Lundi 12 mars 2007
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23:00
Les uns aspirent à devenir français pendant que d'aures cherchent tous les moyens de prendre une autre nationalité.
Jonathan Littell vient d'obtenir la nationalité française à sa troisième demande, après deux refus pour insuffisance de liens avec la France. Entre temps, il a remporté le
Goncourt et le prix de l'Académie Française, sans doute des liens suffisants, cette fois. On imagine quel ridicule aurait entouré un nouveau refus. La maîtrise de la francophonie vaut
tous les actes d'état civil et la France est très honorée de compter parmi ses citoyens un auteur de qualité.
Pendant ce temps, d'autres semblent fatigués d'être français et veulent obtenir des papiers exotiques, en tout cas, défiscalisés. S'ils arrivent à leurs fins, vont-ils manquer à la France ?
Il se trouve parmi eux des fortunes boutiquières, boursières, sportives, rien que de très ennuyeux ou vite oublié. Un cas particulier : celui des chanteurs dits "populaires". Je préfère
utiliser le diminutif "populo" qui leur va beaucoup mieux. J'ai la faiblesse de le croire, un artiste vraiment populaire croit que le peuple mérite le mieux. Il ne prend pas son public pour des
illettrés ou des débiles mentaux. Les expatriés fiscaux n'ont aucun respect pour le public qui les enrichit ; pourquoi devrions nous les retenir ? S'ils
trouvent d'autres volontaires pour supporter leur médiocrité, nous leur laissons bien volontiers.
Par jacqueline simon
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Vendredi 16 mars 2007
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11:09
Lucie Aubrac nous a quittés, elle nous manque déjà et nous pensons à Raymond, c'est dur de rester seul après tant d'années ensemble. C'est le lot de ceux qui vivent longtemps mais c'est une des
pires épreuves du grand âge. Néanmoins, nous cherchons tous à vivre vieux, nous voudrions reculer la mort le plus posssible. Allez comprendre ...
Ce n'est pas n'importe qui, celle qui vient de partir, et tous les commentateurs y vont de leurs louanges attristées. Malgré le chagrin, on ne peut éviter le sarcasme. Même ceux qui lui
balançaient, il y a peu, des tombereaux d'injures, se répandent en dithyrambes. La bienséance obligée leur fait perdre la mémoire et la pudeur. Si, par hasard, il existe une vie après la
mort et que tu les entends, Lucie, j'espère au moins que ça te fait bien rigoler, tu n'auras pas tout perdu.
Dans un autre domaine d'activité, la capacité de rancune des historiens semble particulièrement solide. Depuis quelque temps, sur les ondes de FranceCulture, nous avons pu entendre
plusieurs émissions traitant du moyen-âge, des barbares, de l'histoire des femmes, en particulier de Christine de Pisan ou d'Héloïse. Pas une seule fois nous n'avons entendu prononcer le nom de
Régine Pernoud qui fut l'auteur de nombreux travaux sur ces différents sujets. Même Jacques Le Goff, co-auteur avec R. Pernoud d'au moins un ouvrage, ne l'a jamais citée. Il est vrai qu'elle
accordait beaucoup d'importance aux individualités et que cette manière d'aborder l'histoire n'est plus à la mode. A la fin de sa vie, son attachement à la religion chrétienne l'avait amenée à
écrire la vie de plusieurs saintes et, horreur (!), elle avait prêté son nom à des textes de promotion pour la commémoration du baptème de Clovis, ce qui l'a rangée, un peu vite, parmi les
auteurs cléricaux et réactionnaires. Le reproche était-il justifié ? Je ne le crois pas, mais le problème n'est même pas là. Oublier ses travaux jusqu'à faire comme si elle n'avait
jamais rien écrit, c'est ignorer les vocations d'historiens qu'elle a suscitées. Les séismes éditoriaux que furent "Pour en finir avec le Moyen-Age" et "La femme au temps
des cathédrales" ont modifié profondément le regard porté sur l'époque féodale et démarré une vaste entreprise de nettoyage des idées reçues. C'est à elle que je dois un
goût toujours vivant pour l'histoire et je regrette l'injustice qui l'accable parmi ses pairs .
Par jacqueline simon
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Lundi 4 juin 2007
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22:44
Une info au journal d'Arte : l'antisémitisme exerce ses ravages en Israël.
Ce n'est pas une plaisanterie. En Israël vivent des neo-nazis qui agressent et brutalisent des juifs. L'humour du paradoxe, comment un état-refuge créé pour protéger les juifs de
l'antisémitisme peut-il être victime de hordes antisémites ?
Il paraît que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Dans les années 80, Israël a ouvert massivement ses portes aux juifs russes victimes de persécutions et, par extension, à des russes,
parfois non juifs, qui voulaient émigrer, sans enquêter sur eux. Ces gens là, à n'en pas douter, voulaient quitter l'Union Soviétique mais ils ne voyaient en Israël qu'un point de chute
favorable. Souvent antisémites en URSS, ils ont apporté avec eux leurs traditions.
Résultat : La bête immonde est toujours vivante, des juifs sont agressés en Israël, même d'anciens déportés qui ont le plus grand mal à réaliser ce qui leur arrive... nous aussi,
d'ailleurs.
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Par jacqueline simon
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Samedi 18 août 2007
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23:46
Dans ce monde trop souvent désespérant, par chance, de temps en temps une bonne nouvelle encourage à croire encore en l'humanité, du moins à croire qu'il y a des hommes d'exception pour racheter
l'espèce humaine.
Je parcourais distraitement un article du journal "Le Monde" à propos d' Etienne-Emile Baulieu et j'apprends, rapporté incidemment comme un fait anodin, qu'il n'a jamais
touché un centime de royalties sur sa découverte majeure, la pilule RU 486 qui a fait le tour du monde. Des esprits chagrins le soupçonneront d'en avoir tiré profit autrement, on ne croit plus
aux actes désintéressés. Les ricaneurs le traiteront d'imbécile pour n'avoir pas bien managé son plan de carrière.
... Les chiens aboient, la caravane passe ...
La nouvelle est immensément réconfortante. On redécouvre l'allégresse. Les bienfaiteurs de l'humanité ne se rencontrent pas que chez les consolatrices et les caritatifs. Baulieu, c'est
l'alliance inespérée de la compétence et du désintéressement ; et ça fait un bien fou d'y penser.
Par jacqueline simon
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Mardi 18 septembre 2007
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23:34
A quoi sert la mémoire ?
A pas grand chose et surtout pas à tirer les leçons des erreurs et des fautes du passé. A chaque commémoration de la seconde Guerre Mondiale, il se trouve des historiens pour vilipender les
signataires de l'accord de Munich, en rappelant la célèbre sentence de Churchill : "Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur, vous aurez le
déshonneur et la guerre". Ces mêmes prêcheurs, aujourd'hui, poussent des cris d'orfraie parce que Kouchner considère une bombe atomique iranienne comme un motif de guerre. Ils sont prêts à
tous les accomodements en vertu du même pacifisme bêlant que leurs prédécesseurs qui ont fait semblant de croire en la possibilité de négocier avec Hitler. A Munich, les démocraties européennes
ont essayé de sauver leur tranquillité ; ce faisant, elles ont laissé commettre la shoah. Si les islamistes furieux, au pouvoir en Iran, construisent leur bombe atomique, sa première
destination sera Israël, tout le monde le sait. Encore une fois, les victimes seront la démocratie, l'intelligence et le savoir.
Perspective insupportable.
Laisser faire n'est pas construire la paix ; on ne peut se vanter d'être gentil si on ne se donne pas la force d'être méchant.
Par Jacqueline Simon
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