Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 10:15
        Les Européens sont à présent équipés d'un président bien gentil mais incolore ... C'est mal parti pour un grand dessein fédéraliste.
        Pour se consoler ( est-ce bien une consolation ?) d'autres présidences restent à pourvoir, particulièrement celle de l'Autorité Palestinienne puisque Mahmoud Abbas a opportunément décidé de jeter l'éponge.
        Beaucoup ont imaginé que, pour établir la paix entre Israéliens et Palestiniens, il fallait se parler et qu'on parlerait plus facilement avec un "modéré" qu'avec un dur. Grave erreur, l'histoire de tous les pays démontre, s'il en était besoin, que les plus grandes avancées ont été le fait des coriaces ; les chefs de guerre connaissent le prix de la paix.

Israël a besoin de sécurité. Après plus d'un demi-siècle, son existence est toujours contestée par les antisémites du monde entier, ravis de souffler sur les braises de l'incendie palestinien.
Dans un état démocratique comme Israël, l'électeur n'est pas à l'abri de la peur, il accorde sa confiance aux chefs qui semblent capables de décider plutôt que subir. C'était la force de Sharon ; il a obtenu l'évacuation du Goush Katif parce qu'on le croyait capable de protéger les citoyens en cas d'agression. "Nul ne peut tirer gloire de sa bonté s'il n'a pas la force d'être méchant" dit un vieil adage. La disparition de Sharon a mis à la tête du pays des faux durs ; plus leur discours est intransigeant et moins ils trouvent de solutions. S'il existe une vie après la mort, les héros du sionisme triomphant, de Ben Gourion à Golda Meir, doivent se retourner dans leur tombe à voir l'incurie de leurs successeurs ...

     En face, la situation est encore moins réjouissante.
Que peuvent-ils attendre du Hamas ?
Pas grand-chose de bon et surtout pas la paix.
Hors de l'aventure islamo-fasciste, il reste les héritiers d'Arafat, spécialistes en corruption, confondant diplomatie et petits arrangements. Ils ne sont pris au sérieux ni chez eux, ni à l'étranger, alors que leur subsistance dépend totalement des donateurs internationaux.
Alors, quel avenir ?   
    Les arabes de Palestine ont besoin de vivre en paix chez eux. Depuis un demi-siècle, on se dit que les problèmes se résoudront avec la création d'un état palestinien (quel que soit le nom qu'on lui donne. La sémantique n'est pas une priorité). La confiance en une direction fiable, solide, pour le lancement d'un véritable état, c'est précisément ce qu'il leur manque.
Dans l'ambiance actuelle de profond découragement, une hypothèse trouve de plus en plus de crédibilité : élargir Marwan Barghouti !
     Oui, c'est moi, l'inconditionnelle d'Israël, qui envisage froidement de confier le destin d'un jeune état à un terroriste.
Barghouti purge en ce moment une collection de peines de prison à perpétuité pour des attentats. Ce n'est pas du sang qu'il a sur les mains, c'est carrément une chaîne de boucheries.

Bon, les hurlements sont terminés ?... Reprenons.

Amos Oz a trouvé, un jour, l'expression qui convient aux relations israélo-palestiniennes : "Aidez-nous à divorcer".
Il arrive que d'anciens adversaires décident de reprendre la vie commune, ce fut le cas de l'Afrique du Sud après l'apartheid, mais, s'ils ne peuvent envisager l'avenir que dans la séparation, les obliger à vivre ensemble ne ferait que créer des souffrances inutiles, obliger les enfants à recevoir la vaisselle cassée dans les bagarres des adultes.
Un divorce, ce n'est jamais une partie de plaisir mais il se passe plutôt moins mal entre partenaires qui savent ce qu'ils veulent et sont décidés à conclure. Pour bien divorcer, se recréer de chaque côté un foyer supportable, il faut tirer un trait sur les vieilles haines recuites (ce qui ne veut pas dire oublier), aller de l'avant, faire du neuf, comme au temps de la création d'Israël, les pères fondateurs qui sont d'abord passés par la case-terrorisme.
Se parler entre états, c'est une vieille méthode qui s'appelle "diplomatie". Toutes les relations internationales sont fondées sur elle. Ce n'est pas un long fleuve tranquille mais, les relations économiques aidant, des ennemis d'hier peuvent devenir partenaires ; l'Europe d'aujourd'hui en est l'exemple flagrant.
Il faut traiter avec un état, un gouvernement, sur des questions clairement posées.
Même s'ils n'en parlent que difficilement (la crainte des réactions de leur opinion ?), les responsables politiques israéliens y pensent : le seul chef palestininien qui aurait l'étoffe et la crédibilité nécessaire est Marwan Barghouti.
La preuve ? Le véritable statut VIP dont il bénéficie dans sa prison.
Un détenu qui possède et utilise un téléphone portable et va jusqu'à donner de vraies conférences, c'est presque un cabinet fantôme ; tout ce qu'il reste de la prison, c'est qu'il ne peut pas sortir.
Alors, on attend le moment où tout ce beau monde jouera cartes sur table. Nous cesserons enfin de nous croire obligés de nous étriper au nom de causes qui seront réglées sans nous en réservant des surprises.

Partager cet article

Repost 0
Published by Tipanda - dans l'air du temps
commenter cet article

commentaires

Milla 07/12/2009 00:40


normal puisque nationalisme est un dogme :-)


Tipanda 07/12/2009 10:17



Evidemment, si on le prend comme cela ... c'est un point commun supplémentaire entre nation et religion, le dogme étant une forme de pensée propre à la religion.



Milla 06/12/2009 20:02


Pour rappel

Article 49 A de la constitution européenne que personne n'a jamais mis en valeur :-)))))

1. Tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.

2. L’Etat membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. A la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet Etat un accord fixant les
modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 188N , paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de
l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.

3. Les traités cessent d’être applicables à l’Etat concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf
si le Conseil européen, en accord avec l’Etat membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.

4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’Etat membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du
Conseil qui le concernent.
La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 205 , paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

5. Si l’Etat qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49 .

Cet article 49 A est d’une importance essentielle.

D’une part parce qu’il constitue la preuve irréfutable que l’on peut sortir de la construction européenne. Si le fait était impossible, comme l’assurent les européistes de toute obédience pour
empêcher tout débat, pourquoi aurait-il été prévu ? Les apprentis dictateurs de l’européisme n’ont rien à répondre à cette évidence.

D’autre part parce que cet article 49-A donne la marche à suivre : l’Etat qui veut quitter l’Union européenne doit tout bonnement notifier sa décision à ses partenaires et tenter de négocier avec
eux un accord de retrait. Lequel retrait est de toute façon prononcé au bout de deux ans si cet accord de retrait n’a pas pu être conclu plus rapidement.

Voilà. C’est aussi simple que cela.

La plupart des dirigeants européistes ne voulaient à aucun prix de cet article 49-A.
Mais il s’est imposé, devant l’argument incontestable mis en avant par des juristes - notamment britanniques.

Ceux-ci ont fait valoir que l’absence de toute procédure de sortie de la construction européenne était tout simplement contraire au droit international public. En particulier au Pacte des Nations
Unies de 1966 sur les droits civils et politiques qui pose comme un principe fondamental des droits universels de l’Homme que “les peuples ont un droit inaliénable à disposer d’eux-mêmes”.

Cet article 49-A est la chance dont doivent se saisir les Français.

Bien entendu, les dirigeants européistes, qui ont intégré à contre-coeur ce dispositif libérateur dans le texte du nouveau traité, font tout pour qu’il reste inconnu du grand public.

Hélas, les mouvements politiques “souverainistes” font également tout pour ne pas parler de cet article, préférant égarer les Français dans de sempiternels projets “d’Autre Europe” dont le
demi-siècle écoulé a prouvé amplement la vanité.

Mais l’UPR est là pour informer les Français et leur dire cette bonne nouvelle : la fin du cauchemar européen est désormais dans leurs mains.

Tout en dénonçant la forfaiture institutionnelle que représente la ratification du traité de Lisbonne, l’Union Populaire Républicaine appelle tous les Français, quelles que soient leurs convictions
politiques, à se rassembler pour mettre en pratique l’article 49-A de ce traité qui vient d’entrer en vigueur.
La sortie de l’Union européenne le plus rapidement possible est la seule voie de salut pour la France.

je te les mets en lien des vidéos édifiantes ;-) malheureusement on en est là, surfer sur le net pour obtenir des infos plus crédibles !

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=23274

quand a l'avenir,  je pense comme toi, chaque génération a son lot de crétins et de grands hommes. Somme toute, il y a une énorme hypocrisie, et malheureusement des hommes comme Saddat ou
Rabin ont payé de leur vie. Il y a entre autre un profond lobby arabo musulman, lorsque le roi d'arabie saoudite prend la parole pour dire qu'il est un grand chef musulman et non pas un chef arabe,
çà craint ! Hegel écrivait que la régression amenait obligatoirement une évolution et réciproquement, preuve que l'histoire ne se donne pour fin qu'elle même et non nos buts, sans quoi les
hommes n'oublieraient rien  :-)
amitiés Jacqueline


Tipanda 06/12/2009 23:17



Aïe ! Voilà que le ciel se couvre au sujet de l'Europe. Il se trouve que le qualificatif d'européïste ne me dérange pas du tout. Je suis même persuadée que bien des problèmes se résoudraient
mieux avec plus d'Europe.  J'attends avec impatience l'Europe fédérale ; hélas, elle n'est pas pour demain. Quant-à la nation, je la range avec la religion au nombre des grands pourvoyeurs
de crimes.
Pour le moment, la Palestine n'existe pas. Elle n'est pas une nation ni un état mais, justement, comme nous sommes en mesure d'apprécier à quels dégâts le "sentiment national" peut conduire, il
est urgent d'en faire un état capable de couper l'herbe sous le pied des acharnés de la nation.
Pour mémoire, si le patriotisme est le fait d'aimer son pays, le nationalisme se signale par la haine des autres pays.



Weinheber 29/11/2009 23:08


Merci Jacqueline,

Depuis l'assassinat de Rabin, suis pessimiste pour la paix.


Tipanda 30/11/2009 09:46



Rabin aussi avait fait la guerre. Il était digne de confiance pour faire la paix. C'est malheureusement du passé mais il ne faut pas désespérer, chaque génération ayant ses grands hommes et ses
crétins. Il faudrait seulement que les hommes et femmes de courage se manifestent rapidement. Plus le temps passe et plus la situation morale et politique se dégrade.
Amitiés.



Recherche

Articles Récents

Liens