Partager l'article ! Hermann de la fierté à la honte.: 25 septembre, on fête les Hermann. Bonne fête à eux... si vous en connaissez. Depuis un ...
25 septembre, on fête les Hermann. Bonne fête à eux... si vous en connaissez. Depuis un demi-siècle, on n'en trouve plus, ou presque.
A l'origine, le christianisme, une fois de plus, prendra le train en marche, on ne trouve pas un saint mais un héros national : Arminius qui sera germanisé plus tard en Hermann.
Réactivons nos souvenirs scolaires, en l'an 9 de notre ère, Arminius, chef du peuple germain des Chérusques, écrasa les Romains dans la forêt de Teutobourg marquant un coup d'arrêt définitif à la conquête romaine de la Germanie. Son exploit donna des cauchemars à l'empereur Auguste ; il se réveillait en sursaut et criait "Varus (c'est le nom du général romain) rends-moi mes légions !"
En face, bien sûr, Arminius acquit un grand prestige qui ne l'empêcha pas d'être assassiné dans des querelles locales mais créa chez les parents germains le goût de donner son nom à leurs garçons.
Ensuite, les missionnaires chrétiens firent ce que les armes n'avaient pas obtenu : à la fin du premier millénaire, l'Allemagne était chrétienne. Comme partout où il l'avait emporté, le clergé, soucieux de ne pas braquer les populations, ne supprima pas les prénoms traditionnels mais se mit en devoir de trouver des saints à qui les attribuer. Justement, dans un monastère, on trouva un bénédictin fort savant, bien qu'handicapé, prénommé Hermann, on en fit St Hermann. Exit le chef barbare, la référence changeait sans modifier l'usage.
Et les fiers Allemands continuèrent pendant des siècles à baptiser des garçons Hermann.
Et puis vint la honte dont la moderne Allemagne n'est toujours pas remise : le nazisme et ses horreurs.
A la sortie de cette épreuve, la cote des prénoms portés par les dirigeants nazis s'effondra. Plus d'Adolf, évidemment, mais Hermann, qui eut la malchance d'être porté par l'épouvantable Goëring, s'effondra aussi.
Il se rencontre encore, dans les familles où survit l'habitude de donner aux enfants le prénom de l'aïeul. La tradition, dans ce cas, maintient l'usage en le tenant enfermé dans le cercle de ses origines. Hermann n'est pas mort mais son expansion est terminée.
Il faudra surveiller de près le destin des prénoms illustrés par les monstres d'aujourd'hui.