Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 08:25
               Les génies qui nous gouvernent se tortillent comme un candidat au suicide au bord du trou de la sécu.  Quand faut-y aller, faut -y aller,... mais on essaie d'abord quelques exercices, dans le cas improbable où ça marcherait.
Dernière trouvaille : on va noter les hôpitaux.
Non-dit, mais implicite : pour sanctionner les plus mauvais résultats.
Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de mettre une note de satisfaction ... Bon courage !
Pour que la note soit le moins discutable possible, il faut trouver des éléments chiffrables. C'est comme la correction d'une copie de maths ; plus facile de mettre une note qu'à un devoir de philo. "Bon ou faux"... peu de risques de contestation.
Un statisticien de génie, comme seule l'ENA est capable de nous en fournir, a trouvé le critère : le taux de mortalité.
Plus on décède dans votre service, plus votre note sera mauvaise.
Et le grand public, avec son petit esprit, d'approuver : "on pourra évaluer les risques et choisir le meilleur hôpital".
 Le statisticien est content ; sa trouvaille permettra de réduire des établissements au régime sec dans une ambiance de consensus. C'est toujours ça de pris.
Une question semble leur échapper complètement : de quoi meurt-on dans un hôpital ? Les inconscients, ils ne se croient pas concernés !
Réponse limpide, à la limite du pléonasme : on meurt d'une maladie mortelle.
Conséquence d'une logique imparrable : tout hôpital qui veut une bonne note doit éviter à tout prix de soigner ce genre de maladies.
Tous les malades incurables sont indésirables dans les hôpitaux. A qui vont-ils s'adresser ? Aux cliniques privées ? Surtout pas !
Les cliniques privées ont compris depuis longtemps : elles ne pratiquent que de très profitables interventions chirurgicales. Le risque est moindre et le profit indiscutable.
On commence à comprendre où notre statisticien veut nous amener : remplacer nos bons vieux hôpitaux par des entreprises chirurgicales "high tech", avec des patients qui accepteront de payer parce qu'ils auront l'impresssion de choisir et quand on aime, on ne compte pas, chacun le sait.
Le rêve ...
Petite interrogation en passant : "que deviennent les incurables ?"
Un ange passe ... il faut être bien mal élevé pour oser proférer une telle incongruité, une question aussi déplacée.
L'incurable, donc, il doit rester bien enfermé et bien invisible, mourir chez lui en causant le moins  de frais  possibles  à la société.
Vous n'avez pas envie de finir incurable ? - c'est fou comme ils vous font penser aux intouchables, caste maudite.
Ne vous posez pas la question, de toute façon, le moment venu, personne ne demandera votre avis.
Un conseil : Priez, mes frères, priez pour ne jamais vous trouver dans cette situation.  
De toute manière, l'avenir n'a pas beaucoup de chances de s'améliorer. Il ne vous reste que la foi.
Les étudiants en médecine vont, de ce pas, fuir les maladies graves, à grandes enjambées. A leur place, je ferais de la chirurgie esthétique : rien que des patients volontaires, qui paient le prix et vous permettent d'être rapidement propriétaire d'une villa cossue dans un paradis touristique.
A ce train-là, nous aurons tous un nez mignon, plus de culotte de cheval ; et nous confierons nos cancers en phase terminale à la Bonne Vierge de Lourdes ... qui en a vu d'autres.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jacqueline Simon Tipanda - dans humeur
commenter cet article

commentaires

Tipanda 23/10/2008 10:24

Rions un peu.D'après Charlie Hebdo, Fillon aurait renoncé à se faire opérer du dos en découvrant les projets de Bachelot pour l'hôpital... On peut être premier ministre et ne pas être idiot au point de perdre son instinct de conservation.

Recherche

Articles Récents

Liens