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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 21:23
     Toutes les cours ont leur bouffon, leur sénéchal, leur grand argentier, leur aumônier et, immanquablement, leur préposé aux basses oeuvres. Ce dernier n'est pas très séduisant et encore moins sympathique mais il sait se rendre utile.      
La fonction d'antipathique professionnel exige un grand sang froid ; il faut savoir prendre un air détaché et imperturbable pour formuler des propositions scandaleuses.

       Ce n'est pas un bon moyen de plaire aux électeurs et de faire carrière. Le croyez-vous ?
       Pas certain; il est député d'un secteur protégé, un fief royal. L'important est de servir le souverain qui aura toujours pour lui une récompense.

       Dernière trouvaille du sinistre : faire travailler les malades et les accouchées.

Horreur, malheur ! Tout le monde proteste, même les amis de Sa Majesté qui dépêche aussitôt une messagère enceinte. Sa mission, être visiblement rassurante et convaincre le bon peuple : "Sa Majesté n'a pas du tout l'intention de suivre les avis d'un oiseau de mauvais augure".
Elle se contentera de persévérer dans les franchises médicales et de remettre les hôpitaux à ses valets.
  
      Et le bon peuple pousse un ouf! de soulagement. Puisqu'il échappe au pire, il en oublie les mauvaises certitudes.
Il paraîtrait que nous aurions échappé au pire... mais alors, pourquoi avoir laissé le dictaphone s'emballer ?

       Pour un bon populiste, il n'est jamais négligeable de plaire aux beaufs et autres radins.
Vous en connaissez de ces moralistes de comptoir, champions dans l'art de vitupérer les chômeurs forcément paresseux, les malades nécessairement profiteurs et les handicapés qui pourraient essayer de travailler. Ils sont indignés par la contravention qui ornait leur pare-brise, le jour où ils ont garé leur voiture sur une place réservée aux handicapés : "ça ne travaille pas, c'est nos impôts qui leur paient des bagnoles et, par dessus le marché, ils ont tous les droits !"
Des abrutis de ce calibre, nous en avons tous rencontré.
       C'est que, pauvre France (!), ils représentent une bonne part des fidèles de St Nicolas. Il n'est pas question de les fâcher.
        Il suffit de faire miroiter de temps en temps une proposition à leur niveau.
C'est risquer de salir son beau costume, la boue ça tache... Pas de problème, on confie le travail au pas-dégoûté et c'est la victoire sur les deux tableaux.
Le beauf sait qu'il n'est pas une quantité négligeable et les éternels râleurs baissent le ton, heureux de s'en être tirés à meilleur compte que prévu et persuadés de l'avoir conquis de haute lutte.

Tant que la méthode fonctionne, Sa Majesté et la cour peuvent dormir tranquilles.

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Published by Tipanda - dans l'air du temps
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