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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 10:04

     La prochaine révision des lois de bioéthique met la tempête sous le crâne de certains.

    Au nombre des questions posées, la fin de l'anonymat pour les dons de sperme ; il paraît que les enfants ainsi conçus aimeraient connaître leur géniteur.
     La mode veut qu'on écoute les états d'âme des enfants. Et si l'on s'intéressait un peu aux hommes ?


     Mettons-nous à la place du donneur.
Il a des enfants (ne pas être stérile est une condition impérative !).
Connaissant les joies de la paternité, il veut offrir le même bonheur à un couple sans enfant. Il est prêt à payer de sa personne .
C'est un service qu'il rend à l'humanité comme on fait un don de sang ... en moins pénible, malgré tout, même si l'éprouvette manque de glamour mais le geste, dans son esprit, n'a rien d'un projet parental.
Il se veut bienfaiteur de couples stériles, jamais père des enfants nés de ses dons. De toute façon, il ne connaît pas la receveuse ; sans figure maternelle, difficile de projeter une descendance.


     Même si une curiosité fugace ne peut jamais être exclue, ni le géniteur ni sa famille ne désirent être envahis par des "Papa !" tonitruants poussés par des inconnus.
Supposons que l'enfant produit d'un don de sperme connaisse l'identité du donneur ; même s'il prétend le contraire, il va chercher à établir le contact. Ne soyons pas naïfs.
A partir de là, on peut tout entrevoir, surtout des problèmes.
 
     L'entente entre personnes n'est pas génétique. L'enfant issu du don est né et vit dans une autre famille que celle du donneur, avec une autre éducation . Rien ne dit que la différence génère la sympathie.
Une famille est une cellule qui a toutes les chances de se transformer en citadelle assiégée si elle craint les empiètements d'une pièce rapportée, et la première victime du conflit sera le géniteur. Ses enfants lui reprocheront d'avoir été imprévoyant, de les avoir exposés aux conséquences d'un geste irréfléchi.
    Le monde n'est pas habité de purs esprits dépourvus de préoccupations matérielles. Imaginons que le donneur et les parents de l'enfant aient un statut social très différent, que le donneur soit beaucoup plus riche et que l'enfant entreprenne de revendiquer sa part. Même si la loi ne lui en donne pas le droit, les demandes, réclamations et pressions diverses n'ont pas besoin de loi pour gâcher le quotidien.
    Pour les parents bénéficiaires du don de sperme, la situation ne serait pas forcément plus enviable. Voir leur enfant les mépriser parce qu'il envie une autre famille et s'en rapproche, ce n'est certainement pas ce qu'ils attendaient de la naissance d'un enfant.
      Le pire n'est jamais certain mais un père de famille tenté de faire un don de sperme ne prendrait plus sa décision sans entrevoir toutes ces difficultés. Parions que beaucoup renonceraient à leur projet.


      Ceux qui militent pour la levée de l'anonymat y ont-ils pensé ?
A moins qu'il s'agisse d'esprits retors, adversaires du don de gamètes et prévoyant un résultat conforme à leurs intentions.

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Published by Tipanda - dans l'air du temps
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