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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 21:41
    Les années 70, féminisme, MLF et planing familial, auraient changé la vie des femmes, à ce qu'il parait.
Les magazines dégoulinent de triomphalisme béat ; les femmes auraient remporté toutes les batailles.

Qu'on se le dise, la femme idéale existe, celle qui se charge de toutes les corvées des hommes ... et n'oublie pas de rester femme.
     C'est à dire ?

     N'en déplaise aux mânes d'Aragon, la femme n'est plus l'avenir de l'homme, elle est son alter ego simultané.
Comme tous les néophytes, la femme met un point d'honneur (ou de déshonneur) à singer les comportements les plus discutables des hommes. Elle peut être aussi arriviste ou injuste que lui et elle le prouve. Si le métier de bourreau existait encore, pas de doute, il se trouverait des femmes pour briguer le poste.
     La femme serait l'égale de l'homme ?
Non, les corps ne se laissent pas si facilement oublier, la femme est très vite renvoyée aux supposés devoirs de sa chair.
     Assistée par l'opinion commune, elle se met, elle même, sous pression. Elle a digéré la contrainte pour la changer en plaisir, un vrai modèle d'aliénation.
    
    Chacun peut, sans problème, annoncer un dégoût pour le poisson, le foot ou un style de musique.  De la même façon, un homme qui n'éprouve aucune appétence pour la compagnie des enfants l'avouera sans trop de difficulté. On accepte qu'il organise sa vie autrement.
     Pour une femme, c'est une autre affaire. Les médias sont remplis de chroniques édifiantes où celles qui ont indéniablement réussi dans les arts, la science, l'industrie ou la politique, exhibent triomphalement leur ventre ou leur nouveau-né en assurant qu'il s'agit de leur plus belle réussite. Il ne fait pas bon déclarer qu'on est heureuse sans enfant et qu'on a d'autres projets.
 C'est très suspect. On s'expose aux critiques féroces de tous les natalistes.
Il y a les moralistes qui vous accusent d'égoïsme, comme si la reproduction de l'espèce était le seul service qu'on puisse rendre à ses semblables.
Surtout, il y a tous les adeptes de la nature féminine. Ils voient en toute femme d'abord une génitrice chez qui l'absence de maternité créerait un manque insupportable. On n'est pas loin des anciens couplets sur la femme hystérique. En réalité, ils ont vu passer de loin la révolution sexuelle, ils n'ont toujours pas accepté que la chair puisse exulter sans se reproduire.
     Et les femmes leur emboîtent le pas, surtout les Françaises qui semblent briguer la première place au concours des pondeuses volontaires.
      On ne peut éviter le rapprochement avec un autre constat. Notre contemporain tout-sociologique adore interroger tout le monde à tout propos ; au hasard des multiples enquêtes, nous apprenons que, de toutes les femmes, la Française est celle qui croit le plus à l'existence du (fameux !) point G. Les nordiques, par exemple, sont nombreuses à considérer qu'il s'agit d'une légende et à s'en remettre à leur clitoris pour déclencher l'orgasme, à rapprocher des africaines qui se préoccupent moins de sciences sociales mais savent parfaitement que c'est lui, l'organe à supprimer pour oter le plaisir aux filles et les rendre sages, d'où la funeste pratique de l'excision.
      Quelle relation entre l'injonction reproductive et le point G ?
Elémentaire, mon cher Watson ! La supposée nature féminine ferait du plaisir des femmes une jouissance intérieure et dépendante de l'homme.
Evidemment, pour faire des enfants, il y a la procréation assistée mais la mise en oeuvre du point G requiert toujours le sercice d'un partenaire masculin.
       Par bonheur, chacune trouve son plaisir où et comme elle veut mais il faut garder à l'esprit que nos françaises libérées ne sont pas bien différentes de leurs grand'mères.

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Published by Tipanda - dans l'air du temps
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commentaires

francesca 09/02/2010 01:08


ça... bien d'accord !


francesca 08/02/2010 17:52



Tourner en dérision les luttes féminines des années 70 est un peu rapide, même si en effet il y a pas mal de pain sur la planche pour une vraie
"libération" de la femme !
Pour avoir vécu activement ces luttes, j'en connais les limites mais aussi les victoires ; à conforter, bien sûr : ainsi le droit à l'avortement toujours à défendre, celui de la maternité
choisie bien fragile en ces temps où bcp de jeunes filles se croient paraît-il à l'abri d'une grossesse lors d'un premier rapport sexuel et où les jeunes gens ne sortent pas couverts malgré
le SIDA... et celui du refus de maternité encore très mal vu !
Néanmoins, les femmes - et les hommes - qui ont vécu les années 70 en sont sortis grandis et renforcés par les discussions et les actions menées ensemble. C'est eux qui ont eu en
charge l'éducation des plus jeunes qui, à leur tour, doivent passer le flambeau à la "troisième génération", tâche rendue difficile par certains "chocs de cultures" qui obligent à " vingt fois
sur le métier remettre son ouvrage" !
Ce n'est qu'un début : continuons le combat !



Tipanda 08/02/2010 20:51



Bien dit ! Loin de moi l'intention de dénigrer les combats des années 70. Ce qui m'agace au plus haut point, c'est l'illusion de plus en plus répandue qui voudrait que la victoire soit gagnée.
Celles qui jaugent la liberté à l'aune des articles d'une presse aux ordres finiront par se rendre compte de leurs erreurs. Espérons seulement qu'elles ne perdent pas trop de temps.



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