Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 09:57

 
   Il paraît logique de s'entendre sur la définition des termes employés si l'on veut se comprendre. A quoi serviraient les mots s'ils n'ont pas de sens ou que chacun peut leur donner celui qu'il veut ?
Au nombre des multiples contresens qui m'agacent, j'ai relevé, même dans les journaux les plus soignés, la célèbre "malnutrition", très à la mode.
Souffrir de malnutrition, c'est être mal nourri, une notion de qualité, pas de quantité.
Il existe des malnutritions par carence, la littérature est remplie de marins atteints du scorbut, maladie provoquée par le manque de vitamine C. Il existe également des formes de malnutrition par excès (de sucre, de gras, de sel, etc ...)
L'excès et la carence sont généralement associés pour déséquilibrer un régime, la surconsommation d'un aliment se faisant souvent au détriment d'un autre.
Généralement, quand nous lisons ou entendons le terme "malnutrition", il n'est pas question de qualité mais de quantité.
On nous alerte sur le risque de malnutrition des habitants du Sahel où les gens crèvent de faim. Il serait plus judicieux d'évoquer la sous-alimentation et, dans les cas les plus extrêmes, la famine.


   L'usage du mot qui convient à chaque situation, voilà une nécessité.


   N'oublions pas la Tour de Babel : les hommes se sont entre-tués, faute de se comprendre. On l'interprète souvent comme une métaphore de la multiplication des langues ; en réalité, les locuteurs d'un même parler sont parfaitement capable de ne plus s'entendre s'ils négligent d'employer le mot juste pour l'usage approprié.

Partager cet article

Repost 0
Published by Tipanda - dans humeur
commenter cet article

commentaires

Robert 24/07/2010 13:47



Je vous suis sur toute la ligne et trouve cet article d'une limpidité désarmante.



Tipanda 24/07/2010 21:37



Et pourtant ! Il faut croire que les esprits "modernes" sont réfractaires à des évidences aussi limpides. Ce propos faisait partie de mon enseignement dans un programme d'"hygiène alimentaire"
destiné à des élèves d'un tout petit niveau (CAP/BEP). Les jeunes, supposées en difficultés, avaient l'air de suivre dans trop de problèmes. Ensuite, le cours a été rebaptisé "technologie
alimentaire" et le programme revu à la baisse en vertu de la sacro-sainte "pédagogie par objectifs". L'espace d'un cycle d'études (2 ans), les filles ne comprenaient plus rien et, à l'examen,
s'effondraient devant le premier sujet énoncé en français non traduit en vocabulaire ga-ga. Mais n'y pensons plus, puisqu'il est impie et scandaleux de proférer que le niveau aurait baissé ...


Merci de votre solidarité.



Recherche

Articles Récents

Liens