Vendredi 24 octobre 2008
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Le 28 Novembre, Claude Levi Strauss aura cent ans.
Espérons qu'il n'imite pas Soeur Emmanuelle et qu'il tienne le coup jusque-là... et même encore longtemps. Personne ne tient à le voir partir.
Ethnologue, anthropologue, résistant comme Germaine Tillion qui a été centenaire, elle-aussi (Il faut croire que les sciences humaines sont un gage de longévité), il est resté lucide et engagé.
Ses propos sont toujours d'une grande acuité.
Il n'hésite pas à exprimer son pessimisme en face de notre monde dénaturé.
Voici ce qu'il déclarait chez Pivot en 2005 :
«
Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait
même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir
mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime. »
Il nous reste à le changer pour qu'il devienne aimable, et il y a du boulot !
Claude Levi Strauss parlait d'empoisonnement interne au sens figuré. Il péchait par optimisme. Nous serons tous contaminés ; nous ne pourrons compter sur aucune mitridatisation..
Pour limiter les dégats tant qu'il est encore temps, il est impératif de changer tous les recoins de la vie.
Par Tipanda
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Publié dans : l'air du temps
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