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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 19:32
    En attendant le 22 septembre (... à la date susdite, je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous ...(Georges Brassens), il faut traverser un passage critique avec du vague à l'âme, tous les ans à la même date.
    Peut-être pensez-vous à la rentrée ? Non, non, j'ai toujours aimé la rentrée, synonyme de découvertes et de nouveautés.
Chaque année, celle qui me manque, c'est la fête de l'Huma.
     Comme elle me manque !
     Ceux qui essaient de l'imaginer sans y avoir jamais mis les pieds, en général se trompent.  Ils croient y trouver tout ce qu'ils en ont vu à la télévision, le numéro des politiques sur place ; ils imaginent une espèce de meeting géant, ils en sont dégoûtés d'avance et on les comprend.
     Les habitués ou ceux qui l'ont seulement expérimentée savent que c'est bien autre-chose.
C'est le lieu de toutes les paroles, des interpellations amicales entre gens qui ne se connaissaient pas la veille ; ils sont tous heureux d'être là donc ils se parlent.
Ensemble, ils sont forts comme un peuple qui a toujours quelque-chose à conquérir et une fraternité à tisser.
     Attention, ce n'est pas "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil"; il s'y échange des propos définitifs, des paroles sans concessions. Comme dans les familles, on s'y exprime largement, on s'emporte sans haine  ... Que c'est bon !
 On se rappelle avec tendresse les fêtes passées ; elles ont le charme des souvenirs heureux, même les pluvieuses, quand on affrontait la boue en se confectionnant des bottes dans des sacs poubelles.
     C'est aussi un grand marché. On découvre à chaque pas des curiosités venues de l'autre bout du monde, et c'est avant tout un véritable salon du livre ; il vaut bien celui du mois de mars à la Porte de Versailles, en moins guindé. Il y a les auteurs et les amis des auteurs, chaque année, j'étais impatiente de les retrouver .

      Et une triste année, il a fallu que je me fasse une raison ; j'ai compris que c'était fini pour moi.
      Se rendre à la fête n'est pas un problème ; les sections du PCF organisent le transport en autocar et je n'aurais aucun mal à trouver de l'aide pour monter dans le bus et en descendre.
       La fête est trop étendue pour que j'y circule à pied mais, là encore, je pourrais compter sur la sollicitude des amis. Trouver des volontaires qui poussent mon fauteuil, ce n'est vraiment pas un problème et dans tous les stands on se ferait un plaisir de me dégager une petite place.
       Alors pourquoi ai-je délaissé mon rendez-vous annuel ?
       Parce que la fête de l'Huma ne dispose pas de toilettes accessibles aux handicapés.
       On y trouve en nombre suffisant, le problème n'est pas là, des toilettes mobiles, des sortes de remorques équipées ... auxquelles on accède, après une bousculade, par quelques marches instables. L'entreprise est périlleuse.
Lorsqu'un autocar vous dépose en début de matinée pour vous reprendre dans la soirée, il est prévisible qu'il faudra recourir aux équipements sanitaires plusieurs fois.
Ce genre de perspective suffit à décourager. J'ai refusé d'affronter la difficulté et je n'ose pas demander de l'aide pour ce genre de service. La fête est terminée pour moi. Je reste à la maison où j'ai tout balisé.

       Je m'en suis entretenue à plusieurs reprises avec d'autres femmes dites "à mobilité réduite". Elles ont toutes rencontré de tels d'obstacles à un moment ou un autre.
A y regarder de plus près, les valides font des efforts pour que nous puissions accéder aux lieux du travail et de l'administration mais les loisirs sont encore largement oubliés.
Si nous voulons entendre un concert, espérons qu'il soit donné dans un théâtre, pas en plein air ni dans une église.
Les marchés et les fêtes en plein air ne sont pas faits pour nous. Il nous reste les grandes surfaces avec leurs équipements normalisés et des chariots qui peuvent nous offrir un appui. Pas vraiment joyeux.

     Le loisir est toujours un luxe dans notre société. Elle ne se croit pas obligée de l'offrir à tous.
Aux handicapés le droit de travailler ; on sent même poindre l'obligation du travail.
     Le droit au plaisir ? Vous n'y pensez pas !
Notre bonne vieille république a beau se prétendre laïque, elle croit toujours à la rédemption par la souffrance.
    
     Ce n'est pas la fête.

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commentaires

Milla 13/09/2009 17:24

"au revoir" mdr

Milla 13/09/2009 14:25

écroulée, non on va pas se laisser pourrir par des chiottes, c'est sur ! c'est direct au moins ;-) non mais je me dis qu'il y a quand même du boulot, on est trop conservateurs ici et il faudrait peut etre s'atteler à réformer tout ce bric a brac ! on vit quand même une époque ou il faut constamment taper du poings pour avoir ce qu'on veut !léhitra'ote Jacqueline

Tipanda 13/09/2009 17:11



"léhitra'ote" :?
Traduction svp ?
Merci et gros bisous.



Milla 12/09/2009 20:21

pas juste Jacqueline, et je suis avec toi... en fait la condition de handicapés physiques et les améliorations apportées a leur quotidien sont tellement restreintes, en dehors des loisirs qui sont loin d'etre accessible surtout pour des fetes organisées en plein air comme tu le soulignes, je remarque par exemple que dans mon batiment, les ascenseurs sont installés en demi étages, ce qui fait que les handicapés moteurs n'ont aucune chance de pouvoir accéder aux logements... çà a été le cas pour une amie en chaise roulante qu'on a du transporter de l'ascenseur a mon appartement pour qu'elle puisse passer quelques heures chez moi.Bref, nous vivons dans un pays qui dit penser a tous, mais "tous" c'est la norme, quand a la fete de l'huma, je me serai fait un plaisir de t'accompagner et t'aider quitte à bouster les organisateurs, car c'est peut etre par là qu'il faut commencer ! Amitiés Jacqueline

Tipanda 13/09/2009 11:27



Merci de ta sollicitude amicale. Aujourd'hui, ça va déjà mieux, c'est le coup de blues tous les ans à la même époque, et quand il est passé, on repart. Il le faut. On ne va pas se laisser pourrir
la vie par des histoires de chiottes ! Il y a des chantiers urgents qui nous réclament et nous empêchent de couler.
Shana tova.



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