Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 17:26

Dans "Le Monde" du samedi 16 juin 2007 Claude Lepen, économiste, et Guy Vallancien, chirurgien, proclament : "Vive la franchise médicale !" avec, en sous-titre comme pour enfoncer le clou, "En augmentant la responsabilité de chacun, ce projet permettrait de sauver notre Sécurité Sociale".    

On ne prend pas beaucoup de risques à avancer deux propositions : ces messieurs sont en bonne santé et le risque de tomber dans le besoin, pour eux, est faible. On leur souhaite de continuer et de ne jamais avoir à expérimenter la maladie, la dèche et, apothéose, la maladie dans la dèche ! Leur raisonnement : la Sécurité Sociale est victime d'abus, de dépenses injustifiées dues à l'irresponsabilité des assurés ; en obligeant les usagers à participer financièrement, on stimulerait la réflexion des usagers, limiterait le recours aux soins et, donc, à l'intervention de l'assurance-maladie. Des abus existent, ne le nions pas. Mais c'est un risque inhérent à toutes les solidarités. A toutes les époques, la lutte contre les profiteurs est un argument qui fait passer toutes les exclusions ; les chômeurs sont tous des paresseux, les surendettés des gaspilleurs et les malades des gens sans hygiène .

A l'opposé, on doit réaffirmer que la santé est un bien commun. Le droit à la santé est un acquis indiscutable de notre société.

C'est l'intérêt de tous, même des riches. Imaginons, par exemple, qu'une épidémie de tuberculose se répande chez des pauvres mal logés, mal suivis, mal soignés. Le bacille se répandrait dans toute la population, même chez les riches, bien soignés mais dont l'immunité n'est pas nécessairement  aguerrie, apte à se défendre contre la contamination. La solidarité et une forme d'égoîsme bien pensé ne sont pas incompatibles.

Et puis, une évidence : personne ne cherche la maladie ! Il existe bien des cas pathologiques de gens qui se créent des maladies, mais ils ne sont pas la majorité, il s'agit de troubles du comportement. Maladie = souffrance, mal être, fin des projets. Les malades, très logiquement, ne demandent qu'à guérir. Ils donneraient même tout ce qu'ils possèdent pour guérir. C'est leur faire injure et c'est un non-sens de croire qu'une franchise d'assurance-maladie améliorerait leurs chances de guérison.

Les malades doivent se prendre en charge, certes. Donc il faut  encourager la prévention. Elle commence par un bon suivi sanitaire. Comment espérer une politique efficace de prévention chez des gens qui devront faire les frais de la première visite chez le médecin ?

Et pourquoi s'en prendre toujours au malade lorsqu'on veut chasser les abus ? Les examens effectués en double ou triple ont bien été prescrits.  Une véritable économie est sans doute possible dans une meilleure organisation du suivi des malades autour d'un pôle de coordination. Depuis le temps que le sujet est d'actualité, il faut bien croire que certains voient leur intérêt à faire perdurer le blocage. Au lieu de s'en prendre aux malades, on gagnerait à trouver une solution efficace à ce problème concret .

Réduire les dépenses n'est qu'un aspect du problème.  De cotisations en taxes, tous les gouvernements ont inventé leur réforme sans parvenir à un mode rationnel de financement. Il faudra probablement une totale remise à plat. On pourrait envisager la suppresssion de toutes les cotisations et leur remplacement par un impot affectant tous les revenus. Un droit généralisé doit logiquement être couvert par un prélèvement généralisé. Un tel principe est d'une logique limpide...trop. La situation actuelle abrite dans son désordre une foule de sinécures et chasses gardées, autant de fromages que leurs détenteurs de droite et de gauche  ne sont pas prêts à abandonner. On risque de continuer un certain temps à passer de réformette en mesure provisoire.

 Enfin, tant qu'on a la santé...  

Partager cet article

Repost0

commentaires

Recherche

Articles Récents

Liens