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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 20:12

   J'entends votre soupir de commisération, vous n'êtes pas loin de me croire folle ou, au minimum, très dérangée. Il faut l'être, pensez-vous, pour avoir, à ce point, la passion des mérovingiens !

   Ce n'est pas faute d'avoir essayé de me désintoxiquer mais l'actualité, régulièrement, nous rattrape et me fait replonger.

   Dernier exemple en date : aujourd'hui, 10 Juin, c'est la Saint Landry. 

   Digne successeur de St Eloi, Landry fut à la fois évêque de Paris et ministre d'un roi qui se prénommait Clovis comme celui du baptême de Reims mais qui était le fils de Dagobert. Son prédécesseur était orfèvre et passionné du juste prix ; Landry se contenta du rôle, plus banal pour un religieux, de faire la charité.

  A cette époque, vous ne trouviez pas à tous les coins de rue des agences bancaires vous proposant des comptes-épargne. Celui qui avait du numéraire de côté le convertissait en pièces d'orfèvrerie, surtout des objets du culte. Ils trônaient à l'église pour glorifier Dieu et, en cas de besoin, ils pouvaientêtre négociés rapidement. Quand Landry prit en mains son diocèse, il trouva au palais épiscopal quantité de vases précieux qu'il s'empressa d'envoyer à la fonte pour nourrir les pauvres.

   Et des pauvres, il n'en manquait pas. Landry fut rapidement débordé par le nombre. Grâce à son épargne de précaution, il pouvait les nourrir mais la place manquait pour les héberger tous. Les entasser dans les locaux de l'évêché ne convenait pas à l'esprit de charité ni à la tranquillité d'un lieu de méditation. Il fallait construire une hôtellerie gratuite où les indigents seraient logés et soignés, ce qu'il fit.

   Ce fut l'Hôtel-Dieu.

   L'idée de Landry était appelée à un brillant avenir. Progressivement, la vocation de l'établissement s'orienta vers les soins aux malades, jusqu'au vingtième siècle où la fonction hôtelière disparut complètement pour laisser place à un grand hôpital parisien.

   Landry, voilà un saint qui, au moins, a fait œuvre utile. Depuis le VIIème siècle, l'Hôtel-Dieu dresse sa silhouette rassurante au cœur de Paris. Des grandes épidémies aux accidents du quotidien, la population compte sur ses bons soins.

   Aujourd'hui, l'Île de la Cité est devenue un quartier élégant. D'aucuns trouveront à ce monument un usage plus conforme au style local ... pour peu qu'on les laisse s'en occuper.

    Première alerte sérieuse, en Novembre prochain, les urgences seront supprimées (un hôpital sans service d'urgences !), en attendant les autres coups qui ne manqueront pas de suivre.

   Il en ferait une tête, Saint Landry ! Son œuvre qui avait résisté aux pires heures de l'histoire devrait se plier aux fantaisies de quelques technocrates tordus.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 21:46

    Sortez vos mouchoirs et pleurez sur leur sort, les familles aisées ne vont plus faire d'enfants.

Quand on entend les pleureuses des associations familiales, on est en droit de le craindre.

   Malheureusement, nous en connaissons tous, des parents qui prennent leurs enfants pour un gagne-pain, du père de famille qui n'a jamais travaillé à la "mère abandonnée" qui refait un enfant chaque fois que le petit dernier atteint l'âge où elle perd ses aides. C'est tellement du gagne-petit que seuls des tout petits revenus peuvent succomber à ces tentations.

   Qui peut croire sincèrement que les gros salaires font des enfants pour l'argent ? Laissez-moi rire.

Bien sûr, il vont protester contre la diminution de leur déduction fiscale, c'est de bonne guerre, mais ils feront, de toute façon, les enfants qu'ils veulent élever.

Et, disons le, tant mieux. Pour la réussite des enfants et la paix dans les écoles, il vaut mieux que naissent des familles nombreuses chez les riches que chez les "cas sociaux".

     Si les allocations familiales ne sont pas un argument crucial, alors, comment encourager les naissances dans les milieux favorisés ?

   Il faut leur faciliter la vie. Les enfants sont aussi des porteurs de contraintes, des synonymes de vie plus difficile. Les fameuses "joies de la maternité" sont, à vrai dire, de remarquables sources d'embêtements.

S'ils ont la chance d'être un peu aisés, les parents ont envie de profiter un peu de la vie.

     Au lieu de leur parler gros sous et petits avantages, il vaudrait mieux faciliter leur quotidien.

Les enfants ne doivent pas être un boulet fixé en permanence à leurs géniteurs. Même adorés de leurs parents, ils seront plus libres et plus heureux si leur univers s'ouvre. On se prend à rêver, pour le bonheur des grands et des petits, à des crèches et des garderies ouvertes à toute heure, un monde des enfants à côté de celui des parents.

      La vie ne se résume pas à des questions de gros sous et ça tombe bien, l'argent est justement ce qui manque le plus, ces temps-ci.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 23:00

  Voilà l'ambiance au mois de janvier quand Joliminou passait le plus clair de son temps chez nous. Il ne rentrait qu'occasionnellement chez ses propriétaires qui oubliaient régulièrement de l'abreuver et le nourrir.

Ce jour-là, nous l'avions photographié au retour d'un passage chez eux.

 

 

Tout compte fait, il voulait seulement mesurer notre émotion.

  Mon canapé lui manquait et, sans doute, mon bureau.

Il est aussitôt parti en chasse...

Admirez le grand pourfendeur de souris :

 

 

 

28-01-13.jpg

 

   Combien de temps vais-je encore disposer de mon ordinateur ?

Il y a péril en la demeure.

 

 

     Le 03 juin 2013 Retour sur  notre histoire.

 C'était le bon temps où Joliminou nous rendait visite et nous faisait profiter de son charme et de ses câlins.

Aujourd'hui, il est loin, nous n'avons plus que les regrets.

Qu'est-il devenu, emporté par ses propriétaires négligents ? 

A-t'il trouvé de nouveaux amis pour lui offrir le boire et le manger dont il est trop souvent privé ?

   C'est triste, triste ...

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 19:00

    A Cannes, il avait attendu le dernier jour et ce fut une surprise flamboyante. Emmanuelle Seigner, toute de rouge dévêtue, montant les célèbres marches, en gloire, accompagnée de son génial mari, Roman Polanski, 80 ans aux prunes et toujours le sourire gamin. Malgré son âge avancé, son air est si juvénile qu'on oublie sans peine les 33 printemps qui séparent les époux et les unissent.

    Le français Roman Polanski semble réserver au festival de Cannes les œuvres qui touchent à son passé de petit juif polonais.

Personne n'a oublié "Le pianiste", palme d'or 2002. En 2013, il a jeté son dévolu sur "La Venus à la fourrure" l'œuvre de Léopold von Sacher-Masoch. L'auteur, natif de Lemberg en Galicie, n'était pas juif mais il les a beaucoup fréquentés et en prenait souvent la défense, attitude rare pour l'époque et la région. Ce ne sont pas ses "Contes juifs"qui ont intéressé le cinéaste mais "La Venus à la fourrure", écrit sulfureux à l'origine du terme masochisme.

     Le sourire malicieux de Roman Polanski en disait plus long que toutes les phrases sur le plaisir, la jouissance qu'il a éprouvés à narguer les renfrognés, refoulés et autres candidats au prix de vertu. L'amour qui s'affichait triomphalement entre les deux époux était un autre pied de nez aux censeurs.

    Ces derniers ont pensé remporter une sale petite victoire en ignorant complètement la vénus au palmarès.

Au diable le palmarès, c'est le public qui rendra justice à Roman Polanski. Son œuvre survivra longtemps après que bien des petits films primés auront été oubliés.

   Dès que la Venus à la fourrure sortira en salle, nous nous y précipiterons. 

 

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 23:00

   Quand lire est une addiction, ce n'est pas toujours un plaisir ; le livre nul refermé, il nous arrive de pousser un soupir en déplorant le temps perdu.

Ce ne fut pas le cas de ma dernière expérience : "Nuit" d'Edgar Hilsenrath.

    L'auteur, juif qui a connu le ghetto, m'était complètement inconnu ; c'est ma chère et savante amie Claudine qui m'a prêté l'ouvrage en ajoutant qu'elle ne voyait personne d'autre à qui le faire lire.

Un coup d'œil à la couverture m'apprit qu'il s'agissait du récit de la vie, ou plutôt de la survie, au ghetto de Prokov.

Il m'a fallu plusieurs mois pour oser y entrer. J'avais peur de mes réactions, cauchemars et insomnies en prévision, car j'imaginais le pathos qui s'étalerait au long des pages.

   Quand je me suis décidée à l'affronter, bonne surprise, le texte se dévore comme un bon roman. On n'y trouve aucun appel douteux à la sensiblerie du lecteur mais un tableau minutieux et détaillé de la faim, la maladie et la mort, avec juste ce qu'il faut d'humour pour ne pas sombrer. Surtout, il montre la ruine de la personne humaine quand elle est confrontée en permanence à la nécessité. Selon l'expression consacrée, l'homme est un loup pour l'homme quand sa survie est en jeu.

   Des ouvrages sur l'histoire de la Shoah, nous en avons lu beaucoup, de grands textes, dont une somme irremplaçable : "La destruction des juifs d'Europe" de Raul Hilberg.

Des vagues de témoins se sont succédées. Il existe des récits de survivants d'à peu près tous les camps. Grâce à eux, nous en savons plus sur les véritables usines de mort que furent les chambres à gaz et les crématoires.

Plus récemment, nous avons appris que le centre d'extermination n'a pas été le seul moyen de tuer des juifs. A la faveur de la chute du communisme, des historiens ont accédé aux archives des pays de l'Est et nous ont fait découvrir les tueries de masse, Michaël Prazan en a tiré un chef d'œuvre "Einsatzgruppen" .

    Sur la déportation, les cinéphiles disposent du monument de Claude Lanzmann "Shoah", d'un choix de documentaires et même, hélas, de quelques navets au succès scandaleusement populaire comme "La vie est belle".

    En fin de compte, nous disposons d'une masse d'informations sur le déroulement de la guerre, sur la vie des civils dans les régions occupées et sur l'industrie de mort dans les camps. En revanche, sans être inconnue - quand on cherche, on trouve - la vie quotidienne dans les ghettos est fort ignorée. Il faut généralement se contenter de sèches statistiques (tant de décès par mois, tant d'habitants pour telle surface...) mais il est difficile de se représenter le détail d'une journée au ghetto. La première qualité de "Nuit" est de combler ce manque.

     Prokov se trouve en Transnistrie, entre le Boug et le Dniestr, région confiée par les nazis à l'administration roumaine. En bons disciples, les sbires d'Antonescu y ont regroupé de force une majorité des juifs de Roumanie, pas dans des camps entourés de barbelés et surveillés par des militaires mais entassés dans des villes ou de simples quartiers exigus et largement détruits depuis le passage de l'opération Barbarossa.

     Les déplacés s'abritent comme ils peuvent, les plus chanceux, ou ceux qui ont encore quelque-chose à négocier, dorment tête-bêche, à même le sol, dans des pièces délabrées. Les autres sont condamnés à la rue, ramassés pour infraction au couvre-feu et déportés vers le travail forcé ou sommairement exécutés. Ranek, le personnage principal de Nuit, fait partie de ces veinards qui ont trouvé une place. Une fois logé, il reste le souci obsédant de la nourriture dans une ville où rien n'est disponible, sauf au marché noir. Les paysans roumains, ukrainiens et leurs intermédiaires rançonnent ces malheureux qui n'ont plus rien. Les vêtements, les chaussures, les bijoux y passent, en attendant les dents en or que les vivants arrachent à ceux qui viennent de mourir. Les femmes qui ne sont pas encore trop abîmées se vendent aux policiers et aux soldats, le bordel est le seul endroit où la nourriture abonde.

      La lutte pour la survie ne tient compte ni des liens familiaux ni des règles morales, il faut manger, à tout prix, jusqu'au moment où la situation, déjà critique, vire à la panique quand le typhus s'abat sur les affamés.    

      Au bout de 500 pages de ce tableau, le ghetto n'abrite plus que des morts et des moribonds. L'auteur met un point final sur une touche d'espoir, ou d'illusion, c'est selon. Au milieu du désastre, une femme, pour ne pas dire une sainte, reste en vie avec un enfant qu'elle a promis de protéger.

     Dans les conditions où ils se trouvent, on ne voit pas comment ils pourraient survivre mais c'est une lueur d'humanité qui vient éclairer la nuit et c'est bon.

 

     Ce tableau effroyable n'est pas une lecture malsaine, c'est un chef d'œuvre plein d'information sans voyeurisme.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 14:19

       25 mai, c'est la fête des Sophie.

 

Sophie, c'est sophia : la sagesse. Sainte Sophie n'est pas un personnage, c'est une part de la divinité, Dieu ne pouvant qu'être sage et omniscient.

Les croyants ont toujours personnalisé les principes. Très vite, le peuple ordinaire a cru qu'il existait une sainte nommée Sophie à qui la grande basilique de Constantinople aurait été dédiée.

Les turcs musulmans ont pris Constantinople et l'ont rebaptisée Istanbul, ils ont recyclé la basilique en mosquée. Les grecs orthodoxes avaient perdu leur capitale mais ils ont continué à baptiser leurs filles Sophie et l'usage s'en est répandu dans toute la chrétienté.

La popularité de ce prénom associé au monde enfantin a traversé les siècles. Qui n'a pas lu "les malheurs de Sophie" de la Comtesse de Ségur ?

Sa dernière heure de gloire est le coup de génie d'un créateur de jouet. Il baptisa Sophie une girafe en caoutchouc, sonore et douce aux mains des tout petits. Quel bébé n'en a pas reçu une ?

Postérité garantie.

Mais pourquoi Sophie ?

La girafe n'est pas spécialement connue pour son intelligence.

C'est un mauvais coup à l'endroit des Sophie ; quand on les appelle, l'image qui vient d'abord à l'esprit n'est pas celle d'une savante mais d'un jouet couineur.

Consolez-vous, Sophie, faîtes nous un sourire, les bébés vous aiment presque autant que leur doudou et l'amour, n'est-ce pas, ça n'a pas de prix.

Bonne fête, Sophie.

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 14:09

  Ce mercredi 22 mai à 21h55, Fr3 programme "La Confrérie" de Michaël Prazan.

Vous qui êtes encore tout retournés par ses œuvres précédentes, tant écrites que filmées, vous ne manquerez pas ce documentaire très documenté sur les Frères Musulmans.

  Ce soir, on annule tout le reste, on se scotche devant la télé.

 

  De quoi en baver d'avance.

Demain matin, à vos claviers !

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 14:01

 

     Les errements de l'humanité au cours des siècles ont amené la majorité d'entre nous à rejeter certains comportements parmi lesquels le racisme. A quelles horreurs n'a-t'il pas mené !

Emportés par leur détestation généreuse, ses pourfendeurs en oublient souvent de caractériser l'ennemi. Le même terme recouvre des attitudes aux fondements différents, parfois opposés.

    Le rejet de l'homme noir repose sur le mépris ancestral de l'esclavagiste qui ne saurait se reconnaître aucun point commun avec l'esclave. En revanche,"racisme" est aussi le terme souvent employé pour qualifier l'antisémitisme qui se nourrit de la jalousie à l'égard de la réussite fantasmée des juifs. Le même vocable désigne deux attitudes opposées, ne serait-il pas utile de clarifier le vocabulaire ?

   Bien sûr, on pourrait balayer la question d'un revers de main ; dans les deux cas, des populations sont discriminées, brutalisées. La haine conduit aux massacres et au génocide. Mais est-ce bien raisonnable de s'en tenir aux conséquences ? 

   A bien y réfléchir, ces imprécisions autour du racisme n'ont rien d'étonnant ; le mot race, au départ, est maudit et cela ne risque pas de s'arranger. Très officiellement, il ne doit plus être employé. La race ferait le racisme comme si la science faisait le scientisme. L'argument de ceux qui ne veulent pas entendre parler de races est la commune appartenance des hommes à un seul ensemble de caractères communs, il n'y aurait qu'une race humaine.

     Ne faut-t'il pas y voir une confusion entre l'espèce et la race ?

    Même si ce ne fut pas toujours le cas, il n'y a qu'une espèce humaine.

Il est probable qu'homo sapiens a cohabité un certain temps avec l'homme de Néandertal et les paléontologues cherchent (espoirs fous créés par l'ADN !) s'il a pu y avoir des croisements entre eux. En effet, le critère de séparation des espèces est l'impossibilité de reproduction croisée. Actuellement, tous les êtres humains peuvent être croisés donc ils sont bien tous de la même espèce.

Un barrage moral interdit d'aller plus loin dans la classification de notre espèce et nous employons indifféremment les termes espèce et race en attendant la disparition de race.

     Que se passe-t'il dans les autres espèces ? Prenons un exemple au hasard : les chats.

    Tous les chats forment l'espèce chats.

    Parmi eux, ii y a des poils courts, des poils longs, des faces plates, des nez allongés et toutes les couleurs possibles. Les amateurs ont procédé au regroupement de différents types en fonction de ces divers caractères et ils ont vérifié que ces marqueurs se transmettaient à la descendance. Les individus de l'espèce chat appartiennent, en plus, à une sous-espèce, la race, qui permet de les décrire. Il en va de même pour bien d'autres animaux (chiens, chevaux etc.)

   L'observation la plus candide et la mieux intentionnée amène spontanément à constater la présence d'une telle variété de critères chez les humains. Attention ! pas question de race.

L'espèce humaine serait différente des autres. Du moins, c'est ce que nous rabachent les adorateurs des textes sacrés des religions du livre, ceux qui vouent Darwin aux gémonies.

D'autres qui revendiquent le droit à la différence nous coulent d'autorité dans un seul moule... vous avez dit "Contradiction..."

    Dans quelle langue faut-il s'exprimer pour leur faire comprendre que l'important n'est pas d'uniformiser les humains en niant leurs variantes, qu'on les appelle races ou autrement ?

    Les hommes ne trouveront aucun intérêt à la négation des différences, ils ont besoin de justice et d'égalité.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 15:34
   A quoi tiennent les dictons, les agendas et les calendriers ?
 - A bien peu de choses, ma pauvre dame, à de pontificales fantaisies.
Quand un pape prend un saint en grippe, quand le temps, pour lui, est venu de faire un peu de ménage au calendrier, d'anciennes valeurs sûres disparaissent et, ôte-toi de là que je m'y mette, leur place est dévolue à des petits nouveaux aux dents longues.
   C'est ainsi qu'en 1960, le bon pape Jean XXIII remit à jour le code des saints. C'était une sorte de mise en forme, d'entraînement, en vue de l'exercice autrement plus sportif que sera Vatican II.
   A l'occasion, les bigotes dévotes et les plus laïques almanachs des postes firent leurs adieux à Barbe ou Charlemagne.
Christophe échappa de justesse au couperet ; il ne s'agirait pas d'un vrai personnage mais d'un mythe autour d'un prénom : christo-phoros, porte-christ. Comme il protégeait toute une industrie de la breloque, il fallut bien composer avec elle.
    D'autres, à la popularité vacillante, furent remplacés. Nous avons le cas, ces jours-ci, des Saints de Glace honnis. Ils existent toujours, les 11, 12 et 13 mai, mais ils ont changé d'identité. Le trio Mamert, Pancrace et Servais a laissé place, dans le froid et les intempéries, à Estelle, Achille et Rolande.
Qu'avaient fait les anciens pour déplaire et perdre leur place ?
   Le pauvre Mamert, certes, est démodé. C'est l'inventeur des Rogations, antiques processions champêtres destinées à attirer la protection divine sur les cultures. Il reste de moins en moins de personnes assez âgées pour les avoir pratiquées et les assurances contre les Calamités Agricoles les ont efficacement remplacées.
Il a donc cédé la place à Estelle, du latin Stella : étoile. Ne lui reprochons pas de se prendre pour l'étoile polaire. C'est une sainte de glace.
   Le bien oublié Pancrace est remplacé par Achille, pas celui d'Homère mais un obscur évêque de Larissa (en Grèce, tout de même). Évidemment, le héros de l'Illiade n'avait rien d'un saint mais  Pancrace, de son côté, portait le nom d'un art martial antique. Gnon pour gnon, nous n'y aurions pas vu tant de différence.
   Rolande a remplacé Servais. Elle n'était ni la femme ni la sœur du sonneur d'olifant de Roncevaux mais une de ses contemporaines, une fille de Didier, roi des Lombards. Elle n'avait aucun sens des intérêts de la famille et refusa un mariage diplomatique pour un emploi de vierge consacrée. On ne lui connaît pas d'autre haut fait. Son CV plutôt mince ne l'empêcha pas de piquer sa place à Servais qui avait pourtant bien lutté contre les ariens, (pas des nazis, non, des hérétiques qui ne voulaient pas croire qu'un seul Dieu existât en trois personnes. Aujourd'hui, l'arianisme a disparu du panorama des sectes, le brave Servais est au chômage et ne veut plus rien dire pour nous, tandis que les vierges..., même si elles se font rares, peuvent encore représenter un idéal pour quelques originales.

     Les nouveaux élus n'ont pas remporté le gros lot. Ils ne sont jamais que des Saints de Glace, les plus détestés du calendrier.

                                                          Bien fait pour eux !
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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 17:26

   Mariage pour tous, le projet de loi est passé, heureusement ! De ce thème fort rebattu, on est pas loin de l'overdose.

      Il resterait pourtant bien des choses à dire.

 

      D'abord, nous avons du mal à comprendre cet acharnement à vouloir se marier, quand on pense à notre détestation de la famille institutionnelle ("Familles, je vous hais ..."), on a envie de reprendre la boutade affirmant que le mariage n'intéresse plus que deux groupes, les homos et les curés.  .

 

      Depuis 1969 et le référendum perdu par De Gaulle qui avait trouvé malin d'unir deux questions sans rapport entre elles, la réforme régionale et le Sénat, les hommes au pouvoir semblaient avoir compris la bévue à ne pas commettre. Distraction ou ignorance fatale de l'histoire, l'actuel gouvernement replonge le doigt dans la mélasse. Dans un texte commun, figurent le mariage pour tous qu'une majorité de Français approuve et, pour les homosexuels, la parentalité qui est rejetée dans une égale proportion.

  L'introduction de l'adoption dans une loi sur le mariage est un cadeau inespéré pour les homophobes. La leçon du PACS a été retenue, ils n'espèrent plus déplacer les foules sur le seul rejet des couples de même sexe,  Ils se voient offrir l'argument rêvé, l'enfant, la dernière figure sacrée dans un monde profane.

Admirez l'astuce.

 

     Des manifestants se sont bien promenés, ils ont l'air d'y avoir pris goût. Avec les beaux jours qui s'annoncent, ils projettent de recommencer.

Parmi eux, une immense majorité de catholiques. On n'a qu'une question à leur poser : "De quoi vous mêlez-vous ?" Les catholiques ont le mariage catholique qui ne regarde qu'eux, les autorités ecclésiastiques y mettent les règles qu'elles veulent, c'est leur affaire et leur droit. En revanche, pourquoi faudrait-il les imposer aux athées et autres agnostiques ?

 

     Un grand nombre d'opposants, dans le style pas-franc-du-collier, prétendent ne pas être homophobes. Dès qu'ils s'énervent, le vernis craque et le fond reprend le dessus. Ils adorent les soldats, forcément virils et même machos mais ils oublient combien leurs modèles comptaient de ces homos haïs. Que font-ils donc de l'homosexualité institutionnalisée dans nombre de confréries militaires ?

      Les héros de la guerre de Troie, Achille en tête, les Egaux de Léonidas, la phalange macédonienne, Richard Cœur de Lion, tous ces vaillants combattants n'étaient pas des femmelettes mais ils étaient tous homos.

      Aux cathos qui auraient le goût militaire, on peut rappeler le sort des templiers, moines-soldats accusés de sodomie.

      Parmi les opposants les plus acharnés, s'affiche une droite très extrême volontiers nostalgique du nazisme, à croire qu'ils ont oublié les S.A, vivier d'homosexuels ( à revoir : Les damnés de Visconti, un régal pour amateurs d'esthétiques masculines ).

 

     A tous ces excités, conseillons la mise en application du vieil adage "Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres."

           La nouvelle loi donne des droits à ceux qui n'en ont pas, il n'en retire à personne.

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