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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 19:58

        Impossible d'échapper au 11 novembre.

Il nous a même fallu subir l'indécente exhibition des petits orphelins dont les pères sont morts en Afghanistan.

Même si on ne sait pas toujours pourquoi ils sont allés au carnage, on comprend vite à qui leur mort doit profiter.

Commémoration pour commémoration, revenons au cher Brassens qui nous a quittés, voisi trente ans.

                 Lui, avait son idée sur les guerres en général et celle de 14/18 en particulier.

 

 

Depuis qu'il bataille à cœur joie
Entre mille et une guerr' notoires
Si j'étais t'nu de faire un choix
A l'encontre du vieil Homère
Je déclarerais tout de suite:
"Moi, mon colon, cell' que j'préfère,
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"

Est-ce à dire que je méprise
Les nobles guerres de jadis
Que je m'soucie comm' d'un'cerise
De celle de soixante-dix?
Au contrair', je la révère
Et lui donne un satisfecit
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Je sais que les guerriers de Sparte
Plantaient pas leurs epées dans l'eau
Que les grognards de Bonaparte
Tiraient pas leur poudre aux moineaux
Leurs faits d'armes sont légendaires
Au garde-à-vous, je les félicite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Bien sûr, celle de l'an quarante
Ne m'as pas tout à fait déçu
Elle fut longue et massacrante
Et je ne crache pas dessus
Mais à mon sens, elle ne vaut guère
Guèr' plus qu'un premier accessit
Moi, mon colon, celle que j' préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Mon but n'est pas de chercher noise
Au guérillas, non, fichtre, non
Guerres saintes, guerres sournoises
Qui n'osent pas dire leur nom,
Chacune a quelque chos' pour plaire
Chacune a son petit mérite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Du fond de son sac à malices
Mars va sans doute, à l'occasion,
En sortir une, un vrai délice
Qui me fera grosse impression
En attendant je persévère
A dir' que ma guerr' favorite
Cell', mon colon, que j'voudrais faire
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

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Published by Tipanda - dans humeur
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commentaires

cacao 11/11/2011 22:14



Bonsoir Jacqueline ! Bravo et merci pour Brassens. J'avais mis cette chanson il y a quelques jours pour autre chose, "les glaçons aux moustaches" peut-être. Me suis donc rabattu sur "Le
déserteur" aujourd"hui , version Reggiani, car au début, il dit le poème "Le dormeur du val" de Rimbaud. D'accord avec toi et eux sur l'horreur et l'absurdité des guerres, et l'hypocrisie des
commémorations par les dirigeants qui envoient les autres au "casse-pipe". Mon grand-oncle est mort à 20 ans au Chemin des Dames. Sa soeur, ma gd-mère paternelle, ne s'en est "jamais" remise : il
était venu lors d'une perm lui dire au revoir à l'école, et, la regardant dans les yeux, lui déclarer : je ne veux pas faire de peine à papa et maman en le disant à la maison, mais sois
courageuse et occupe-toi bien d'eux. Là-bas c'est l'enfer, je sais que je ne reviendrai pas. La maman, en pleine ménopause, à l'annonce de sa mort, a fait une hémorragie et est morte "de chagrin"
comme disait ma gd-mère en quelques jours. A 11 ans, elle a quitté l'école pour tenir la maison de son père et de son autre frère, agriculteurs et assez pauvres... Elle a toujours détesté
les guerres, et lorsqu'Arlette Laguillier s'est présentée pour la 1e fois, elle a tranquillement décéré vouloir voter pour elle, car elle disait "des choses bien" pour les femmes. Ce
jour-là, j'ai cru que le papi (celui des glaçons aux moustaches ) allait s'étrangler avec son p'tit verre de rouge. C'est aussi avec les souvenirs de cette mamie que j'ai compris ce qu'était
la vie difficile pour certains, car chez nous, même si pas riches, ils s'efforçaient que nous ayons la vie douce. Je m'étale, pardon ! Grosses bises et bonne soirée !  



Tipanda 12/11/2011 11:07



Ton commentaire est fort intéressant, pas du tout étalé. L'expérience de Mamie lui a donné sur la guerre un point de vue proche de celui de Brassens, plus rassurant que la fureur
patriotique de ceux qui avaient avalé la propagande sans frémir et sont restés nationalistes. Ils se sont battus, pour des intérêts qui n'étaient pas les leurs. Au lieu de tirer la leçon des
sacrifices subis, ils persistent à confondre patriotisme et nationalisme.


Il n'est peut-être pas inutile de rappeler la différence. Le patriote aime son pays, le nationaliste déteste les autres.


Ceci dit, si je ne trouve rien à critiquer dans cette chanson de Brassens, je ne partage pas tous les propos qu'il a émis sur la guerre dans d'autres chansons où il met tous les combattants sur
le même plan. On ne peut pas traiter de la même manière les guerres de résistance ou de libération populaire et les conflits d'intérêts où la chair à canons des combattants est mise au service
d'opérations de rapine qu'on leur présente comme l'intérêt national.


La guerre de 14/18 en faisait partie ; elle n'a rien résolu. En revanche, la guerre de 39/45 fut aussi une épouvantable boucherie mais les peuples se battaient pour leur liberté ; de cette guerre
est sortie l'Europe qu'il est facile de critiquer mais depuis qu'elle existe, ses membres ont vécu en paix, ce qu'aucune génération n'avait connu avant la nôtre.


Merci de ces souvenirs, je t'embrasse.



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