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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 09:11

   Chacun met en avant sa fierté selon un rite inauguré par la gay pride. C'est la mode.

  N'oublions pas de fêter une date fondatrice, celle du 4 août. Emergeons de notre torpeur caniculaire et rappelons-nous la nuit de l'Abolition des Privilèges.

La nuit du 4 août, si riche de sens, a bien mérité de la patrie.

Un 14 juillet carnavalesque lui fut préféré quand il s'agit de fixer une date pour la fête nationale. C'est bien dommage.

L'Abolition des Privilèges avait une autre allure, mais peut-être est-il dangereux que la populace s'en souvienne ?

   Prenons les prudents au piège et posons la seule question qui vaille :

                  l'abolition des privilèges, on remet ça quand ?

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 17:26

 

    Au moindre bobo, les gens célèbres ou puissants bénéficient d'un luxe de prévenances, à laisser rêveurs tous les hypocondriaques. Ils ne font pas la queue aux urgences, on ouvre des cliniques spécialement pour eux. La moindre indigestion les conduit en gastro-entérologie. Un faux pas, une chute, c'est l'entrée tonitruante en traumatologie. Aucune de leurs maladies ne passe inaperçue, ils ne sont plus du commun des patients, leur forme est un bijou précieux.

    Vous craignez que votre petite santé soit négligée ? Devenez un malade d'importance ; finis l'angoisse et le stress.

     C'est le bon côté de la situation mais il en est d'autres moins encourageants.

     Même dorlotés, les Grands de ce monde finiront par mourir comme tout le monde, ... enfin, pas vraiment comme tout le monde, ils décéderont quand le moment sera venu. Ils en étaient plus ou moins conscients mais leur présence ou leur absence appartient depuis longtemps aux vautours qui les entourent. Avec ses airs de toute puissance, le vieux chef n'est maintenu en place que pour faire le nid de son successeur qui le remplacera quand il l'aura décidé.

Depuis la nuit des temps, les héritiers ne pouvaient que précipiter l'heure de la mort, les outils manquaient pour  reculer l'échéance. Avec le progrès des techniques médicales, apparaissent des marges nouvelles ; des moribonds survivent, raccordés à des machines. Quand leur existence ne sert plus à personne, il suffit de débrancher ... et les héritiers ne se privent pas de manipuler la machine.

Ils s'en privent même si peu que les dernières décennies sont jalonnées de leurs exploits.

      Nous avons connu la fin à épisodes de Franco, parti un morceau à la fois. La succession devait poser tant de problèmes qu'il a fallu faire survivre sa carcasse au delà du raisonnable. Lui-même avait causé, sans états d'âme, tant  de morts et de souffrances qu'il ne s'est pas trouvé grand monde pour le plaindre mais il y avait tout lieu de craindre que le même sort attende d'autres hommes d'état pas forcément monstrueux.

      Boumediene, Tito, ont connu le même genre d'épreuves. Même s'ils n'étaient pas des parangons de démocratie, leur mort a confirmé les craintes nées avec Franco, le public hésitait entre agacement et pitié.

Des exemples, on pourrait en citer une foule. Définitivement, les hommes célèbres semblent jouer leur mort sur une scène d'opéra ; comme une diva, ils n'en finissent pas de finir. Si le dernier acte ne dure pas assez longtemps, le public floué proteste. Arafat ne pouvait pas quitter la scène avant que ses héritiers aient fini de s'étriper. Qu'à cela ne tienne, ses communicants ont trouvé de quoi soulever la foule : le héros a été forcément empoisonné. Au passage, ils écartaient d'un revers de main la part gênante du diagnostic, le foie d'un musulman détruit par une cirrhose ... le peuple aurait pu avoir des doutes.

        Aujourd'hui, des échos pénibles nous arrivent d'Afrique du Sud. La famille de Nelson Mandela se déchire l'héritage sans attendre la mort du héros. Une fin "bricolée" pour laisser des vautours s'entretuer, il aurait mérité plus de respect et d'humanité.

 

        L'évocation pénible de ces fins d'hommes célèbres, voilà au moins, une consolation pour les recalés de la gloire. "Pour vivre heureux, vivons cachés", pour mourir aussi.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 21:04

       Les militaires ont toujours eu un faible pour les religieux, les uns se servant des autres et réciproquement.

    L'alliance profitable d'une papauté désarmée et d'une soldatesque affamée a permis les célèbres Croisades. 

      Face à la Réforme protestante et aux coups de boutoir quelle assénait au papisme, Isabelle la Catholique et consorts ont porté aux confins du monde connu le Triomphe de la religion catholique (c'est le titre d'un beau tableau que Rubens peignit sur le thème). Le pape en fut si content qu'il leur expédia ses plus brillants prêcheurs pour évangéliser les peuples asservis. L'Inquisition pontificale devint un corps auxiliaire des troupes espagnoles.

       Un coup pour l'Eglise, un coup pour le roi, ces deux-là étaient faits pour s'entendre.

      L'alliance perdura aussi longtemps qu'il exista des monarchies de droit divin. Des soudards massacraient joyeusement pour Dieu et le roi. Puis, les temps et les principes changèrent pour les chrétiens. Ils ont secoué leur attention sélective et redécouvert (ce que c'est que la distraction!) cette forte parole du Christ "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu." Conformément à la divine parole, ils entreprirent de séparer le pouvoir et la  foi.

Plus facile à dire qu'à faire ... surtout auprès des militaires. Toutes les armées ont encore leur aumonier et même souvent plusieurs, de toutes les religions. Face à la mort, pas de discrimination, ne surtout fâcher aucun dieu ... qui pourrait donner un petit coup de main. De toute façon, à les en croire, les gouvernements démocratiques ne mènent plus que des guerres justes nécessairement bénies de Dieu.

Généralement, les treillis à croix sont regardés comme une vague survivance des vieilles superstitions, on ne les sort plus guère que pour les funérailles officielles où leur présence apporte un supplément de style et de solennité. Les grands principes démocratiques se résument à un "Chacun chez soi" catégorique, le pouvoir ne saurait appartenir à l'armée ni à la religion.

     On en oublierait presque qu'il existe encore des dictatures et autres régimes archaïques. Militaires et clergé,  ensemble ou séparément, y mettent l'état en coupe règlée.

     Même les recoins les plus arriérés de la planète sont touchés par un vent moderne de liberté, il est de plus en plus difficile de les gouverner par la terreur, et puis... si les formes ne sont pas sauves, l'ONU se répand en observations et remontrances.

Les dictateurs s'en moquent mais l'effet n'est pas bon, surtout pour les affaires.

Il faut donc sauver les apparences sous la forme d'une ou deux chambres élues.

Quant-à leur remettre le pouvoir, il n'y faut pas songer. Le pouvoir est chose trop sérieuse pour être confiée à un gouvernement civil. Alors, comment donner le change sans rien lâcher ?

   Les théoriciens de l'Islam politique se sont surpassés, ils ont fignolé un modèle qu'ils comptent bien répandre partout où l'effondrement des pouvoirs en place ouvre un couloir à leurs affidés. Les Iraniens expérimentent le système depuis  plus de trente ans, ils sont donc en mesure d'apporter leurs conseils à tous les intéressés. Leur république islamique repose sur une division très simple du travail : les dirigeants sont élus, comme dans n'importe quelle démocratie (ils veulent des élections ... ils en auront) mais, avant toute décision d'importance, il faut l'accord du guide suprème évidemment désigné par Dieu, comprendre : ses représentants. La ficelle est épaisse mais elle passe encore bien ; il suffit que le pouvoir précédent ait suffisamment déplu et que les religieux détiennent assez d'arguments sonnants et trébuchants pour transformer la masse des pauvres en clientèle reconnaissante. Au cas où son enthousiasme viendrait à tiédir, le guide suprème et ses disciples disposent d'une arme fatale, l'antisémitisme. Qu'un fort en gueule crie "mort aux juifs !", tout le monde se réconcilie et lui emboîte le pas. C'en est confondant d'unanimité.

      La recette devrait, à en croire ses promoteurs, assurer la liquidation du Printemps arabe. Les naïfs qui ont cru atteindre la liberté rentreront sous le joug des religieux. S'ils ne veulent pas obtempérer, les nouveaux maîtres pourront compter sur de grands spécialistes de l'ordre, les militaires. Retour de l'union rassurante du sabre et du goupillon dans sa version islamique.

     Voilà un projet idyllique mais, la perfection n'étant pas de ce monde, des os flottent sur le potage.

En Turquie, le gouvernement islamiste ayant jadis méchamment volé le pouvoir aux militaires, il vaut peut-être mieux qu'il ne compte pas sur eux pour lui sauver la mise, Il devra peut-être se débrouiller avec sa police anti-émeute, une espèce de sous-armée, en moins chic.

Un autre grain de sable, de taille celui-là, grippe la révolution égyptienne. Comme prévu, la Confrérie des Frères Musulmans avait mis la main dessus en remportant des élections assez peu maquillées. A peine au pouvoir, ils ont voulu faire vivre l'Egypte au rythme de l'Islam. Problème, la principale ressource du pays est l'héritage des pharaons, des merveilles archéologiques qui attirent les touristes. Les étrangers qui se ruent sur les pyramides ont des habitudes bien peu islamiques ; ils boivent de l'alcool, ne séparent pas les sexes, et repoussent énergiquement les abayas et autres voiles intégraux. Les Frères admettent du bout des lèvres que le tourisme est vital pour le pays mais la méfiance qui pousse les touristes à déserter les rives du Nil, en fin de compte, leur convient, l'Egypte sera pauvre mais digne. Tout le monde ne voit pas leur rigorisme d'un bon œil. Sans surprise, le peuple tient à l'argent des étrangers, ressource actuellement irremplaçable, et il est rejoint dans sa préoccupation par ... les militaires !

Il y a belle lurette que ceux-ci ne se limitent pas à la défense du pays, ils sont aussi un poids lourd économique. Nombre d'hôtels et autres commerces pour touristes leur appartiennent, ils ne tiennent pas à voir les clients s'enfuir. Ils ont un avantage sur le peuple : la force, et c'est un excellent moyen de faire valoir leurs revendications. Sans plus d'hésitation, ils ont donc arrêté le président islamique et mis en route la formation d'un nouveau gouvernement multicolore.

Cette fois, la rupture est consommée entre le sabre et le goupillon, quoique ...

  Les militaires sont brouillés avec les Frères Musulmans mais ils ouvrent les bras aux salafistes. Décidément on ne se refait pas,

Pauvres Egyptiens, à ce train, ils finiront par regretter Moubarak.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 09:55

    Après avoir fouillé des milliers de boîtes, ouvert autant de blisters, il a fallu se rendre à l'évidence : pas plus de somnifères dans les diurétiques TEVA que de cheveux sur un crane chauve. Par acquis de conscience, des prélèvements ont été effectués sur les morts dont le décès aurait pu sembler suspect. Ces investigations n'ont révélé aucune trace de somnifère.

     Au bout de l'enquête, après un remue-ménage dont il faudra bien chiffrer le coût, rien, nothing, nichevo... ne reste que l'alerte déclenchée par un pharmacien dont une préparatrice avait cru remarquer quelque-chose.

Les autorités de santé précisent qu'il ne faut pas s'en prendre à ce lanceur d'alerte. Dans le cas d'une tromperie réelle, la gaffe serait devenue précaution salutaire. Soit ...

     C'est l'occasion de rappeler l'histoire du jeune Guillou. Dès qu'il entendait une branche craquer, il criait "Au loup !" et tous les villageois armés de piques et de fourches venaient à son secours, jusqu'au jour où, lassés de se déranger pour rien, ils n'ont plus répondu à l'appel. Ce jour-là, pour une fois, le loup attaquait vraiment et Guillou fut dévoré.

    Voilà ce qu'il risque d'arriver à force d'alertes sans fondement.

    Et si le signalement avait été justifié ?

Certes, il n'est pas concevable de risquer la vie des gens mais la réaction pouvait être prudente et mesurée, essayer le seau d'eau avant d'appeler les pompiers. L'examen immédiat des boîtes suspectées par le pharmacien aurait sans doute permis de faire un sort aux émois de sa préparatrice et le psychodrame aurait été évité.

Le gâchis risque de laisser des traces, celles que chantait Figaro dans le grand air de la calomnie " Calomniez, calomniez toujours, il en restera quelque-chose ..." Avant de se moquer de prétendus paranoïaques, il faut mesurer le prix d'une réputation perdue.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 15:23

     Ces derniers jours, l'actualité bruissait du scandale survenu dans un laboratoire pharmaceutique : des comprimés de somnifère avaient pris, dans quelques boîtes, la place d'un diurétique généralement prescrit à des malades graves pour leur éviter l'œdème aigu du poumon.

    Il s'agissait de médicaments génériques, on pouvait craindre le déchaînement de leurs adversaires habituels mais la substitution avait un aspect tellement aléatoire qu'il a fallu parler d'accident et, très vite, de malveillance. L'autorité de contrôle précisait :

« Il y a peut être eu un ou des actes de malveillance pour tromper la vigilance du laboratoire. Il n’est pas possible qu’au sein d’un lot il y ait des comprimés tantôt bons tantôt mauvais. Ces éléments traduisent qu’à un moment c’est une main humaine qui a fait ce qu’il ne faillait pas faire. »

     Comment interpréter cette malveillance ?

La volonté de nuire à des malades ?

 L'hypothèse est hautement improbable, il est difficile d'imaginer qu'on puisse faire courir un risque mortel à des inconnus.

Le désir de nuire à la réputation du laboratoire pour lui faire perdre des marchés.

 C'est, hélas, plus vraisemblable.

Un laboratoire est une entreprise, il peut être agité par des luttes internes, conflits du travail, rivalités personnelles, jalousies...Rien n'est impossible mais il est difficile d'imaginer que le personnel veuille détruire son outil de travail, surtout en ces temps de crise.

Pour commettre une telle malveillance de sang froid, sans être arrêté par le scrupule, il faut que son auteur soit animé par ce qu'il regarde comme un intérêt supérieur, en vrac : la nation, la famille, l'honneur, la religion.

Et c'est sous cet angle qu'il faut peut-être reconsidérer l'acte malveillant. Le laboratoire ainsi attaqué est TEVA, le numéro 1 mondial des génériques et l'un des plus beaux fleurons de l'industrie israélienne.

Il suffit de prononcer le nom "Israël" pour déclencher les comportements de haine les plus irrationnels. Combien de martyrs auto-proclamés sont capables de tuer des innocents, uniquement pour nuire à Israël ?

Au nombre des explications possibles de cette substitution incompréhensible, l'hypothèse du crime antisémite ne peut pas être éliminée.

        De "malveillance", le risque est grand de passer à "terrorisme".

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 21:06

   Le  gouvernement grec, soi-disant démocratique, vient de fermer ERT, la radio-télévision nationale. C'est très fort ! Jusqu'ici, personne n'avait eu ce culot, même la junte militaire de triste mémoire. Elle s'était contentée, si l'on peut dire , d'appliquer la censure de son choix mais l'écran noir et le silence sur les ondes, personne n'en avait encore fait l'expérience.

   Pourquoi cette folie ?

   Ben voyons, toujours le même refrain : faire des économies.

Le peuple Grec est déjà pressuré, essoré, privé de tout mais il faut encore trouver à rogner, toujours faire les poches des mêmes.

   On attend toujours que des impôts viennent frapper les grandes fortunes, car il en existe.

   Les découragés d'avance hausseront les épaules en soupirant :" Il y a des lustres que les armateurs ont mis leur fortune à l'abri dans les paradis fiscaux, pas moyen de leur tirer le moindre euro."

   Des moyens de rétorsion existent certainement mais intéressons nous à un autre genre de privilégiés fiscaux : le haut clergé orthodoxe. Ils échappent à toutes sortes de taxes et impôts au nom des œuvres sociales qui leur incombent. C'est une situation qu'en France, nous connaissions sous l'Ancien Régime.

   "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Ils auraient du mal à protester contre cette formule, l'auteur en est Jésus-Christ lui-même.

   Il serait grand temps de mettre fin à la confusion des genres, le social n'est pas la charité et les citoyens, religieux ou non, doivent participer au budget commun en fonction de leurs capacités.

    Pour l'instant, la loi grecque ne prévoit rien. Est-ce une raison pour que le clergé riche se défile ? Rien ne leur interdit de participer volontairement ; la morale religieuse devrait même les y inciter.

    Ils aiment les vieux usages, ils respectent la Tradition, enfin, ils prétendent la respecter. Faut-il donc leur rafraîchir la mémoire ?

   Au fin fond du Moyen-Âge, un temps où les inégalités sociales ne choquaient pourtant pas, des abbés de puissants monastères envoyaient les vases sacrés à la fonte pour secourir les pauvres. Nous avons évoqué de quelle manière St Landry avait fondé l'Hôtel-Dieu mais son cas n'est pas unique, Hugues le Grand, abbé de Cluny, l'établissement le plus puissant de la chrétienté, malgré son goût de la splendeur, a procédé de la même manière dans une période de famine. Nous attendons toujours que l'archimandrite du mont Athos fasse un geste pour secourir son pays en difficulté.

     Il ne faut sans doute pas s'arcbouter sur les traditions, certaines sont périmées ou simplement passées de mode, mais gardons au moins les bonnes.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 20:12

   J'entends votre soupir de commisération, vous n'êtes pas loin de me croire folle ou, au minimum, très dérangée. Il faut l'être, pensez-vous, pour avoir, à ce point, la passion des mérovingiens !

   Ce n'est pas faute d'avoir essayé de me désintoxiquer mais l'actualité, régulièrement, nous rattrape et me fait replonger.

   Dernier exemple en date : aujourd'hui, 10 Juin, c'est la Saint Landry. 

   Digne successeur de St Eloi, Landry fut à la fois évêque de Paris et ministre d'un roi qui se prénommait Clovis comme celui du baptême de Reims mais qui était le fils de Dagobert. Son prédécesseur était orfèvre et passionné du juste prix ; Landry se contenta du rôle, plus banal pour un religieux, de faire la charité.

  A cette époque, vous ne trouviez pas à tous les coins de rue des agences bancaires vous proposant des comptes-épargne. Celui qui avait du numéraire de côté le convertissait en pièces d'orfèvrerie, surtout des objets du culte. Ils trônaient à l'église pour glorifier Dieu et, en cas de besoin, ils pouvaientêtre négociés rapidement. Quand Landry prit en mains son diocèse, il trouva au palais épiscopal quantité de vases précieux qu'il s'empressa d'envoyer à la fonte pour nourrir les pauvres.

   Et des pauvres, il n'en manquait pas. Landry fut rapidement débordé par le nombre. Grâce à son épargne de précaution, il pouvait les nourrir mais la place manquait pour les héberger tous. Les entasser dans les locaux de l'évêché ne convenait pas à l'esprit de charité ni à la tranquillité d'un lieu de méditation. Il fallait construire une hôtellerie gratuite où les indigents seraient logés et soignés, ce qu'il fit.

   Ce fut l'Hôtel-Dieu.

   L'idée de Landry était appelée à un brillant avenir. Progressivement, la vocation de l'établissement s'orienta vers les soins aux malades, jusqu'au vingtième siècle où la fonction hôtelière disparut complètement pour laisser place à un grand hôpital parisien.

   Landry, voilà un saint qui, au moins, a fait œuvre utile. Depuis le VIIème siècle, l'Hôtel-Dieu dresse sa silhouette rassurante au cœur de Paris. Des grandes épidémies aux accidents du quotidien, la population compte sur ses bons soins.

   Aujourd'hui, l'Île de la Cité est devenue un quartier élégant. D'aucuns trouveront à ce monument un usage plus conforme au style local ... pour peu qu'on les laisse s'en occuper.

    Première alerte sérieuse, en Novembre prochain, les urgences seront supprimées (un hôpital sans service d'urgences !), en attendant les autres coups qui ne manqueront pas de suivre.

   Il en ferait une tête, Saint Landry ! Son œuvre qui avait résisté aux pires heures de l'histoire devrait se plier aux fantaisies de quelques technocrates tordus.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 21:46

    Sortez vos mouchoirs et pleurez sur leur sort, les familles aisées ne vont plus faire d'enfants.

Quand on entend les pleureuses des associations familiales, on est en droit de le craindre.

   Malheureusement, nous en connaissons tous, des parents qui prennent leurs enfants pour un gagne-pain, du père de famille qui n'a jamais travaillé à la "mère abandonnée" qui refait un enfant chaque fois que le petit dernier atteint l'âge où elle perd ses aides. C'est tellement du gagne-petit que seuls des tout petits revenus peuvent succomber à ces tentations.

   Qui peut croire sincèrement que les gros salaires font des enfants pour l'argent ? Laissez-moi rire.

Bien sûr, il vont protester contre la diminution de leur déduction fiscale, c'est de bonne guerre, mais ils feront, de toute façon, les enfants qu'ils veulent élever.

Et, disons le, tant mieux. Pour la réussite des enfants et la paix dans les écoles, il vaut mieux que naissent des familles nombreuses chez les riches que chez les "cas sociaux".

     Si les allocations familiales ne sont pas un argument crucial, alors, comment encourager les naissances dans les milieux favorisés ?

   Il faut leur faciliter la vie. Les enfants sont aussi des porteurs de contraintes, des synonymes de vie plus difficile. Les fameuses "joies de la maternité" sont, à vrai dire, de remarquables sources d'embêtements.

S'ils ont la chance d'être un peu aisés, les parents ont envie de profiter un peu de la vie.

     Au lieu de leur parler gros sous et petits avantages, il vaudrait mieux faciliter leur quotidien.

Les enfants ne doivent pas être un boulet fixé en permanence à leurs géniteurs. Même adorés de leurs parents, ils seront plus libres et plus heureux si leur univers s'ouvre. On se prend à rêver, pour le bonheur des grands et des petits, à des crèches et des garderies ouvertes à toute heure, un monde des enfants à côté de celui des parents.

      La vie ne se résume pas à des questions de gros sous et ça tombe bien, l'argent est justement ce qui manque le plus, ces temps-ci.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 23:00

  Voilà l'ambiance au mois de janvier quand Joliminou passait le plus clair de son temps chez nous. Il ne rentrait qu'occasionnellement chez ses propriétaires qui oubliaient régulièrement de l'abreuver et le nourrir.

Ce jour-là, nous l'avions photographié au retour d'un passage chez eux.

 

 

Tout compte fait, il voulait seulement mesurer notre émotion.

  Mon canapé lui manquait et, sans doute, mon bureau.

Il est aussitôt parti en chasse...

Admirez le grand pourfendeur de souris :

 

 

 

28-01-13.jpg

 

   Combien de temps vais-je encore disposer de mon ordinateur ?

Il y a péril en la demeure.

 

 

     Le 03 juin 2013 Retour sur  notre histoire.

 C'était le bon temps où Joliminou nous rendait visite et nous faisait profiter de son charme et de ses câlins.

Aujourd'hui, il est loin, nous n'avons plus que les regrets.

Qu'est-il devenu, emporté par ses propriétaires négligents ? 

A-t'il trouvé de nouveaux amis pour lui offrir le boire et le manger dont il est trop souvent privé ?

   C'est triste, triste ...

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 19:00

    A Cannes, il avait attendu le dernier jour et ce fut une surprise flamboyante. Emmanuelle Seigner, toute de rouge dévêtue, montant les célèbres marches, en gloire, accompagnée de son génial mari, Roman Polanski, 80 ans aux prunes et toujours le sourire gamin. Malgré son âge avancé, son air est si juvénile qu'on oublie sans peine les 33 printemps qui séparent les époux et les unissent.

    Le français Roman Polanski semble réserver au festival de Cannes les œuvres qui touchent à son passé de petit juif polonais.

Personne n'a oublié "Le pianiste", palme d'or 2002. En 2013, il a jeté son dévolu sur "La Venus à la fourrure" l'œuvre de Léopold von Sacher-Masoch. L'auteur, natif de Lemberg en Galicie, n'était pas juif mais il les a beaucoup fréquentés et en prenait souvent la défense, attitude rare pour l'époque et la région. Ce ne sont pas ses "Contes juifs"qui ont intéressé le cinéaste mais "La Venus à la fourrure", écrit sulfureux à l'origine du terme masochisme.

     Le sourire malicieux de Roman Polanski en disait plus long que toutes les phrases sur le plaisir, la jouissance qu'il a éprouvés à narguer les renfrognés, refoulés et autres candidats au prix de vertu. L'amour qui s'affichait triomphalement entre les deux époux était un autre pied de nez aux censeurs.

    Ces derniers ont pensé remporter une sale petite victoire en ignorant complètement la vénus au palmarès.

Au diable le palmarès, c'est le public qui rendra justice à Roman Polanski. Son œuvre survivra longtemps après que bien des petits films primés auront été oubliés.

   Dès que la Venus à la fourrure sortira en salle, nous nous y précipiterons. 

 

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