vous à moi et réciproquement

Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 00:01

   Bientôt, nous allons habiter un monument historique.

Inutile de fantasmer, nous n'avons pas acquis un manoir ni une abbaye en ruine, juste une maison toute simple et pas plus ancienne que moi. C'est la ville entière qui est monument historique.

Le Quesnoy est une ville close,

Ce n'est pas Concarneau, il n'y a pas la mer,

Ce n'est pas non plus La Couvertoirade, on n'y domine pas le causse du Larzac.

Au milieu des vaches et des pommiers, c'est un chef lieu de canton rural : 5000 habitants aux confins de l'Avesnois et du Valenciennois. Depuis qu'il existe, il est habillé de remparts.

Ses premières fortifications remontent au XIIème siècle et au bien nommé Bauduin l'Edifieur.  Ensuite, les comtes de Flandre et de Hainaut, ont eu à coeur d'entretenir et améliorer ses défenses, même le célèbre empereur Charles Quint. En effet, Le Quesnoy n'est une ville française que depuis le traité des Pyrénées, sous le règne de Louis XIV. 

L'événement fut considérable pour la ville dont le roi confia à Vauban la charge de restaurer et compléter le réseau des remparts.

Le Quesnoy était l'une des nombreuses places fortes qui matérialisaient la frontière au Nord et à l'Est mais toutes les autres ont vu disparaître leurs murailles quand les siennes sont restées debout.

A quel hasard bienheureux devons-nous cette chance ?

 - A la révolution industrielle qui oublia d'atteindre Le Quesnoy.

La mine et les usines,  au dix-neuvième siècle, enrichirent les villes qui se mirent à grossir. Elles se sentirent à l'étroit dans leur murailles comme une grosse dame dans une ceinture trop étroite. Les changements  survenus dans les arts militaires leur donnèrent un bon prétexte pour araser les murs et combler les fossés. A leur place, les édiles tracèrent des boulevards et les quartiers d'habitation s'étalèrent. La distinction entre intra et extra-muros avait vécu.

Le grand chambardement laissa Le Quesnoy de côté. Faute de moyens pour les détruire, la ville conserva ses fortifications et resta une ville close, un monument historique...où je vais avoir la chance d'habiter une  petite maison blottie au pied du rempart.

L'avenir réserve d'autres plaisirs tels que la présence d'un théâtre et d'une médiathèque, équipements pas si fréquents pour une population de 5000 âmes.

C'est une chance, j'en suis bien consciente, la perspective d'une retraite heureuse.

Bon, quitter grand pour plus petit est un vrai chantier. Que la joie nous donne du courage pour le  déménagement.

Par Tipanda - Publié dans : vous à moi et réciproquement
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 15:11

Non, je ne suis pas morte, juste débordée ... Le travail est, certes, nécessaire mais, parfois, il gène énormément! Il est seul responsable de mon actuel défaut d'assiduité. 

Tout va rentrer dans l'ordre bientôt. Vous pourrez me subir à nouveau.

Par Tipanda - Publié dans : vous à moi et réciproquement
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 16:13

    Les poètes galants de la Renaissance ont inauguré quelques exercices au nombre desquels la composition de blasons. Il s'agit d'écrire un poème voué à la glorification d'une partie du corps de l'aimée.

L'usage s'en est maintenu jusqu'à nos jours, chacun a fredonné les "yeux d'Elsa" d'Aragon.

Georges Brassens a sacrifié, lui aussi, à ce rite. Pour le couronnement du trentième anniversaire de son départ, lui rendre justice et faire un sort à la réputation de misogynie que certains lui ont bâtie, offrons aux femmes ce blason qu'il leur a laissé.

Que les adeptes d'Aragon n'y voient aucune compétition, notre poète moustachu laisse vos yeux en paix

 

Le Blason

 

Ayant avecques lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin, ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

C'eût été mon ultime chant, mon chant du cygne
Mon dernier billet doux, mon message d'adieu.
Or, malheureusement, les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable, à l'odieux.

C'est la grande pitié de la langue française,
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cet incomparable instrument de bonheur.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques,
Tendre corps féminin, c'est fort malencontreux
Que ta fleur la plus douce et la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de si scabreux.

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus, familier, coutumier.
Il est inexplicable, il est irrévocable.
Honte à celui-là qui l'employa le premier.

Honte à celui-là qui, par dépit, par gageure,
Dota du même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure.
Celui-là, c'est probable, en était un fameux.

Misogyne à coup sûr, asexué sans doute,
Au charmes de Vénus absolument rétif,
Était ce bougre qui, toute honte bue, toute,
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

La malepeste soit de cette homonymie.
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.

Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie,
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne, effaçant d'un coup des siècles d'avanie,
A cette vraie merveille un joli nom chrétien

En attendant, madame, il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autres moyens et que je les connais
Et que je les connais.

 

   En ces temps de pornographie lourdement agressive ou de pudibonderie ridicule, on rêverait que les enfants des écoles apprennent ce poème et le mettent en application.

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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 12:41

celui que Georges Brassens nous a laissé dans Saturne.

 

   Qui ça "nous" ?

Les femmes vieillissantes, celles à qui les hommes vieillissants préfèrent des jeunettes.

  La jeunesse, c'est une qualité bien éphémère, elle ne durera pas ("Si tu t'imagines, fillette, fillette ...") mais c'est un avantage-miroir. Dans la compagnie des plus jeunes, le mâle qui craint l'obsolescence cultive l'illusion de ses qualités marchandes.

Il finira, lui aussi, au rayon des deuxième ou troisième démarques sans être certain de trouver preneuse, mais, en attendant, il fait "comme si". Ils ne sont pas légions, les auteurs de compliments pour les beautés un peu mûres.

    Alors, devant la raréfaction des hommages, reprenons cet éblouissant témoignage :

 

 

  Saturne

Il est morne, il est taciturne
Il préside aux choses du temps
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un dieu fort inquiétant
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un dieu fort inquiétant

En allant son chemin, morose
Pour se désennuyer un peu
Il joue à bousculer les roses
Le temps tue le temps comme il peut
Il joue à bousculer les roses
Le temps tue le temps comme il peut

Cette saison, c'est toi, ma belle
Qui a fait les frais de son jeu
Toi qui a payé la gabelle
Un grain de sel dans tes cheveux
Toi qui a payé la gabelle
Un grain de sel dans tes cheveux

C'est pas vilain, les fleurs d'automne
Et tous les poètes l'ont dit
Je te regarde et je te donne
Mon billet qu'ils n'ont pas menti
Je te regarde et je te donne
Mon billet qu'ils n'ont pas menti

Viens encore, viens ma favorite
Descendons ensemble au jardin
Viens effeuiller la marguerite
De l'été de la Saint-Martin
Viens effeuiller la marguerite
De l'été de la Saint-Martin

Je sais par coeur toutes tes grâces
Et pour me les faire oublier
Il faudra que Saturne en fasse
Des tours d'horloge, de sablier
Et la petite pisseuse d'en face
Peut bien aller se rhabiller...

 

                        Nous sommes dans l'été de la Saint-Martin.

              Il eût été dommage de ne pas saluer un si bel hommage de saison.

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Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 23:31


   La monarchie britannique cultive de savoureuses traditions aussi séduisantes que mystérieuses pour les Français républicains.
Au nombre des us et coutumes sacrés, l'interdiction faite aux héritiers du trône de partager un moyen de transport. Dans la pratique, le roi et le prince de Galles ne prennent pas le même bateau ni le même avion. Cet usage n'est pas récent ; il ne remonte jamais qu'au douzième siècle.


   En ce temps-là, une nuit de réveillon, La Blanche Nef fit naufrage en revenant de Normandie, noyant la fine fleur de l'aristocratie anglo-normande et, parmi eux, l'héritier du trône. Les chroniques racontent qu'à partir de ce jour, le roi Henry Beauclerc cessa de rire à tout jamais et, de peur de ré-affronter pareille catastrophe, on institua pour la famille royale l'obligation de voyager séparément.


    Il paraît  que Canal + sort une adaptation télévisée des Piliers de la Terre de Ken Follet.
N'étant pas abonnée, je n'aurai sans doute pas l'occasion d'en profiter mais je recommande, à tous ceux qui le peuvent, de la regarder pour se faire un jugement, et, surtout, de lire le roman si ce n'est déjà fait.
C'est une perle littéraire comme on en rencontre peu, à vous réconcilier avec le roman historique, même si vous étiez fâchés. En même temps, c'est un polar au temps passé, il repose sur une énigme : qui sont les responsables du naufrage de la Blanche Nef ? 


    A la fin, en bon auteur de polar, Ken Follet résout l'énigme. Bien sûr, c'est sa solution mais elle se tient.
Pour les sourcilleux qui piaffent d'impatience à la perspective de traquer l'anachronisme ou l'erreur historique, on leur souhaite bon courage.

Ken Follet qui n'est pas un historien professionnel a fait mieux que se tirer d'affaire.


      Souhaitons que l'adaptation télévisée se montre digne de l'écrit.

Par Tipanda - Publié dans : vous à moi et réciproquement
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