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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 00:28
    C'est la crise économique, elle domine toutes les conversations et la même référence revient comme une obsession : la crise de 29.
Pourquoi nous a-t'elle marqués à ce point ?
C'était une dépression mondiale. Il apparaît de plus en plus que nous y allons tout droit ; peut-être même, y sommes-nous déjà.
Un autre souvenir plein d'enseignements : la manière dont le monde s'en est sorti.
Les états du vieux continents se sont frileusement refermés, chacun dans sa coquille ; ils ont cherché des coupables à l'intérieur et hors des frontières, suscitant fascisme et nazisme pour aboutir à la guerre.
Les Etats-Unis, n'en déplaise à ceux qui ne les aiment pas, ont trouvé la bonne sortie de crise grâce à un homme véritablement providentiel, le président Franklin D. Roosevelt et son New Deal... et, quelque-part, au fond des croyants, il règne l'attente qu'Obama soit un nouveau Roosevelt. 
      Mais c'était sans compter avec les vielles haines recuites de l'anti-américanisme primaire. On ne pouvait pas admettre la réussite de Franklin D. Roosevelt, on lui a donc trouvé un vice rédhibitoire. On lui a fait porter la responsabilité de l'insatisfaction liée aux accords de Yalta.
Résumons, à Yalta ils étaient trois vainqueurs à configurer le monde de l'après-guerre. Il y avait Churchill et Roosevelt, alliés mais pas nécessairement d'accord sur tout, en face de Staline seul capable d'imposer sa volonté à l'Est. L'Ouest, si on veut rester cohérent et réaliste, n'avait pas d'autre choix que de laisser les coudées franches à Staline. Il était vainqueur et sa victoire à l'Est était la condition indispensable de la victoire des Alliés à l'Ouest. Il n'y aurait jamais eu de débarquement en Normandie et  de refoulement des Allemands dans leurs frontières si une bonne moitié des armées du Reich n'avait été arrêtée puis écrasée à Stalingrad et Koursk. Un allié objectif qui s'est avéré nécessaire, même si on ne l'aime pas, c'est difficile de l'empêcher de tirer profit de sa victoire.
        Néanmoins, ce réalisme on ne le tolère pas chez le personnage le plus puissant du monde. Roosevelt et Churchill ont eu la même attitude à Yalta mais c'est à Roosevelt qu'on a fait porter la responsabilité de la "mollesse" des négociateurs occidentaux.
     Il y a toujours, spécialement chez les Français, ce vieil anti-américanisme qui ne date pas des frasques de "dobeliou", comme si le souvenir embelli de Lafayette créait un droit à la déférence et à la reconnaissance éternelle. Comme, par dessus le marché, cet anti-américanisme est volontiers faux-cul, il a fallu trouver une justification à la défiance, et ... on a trouvé.
On a mis en cause la santé de Roosevelt, il souffrait de troubles neurologiques, en fait une réactivation de polio. Son état de santé allait d'ailleurs s'aggraver, il est mort avant la fin de la guerre (c'est Truman, son successeur, qui terminera la guerre avec le Japon en essayant sa bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki).
 Mais s'il était gravement malade, son intelligence était intacte, au moins autant que celle de l'alcoolique Churchill.
Pourtant, toute la suspicion a été dirigée contre lui ; c'est que le terme neurologique faisait et fait toujours peur.
Encore aujourd'hui, il ne fait pas bon annoncer qu'on souffre d'une maladie du système nerveux. C'est risquer d'être regardé comme un mourant ou un aliéné ou les deux.
Rendre justice à Roosevelt, c'est un devoir historique mais c'est peut-être aussi rendre service à une foule de malades dont les mouvements sont devenus difficiles mais qui ont gardé toutes leurs facultés intellectuelles.
Ce devrait être une évidence mais, puisqu'il le faut, n'hésitons pas à le répéter.

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Published by Tipanda - dans histoire
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