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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 08:21
  L'actualité, c'était, pour une fois l'occasion de se réjouir  : l'élection de Jean-Christophe Rufin à l'Académie Française.
De la médecine au roman, en passant par l'humanitaire et la diplomatie, on est confondu d'étonnement
  et d'admiration : comment un seul homme peut-il réussir tout ça ?
C'était la joie ! ... et l'horreur ordinaire nous a rattrapés.

Samedi 21 juin, les jeunes fêtaient la musique.
 Ces réjouissances ne restent pas inoffensives ; un peu partout, elles s'accompagnent de dégradations et de ce qu'une habitude récente nous fait désigner comme des "incivilités".
C'est devenu si courant que nous n'éprouverions même pas le besoin de les relever. Ce 21 juin nous a fait sortir du ron-ron et du chahut  habituel par de grands coups de barres de fer.  Incidemment, la presse relate que la victime portait une kippa.
Faut-il, dorénavant, que les juifs, à Paris, portent des kippas blindées ?
Les grands temporisateurs refusent de reconnaître qu'il existe en France un antisémitisme violent. Et, parmi eux, beaucoup d'antiracistes chez qui on s'attendrait à voir des protecteurs des juifs, refusent d'admettre que les violences antisémites sont d'abord le fait des jeunes issus de l'islam.
Il y a deux ans, quand Ilan Halimi a été massacré, ces antiracistes ont été nombreux à ne vouloir y constater qu'un acte crapuleux. Que les agresseurs aient choisi de rançonner cette victime-là parce qu'il s'agissait d'un Juif et qu'ils étaient persuadés que les Juifs trouvent facilement de l'argent, n'a rien changé à leur conviction.
Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut rien entendre.
Définitivement, pour les "bonnes âmes", l'antisémitisme ne peut être que d'extrême-droite. Il y a fort à parier que, cette fois encore, leur réaction sera : "circulez, rien à voir."

Autre mauvaise nouvelle, mais qui n'est pas tellement éloignée, à bien  y réfléchir :  Robert Mugabe est certain d'être réélu triomphalement.
  Son  opposant en titre renonce  à  se présenter  au 2ème tour de l'élection présidentielle pour  épargner ses partisans qui  sont régulièrement  emprisonnés, torturés ou  même tués  par la  police du président.
Le Zimbabwe, dans la misère et la violence, n'est pas près de voir le bout du tunnel.
Pourquoi aucune démocratie ne lève le petit doit pour mettre un terme à ce scandale ? Que devient le "devoir d'ingérence ?"
Tentons une explication en forme de rappel historique :
Mugabe a été, un temps, un héros libérateur. Il a éjecté le régime blanc raciste de la Rhodésie et fondé le Zimbabwé dont il s'est retrouvé l'inamovible président.
Totalement incompétent et corrompu, il a mené à la misère un des pays les plus riches de l'Afrique du sud.
Les grandes démocraties regardent ailleurs.
Auraient-elles vraiment à perdre en abandonnant Mugabe ? Non, bien sûr.
La réalité est cruellement plus bête. Les ex-colonisateurs sont restés lourdement complexés par leurs fautes anciennes. On ne touche aux pouvoirs noirs qu'après d'infinies précautions de peur de se voir accuser de néo-colonialisme, de la même manière qu'on  trouve un tas d'excuses aux
délinquants originaires des colonies. Résultat : le peuple zimbabwéen se meurt pendant que nos diplomates très stylés se contentent de faire les gros yeux  au bourreau.
Ils n'ont pas de chance, si seulement ils avaient du pétrole ou de l'uranium ! ...
Ce n'est pas toujours par la force qu'on fait le plus de mal.
L'inertie criminelle est beaucoup plus à la mode.

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Published by Jacqueline Simon Tipanda - dans l'air du temps
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