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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 09:56

             2010 - 1610 :  il y a quatre cents ans, Ravaillac poignardait Henri IV.

   Vieille affaire, rien à voir avec nous ...

   C'est vite dit. En supprimant la couleur locale et les meubles d'époque, on s'y croirait.

   Rappel des événements :

Les morts sont tous de braves types (dixit Georges Brassens); dès qu'il a été occis par Ravaillac, ce roi que la pression fiscale avait rendu très impopulaire devient Le Bon Roi Henri, un peu comme  John Kennedy que sa mort changea en véritable mythe malgré une élection pour le moins douteuse.

Être mort assassiné n'a pas été leur seul point commun. Tous deux étaient des hommes de communication et de grands consommateurs de femmes.

Avec l'aide de Sully, Henri avait répandu quelques formules destinées à lui survivre ; parmi elles, la fameuse "poule au pot", on n'est pas du tout certain qu'il ait jamais prononcé le mot mais les écoliers français l'ont tous appris, trois siècles plus tard, grâce à un grand communicant post-mortem nommé Jules Michelet.

Il reste du bon roi Henri d'autres citations qui n'ont pas cours dans les pudiques écoles de la République mais qui le rapprochent encore de l'assassiné de Dallas. Parlant de son membre viril ( à l'époque, la  verdeur était  de mise dans la conversation), il aurait confié être persuadé qu'"il s'agissait d'un os". Passés les rires égrillards, on se rappelle que JFK souffrait aussi de priapisme, au point de devoir interrompre ses travaux pour soulager la pression devenue trop forte auprès d'une dame aussi agréable que compatissante.

La comparaison s'arrête à l'aspect physique ; JFK était bel homme, pas Henri IV.

C'est notre regard, à partir de nos critères, qui peut affirmer que les femmes du dix-septième siècle auraient réagi comme nous ?

En tout assassinat, il faut, certes, une victime mais rien ne se passerait sans l'intervention d'un assassin. Depuis l'école primaire, nous savons que le bon roi Henri a été poignardé par un certain Ravaillac.

Le meurtrier s'est précipité sur la voiture royale où il a asséné au roi quelques coups de poignard avant d'être maîtrisé par son escorte. Le roi avait déjà échappé à plusieurs guet-apens. Depuis, il ne se déplaçait pas sans protection ; l'assassin était donc assuré de se faire prendre. On peut dire sans risque d'erreur qu'il s'agit d'un attentat-suicide.

Être tué par les gardes du corps ou lynché par la foule entourant le cortège royal était une perspective relativement douce en face des procédés de la justice du temps. Manque de chance pour Ravaillac, l'escorte royale parvint à maîtriser l'assassin et contenir la foule, pas dans un souci d'humanité mais au-contraire, dirions-nous, pour essayer d'en tirer des informations. Libre à chacun de se représenter les traitements raffinés qui ont été administrés ; Guantanamo, à côté, c'est de la rigolade.

Alors, pourquoi ? A quel puissant motif Ravaillac obéissait-il pour risquer une telle horreur, avait-il une vengeance impérieuse à exercer ?

Le roi ne lui avait jamais fait de mal, ils ne se connaissaient pas.

La vérité nous ramène encore au présent ; Ravaillac était une espèce de taliban catho. Persuadé que la conversion du roi protestant en bon catholique n'était pas sincère, qu'elle finirait en apostasie, il était certain de gagner le paradis (dommage, le paradis chrétien n'offre pas de vierges aux croyants méritants), s'il offrait sa mort et ses souffrances pour débarrasser les bons catholiques d'un chef si funeste.

  Voilà comment un roi de France et son assassin perdirent la vie. A quatre siècles de distance, on s'y croirait mais il paraît que l'histoire ne repasse jamais les plats.

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Published by Tipanda - dans histoire
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