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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 16:30

Mauvaise pièce, mal jouée par de mauvais comédiens :

... Une famille prospère, des maîtres de forges, ils ont château, argent et terres, des ouvriers et une bonne. Cette dernière a un fils doué et travailleur, il réussit dans les études puis dans les affaires.

Arrive une crise de l'acier, les anciens patrons sont ruinés. Le nouveau riche fait comme s'il ne les connaissait pas et construit un mur de séparation pour ne plus avoir à leur parler...

Pas grand-chose à tirer d'un scénario aussi bête ?

    C'est pourtant la réalité chez nos voisins belges, aujourd'hui.

Les électeurs flamands ont élu des séparatistes qui ne veulent plus entendre parler de la Wallonie.

    Pourquoi  cherchent-ils la rupture ?

La question linguistique n'est qu'un prétexte à l'usage des pudiques et des complexés qui n'osent pas avouer la vérité toute crue : ils ne veulent plus partager.

A les entendre, le sud de la Belgique ne serait qu'un ramassis de traine-misère et de fainéants. En revanche, la Flandre serait peuplée de gens travailleurs, modernes et riches qui en auraient assez de boucher les trous creusés par l'incurie de leurs voisins. C'est une forme d'égoïsme collectif qu'on rencontre aussi chez les tenants de la Ligue du Nord, en Italie.

     Il est vraisemblable qu'en Belgique comme en Italie, le pays n'éclatera pas comme une vulgaire Yougoslavie. Leur appartenance à l'UE leur interdit ce genre d'aventure mais les liens vont se distendre et, justement, la solution ne serait-elle pas européenne ?

Une Europe fédérale permettrait un remodelage en douceur des frontières.

Même ceux que le fédéralisme effraie constatent que nos régions actuelles sont trop riquiqui pour être efficaces.  Il faudra bien expérimenter des régions transfrontalières ; elles répareraient en douceur les dégâts de tracés issus des guerres du passé. La carte de l'Europe ne peut rester indéfiniment marquée par des limites qui n'ont plus de sens à l'heure des frontières ouvertes. On se prend à rêver d'une Catalogne et d'un Pays Basque sans frontière pour les couper en deux.

La Belgique est née au milieu du XIXème siècle pour résoudre quelques problèmes diplomatiques entre les puissances du moment. L'Angleterre ne pouvait supporter la perspective de voir toute la côte d'en face entre les mains d'un seul et même concurrent. Clairement, il fallait que le port d'Anvers, face à Londres et à l'estuaire de la Tamise, ne soit ni français ni hollandais. Pour qu'à ce bout de côte soit rattaché un bout d'arrière pays, le même raisonnement a créé la Wallonie : la France a toujours rêvé de s'étendre jusqu'à la rive gauche du Rhin, un pays-tampon entre elle et l'Allemagne avait quelque-chose de rassurant.

Comment s'attendre à ce qu'un bricolage aussi hétéroclite fasse preuve d'une grande solidité ?

Étonnamment, même les deux guerres mondiales ne les ont pas séparés. En dépi des errances de tous les partis, Albert 1er, le roi soldat, est toujours un héros pour Wallons et Flamands.

Ils sont régulièrement séduits par des tentations centrifuges, comme un vieux couple qui se chamaille sans arrêt, s'injurie et menace de divorcer, mais ils vieilliront ensemble.

Peut-être qu'une Europe plus dynamique et optimiste que celle d'aujourd'hui pourrait  leur tenir lieu de conseillère conjugale.

 

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Published by Tipanda - dans histoire
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