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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:24

   En 1515, année de la bataille de Marignan où s'illustrèrent le roi François 1er et le chevalier Bayart, naquit une fière Espagnole nommée Thérèse.

Son prénom est resté dans l'histoire, complété du lieu où elle vécut : Avila.

Thérèse d'Avila, fondatrice et réformatrice d'ordre, docteur de l'Eglise ; au premier abord, rien de passionnant. Pourtant, la femme est plus intéressante que les quelques mots de sa définition officielle.

Comme nombre de jeunes filles, elle connut la fréquentation des garçons, y prit même un grand plaisir, au point que son père, craignant qu'elle n'attirât la honte sur son nom et sa famille, jugea préférable de la confier à un couvent. C'était un établissement à la mode de la renaissance, sans clôture ni pénitence ; sa principale fonction consistait à héberger des jeunes filles de bonne famille dans l'attente de leur mariage. Jusqu'ici, la vie de Thérèse ressemble à celle de beaucoup de filles de la bonne société de son temps ; ce n'est pas ainsi qu'elle acquit la célébrité. 

Elle menait, à sa manière, une double vie.

Elle avait connu le plaisir et ne prétendait pas y renoncer. En même temps, sa vie intellectuelle et religieuse  était intense. De simple pensionnaire elle se fit nonne, la puissance de sa pensée et sa connaissance des textes lui valurent une carrière éblouissante. Dans tous les établissements où elle passait, elle mettait de l'ordre et de la rigueur, créant la règle carmélite qui s'imposera aux couvents de femmes jusqu'à nos jours.

Ce travail intense d'organisatrice ne pouvait la satisfaire, elle qui avait toujours la chair ardente. Elle sublima donc ses relations avec Dieu.

On ne peut s'empêcher d'y penser, c'est elle que Dieu aurait dû choisir pour lui donner un fils. Non seulement, il aurait assuré sa descendance mais il aurait certainement passé un bon moment... Tant pis, l'affaire était faite, il restait à Thérèse d'essayer l'union avec un être immatériel.

    C'est là qu'intervient la force de l'esprit, l'espèce de transe spirituelle qui a pris le nom d'"extase mystique". Quand on lit la prose de Thérèse, aucun doute n'est possible sur la nature de son plaisir, un orgasme sans rien toucher.

C'est une expérience qui n'est pas accessible à toutes. D'aucuns y verront les ravages de la frustration et de l'abstinence. D'autres insisteront sur la force vitale et le bonheur qui se dégagent de Thérèse d'Avila.

    A défaut de pouvoir jamais connaître sa vérité, imaginons que c'est elle qui a servi à Victor Hugo pour écrire sa "Légende de la nonne" mise en musique par Georges Brassens :

Elle prit le voile à Tolède, au grand soupir des gens du lieu
Comme si, quand on n'est pas laide, on avait droit d'épouser Dieu
Peu s'en fallut que ne pleurassent les soudards et les écoliers
Enfants, voici des bœufs qui passent, cachez vos rouges tabliers.

 

         Alors, bonne fête aux Thérèse que nous embrassons. 

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Published by Tipanda - dans C'est votre jour.
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commentaires

Mimi des Plaisirs 20/10/2011 16:12



J'ai oublié de te dire que je partage ton avis sur son union "spirituelle " avec Dieu ;j'ai lu certaines pages où c'est évident.



Tipanda 21/10/2011 00:06



Et, à mon avis, elle même ne se posait pas de questions sur ses relations avec le Christ. Ce n'était pas une vierge, elle avait connu le "plaisir de la chair" avant d'entrer en religion. Elle
savait parfaitement quelle interprétation donner à ses sensations.



Mimi des Plaisirs 20/10/2011 16:10



Super cet article sur Thérèse! Bravo!!!!



que l'église 21/10/2011 00:01



Les écrits de Thérèse d'Avila, comme le "Cantique des cantiques" sont des textes que l'Eglise a cachés le plus possible, surtout aux femmes. Le clergé a sauté sur Thérèse de Lisieux pour faire
diversion mais Thérèse de Lisieux est à Thérèse d'Avila ce qu'un roman de gare est à une épopée.



mamoune.marie 16/10/2011 21:54



bonsoir Jacqueline,


eh bien c'était une sacrée femme tout de même, un courage et une affiramtion de sa personnalité...bravo à elle ,bien sur elle n'aura pas mon  approbation mais quand même..merci pour cet
article..amicalement ....merci pour tes passages sur mes pages....bises ..Mamoune



Tipanda 16/10/2011 22:42



Merci de ta fidélité. Quand nous ne sommes pas du même avis, disons que c'est tant mieux. N'oublions pas que "L'ennui naquit, un jour, de l'uniformité." L'important est de débattre sans
se fâcher.


Bises aux deux et quatre pattes.



cacao 16/10/2011 20:16



Merci Jacqueline pour ce bel article sur Thérèse d'Avila, dont je ne connaissez pas la vie. Je devrais en avoir doublement honte...puisque mon prénom est Thérèse... Etonnant, non ? Grosses bises.



Tipanda 16/10/2011 20:42



Aucune raison d'avoir honte. Le clergé catholique, surtout en France, a tout fait pour qu'on oublie Thérèse d'Avila.  La préférence va à Thérèse de Lisieux, minable petite sainte masochiste
qui correspond beaucoup mieux à l'état d'esprit catho du XXème siècle. Comment l'Eglise catholique espère-t'elle insuffler de l'enthousiasme aux jeunes, en lui donnant ce genre de modèle
mortifère ?


Bises aux deux et quatre pattes.



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