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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 22:09

   Aimez-vous être découpés en tranches ?
Je présume que votre réponse est négative.

     L'être humain est une personne, pas un agrégat de pièces différentes, ou plutôt, restons dans la métaphore mécanique, pour qu'elle fonctionne, tout est lié et la moindre avarie dans un rouage retentit sur la marche de l'ensemble.
Ce raisonnement est frappé au coin du bon sens ; c'est l'opinion générale, valable pour tous... Sauf quand vous êtes gravement malade.
Une maladie grave, dans le vocabulaire de la Sécu, c'est une ALD (Affection de Longue Durée qu'on traduirait volontiers par Accumulation de Longue Déveine). Si vous croyez ce qu'on vous a enseigné, que Sécurité Sociale veut dire Solidarité, remisez vos illusions, la Sécu fait partie de l'économie.

On la gère comme n'importe quelle entreprise, ses résultats sont supervisés par des comptables qui rêveraient (c'est leur métier) de la rendre bénéficiaire.

Ils font la guerre aux dépenses, comme si la protection sociale n'était pas, par nature, vouée à coûter.


Au nombre de leurs cibles, les ALD occupent une place de choix. Pensez-donc, des puits sans fond, des coûts gigantesques pour des malades qui, souvent, ne guériront pas.

Jadis, au temps de l'"Etat Providence", un pouvoir inconséquent a décidé que les soins de ces patients en ALD seraient pris en charge à 100% par la Sécu. Les comptables en sont hors d'eux ; en bonne gestion, c'est une erreur impensable qui doit cesser au plus vite.
Les gens au pouvoir sont du même avis mais ils sont aussi des élus. Ils ne peuvent user de la brutalité dont ils rêveraient ; ils procèdent avec méthode et circonspection, ils repeignent le tableau, consciencieusement, une couche à la fois.
Dans les années 8O, ils ont trouvé une idée faussement logique mais réellement stupide : l'ordonnance bi-zone.
Le principe en est apparemment très simple : l'ordonnance est coupée en deux parties, une pour les prescriptions destinées à soigner l'ALD, prises en charge à 100%, l'autre pour les soins sans rapport avec elle, ils seront remboursés au régime commun.
Vous trouvez la distinction facile, vous ?
Sans nous livrer à des débats d'experts, il est bien difficile de décider si le mal de tête d'un patient est lié à son ALD ou à une autre maladie.

Toute honte bue, nos gouvernants prétendent effectuer ce tri improbable ...
      Il n'y a pas de petites économies. Oubliée l'unité de la personne humaine ; au nom de la sainte Comptabilité Publique, on la découpe en tranches.
      Des médecins, toutefois, ont conservé une certaine idée de leur métier et de ses principes. (Hippocrate avec nous !) Ils refusent de procéder à cet entre-lardage et se trouvent dans le point de mire de la Sécu.
Ah, mais ! La Sécu ne va pas tolérer une telle indiscipline. Consciencieusement, faisant fi du ridicule, elle traîne en justice les récalcitrants.
En ce moment, Didier Poupardin, médecin  dans le Val de Marne, attend que les chats-fourrés lui disent à quelle sauce il sera mangé.
 Décision prévue ce mercredi, à surveiller de près.
Une pierre à la fois, si nous n'y prenons garde, c'est tout l'édifice de la protection sociale qui se défait et, avec lui, une certaine idée de la personne humaine.

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Published by Tipanda - dans l'air du temps
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