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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 23:34

  Révolution ... C'est d'actualité. 

 Rotation de la terre, toujours le même point de chute.

Nous re-voilà, comme tous les ans à la même époque, au salon de l'agriculture et, comme d'habitude, la machine agricole passe inaperçue.

Comme d'habitude, la vedette appartient aux animaux du Concours Général Agricole et aux Provinces Françaises, étalage de victuailles aussi prestigieuses que traditionnelles.

   Le Salon de l'Agriculture remplit sa fonction première : montrer à l'homme des villes le paysan tel qu'il aime le voir. Il déteste le céréalier, toujours affublé de l'adjectif "gros", roulant berline allemande.

   Sa prédilection va au "petit" éleveur ; une empathie générale entoure ses réussites comme ses difficultés. Le public aime s'extasier devant les chefs d'oeuvre de l'élevage, il aime oublier qu'ils ne sont que des niches de qualité au milieu d'une masse de médiocrité et de souffrance animale. Passés à la trappe, le porc et le poulet sans goût qui pourrissent les nappes phréatiques et les plages bretonnes, une indulgence générale conduit le Français moyen à soutenir sans discrimination tous ses éleveurs, à prendre fait et cause pour leurs intérêts. Il prend leur parti dans des rivalités qui lui échappent largement. Le citadin français ne supporte pas les concurrents de l'éleveur hexagonal.
Lui-même, petit consommateur de viande d'agneau, il n'hésite pas à imputer la mauvaise santé relative de la production ovine à la concurrence (forcément déloyale) de l'élevage néo-zélandais.
   La Nouvelle Zélande est l'objet d'un solide ressentiment qui s'accentue à chaque fois que le Quinze de France se fait étaler par les Blacks.
   Le Français oublie sans difficulté les mauvais gestes qu'il devrait regretter, tels le Rainbow Warrior coulé dans le port d'Auckland.
   A ce jour, les Neo-Zélandais n'ont pas règlé de comptes dans un port français. En revanche, ils étaient là quand nous avons eu besoin de leur aide pour sauver notre liberté. Ils étaient dans les tranchées de la Grande Guerre et sur les plages du débarquement en 1944. Ils auraient pu rester bien tranquilles avec leurs moutons mais ils furent solidaires jusqu'à la mort ; ils ne nous ont jamais manqué.
En général, pour marquer sa reconnaissance, à de tels amis, on s'efforce de rendre la pareille.
   Aujourd'hui, coup du destin, la région de Christchurch est victime d'un tremblement de terre. Malgré une architecture de qualité, il y a de gros dégâts et des victimes.
   Certes, la Nouvelle-Zélande n'est pas un pays sous-développé, ils ont les hommes et la logistique pour faire face ; ils ne demandent pas d'aide ; mais un ami dans le malheur, il est au moins décent et amical de manifester de la solidarité.
   Faut pas rêver ! Aux yeux des Français, les Neo-Zélandais ne méritent aucun intérêt.

   Toute honte bue, ils préfèrent les oublier.

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Published by Tipanda - dans l'air du temps
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Tipanda 24/02/2011 20:21



Toutes mes amitiés à la cheffe de cuisine... et à toi aussi.



Serge Prioul 24/02/2011 20:14



Bein voilà !


Je cours en informer le cheffe de cuisine.



Serge Prioul 24/02/2011 06:32



Bon, je n aurai plus d état d âme en achetant des gigots congelés de Nouvelle Zélande. Si je veux manger de l agneau, avec mon porte-monnaie assez léger, il faut que j en passe par là.


Comme toujours ton article est riche d enseignements.



Tipanda 24/02/2011 10:55



Non seulement, tu aurais tort de te sentir coupable, mais le gigot de Nouvelle -Zélande présente un avantage pour certains consommateurs.


Dans le mouton, ce qui rebute de nombreux appétits  est le fumet de la graisse. C'est une viande qui passe mieux quand elle est maigre. Or, l'agneau neo-zélandais, étant donnée la distance,
voyage découpé et surgelé. La viande maigre supporte mieux la surgélation (le froid empêche la viande de gâter mais il m'empêche pas les graisses de rancir.) Prévoyant la congélation, les agneaux
sont élévés "au maigre", en parcours. Pendant ce temps, l'agneau français connait la vie en stabulation, il bouge peu, sa chair est tendre mais grasse.


Il en faut pour tous les goûts dont chacun sait qu'il ne faut pas discuter, mais il n'y a aucun complexe à se faire si  on aime le gigot un peu sec des antipodes. 



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