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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 09:18
            Marche arrière d'un siècle.
     Dans les années 1900, l'agriculture qui se modernisait ne manquait plus de bras. Elle se débarrassait des jeunes en trop, c'était l'exode rural.
Les villes recevaient un afflux de population à la recherche d'un travail, des gens peu adaptés aux métiers de l'industrie. Ils avaient besoin de trouver un emploi, n'importe lequel, au plus vite. Les Bretons, les Auvergnats, les Savoyards ont fourni les gros contingents des manoeuvres et des domestiques.
      Encore fallait-il savoir à qui s'adresser.
      L'exploitation, à l'instar de la nature, a horreur du vide ; des entrepreneurs ont tout de suite profité de l'occasion. On a vu proliférer les bureaux de placement. Leur principe était fort simple : mettre en relation les employeurs et les demandeurs d'emploi, moyennant finance, il va de soi.
      Immédiatement, la question : qui va payer ?
      Rappelons nous, la demande d'emploi était plus importante que l'offre et, surtout, plus urgente. En toute transaction, c'est le plus demandeur qui assume les coûts ; les chômeurs ont donc payé pour qu'on leur proposât du travail. Les petites bonnes  et les vendeuses étaient le plus souvent obligées de s'endetter lourdement dans l'espoir de trouver un travail, au demeurant, très mal payé.
Où trouver la somme nécessaire ?
Pas de problème, le bureau de placement faisait crédit ... et disposait de tous les moyens de pression pour recouvrer les dettes, jusqu'à proposer quelques services particuliers (entendre : des formes de prostitution ) pour améliorer les revenus des exploitées.
      Rapidement, les bureaux de placement sont devenus la honte du monde du travail et leur suppression une revendication des syndicats.
Ce qui fut réalisé.
      De l'Office du Travail à l'ANPE, l'histoire sociale du siècle a été marquée par la volonté de protéger les chômeurs en accordant à leurs démarches la garantie de désintéressement de l'Etat.

      Un siècle après, l'histoire du monde du travail est oubliée, comme bien d'autres histoires.
      On nous présente comme une innovation, une modernité d'une absolue fraîcheur, le retour en arrière consistant à remettre à des entreprises privées le soin de rechercher et proposer des emplois.
      Qui veut tuer son chien l'accuse d'être enragé, on ne parle plus que des défauts du service public qu'on veut détruire. Pôle Emploi comme hôpital, on commence par l'asphyxier avant de le supprimer.
Au départ, on évite d'effrayer le monde : c'est le budget du Pôle Emploi, service de l'Etat, qui va payer ce service aux entreprises spécialisées. Au début ...mais comme la demande sera toujours supérieure à l'offre, qui peut être assuré qu'aucun service payant ne sera proposé (avec insistance) aux demandeurs ?

      C'est ainsi qu'on engage une marche arrière longue d'un siècle.

      Où sont les habituels cortèges de manifestants ?
      Ils sont en vacances.
 Alors, pourquoi s'en faire ?
Dormez, bonnes gens, vos maîtres s'occupent de tout.

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Published by Tipanda - dans l'air du temps
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commentaires

Janine Thombrau et Bruno 26/07/2009 16:21

Comme d'hab !Tu vois juste ...Et tu le dis .Comme toi, on n'est pas en vacance de se battre !Et on ne le sera jamais.Bises.

Tipanda 26/07/2009 19:29



Pourtant, on aimerait prendre des vacances. Etre seule, pas bouger, rien faire : le bonheur ... qu'on ne s'accordera que toutes les priorités traitées, autant dire pas demain. Notre agenda à tous
ne va pas se libérer de si tôt.
Tendresses.



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