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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 09:35

Face aux manifestations d'étudiants et lycéens, beaucoup d'Anciens (ah, l'âge !) croient revoir mai 68. 

La situation est fort différente (même si la vie en 68 n'était pas aussi folichonne qu'on croit se rappeler pour les petites gens ...) Mais Il existe un point commun : les manifs, au début, ont le soutien massif de l'opinion.

Et on se rappelle aussi comment elles ont fini, par un immense défilé de soutien au Général De Gaulle.

Là aussi, comparaison n'est pas raison, le Petit Nicolas n'est pas le Grand Charles mais il le croit, donc le risque existe.
Mettons-nous dans la peau du pouvoir.
Devant le soutien populaire, il faut mettre en action la créativité et l'imagination des " Forces de l'Ordre" ou, du moins, de leurs éminences grises.
 Que faire pour couper les manifestants de leur soutien populaire, les rendre antipathiques, les changer en adversaires, en nuisances ?
Tout le monde déteste qu'on l'empêche de mener sa vie et qu'on démolisse ses affaires. Moralité : il faut démontrer aux "braves gens" que les contestataires vont tout détruire, à commencer par leurs biens. Cette conviction acquise, ils se retourneront contre les manifestants devenus en un instant des "émeutiers".
    Dans un premier temps, on déguise quelques jeunes flics en manifestants et on les place sur les bords du cortège, là où ils seront plus difficiles à contrôler par la masse, et on leur donne la mission d'exciter le monde, d'encourager à la casse. Il y aura bien quelques têtes faibles avec qui l'astuce fonctionnera.
Et si ça ne suffit pas, si le service d'ordre de la manif tient bien ses troupes ?

On peut toujours demander aux flics infiltrés de passer à la casse ... mais c'est risqué ; s'ils sont arrêtés et qu'on découvre de qui il s'agit, le coup peut se retourner contre ses organisateurs. Le mieux est d'infiltrer de vrais casseurs qui n'auraient rien à refuser à la police.
Comment cela peut-il se faire ?
     Lamentablement simple. On fait quelques descentes chez les dealers et autres voleurs du coin ; vous savez, ceux à qui, bizarrement on ne touche jamais, et on leur explique d'une manière persuasive qu'il est temps pour eux de rendre la monnaie de l'indulgence dont ils ont bénéficié, faute de quoi on pourrait s'occuper de leur cas. Pour les convaincre, on ajoute qu'ils vont bien s'amuser au petit travail qu'on leur demande.

     Ils n'ont qu'à se mêler aux manifestants et faire tout ce qu'il leur est interdit d'habitude : casser, voler, mettre le feu.


     Il ne reste plus qu'à lâcher dans la prochaine manif ceux que Nicolas appelle "les racailles" et le travail est fait.
On a connu ça en 1968 puis au début des années 70 avec les "autonomes". Ils ont si bien pourri la contestation que tout le monde voulait le retour de l'ordre.

Et ce fut l'ordre moral qu'on retrouvera si la peur revient.

Alors, on sait ce qu'il reste à faire : la police des manifs.

Il faut cesser de croire en l'innocence des anges maudits. Les "racailles" sont les meilleurs alliés de leur patron Nicolas.

 

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Published by Tipanda - dans l'air du temps
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