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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:55

http://www.culture.gouv.fr/culture/noel/imatges/stnitour.jpg

...qui s'en allaient glaner aux champs

Sont arrivés chez le boucher

"Boucher, voudrais-tu nous loger ?"

- "Entrez, entrez, petits enfants,

Y a de la place assurément"...

C'est le début de la chanson de St Nicolas, dans la même philosophie que le petit Poucet ; des enfants réduits à la mendicité s'arrêtent chez un boucher pour quémander le gîte et le couvert. Ils sont bien reçus mais leur hôte ne les attire que pour leur viande. Il les tue et les coupe en morceaux qu'il met au saloir.

C'est une histoire abominable qui repose sur des faits historiques. Lors des grandes famines (dont l'Europe occidentale ne s'est débarrassée qu'avec l'adoption de la pomme de terre), on signalait régulièrement des cas d'anthropophagie. Le gibier le plus facile à prendre était les enfants ; affamés, ils étaient attirés dans une maison par une pomme ou un morceau de pain, il suffisait de refermer la porte sur eux ...

Heureusement,

Alors vint à passer par là

Le bon, le grand St Nicolas

qui devine le drame qui vient de se produire, recolle les morceaux des enfants et leur rend la vie. En souvenir de cet exploit, Saint Nicolas est honoré comme le saint protecteur des petits enfants.

Son culte est particulièrement vivace dans l'Europe du nord et le monde germanique, destin étonnant pour un évêque d'Asie Mineure. Même les protestants, peu enclins à honorer les saints, sacrifient au rite de la St Nicolas.

Le 6 décembre, les enfants ont droit à une sorte d'avant-goût de Noël. Le bon évêque, en grande tenue mais juché sur un âne, part en tournée pour distribuer des friandises aux enfants sages. Pour encourager l'esprit de justice des enfants, il est escorté de son double punisseur, le Père Fouettard qui est censé appliquer des coups de martinet aux enfants désobéissants. Comme les marmots ont toujours quelque-chose à se reprocher, ils essaient de s'attirer les bonnes grâces de l'évêque pour éviter son acolyte. Le 5 au soir, ils déposent prés de la porte un verre de vin ou d'alcool (suivant la production locale) pour St Nicolas et une carotte pour l'âne. Le matin, quand ils se lèvent, le verre est vide et la carotte disparue, preuve que le saint est bien passé pendant la nuit. A la place, il a laissé des friandises.

Le moderne Père Noêl n'est qu'un copié-collé du vieux Saint Nicolas. Les rennes remplacent l'âne et le rejet presque unanime des châtiments corporels a fait disparaître Fouettard mais la ressemblance est frappante.

Les nostalgiques regrettent le passage. Père Noël est souvent marqué d'un certain mauvais goût, du clinquant, du toc auquel Nicolas (enfin..., celui de la chanson) échappait. 

Quand les enfants sont grands ...? Ils oublient le saint et son âne ?

Bien sûr, mais les étudiants des universités nordistes continuent à célébrer Saint Nicolas.

Plus de baudet ni de martinet. Il reste l'alcool qui coule à flot dans le gosier des fêtards. Enorme défouloir qui clôture les bizutages, Saint Nicolas aurait bien du mal à se reconnaître.

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Published by Tipanda - dans C'est votre jour.
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commentaires

durdan 09/12/2011 06:12


tiens...un conteur de saints


Bonjour


voilà un explication historique très intéressante,même si elle est très éloignée de mon interprétation

Tipanda 09/12/2011 15:09



Le charme de la légende des saints, c'esr qu'elle est bourrée d'incertitudes et laisse travailler l'imagination. Bienvenue à toi et ton interprétation.



Le Chaton 07/12/2011 19:22


Pour moi St Nicolas c'est aussi un verre de lait et une carotte le soir pour que l'âne et le biscuit pour St Nicolas... Le reste c'est une autre histoire. Bises Le Chaton

Tipanda 07/12/2011 23:37



Heureusement ! Les enfants qui préparent la fête de St Nicolas ne pensent pas aux fondements de la légende. Mais on ne se refait pas. Quand on aime se pencher sur l'histoire et les traditions, on
se laisse glisser vers des sujets bien éloignés de l'ambiance festve du jour.


Bises aux deux et quatre pattes.



cacao 07/12/2011 14:28


Bonjour Jacqueline ! Je vois que tu as tenu ta promesse de nous parler de St-Nicolas. J'ignorais les cas d'anthropophagie dont tu nous parles, que d'horreurs
la faim fait-elle commettre... Merci beaucoup pour ce bel article, avec cette chouette illustration de St-Nicolas sur son âne. Bon après-midi. A bientôt !

Tipanda 07/12/2011 17:27



Merci de ta fidélité, en dépit des voyages et déménagements.


Oui, l'homme est un loup pour l'homme, un loup qui aurait aussi un côté écureuil : il fait des réserves.


Malgré l'horreur du geste, on pardonne au radeau de la méduse : des passagers affamés qui dévorent les plus faibles d'entre eux, manger pour ne pas être mangé.


Qui sait à quelles extrèmités l'instinct de survie peut mener ?


Le boucher de la chanson gravit une marche dans l'horreur en y ajoutant la recherche du profit. Les victimes sont coupées en morceaux pour en faire du petit salé. Ce n'est plus le geste impulsif
de l'affamé, c'est la volonté de faire du commerce, de gagner de l'argent.


La conscience morale se dresse contre l'abus, pas contre la nécessité.



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