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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 16:20

Ces derniers jours, un vent de fronde soufflait sur le prix Nobel de médecine.
Des foules excitées s'étripaient à qui-mieux-mieux pour  décider si l'élection au Nobel de médecine était juste ou inique.
Après mon dernier article, je serais mal inspirée de tomber dans le travers que je stigmatisais, en donnant un avis pour lequel je ne détiens aucun titre ni compétence. De toute façon, arrivés à ce niveau, les scientifiques sont tous des savants ; il n'y a pas lieu pour le commun des ignorants d'en discuter.
N'empêche ... il traîne comme un petit arrière-goût de déception.
J'aurais bien aimé que le prix aille à Chermann.
 Pourquoi ?
Parce que Montagnier ou, plus précisément, l'usage qui en est fait, m'agace. 
Il est devenu un symbole du "travailler plus". Pendant la campagne présidentielle, et en beaucoup d'autres occasions de propagande, il a été présenté comme un emblème des hommes de valeur contraints de s'exiler pour travailler, parce qu'en France, ils seraient contraints de "faire valoir leurs droits à la retraite"... Et la grande masse des gogos et des crédules de croire cette fable.
Tous les jours, nous avons des preuves inverses. Non seulement, nous connaissons des généralistes et même des spécialistes libéraux qui sont toujours sur la brèche à plus de soixante-cinq ans, mais, chez les médecins-fonctionnaires, il n'est pas rare d'en rencontrer qui exercent leur tâche, blanchis sous le harnois. Il suffit de regarder la première "médicale" venue, à la télévision. Les invités qui  nous font l'honneur de leur science et de leur notoriété sont  rarement tombés de la dernière pluie. Un exemple au hasard, le Pr Baulieu est toujours estampillé  INSERM dans son labo, à plus de 80 ans.
Si Montagnier ne se trouvait plus bien en France, c'était son droit d'aller chercher son épanouissement ailleurs. Mais un tel montage n'était pas nécessaire.
Il a fait des heureux, il a offert une figure emblématique et médiatique à ceux qui veulent à tout prix remettre les seniors au travail.
Comme si on pouvait mettre sur le même plan des chercheurs, au travail épanouissant , valorisant, et des travailleurs manuels usés par le labeur ou ceux dont la fonction se perd dans l'ennui et la contrainte ?
Il y a quelque-chose de malhonnête à ne pas tenir compte de cette différence.
Le travail est une richesse tant qu'il épanouit mais lorsqu'il brime et détruit, il retrouve son origine, le "tripallium" qui lui a donné son nom : un engin de torture qui servait à châtier les esclaves antiques,... tout un programme ...  

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Published by Jacqueline Simon Tipanda - dans l'air du temps
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