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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 15:13

On s'en doutait bien un peu ... mais ça se confirme : nos grands argentiers s'occupent des choses sérieuses, sauver les destructeurs de l'économie.

Pour l'écologie, ils verront plus tard, en espérant qu'il leur reste du temps, et de notre argent.
Voilà qui promet l'allégresse.
Il faut pourtant cesser de croire qu'on a le temps. C'est la vie qui n'en peut plus.
Depuis toujours, n'importe quelle mère de famille connaissait une réalité qui semble échapper à nos doctes économistes : on ne peut dépenser plus qu'on ne gagne et, en faisant la moisson, on met de côté assez de grain pour semer, en prévision de la prochaine récolte.
Les grands cerveaux d'aujourd'hui haussent les épaules en ricanant : tous ces contes de bonne femme sont démodés ; on consomme, les suivants aviseront.  Mais la vie n'a peut-être pas le temps d'attendre. Un champ sans abeilles ne mettra pas des générations à se désertifier ; ailleurs, les toxiques accumulés commencent leurs destructions dès qu'ils ont été déposés.
Les as de la finance ne sont pas si bêtes, ils ont prévu. L'industrie génératrice de profits va mettre au point de quoi remédier aux dégâts, précisément, au cas par cas - pourquoi sauver ce qui ne nous est rien ?
Le génie génétique fabrique des plantes tueuses d'insectes, il fournira contre espèces sonnantes et trébuchantes des abeilles capables de résister au poison de ces plantes.
Le paysan pauvre qui ne peut payer l'OGM salvateur ? Il n'intéresse personne. Désormais plus de nature gratuite, la vie ne fait plus de cadeau.
L'espèce humaine est soumise au même régime.

L'environnement devenu toxique provoque des maladies ; la science s'attelle à les soigner, elle développe des traitements à condition qu'ils soient rentables.
Des polluants provoquent des cancers. Des traitements sont développés, de plus en plus efficaces et de plus en plus coûteux. C'est même une bonne vache à lait pour les groupes industriels, ils font du profit sur les toxiques, puis sur le soin des cancers induits.

Pour engranger des bénéfices, il faut d'abord investir, faire de la "recherche et développement", et enfin, trouver des clients. L'industrie n'est pas pressée de soigner les fauchés ni de supprimer le  tabac ou l'alcool . Elle joue sur les deux tableaux ; les financiers encaissent, la sécu paie et les contribuables (tout le monde, sauf les plus riches) renflouent  ; fermez le cercle !

Le cancer est un bon produit d'appel. Le consommateur-malade-en-puissance-  aurait trop peur de ne pas être soigné,  il ne s'accorde jamais le droit d'exiger la vérité des prix. Mais toutes les maladies n'accèdent pas au statut de vedette.Une catégorie reste mal connue bien qu'elle soit le produit typique de la pollution, il s'agit des maladies auto-immunes. Elles forment un ensemble  hétéroclite, allant de l'allergie cutanée à la sclérose en plaques, en passant par le diabète insulino-dépendant ; des troubles plus ou moins mortifères mais qui ont en commun d'être liés à la pollution. Une substance modifie le fonctionnement d'un tissu humain au point de le transformer en poison contre un autre élément de son propre organisme. Il est difficile d'intervenir dans un tel scénario sans éliminer d'abord l'agent polluant.

Prévisibles, des conséquences financières très lourdes s'il faut renoncer à l'emploi de pesticides ou de détergents. On préfère compter sur le coup de génie de chercheurs qui guériraient la maladie sans avoir besoin de modifier le milieu. Encore faut-il que ces génies fassent des miracles. On leur accorde le moins possible de moyens.

Tout le monde croise les doigts en attendant le choc fatal, l'agent chimique ou biologique qui déclenchera le stress général, l'intolérance de la majorité.

Quand il y aura plus de malades que de soignants, elle nous fera bien rire, la crise boursière.

 

Le 24/10/2008 : L'actualité rejoint nos préoccupations :

Les pesticides affecteraient le développement cérébral

"La toxicité pour le cerveau ne fait pas partie des tests de routine pour les pesticides. Dans la mesure où beaucoup d'entre eux sont toxiques pour le cerveau des insectes, il est très probable qu'ils le soient également pour le cerveau humain", a déclaré le scientifique, qui a passé en revue près de 200 rapports de recherches sur le sujet.

"Les études expérimentales qui recourent à des modèles complexes suggèrent que les pesticides utilisés actuellement en Europe (...) peuvent s'avérer toxiques pour le développement du système nerveux", écrivent Granjean et deux de ses collègues danois dans le journal Environnemental Health.

"Le cerveau en développement des foetus et des jeunes enfants est beaucoup plus sensible que celui des adultes aux perturbations chimiques", ajoutent-ils, recommandant davantage de tests et de précautions dans la délivrance des autorisations.

Leur étude porte sur les pesticides utilisés dans les 27 Etats membres de l'Union, qui procède actuellement à une réforme de la législation en la matière.

Plus 140.000 tonnes sont déversées chaque année sur les cultures alimentaires de l'UE, ce qui représente 280 grammes par habitant. Un quart des fruits, des légumes et des céréales contiennent au moins deux pesticides.

 

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Published by Jacqueline Simon Tipanda - dans l'air du temps
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