Dimanche 17 août 2008
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Si j'étais géorgienne ... J'aurais de la mémoire.
Je saurais qu'il ne faut pas être un petit qui ne pèse rien face aux grands.
Je me rappellerais le sort des tchèques abandonnés à Hitler par des démocraties trop heureuses de signer une paix honteuse, à Munich.
Les Ossètes d'aujourd'hui me rappelleraient furieusement les Sudètes de ce temps - là, un prétexte, un croupion.
Je saurais que les chancelleries sont pleines de Chamberlain(s) et de Daladier(s) et j'attendrais désespérément qu'un Churchill vienne les mettre en face de leur déshonneur.
Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? aucun espoir ?
Rien.
Ils ont peur et croient négocier.
Il était plus facile de se montrer intransigeant avec Milosevic que face aux Russes.
Signe des temps, seule une femme sort du rang.
Elle vient de l'Est ; c'est Angela Merkel qui sauve l'honneur des Européens.
Les autres vendraient leur mère pour un plein du 4x4.
Je me dirais qu'il en est fini de la Géorgie.
Que me restera-t'il ?
Que du mépris, un insondable mépris pour la médiocrité de ceux qui prétendent nous diriger et ne sont que des marchands de bestiaux et des bouchers.

Lorsque des similitudes crèvent les yeux, on s'en voudrait de ne pas procéder à des rapprochements, même politiquement incorrects.
Staline est mort et la Russie est un empire capitaliste, avec des conservateurs, une droite nationaliste qui vaut bien celle des USA. Il y a plus intelligent à faire que braquer des missiles : attrapper la Russie par le fric. Nous dépendons de la fourniture du gaz russe mais la Russie est largement aussi dépendante de ses clients. C'est la loi du commerce : un bien peut être le plus tentant, il ne vaut rien s'il ne se présente pas d'acquéreur. Il n'y a aucune raison d'être découragé à l'avance. L'Europe a les moyens de tenir bon.