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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 21:48

   Ils sont agaçants, les humains.

Il faut absolument que je vous raconte leur dernière tracasserie : ils ne veulent plus m'ouvrir la porte. A les entendre, je manquerais de décision et ils en auraient assez. Ils ne trouvent pas normal que je change d'avis dix fois dans la demie heure, alors que c'est, à mon sens, amplement justifié.

Je demande à sortir, j'ai le droit de me dégourdir les pattes, non ?

A peine suis-je dehors qu'un chien aboie dans le voisinage ; mes oreilles sensibles ne supportent pas une telle cacophonie. Je lance un appel d'urgence, on m'ouvre et je me réfugie à l'intérieur où l'ennui me rejoint immédiatement.

Le tintamarre canin ayant cessé, je prends le parti de ressortir mais, très vite, des bruits de vaisselle en provenance de la cuisine me signalent une activité de première importance : la préparation du repas qui ne saurait avoir lieu sans moi. J'insiste pour entrer, on m'ouvre, je me précipite aux pieds de mon humaine en poussant des miaulements qui ne souffrent aucun refus. Je fais des ronds entre ses pieds au risque de la faire tomber jusqu'à ce qu'elle daigne me distribuer quelques morceaux de choix. Pauvre naïve, elle espère qu'en les déposant dehors, elle aura gagné un moment de tranquillité, c'est compter sans le ciel.

Voilà une averse. Chacun sait que nous, les chats, sommes brouillés avec l'eau ; très logiquement, je pousse un cri aussi impérieux que strident, la porte s'ouvre et ainsi de suite...

Tout le monde se lamente à cause du chômage. Eh bien, moi, je suis un créateur d'emploi, celui de portier qui m'est absolument nécessaire.

Au début, ils sont très complaisants, pleins d'égards à mon endroit, mais ils ne tardent pas à se rebiffer et ne s'exécutent qu'en maugréant.

Évidemment, ils n'ont pas tardé à trouver une solution.

Ils se sont rappelés que, dans mon ancienne maison, il y avait une chatière, une porte battante juste à ma taille. J'entrais et sortais sans rien leur demander. C'est bien utile mais le procédé manque de charme, c'est si bon de demander et obtenir.

Je suis un petit tyran mais un si joli tyran ! A voir mon regard bleu confiant et implorant, il faut avoir un coeur de pierre pour résister.

Eh bien, ils ont choisi de résister, ils ont installé une chatière dans ma nouvelle maison.

Un soir, il est rentré avec un paquet plat qu'il a montré à sa femme et il m'a regardé en rigolant, son forfait était prémédité... Le lendemain, après le déjeuner, Tonton est arrivé, j'étais tout content. D'habitude, il s'installe dans le canapé sans bouger, je grimpe sur ses genoux, c'est un vrai spécialiste en papouilles et autres grattages de chat. Ce jour là, j'ai attendu vainement ma séance de câlins, mon humain et lui ont entrepris de démonter une porte de la cuisine puis ils y ont découpé un trou. Je me suis sauvé à cause du bruit et, à mon retour, la porte était revenue à sa place. Le trou était bouché par une chatière ; c'était donc ça, le paquet qui le faisait rigoler ! 

Il me fallait trouver une réponse convenable à cet affront manifeste.

J'ai fait l'andouille. J'ai adopté l'air complètement abruti de celui qui ne comprend pas à quoi ce machin peut servir, alors que j'en ai utilisé une pendant plus de dix ans. Comme s'ils ne savaient pas que notre mémoire est absolument exceptionnelle, ils ont mis tout leur coeur à essayer de m'apprendre le fonctionnement de cette trappe à chats. Chacun leur tour, ils la tapotaient en m'appelant avec un sourire idiot pour que je comprenne bien que cette porte m'appartient et qu'elle va me simplifier la vie.

Las, rien de plus bête que celui qui ne veut pas comprendre. En gardant l'air stupide et fermé, j'ai fait semblant de me désintéresser du nouveau jouet et, j'ai entrepris comme un travail urgent l'inspection de la cour. Reportant mon apprentissage à plus tard, ils sont retournés à leurs occupations.

C'est là que ma vieille ennemie, la pluie, m'a joué un des mauvais tours dont elle est coutumière, l'averse a éclaté et a vaincu mon entêtement. Elles étaient fortes les résolutions que j'avais prises, mais pas au point de me tremper les os. Toute honte bue, j'ai foncé dans leur maudite chatière.

Ils ont ri en m'accueillant dans la cuisine et, grand seigneur, pour manifester mon désir de faire la paix, j'ai daigné accepter un morceau du dos de cabillaud qu'elle était en train de préparer.

Il faut savoir être souple avec le personnel.

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commentaires

unsoirbleu 22/10/2012 22:48


Chavoureux ! Euh ... je veux dire : savoureux ! Moi qui suis en délicatesse avec la race chattine (!) j'avoue être conquise ... Je reviendrai voir si l'écuelle est bien pleine !

Tipanda 23/10/2012 08:54



Que t'ont donc fait mes homologues ? Dommage que tu n'aies pas rencontré l'espèce féline en commençant par moi, personne ne me résiste. Je suis un petit vantard ? Oui, et alors ? C'est même tout
ce qui fait mon charme.Ronrons de Panda.



Mimi et Fil de soie 22/10/2012 15:35


Et dire que nous n'avions pas lu l'aventure de la chatière!...Tu sais bien raconter, Panda. On s'y croirait!
 Pas facile  de surmonter tous ces obstacles( la pluie, les zhumains...) et de n'en faire qu'à notre tête, de commander aux maîtres, ce qui entre nous, Panda, est dans notre nature de
chats...
 Moi aussi j'ai une chatière mais elle ne sert que lorsqu'ils doivent s'absenter un jour ou deux: ils ont confiance en moi et me confient la maison!
 Sinon, je leur mène la vie dure: mon truc à moi, c'est la fenêtre... Je  dirai comment je m'y prends: ça marche à tous les coups!
 Chalut , mon ami  et à bientôt!

Tipanda 22/10/2012 22:58



Oui, tu as raison, la fenêtre aussi est très bien. J'en faisais un usage immodéré avant d'être adopté ; c'est peut-être même à force de me voir à la fenêtre, qu'elle a eu l'idée de m'offrir sa
maison. L'endroit présente, malgré tout, un inconvénient : pour se faire voir à la fenêtre, il faut que l'un ou l'autre des humains se trouve dans la pièce, sinon, il ne nous reste qu'à patienter
dans le vent et la pluie et ... nous détestons attendre.


Ronrons à toi et à Mimi.



Françoise 09/10/2012 11:37


Oui, tu as raison (à nous aussi d'ailleurs...)

Tipanda 09/10/2012 14:43



Tu parles d'or !



Françoise 09/10/2012 09:53


Il va s'habituer ce minou ! Moi j'hésite encore à accueillir une chatte car j'habite un premier étage surélevé et il faudrait ouvrir une chattière dans la porte-fenètre sur le petit balcon. En
bas, jardin avec portail sur rue et voitures...Brrr

Tipanda 09/10/2012 10:22



Généralement, mais il y a des exceptions (hélas!), un chat qui dispose d'un espace protégé comme un balcon ne se jette pas dans la rue sans précaution. Il commence par étudier les environs avant
de se risquer, à condition d'être stérilisé...Les hormones et la libido leur font perdre toute prudence. 



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