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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 10:30
    Dimanche 18 janvier, au programme de France 2, "La liste de Schindler".
N'en déplaise aux puristes, on ne dira jamais assez la place de ce film dans l'enseignement populaire de la Shoah et, surtout, dans la définition du terme de "Juste parmi les Nations".
Oskar Schindler était, au départ, tout le contraire d'un héros : c'était un profiteur de guerre, exploitant et exploiteur de la main d'oeuvre juive mise à sa disposition par les nazis. Au long d'un processus plus personnel que philosophique ou politique, sa conscience s'éveille et il finit par sauver plusieurs milliers de juifs en y laissant sa fortune, son ménage et tout ce qui avait compté pour lui avant la découverte d'une nécessité supérieure.
    Le film se termine comme un hommage à Israël, refuge des survivants. Avec, comme fond sonore, l'hymne à Jérusalem, les juifs sauvés par Schindler viennent lui rendre hommage sur sa tombe, en Israël.
Emotion garantie, tout le monde essuie une larme ou renifle discrètement.
On remarquera forcément le télescopage entre cette programmation et l'attitude généralement pro-palestinienne et anti-israélienne de France-télévision. Les hasards du calendrier sont parfois réjouissants.
Finie la récréation, on cesse de ricaner, c'est l'occasion de se pencher sur Israël et la Shoah.
ll faut dire et répéter que la Shoah n
'est pas à l'origine de l'état d'Israël. Les adversaires de sa création aiment le laisser croire mais c'est une histoire beaucoup plus ancienne.
Si on voulait rattacher la naissance d'Israël à un événement de l'histoire européenne, ce serait l'affaire Dreyfus
plutôt que la Shoah. Les juifs d'Europe avaient parié sur l'assimilation au monde des lumières et, dans les pays les plus prometteurs, comme la France, la réponse à leur désir d'ouverture a été le rejet, la discrimination, l'exclusion et la haine.
Dès lors, naquit et se renforça le sionisme, l'espoir et la volonté de fonder un état juif pour les juifs, un refuge et un endroit qu'ils pourraient organiser et diriger dans la liberté et le droit. Après des luttes héroïques racontées dans les livres d'histoire, l'état  d'Israël fut conquis, et non accordé, en 1948.
En même temps, le jeune état accueillait des groupes de plus en plus nombreux de survivants de l'extermination et devenait, en quelque sorte, l'épicentre de sa mémoire.
 C'est un élément fondamental mais ce n'est pas le seul. D'ailleurs, on apprend, à intervalles, que les rescapés de la Shoah ne sont pas traités comme ils le méritent par l'Etat Juif.
Israël est l'Etat de tous les Juifs, d'Europe mais aussi, d'Afrique du Nord, d'Asie et du monde entier, sans oublier les Sabras, Israéliens autochtones nés en Israël. Tous ont en commun le judaïsme mais pas la Shoah, la "destruction des juifs d'Europe", selon l'expression consacrée par Raul Hilberg.
  C'est une réalité qui échappe en grande partie aux étrangers. Les symboles les plus cités sont Yad Vashem et la Médaille des Justes ; la modernité israélienne, ses scientifiques passent souvent à l'arrière-plan.
De temps en temps, des ignorants hostiles rappellent, pour le déplorer, que l'armée israélienne est forte, qu'elle détient l'arme nucléaire et qu'Israel est l'allié indéfectible des Etats Unis. "Les amis de mes ennemis sont mes ennemis"  dit le proverbe, donc Israël est associé aux USA dans la détestation ordinaire.
Pourtant le Peuple de l'Etude est aussi un peuple de savants, d'artistes, d'entrepreneurs. Il crée au profit de tous.
Là se trouve la victoire finale de ceux qui n'ont même pas eu de sépulture.

Changeons les regards ; ce peuple veut vivre. Tout simplement.

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Published by Tipanda - dans histoire
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Milla 24/01/2009 12:15

Le pianiste passait aussi dans la semaine, la liste de SChindler, je l'ai parcouru puisque j'ai le livre, le pianiste aussi d'ailleurs, mais je pense que le livre qui m'a le plus fait mal, Primo Lévy "Et si c'était un homme", mon auteur favori est Stéphan Sweig qui comme tous le monde sait a du fuir au Brésil et a mis fin a ses jours... Savez vous qu'il y avait une exposition au MAHJ en  novembre dernier, j'ai organisé une sortie avec un groupe, le thème était la spoliation des tableaux de maitres durant la deuxième guerre mondiale et d'autres qui commencent seulement a etre restitutés aux vrais propriétaires juifs ou plutot  leur descendance maintenant.Il s'avère qu'une bibliothécaire de louvre a l'époque, avait dressé une liste des oeuvres, avec codification et nom des propriétaires, ce qui a rendu la restution de quelques unes d'entre elles possibles mais pour beaucoup d'autres, ils recherchent encore leur propriétaire.Entre autre, les Russes se sont approprié quelques tableaux mais ne veulenet pas les restituer, pour eux ces oeuvres sont considérées comme buttin de guerre!

Tipanda 25/01/2009 00:30



Bien sûr, aucun parallèle n'est possible entre Primo Levy et Spielberg, un témoignage et un film de cinéma. Mais le film est accessible à une foule de gens qui ne liront jamais "Si c'est un
homme" pour un tas de raisons que nous ne sommes pas près de changer. Nous retrouvons la grande controverse posée par Claude Lanzmann.
 On ne peut comparer la "liste de Schindler" à "Shoah" mais il faut reconnaître que beaucoup de spectateurs qui ne tiendraient pas une heure devant Shoah, ont regardé la liste de Schindler
et ont pu y trouver un enseignement utile. On peut être rigoriste mais il faut se rappeler aussi que le miaux peut être l'ennemi du bien.



Weinheber 22/01/2009 21:51

Bonsoir Jacqueline, il faut transmettre, pour la  mémoire , c' est trés important.Amitiés.Serge

Tipanda 23/01/2009 00:57



Bon courage, y-a du boulot.
Amitiés



Weinheber 20/01/2009 21:56

Bonsoir  Jacqueline, il faut préserver le devoir de mémoire, poiur moi le film de référence est Shoah, il ne faut pas oublier.Amitiés.Serge

Tipanda 21/01/2009 00:22



Bonsoir Serge,
Shoah est une oeuvre exceptionnelle, à voir, revoir, diffuser. Mais justement, elle reste unique et il faut penser à la suite. La question qui va se poser très rapidement, c'est : comment
préserver la mémoire, quelles oeuvres réaliser quand il ne restera plus de témoins ? Le principe mis en place par Claude Lanzmann, à savoir : ne pas créer de fiction, de littérature autour de la
Shoah mais enregistrer et transmettre les témoignages, va nécessairement faire place à d'autres "choix"  après la disparition des derniers témoins. Les oeuvres de fiction suscitent
toujours de l'inquiétude quant-au respect de la mémoire ; elles peuvent facilement tomber dans le n'importe-quoi. En revanche, il reste du travail pour les historiens ; les gardiens de la mémoire
conserveront un devoir important, celui de veiller au respect de la vérité historique, empêcher le négationnisme de sévir sous le masque de  la recherche historique.
Notre travail n'est pas terminé.  
Amitiés.




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