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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 09:45
         Au XIXème siècle, on avait peur de l'hôpital plus que de la maladie.
Si des soins, par hasard, y progressaient, c'était l'effet imprévu d'une intuition, d'un médecin curieux et novateur.
      L'"Hôtel Dieu" récupérait en fin de vie les miséreux, les vagabonds, les déclassés. Lorsqu'une jeune fille risquait de "tourner mal", on lui faisait la morale en la menaçant de "finir à l'hôpital". C'était un lieu de relégation.
On s'y occupait des réprouvés au nom de la célèbre charité chrétienne et c'est encore en son nom que certaines pratiques refusaient absolument d'évoluer.
Certaines douleurs y furent  prises en considération mieux  que d'autres ; soulager les blessures de guerre, oui ; les accouchements difficiles, non.  Dans tous les cas, l'unanimité se formait sur un rejet : tout sauf l'hôpital.
Et tout a changé.
 Progrès des techniques et des mentalités, l'ancien mouroir est devenu un lieu d'espoir : y être soigné pour guérir et se porter mieux.
      C'est la sécurité sociale qui a tout changé. La justice a remplacé la charité. Elle collecte l'argent de ceux qui ont la chance d'avoir la santé et des revenus, paie les soins des malades et prépare l'avenir en finançant la recherche.
C'est très simple ... trop simple.    
D'autres pays n'ont pas opté pour ce changement.
Chez eux, chacun paie pour sa propre santé. Pour ceux qui n'ont pas les moyens, on n'est pas des sauvages, il y a toujours la charité sous l'appellation rafraîchie de fondations ou d'ONG. Les dames patronnesses devenues donateurs  ont le plaisir du choix : au lieu de payer pour n'importe qui, elles peuvent sélectionner leurs oeuvres préférées.
      Qui n'a pas été, un jour, tenté par ce système ? En général, on le trouve excellent lorsqu'on s'imagine dans la peau du payeur. Personne n'envisage d'être le demandeur soumis au caprice de la vox populi.
La recherche y est une industrie qui rapporte à ceux qui investissent. Si le retour sur investissement est trop incertain, maladies rares ou patients insolvables, il faut renoncer à chercher ou s'en remettre, là aussi, aux aléas de la bienfaisance.
Heureusement, disiez-vous, nous sommes à l'abri de ces errances, nous avons la Sécurité Sociale.
Vous l'affirmez bien fort, ...de peur d'être détrompés.
En effet, insidieusement, d'abord, puis avec de moins en moins de timidité, la charité regagne du terrain sur la justice avec le secours des médias. A intervalles réguliers, ils lancent des campagnes pour récolter des fonds, pour vous faire oublier que la sécurité sociale a été créée pour ça.
       A chaque fois, le même scénario se répète : pendant quelques semaines, à la radio, à la télé, dans les journaux, on parle beaucoup d'une maladie ou d'un handicap, et puis, lorsqu'on vous croit mûrs, c'est la campagne qui déboule. Et vous donnez, vous en êtes profondément convaincus : on a besoin de vous pour terrasser la maladie.
Après le téléthon, le sidaction, voici le neurodon.
Tout, on nous dira tout sur le système nerveux ... quand nous aurons financé la recherche permettant d'y voir plus clair. Au cas où nous n'aurions pas bien compris ce qu'on attend de nous, des médecins-enseignants-chercheurs sont mis à contribution, il faut qu'ils nous le fassent comprendre, nous devons déplier le carnet de chèques.
Admirons le consensus. Personne n'émet le moindre doute sur la légitimité du procédé. Aucun chercheur ne vient à la télé nous expliquer que les fonds des donateurs vont toujours aux mêmes équipes. Tiens, c'est vrai, les chercheurs interrogés sont toujours membres des mêmes labos ; comment expliquez-vous ce hasard ?
On appelle cela un bon plan-médias.
A la longue, nous finirons par ne plus être étonnés de voir de doctes personnages changés en saltimbanques, en fils de pub. C'est donc ainsi qu'ils gagnent leur vie et le moyens de nous soigner...?
Et ils restent impavides, sans colère face aux milliards donnés à des banquiers incapables.
Depuis qu'on nous prend pour des naïfs, il faudra bien que le cave se rebiffe. Nous ne supporterons plus longtemps la confusion des priorités. Entre la Bourse et la vie, il n'est pas difficile de faire un choix.
Nos ancêtres ont fait des sacrifices pour nous donner la justice ; nous devons la garder et la transmettre à nos enfants.

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Published by Tipanda - dans humeur
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commentaires

Weinheber 17/03/2009 22:48

Jacqueline,il y a une médecine à 2 vitesses, c' est devenu un commerce,souvent  l'hopital est inpersonnel.onest considéré comme des numéros.Amitiés.Serge

Tipanda 17/03/2009 23:09


Il faut, précisément, éviter qu'il ne devienne un commerce. Pour l'instant, il ne l'est pas.
Le côté impersonnel ? C'est très variable selon l'endroit mais, globalement, depuis quelques années, il y a eu de gos efforts et, de toute façon, ce n'est pas mieux dans les cliniques avec l'aspect
commerçant en plus.
Amitiés.


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