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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 22:56

Nous avons besoin des grands labos. Sans eux, pas de médicaments.
Ils ne sont pas des oeuvres charitables mais des entreprises, donc ils veulent et doivent faire du profit.
Résultat : il ne peut exister de recherche pour l'amour de l'art, c'est un investissement qui doit générer un retour financier. 
Et quel retour peut-on attendre d'un médicament lorsque le nombre de patients concernés est trop réduit ? C'est le cas des maladies rares ; nos sociétés riches en sont réduites à tendre la main, à s'en remettre à la charité publique,  jusqu'à tomber dans le grand-guignol télévisé.
D'autres maladies affectent des populations innombrables mais ... insolvables. Un exemple vient tout de suite à l'esprit, c'est le paludisme. Régulièrement, on nous laisse entrevoir l'émergence d'une solution, médicament ou vaccin ; mais le résultat se fait attendre. Il irait certainement plus vite si les moustiques infestaient  le Nord avec ses consommateurs riches. 
Pour les recettes éprouvées et amorties, il y a les génériques, mais, pour les nouveautés qui exigent des recherches, il faut bien s'en remettre aux grands labos.
Mais leur gros problème, c'est qu'ils n'inspirent pas la sympathie. 
Et il y a des arguments en faveur de la méfiance.
Ces rois de la pharmacie sont aussi les maîtres des produits phytosanitaires, pesticides, insecticides, défoliants et autres... responsables de dégats considérables sur l'écosystème et, par conséquent, sur les humains. 
Les apiculteurs en lutte contre le CRUISER recueillent beaucoup plus de sympathie que le fabricant d'insecticide, regardé comme un monstre froid, capable de sacrifier la terre entière au profit immédiat de quelques gros actionnaires.
Pour conforter l'hostilité générale à l'égard des grands de la chimie, il faut reconnaître qu'ils ont laissé une tache indélébile sur l'histoire du vingtième siècle. 
ZYKLON B, ce nom qui donne encore le frisson et la nausée, c'est le gaz de mort, agent de l'extermination des juifs d'Europe par les nazis. 
Il n'a pas été inventé et fabriqué par une entreprise d'armement. 
Lauréat d'un concours ouvert par la marine allemande pour la dératisation et la désinsectisation des cales de bateaux, ce produit chimique a été "perfectionné" par IG Farben, un consortium d'industries chimiques qui ont gagné, toute honte bue, des sommes considérables sur la mort de millions d'êtres humains.
 A la libération, IG Farben a été démembré mais les entreprises qui le constituaient existent toujours.
Rien d'étrange à ce que beaucoup s'inquiètent à l'idée de remettre leur santé et même leur vie entre les mains de gens qui trainent un tel passé.

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Published by jacqueline Simon Tipanda - dans l'air du temps
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