi de là que je m'y mette, leur place est dévolue à des petits nouveaux aux dents longues.
   C'est ainsi qu'en 1960, le bon pape Jean XXIII remit à jour le code des saints. C'était une sorte de mise en forme, d'entraînement, en vue de l'exercice autrement plus sportif que sera Vatican II.
   A l'occasion, les bigotes dévotes et les plus laïques almanachs des postes firent leurs adieux à Barbe ou Charlemagne.
Christophe échappa de justesse au couperet ; il ne s'agirait pas d'un vrai personnage mais d'un mythe autour d'un prénom : christo-phoros, porte-christ. Comme il protégeait toute une industrie de la breloque, il fallut bien composer avec elle.
    D'autres, à la popularité vacillante, furent remplacés. Nous avons le cas, ces jours-ci, des Saints de Glace honnis. Ils existent toujours, les 11, 12 et 13 mai, mais ils ont changé d'identité. Le trio Mamert, Pancrace et Servais a laissé place, dans le froid et les intempéries, à Estelle, Achille et Rolande.
Qu'avaient fait les anciens pour déplaire et perdre leur place ?
   Le pauvre Mamert, certes, est démodé. C'est l'inventeur des Rogations, antiques processions champêtres destinées à attirer la protection divine sur les cultures. Il reste de moins en moins de personnes assez âgées pour les avoir pratiquées et les assurances contre les Calamités Agricoles les ont efficacement remplacées.
Il a donc cédé la place à Estelle, du latin Stella : étoile. Ne lui reprochons pas de se prendre pour l'étoile polaire. C'est une sainte de glace.
   Le bien oublié Pancrace est remplacé par Achille, pas celui d'Homère mais un obscur évêque de Larissa (en Grèce, tout de même). Évidemment, le héros de l'Illiade n'avait rien d'un saint mais  Pancrace, de son côté, portait le nom d'un art martial antique. Gnon pour gnon, nous n'y aurions pas vu tant de différence.
   Rolande a remplacé Servais. Elle n'était ni la femme ni la sœur du sonneur d'olifant de Roncevaux mais une de ses contemporaines, une fille de Didier, roi des Lombards. Elle n'avait aucun sens des intérêts de la famille et refusa un mariage diplomatique pour un emploi de vierge consacrée. On ne lui connaît pas d'autre haut fait. Son CV plutôt mince ne l'empêcha pas de piquer sa place à Servais qui avait pourtant bien lutté contre les ariens, (pas des nazis, non, des hérétiques qui ne voulaient pas croire qu'un seul Dieu existât en trois personnes. Aujourd'hui, l'arianisme a disparu du panorama des sectes, le brave Servais est au chômage et ne veut plus rien dire pour nous, tandis que les vierges..., même si elles se font rares, peuvent encore représenter un idéal pour quelques originales.

     Les nouveaux élus n'ont pas remporté le gros lot. Ils ne sont jamais que des Saints de Glace, les plus détestés du calendrier.

                                                          Bien fait pour eux !

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 17:26

   Mariage pour tous, le projet de loi est passé, heureusement ! De ce thème fort rebattu, on est pas loin de l'overdose.

      Il resterait pourtant bien des choses à dire.

 

      D'abord, nous avons du mal à comprendre cet acharnement à vouloir se marier, quand on pense à notre détestation de la famille institutionnelle ("Familles, je vous hais ..."), on a envie de reprendre la boutade affirmant que le mariage n'intéresse plus que deux groupes, les homos et les curés.  .

 

      Depuis 1969 et le référendum perdu par De Gaulle qui avait trouvé malin d'unir deux questions sans rapport entre elles, la réforme régionale et le Sénat, les hommes au pouvoir semblaient avoir compris la bévue à ne pas commettre. Distraction ou ignorance fatale de l'histoire, l'actuel gouvernement replonge le doigt dans la mélasse. Dans un texte commun, figurent le mariage pour tous qu'une majorité de Français approuve et, pour les homosexuels, la parentalité qui est rejetée dans une égale proportion.

  L'introduction de l'adoption dans une loi sur le mariage est un cadeau inespéré pour les homophobes. La leçon du PACS a été retenue, ils n'espèrent plus déplacer les foules sur le seul rejet des couples de même sexe,  Ils se voient offrir l'argument rêvé, l'enfant, la dernière figure sacrée dans un monde profane.

Admirez l'astuce.

 

     Des manifestants se sont bien promenés, ils ont l'air d'y avoir pris goût. Avec les beaux jours qui s'annoncent, ils projettent de recommencer.

Parmi eux, une immense majorité de catholiques. On n'a qu'une question à leur poser : "De quoi vous mêlez-vous ?" Les catholiques ont le mariage catholique qui ne regarde qu'eux, les autorités ecclésiastiques y mettent les règles qu'elles veulent, c'est leur affaire et leur droit. En revanche, pourquoi faudrait-il les imposer aux athées et autres agnostiques ?

 

     Un grand nombre d'opposants, dans le style pas-franc-du-collier, prétendent ne pas être homophobes. Dès qu'ils s'énervent, le vernis craque et le fond reprend le dessus. Ils adorent les soldats, forcément virils et même machos mais ils oublient combien leurs modèles comptaient de ces homos haïs. Que font-ils donc de l'homosexualité institutionnalisée dans nombre de confréries militaires ?

      Les héros de la guerre de Troie, Achille en tête, les Egaux de Léonidas, la phalange macédonienne, Richard Cœur de Lion, tous ces vaillants combattants n'étaient pas des femmelettes mais ils étaient tous homos.

      Aux cathos qui auraient le goût militaire, on peut rappeler le sort des templiers, moines-soldats accusés de sodomie.

      Parmi les opposants les plus acharnés, s'affiche une droite très extrême volontiers nostalgique du nazisme, à croire qu'ils ont oublié les S.A, vivier d'homosexuels ( à revoir : Les damnés de Visconti, un régal pour amateurs d'esthétiques masculines ).

 

     A tous ces excités, conseillons la mise en application du vieil adage "Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres."

           La nouvelle loi donne des droits à ceux qui n'en ont pas, il n'en retire à personne.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 10:10

 On tient le bon bout.

Avec Georges, nous inaugurons la saison des saints cavaliers, Saint Georges(23 avril), saint Marc(25 avril), Saint Eutrope(30 avril), Sainte Croix(3 mai) et Saint Jean-Porte-Latine(6 mai).

Grands pourfendeurs de dragons, nous leur ferions bon accueil s'ils n'apportaient pas froid et nuées.

Le 10 mai, ils seront relayés par les saints de glace et ensuite ... Ouf! Plus rien ne s'opposera à l'installation du printemps.

Bonne fête aux Georges que nous embrassons.

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 17:09

Ne laissons pas les incivils et mal-venus insinuer que votre prénom serait démodé.

Certes, on n'appelle plus beaucoup de fillettes ODETTE mais ne vaut-il pas mieux être seule qu'en mauvaise compagnie ?

Et puis, Odette est une petite ode, solennelle mais pas écrasante.

Les pauvres littéraires du temps passé se rappellent avec peine combien les grandes odes pindariques les ont fait dormir. Avec les Odette, pas d'ennui, ce sont des odes légères, légères comme un souffle de vent printanier.

Embrassons les !

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 16:10

      Foi de Panda, la vie n'est pas une partie de plaisir.

      Je vous ai déjà raconté comment Ils m'ont fait subir, quand j'étais tout petit, une intervention chirurgicale destinée à leur éviter les visites bruyantes et malodorantes des matous et chattes en chaleur du voisinage.

      Je n'ai jamais connu ce qui semble tellement exciter les félins non opérés, je ne sais pas si j'aurais aimé, donc je n'ai aucun regret. Quand je les vois en loques et épuisés, j'ai plutôt tendance à m'en féliciter. Mon humaine m'a déjà expliqué que l'opération m'avait sauvé la vie en m'évitant les courses folles qui, trop souvent, finissent sous les roues d'une voiture. En gros, la perte de ces quelques grammes a été un gage de longue vie en bonne santé... jusqu'à ce printemps.

      L'hiver particulièrement froid et prolongé a retardé l'épisode de furie que les anciens appellent "maroulage". C'est une tradition pour les félins des deux sexes de quitter leur couchette bien avant l'aube et de se rassembler pour une démonstration sonore qui fait penser au doublage d'un film d'horreur. Leurs cris feraient fuir même des oiseaux de proie ; on dirait des hurlements d'enfants torturés et ils ne s'interrompent que pour laisser place aux grognements et bousculades. Au lever du soleil,  les combattants portent les stigmates de la guerre, des poils arrachés, des blessures de toutes sortes, coups de griffes et de dents. Avec un peu de chance, les chattes ont trouvé ce qu'elles attendaient, les guerriers peuvent rentrer chez eux et panser leurs plaies, la paix est revenue pour tout le monde. Hélas, il est très possible que ces dames ne soient pas satisfaites, il faut s'attendre à d'autres nuits de cris et de fureur.

     L'an dernier, je n'avais pas assisté au maroulage, il avait eu lieu avant mon arrivée dans le quartier, tout était tranquille. J'ai évoqué ma rencontre, à l'époque, avec un gros matou tigré, au moins trois fois plus gros que moi, assez mal élevé mais, somme toute, aimable, ses hormones étaient au repos.

       Cette année, changement de refrain. Une minette blanche, colocataire de Joliminou, est venue chasser le mâle dans ma cour, attirant tous les matous à ses trousses, en particulier notre chef de bande tigré. Les hormones en ébullition, ce dernier attaque, bille en tête, tous les chats qu'il croise. Distraction ou crise de fureur (?), il n'a même pas remarqué que je ne suis pas dans la compétition, il a entrepris de marquer sa prise de possession sur mon domaine. Après avoir inondé ma porte, il a voulu s'introduire chez moi.

      N'écoutant que mon courage, et pas du tout le sens des réalités, j'ai foncé en poussant mes hurlements les plus féroces. L'altercation a été brève... je ne me rappelle plus bien. Toutes griffes dehors, il m'a jeté au sol, retourné, écrasé et roué de coups puis il m'a logé une profonde morsure au milieu du dos. Tout cela n'a duré qu'un instant, les bruits de la guerre ont attiré mon humaine à la rescousse. L'affreux a pris la fuite en se glissant sous la haie. Et moi, je me demande encore comment j'ai pu réunir assez de forces, je me suis glissé ... sous le canapé. Je ne suis pas fou, mon instinct de conservation m'interdit de laisser mon humaine examiner mon corps souffrant, mes blessures ne regardent que moi, elle serait bien capable d'aggraver mon humiliation en me barbouillant de produits chimiques malodorants, c'est sa manie commune avec Madame véto.

      Recroquevillé dans la douleur, je me suis engourdi. Quand j'ai voulu sortir de ma cachette exiguë, la douleur m'a arraché un gémissement qui aurait fait jaillir des larmes chez les plus endurcis. Je me suis traîné comme un ver, pas assez vite pour lui échapper ; il m'a fallu ravaler ma fierté pour subir examens et désinfection. Pour me venger, j'ai ressorti le vieux truc qui marche toujours : la grève de la faim.

Réussite sur toute la ligne, elle s'est fait un sang d'encre. Tant mieux pour moi, il était grand temps qu'on m'accordât enfin l'importance qui me revient.

        Les satisfactions d'amour propre sont bien agréables mais elles ne nourrissent pas son homme, son chat non plus, d'ailleurs. Après trois jours, j'ai donc cessé de faire la mauvaise tête et repris la route de la gamelle.

        En même temps que ces épisodes homériques, s'en déroulaient d'autres, moins sauvages mais plus lourds de conséquences. Les patrons de Joliminou et de la séductrice blanche ont déménagé.

Ils ont quitté la ville, emportant leurs chats. 

      Qui se plaindrait du départ de la chatte blanche ? Maintenant qu'elle est partie, c'est la paix dans le quartier.       

       Mais Joliminou, c'était mon copain, c'était mon ami ... Pourquoi ne demande-t'on jamais l'avis des chats quand on change de maison ?

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:46

Le 4 avril, on fête Saint Isidore de Séville, patron des informaticiens.

Docteur de l'Eglise, tête à maths et néanmoins théologien, comment est-il devenu le protecteur de la souris et du mulot ?

D'autres partageaient les mêmes qualités mais il avait un petit plus :

Isidore de Séville, au sixième siècle, écrivit Les étymologies, une encyclopédie avant la lettre. Son but avoué : recenser toutes les connaissances disponibles à son époque. Isidore serait une sorte de précurseur de google et autres moteurs de recherche. Il était donc bien logique d'en faire le patron des informaticiens.

Voilà un digne représentant de la science mais un savant n'est pas forcément un saint.

C'est que, bien avant Rabelais, Isidore n'était pas satisfait devant les têtes bien pleines, il les voulaient bien faites et riches de vertus, surtout les puissants.

Etrangement, certaines pensées d'Isidore prennenr aujourd'hui un relief singulier.

« Reges a recte agendo vocati sunt, ideoque recte faciendo regis nomen tenetur, peccando amittitur : les rois doivent agir vertueusement et donc on maintient un roi s'il règne vertueusement, sinon on le renvoie ».

On s'y croirait...

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